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jeudi 10 novembre 2016

Favorisez la persévérance des apprenants en les aidant à développer leurs stratégies volitionnelles

Dans le chapitre "Les stratégies volitionnelles dans l’enseignement supérieur : se mettre au travail et s’y maintenir" du livre "De la métacognition à l’apprentissage autorégulé", D. Baillet, S. Dony, M. Houart, C. Poncin et P. Slosse donnent non seulement une définition mais identifient des stratégies volitionnelles. 

Les stratégies volitionnelles se situent dans le champ des stratégies favorables à l’apprentissage. Elles se distinguent des stratégies cognitives et métacognitives par leur objectif qui est de « garantir un cadre propice à la mise au travail et à la poursuite du traitement de l’information jusqu’à l’atteinte du but fixé, sans intervenir sur la manière dont l’information est traitée. »

En plus bref, les stratégies volitionnelles sont relatives à la structuration du temps, au contrôle de l’environnement, à l’exploitation des ressources, au déploiement attentionnel, à la gestion de la motivation et au contrôle des émotions.

Ces auteurs cataloguent donc comme volitionnelles plusieurs stratégies que je considère habituellement comme métacognitives. 

Il est possible de repérer son profil volitionnel général en choisissant, parmi les quatre phrases suivantes, celle dans laquelle on se reconnait le plus

  1. Généralement, je me mets facilement au travail et j’y reste jusqu’au bout
  2. Généralement, je me mets facilement au travail mais je m’arrête plus tôt que prévu
  3. Généralement, j’éprouve beaucoup de difficultés à me mettre au travail, mais une fois la tâche entamée, je l’effectue jusqu’au bout.
  4. Généralement, j’éprouve beaucoup de difficultés à mettre au travail et je m’arrête plus tôt que prévu

Dans l’enquête présentée dans le livre, il apparaît qu’il existe des différences significatives de résultats aux évaluations entre les apprenants se reconnaissant dans la première et la quatrième proposition alors que les différences entre les apprenants se reconnaissant dans la deuxième et la troisième ne sont pas significatives.

Bien évidemment, il est possible de faire évoluer son profil volitionnel en mettant en place des stratégies volitionnelles.

Quelques stratégies volitionnelles (reformulées et choisies par moi parmi celles identifiées dans le livre)

Stratégies volitionnelles relatives à la structuration du temps : Planifier mon apprentissage, me fixer un temps minimal avant de faire une pause, repérer mes moments de grande forme intellectuelle, anticiper les difficultés de la tâche à réaliser.

Stratégies volitionnelles relatives à la gestion de l’environnement : Choisir un espace calme où je me sens bien, aménager mon espace pour m’y sentir bien et avoir à porter de main tout ce dont je peux avoir besoin, mettre mon smartphone sur silence.

Stratégies volitionnelles relatives à l’exploitation des ressources : Avoir le réflexe d’aller chercher des informations complémentaires, noter mes points de blocage ou difficultés pour pouvoir demander du soutien au prof ou à mes pairs.

Stratégies volitionnelles relatives au déploiement de l’attention : Ne pas me disperser lorsque je réalise une tâche, rester concentrer uniquement sur la tâche.

Stratégies volitionnelles relatives à la gestion de la motivation : Me lancer des défis, me mettre en mode compétition, nourrir mon envie de réussir, m’encourager.

Stratégies volitionnelles relatives à la gestion des émotions : Refuser de me décevoir, refuser l’échec, nourrir ma confiance en moi, augmenter mon estime de moi, me sentir capable

Comme pour toute intervention tutorale sur le plan métacognitif, celles concernant les stratégies volitionnelles seront le plus souvent proactives et propositionnelles. Ainsi, il peut être constituer un questionnaire permettant aux apprenants de faire le point tant sur leur profil volitionnel que sur les stratégies volitionnelles qui sont les leurs. Il est également envisageable de faire mutualiser leurs stratégies volitionnelles aux apprenants d'une même promotion, d'entrer en dialogue avec un apprenant afin de l'aider méthodologiquement dans la mise en place de ses stratégies volitionnelles puis de faire le point sur la manière dont elles ont évolué. 


vendredi 2 janvier 2015

Thèse de Clément Dussarps sur la dimension socio-affective et l'abandon en FOAD

Clément Dussarps a soutenu sa thèse le 27 novembre dernier (à paraître). Il a cherché à répondre, et y parvient dans de larges mesures, à la question suivante : Quels sont les facteurs socio-affectifs expliquant l'abandon, ou inversement la persévérance ?

Il propose une typologie d'apprenants tirée de l'étude des données recueillies :

  • Les "intégrés" qui attendent des relations de qualité et avec une fréquence régulière avec les enseignants et leurs pairs (25% de l'échantillon étudié)
  • Les "exclusifs avec les enseignants" qui souhaitent de telles relations avec les enseignants et peu, voire jamais, avec leurs pairs. (52% de l'échantillon étudié)
  • Les "exclusifs avec leurs pairs" qui se tournent vers leurs pairs et très peu vers les enseignants. (2% de l'échantillon étudié)
  • Les "isolés" qui échangent peu avec les enseignants et leurs pairs. (21% de l'échantillon étudié).
Il est notable que, au moment où le tutorat par les pairs est plébiscité (et il le mérite souvent), et où il constitue parfois la seule modalité tutorale disponible (dans la plupart des moocs), presque 3 répondants sur 4 n'y ont pas recours et plus des 3/4 attendent et s'engagent dans des relations avec leurs enseignants.

Clément propose également une classification des différentes variables qu'il a étudiées sur le niveau de persévérance


La disponibilité, l'écoute et l'établissement d'une relation de confiance, autant d'objectifs tutoraux, sont confirmés comme des éléments majeurs dans la persévérance des apprenants.


Le plaisir et la confiance des proches sont les items d'attentes sociales envers les acteurs du dispositifs qui font le plus consensus entre les répondants et qui se situent haut sur l'échelle choisie (0 à 3). S'il est difficile pour une institution d'agir sur la confiance des proches, elle devrait donc faire du plaisir une des valeurs à prendre en considération lors de la conception des activités d'apprentissage.

Toutefois, entre les attentes et le vécu, quelques différences sont sensibles. En particulier pour les "exclusifs avec leurs pairs" qui sont ici les "compensateurs". S'il y a peu d'attentes envers les pairs, la réalité montre que le vécu entre pairs est important alors que dans un même temps les exclusifs envers les enseignants baissent très significativement.



Clément Dussarps conclue sa thèse en répondant explicitement à ses hyptohèses de départ (pratique pas toujours repérable dans un certain nombre de thèses). En voici les principales mentions :
  • Il n'existe pas de liens statistiques entre les styles d'apprentissage et l'abandon.
  • Les abandons ont différentes origines : des causes internes propres à l'apprenant et des causes externes, liées à sa vie hors dispositif (familiale, professionnelle) ou au dispositif de FOAD.
  • Le profil socio-démographique et les attentes socio-affectives et/ou le vécu socio-affectif de l'apprenant renseignent sur les risques d'abandon.
  • Hormis les "isolés", plus un apprenant a des relations socio-affectives de qualité avec les enseignants et ses pairs, moins il risque d'abandonner.
Enfin, il formule des recommandations : 

Créer la première rencontre et maintenir le contact (apprenant-enseignant, apprenant-pairs)
  • Utiliser des outils de communication synchrones plutôt qu'asynchrones.
  • Proposer des regroupements présentiels ou à distance.
  • Donner les règles de communication au sein du dispositif et indiquer les personnes-ressources.
  • Envoyer un message de bienvenue.
  • Ouvrir à la communication par des formules telles que "n'hésitez pas à me recontacter".
  • Se présenter et faire se présenter.
  • Favoriser les rencontres entre pairs.
  • Proposer un système de parrainage entre apprenants.
  • Veiller à une cohérence du discours entre enseignants et avec le personnel administratif.
  • Suivre les traces numériques sur la plateforme de formation.
Se repérer dans le dispositif et être responsable de sa formation
  • Etablir un contrat pédagogique et fournir un syllabus de chaque cours.
  • Proposer un calendrier des principales dates.
  • Aider l'apprenant à savoir réagir en cas de difficultés.
  • Faire participer les apprenants à la création d'une FAQ qui liste les conseils et astuces liés à la formation.
  • Inviter les apprenants à tenir un carnet de bord (ou journal d'apprentissage) privé et public.
Les ressources extérieures au dispositif
  • Aider les apprenants à identifier les ressources (possibles supports) en dehors du dispositif.
  • Proposer des outils permettant la création d'un réseau d'anciens étudiants ou professionnel.

mercredi 7 mai 2008

Recherche sur la persévérance en FAD

Le tutorat est souvent justifié par la lutte contre l'abandon des apprenants à distance. Savoir contribuer à la persévérance est donc une compétence indispensable à développer par les tuteurs.

Nul doute que les résultats de la dernière recherche sur cette question, effectuée pour le compte du Refad, pourra aider plus d'un tuteur à poursuivre cet objectif avec ses tutorés.

A consulter également la très riche bibliographie commentée.


Présentation publiée sur le site du Refad

Préparée pour le REFAD par Mme Lucie Audet, cette recherche a pour but d’identifier et de mettre en évidence les facteurs qui influencent la persévérance et la réussite scolaire des étudiant(e)s en formation à distance au niveau secondaire, tout en faisant un parallèle avec les autres paliers d’enseignement (collégial et universitaire) grâce à une recension des écrits déjà existants...

Cette recherche pancanadienne permet d’identifier auprès des étudiants, entre autres :

  • les difficultés rencontrées et ce qu’ils ont développé comme stratégies pour les surmonter ;
  • leur perception de l'enseignement à distance ;
  • ce qu’ils ont dû modifier lorsqu’ils sont passés d’un enseignement plus traditionnel à un contexte d’enseignement à distance, le cas échéant ;
  • les principaux aspects perçus comme négatifs et comme facteur principal d’abandon ;
  • les conditions de réussite reliées à la motivation, l’autonomie, et l’encadrement.

À partir de l’abondante littérature existante concernant l’abandon scolaire, cette recherche a pour but premier de mettre l’emphase sur le milieu particulier de la formation à distance au niveau secondaire, et plus particulièrement en milieu minoritaire francophone. Cette recherche a également pour but d’effectuer des parallèles directs avec les facteurs qui influencent également la persévérance aux niveaux collégial et universitaire, et ce autant au Québec que dans les différentes communautés francophones et acadienne du pays.

Le document principal / synthèse est disponible à Perseverance synthese Mars 2008.pdf (Document PDF, 1.11Mo).

La bibliographie commentée est disponible à Perseverance Bibliographie Mars 2008.pdf (Document PDF, 1.91Mo).

L'équipe du REFAD tient à remercier Mme Lucie Audet pour la mise en oeuvre du projet et PENSIVO Inc. pour la mise en ligne.

Ce projet a été rendu possible grâce à un financement du Ministère du Patrimoine canadien (www.pch.gc.ca) et du Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes du Québec, (SAIC www.saic.gouv.qc.ca).