mercredi 12 mars 2008

e-Learning et communautés de pratique

Bonjour à tous,

C'est après avoir communiqué avec Jacques RODET sur l'opportunité de faire cette annonce ici que je vous fais un communiqué intéressé sur l'université d'été que j'organise cet été à Nantes, du 18 au 22 août, sur le thème
"e-learning et communautés de pratique", sous la conduite scientifique d'Alex Mucchielli et Etienne Wenger, des personnes reconnues mondialement.

Le programme provisoire est accessible sur la page d'accueil de mon site (www.eumathos.com) - Par ailleurs, il reste 1 ou 2 créneaux dans le programme pour des témoignages sur la formation de l'animateur d'une communauté de pratique, et la formation du e-tuteur.

Enfin, si vous souhaitez aider à la promotion de cet évènement, contactez-moi, je vous dirai comment vous pouvez aider à la réussite de cette première université d'été du genre sur le sol français.

A vous lire
Cordialement
Chris PM (christian.martin@eumathos.com)

Le "CQFD" de la formation des tuteurs

Dans son ouvrage « eLearning pour enseigner et apprendre. Allier pédagogie et technologie », Marcel Lebrun évoque l'outil CQFD (Conduire, Questionner, Faciliter, Diagnostiquer) destiné à soutenir la formation des tuteurs.

Il décrit ces différentes activités de la manière suivante (p. 176 et 177) :

« Conduire : le tuteur effectue des interventions afin de guider le groupe dans le franchissement des étapes attendues. »

« Questionner : le questionnement est le principal outil du tuteur pour, par exemple : connaître le niveau de compréhension des étudiants ; mettre en évidence des points de désaccord ; clarifier ou synthétiser le travail réalisé ; pousser les étudiants à aller plus loin. »

« Faciliter : le tuteur réalise des interventions verbales et non verbales susceptibles de créer un climat positif du travail dans les groupes. »

« Diagnostiquer : avant d'intervenir, le tuteur se donne le droit d'observer pour engranger de l'information sur l'avancement des groupes. C'est ce temps de diagnostic qui lui permet d'ajuster au mieux ses interventions par un jeu d'écoute et d'observation. »

Le CQFD, c'est aussi un DVD pour former les tuteurs en pédagogie active qui contient :

  • 14 vidéos illustrant différentes attitudes du tuteur

  • 14 fiches descriptives aidant à la compréhension de la séquence vidéo

  • un livret pour le formateur, comprenant des informations pratiques, théoriques et pédagogiques pour l'utilisation du DVD.

Il se propose de répondre aux questions des tuteurs telles que : Comment intervient-on en tant que tuteur expert ou non expert dans un groupe en apprentissage ? Que fait-on face à un groupe où les étudiants sont de niveaux différents ? Comment orienter les questions des étudiants ? Comment ne pas "donner la matière" ? Comment questionner les étudiants ? Comment gérer les absences ?


Source : http://www.ipm.ucl.ac.be/CQFD/index.html


mardi 11 mars 2008

Les tuteurs de la Téluq ont rejeté massivement la proposition patronale

MONTREAL, le 10 mars /CNW Telbec/
Les tuteurs et les tutrices de laTélé-Université (Téluq), en grève depuis le 16 janvier, ont rejeté massivement, dans une proportion de 87.5% la proposition globale de règlement de la convention collective lors d'une assemblée générale, lundi.
Les tuteurs souhaitent en arriver à une entente négociée. Ceux-ci souhaitent une véritable reconnaissance professionnelle. Pour y arriver, l'employeur doit se consacrer à la négociation et permettre un règlement qui atteindra l'équité avec les autres personnels de l'enseignement de la Téluq, tant au niveau de la rémunération que de la tâche. Les grévistes veulent que leur travail soit reconnu à la hauteur de leurs responsabilités. Les tuteurs doivent notamment dispenser le savoir, assurer un soutien pédagogique aux étudiants qui leur sont confiés, corriger des travaux et des examens et sanctionner la réussite ou l'échec du cours.
Ce rejet des offres patronales intervient à la suite de tentatives de la part de la direction de la Téluq de discréditer le syndicat. L'employeur avait d'abord tenté à diverses reprises de faire jouer un rôle de "scabs" à ses professeurs, ce à quoi ils se sont refusés.
De plus, le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université-CSN a fait parvenir le 3 mars, une mise en demeure à la direction de Téluq après que celle-ci ait communiqué par courriel avec les tuteurs en grève afin de les inciter à accepter les termes d'une offre, ce qui est contraire au Code du travail. Celui-ci stipule qu'aucun employeur ne peut "entraver les activités d'une association de salariés". Ce geste visait de toute évidence à briser la grève des tuteurs et des tutrices de la Télé-Université et discréditer leur équipe de négociation. Cette offre patronale a été rejetée mercredi par les tuteurs.
"En ne respectant pas les lois du travail, l'employeur ne fait que jeter de l'huile sur le feu et met ainsi en péril l'atteinte rapide d'un règlement négocié", s'insurge Sylvie Pelletier, présidente du syndicat.

Source de la photo : http://www.fneeq.qc.ca/fr/universites/teluq-en-greve/

lundi 10 mars 2008

La Téluq tente de négocier sur la place publique

Nous vous annoncions il y a quelques jours que la direction de la Téluq avait mis en oeuvre une stratégie de contournement du syndicat des tuteurs. Nous reproduisons ci-dessous la réaction des tuteurs parue sur le site de la FNEEQ (Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec).


Faisant fi des membres de l’équipe syndicale de négociation qui tentaient de trouver une solution négociée, la direction de la Téluq a osé, à trois reprises, passer par-dessus la tête de la partie syndicale.

D’abord le 26 février, l’employeur annonçait aux membres du syndicat le dépôt d’un projet de règlement à la table de négociation et le 29 février, il leur transmettait ce dépôt. Puis le 3 mars, l’employeur envoyait ce dépôt accompagné d’un document explicatif à toute la communauté télé-universitaire, incluant les étudiants. Et cela, alors que le syndicat avait pris l’engagement de soumettre ultérieurement cette proposition globale à ses membres.

Cette façon de faire serait du jamais vu à la Fédération nationale des enseignantes et en­seignants du Québec (FNEEQ), qui regroupe pas moins de 70 syndicats d’enseignants au Québec, dont celui de la Télé-université.

Les avocats du service juridique de la CSN ont aussitôt expédié une mise en demeure à la Téluq en lui demandant de cesser immé­diatement de faire entrave aux activités syn­dicales. Une plainte suivra sous peu auprès de la Commission des relations du travail.

Par ailleurs, la plainte du syndicat pour mettre fin aux tentatives de l’employeur d’utiliser des briseurs de grève a finalement été réglée en faveur des tuteurs et tutrices lors de la séance de conciliation préalable à l’audition des parties devant la Commission des relations du travail. L’employeur s’est engagé à s’abstenir de solliciter les profes­seurs pour exécuter les tâches des tuteurs et tutrices.

Ces quelques faits illustrent de façon trou­blante comment une direction méfiante et non respectueuse des lois du travail est capa­ble de mettre volontairement en péril une structure de négociation, en tentant de négo­cier sur la place publique avec l’ensemble des membres du syndicat plutôt qu’avec leurs représentants démocratiquement élus.

À la suite des rapports du comité de négo­ciation et du comité de mobilisation, la pro­position globale de règlement de la conven­tion collective des tuteurs et tutrices de la Télé-université sera présentée aux membres du syndicat, convoqués à une assemblée gé­nérale spéciale le dimanche 9 mars, à 13h30, au local de grève de Montréal à la salle Lio­nel-Groulx, 82, rue Sherbrooke Ouest. L’assemblée pourrait être reportée au lende­main en cas de mauvais temps.

Un vote sur le refus ou l’acceptation du dé­pôt patronal sera pris lors de cette assemblée. Un autobus nolisé partira de Québec afin de permettre aux tuteurs et tutrices de la région de Québec de participer à cette importante réunion.

dimanche 9 mars 2008

Chronique de Philippe Gaberan : Autonomie de l’apprenant

« On ne parle surtout pas de la FOAD ! » La phrase est écrite telle quelle au tableau parmi les autres nombreux points du bilan-régulation qui vient clore la semaine de regroupement (une par mois sur les vingt que dure la formation). Exprimer un refus de parler d’un tel sujet c’est bien sûr déjà en parler ; de fait, personne n’est dupe du paradoxe ainsi soulevé.

En réalité, il exprime le malaise et la réticence à évoquer le rapport encore difficile (six mois après le début de la formation) que ce groupe de 24 apprenants (engagés dans une certification de niveau IV) entretient avec la technologie Internet et la formation à distance par le biais d’une plateforme (en l’occurrence Spiral). Et toute la conviction et l’engagement du formateur référent (le tuteur dirait-on ici) ne suffisent pas à eux seuls à vaincre les résistances.

Celles-ci ne sont pas seulement liées à la maîtrise de l’outil (cette étape là a été dépassée lors d’une semaine d’initiation et de prise en main) mais bien aux conséquence directes de l’usage de celui-ci dans le cadre d’une formation ; à savoir la nécessité d’être autonome (pouvoir se mettre au travail seul), d’être en mesure de gérer son temps de travail (s’obliger à des séquences suffisamment conséquentes pour être productives), d’organiser sa progression et de maintenir l’envie dans le temps qui sépare deux regroupements.

Il est clair que la FOAD replace l’apprenant dans une démarche active qui n’est plus aussi évidente voire même qui n’existe plus lorsque celui-ci vient s’asseoir dans une salle de cours et consommer de la parole d’intervenant. Une posture d’autant plus dure à adopter que peu de chose dans l’environnement social contemporain incite à la prise d’initiative, au démarcage des foules et des modes. Seul face à son ordinateur, il faut donc que l’apprenant aille puiser dans les contenus proposés le sens même de se mettre au travail, d’apprendre et de s’approprier de nouvelles connaissance de sorte à les assimiler. La partie est loin d’être gagnée...

Image dans son contexte original, sur la page www.familles-ge.ch/etapes/etape10.php

vendredi 7 mars 2008

Ressources sur le constructivisme

Giuseppe Arcimboldo, Le bibliothécaire, 1562

Il est aujourd'hui assez courant de voir certaines actions de formation se revendiquer du constructivisme ou de son dérivé le socio-constructivisme sans que pour autant les principes de base de cette approche pédagogique en soient respectés. Le tuteur engagé dans de telles actions, doit avoir la capacité à faire le tri entre le discours affiché et les pratiques qui lui sont demandées, reconnaître celles qui relèvent de l'approche constructiviste et celles qui empruntent à d'autres modèles pédagogiques. Ainsi, il pourra échapper à l'effet de mode, avec toutes ses dérives, qui est une des conséquences malheureuses de la diffusion et de l'influence grandissante du constructivisme. Contre le buzz, la réaction saine semble bien la prise de distance favorisant l'approfondissement par construction et reconstruction de ses connaissances.

Dans ce but, nous indiquons ci-dessous quelques ressources :

Deschênes et al. dans leur article Constructivisme et formation à distance retiennent les trois aspects suivants de la démarche constructiviste comme modèle théorique pour la formation à distance : 1) les connaissances sont construites, 2) l'apprenant est au centre du processus et, 3) le contexte d'apprentissage joue un rôle déterminant.

Ernst Von Glaserfeld, à l'instar de Paul Watzlawick et d'Heinz von Foerster, est un penseur et un auteur important du constructivisme. Il est possible de visionner, sur http://www.vonglasersfeld.com/, deux conférences, à dix ans d'écart, qu'Ernst Von Glaserfeld avait donné à l'université Laval, intitulées respectivement : Quelques aspects du constructivisme et Constructivisme radical et enseignement.

Dans ces vidéos et en particulier à la fin de la seconde, Ernst Von Glaserfeld évoque plus précisément quelques éléments à tirer du constructivisme pour l'éducation : aménager des activités permettant de mobiliser l'intérêt des élèves et de provoquer la pensée des élèves, ce qui suppose que l'enseignant soit persuadé que les élèves peuvent penser. S'interdire de dire aux élèves que leurs résultats sont faux mais reconnaitre l'effort qu'ils ont effectué pour y arriver. Faire en sorte que les élèves prennent confiance en eux, ce qui constitue le préalable à leur motivation.

L'invention de la réalité, Contributions au constructivisme, 1981. Plusieurs auteurs sous la direction de Paul Watzlawick, notamment Ernst von Glasersfeld et Heinz von Foerster, trad. Seuil

Constructivisme et éducation. Revue des sciences de l'éducation. Numéro thématique, vol. XX, n°1, 1994

Le constructivisme de Jean-Louis Lemoigne. 3 tomes : Les enracinements (2001) ; Epistémologie de l'interdisciplinarité (2002) ; Modéliser pour comprendre (2003). L'Harmattan

Autres références sur le constructivisme sur Wikipédia


jeudi 6 mars 2008

Retour sur le sondage "Utilisez-vous les traces laissées par vos tutorés sur les plate-formes pour réaliser vos interventions tutorales ?"

16 personnes ont participé au dernier sondage dont la question était «Utilisez-vous les traces laissées par vos tutorés sur les plate-formes pour réaliser vos interventions tutorales ?».

Les réponses obtenues sont les suivantes :

  • Jamais : 4 répondants, 25 %
  • A l'occasion : 4 répondants, 25 %
  • Régulièrement : 1 répondant, 6 %
  • Toujours : 7 répondants, 43 %

Le premier résultat qui peut être tiré de ces votes est que les trois quarts des répondants ont déjà sollicité les traces laissés par les apprenants sur les plate-formes pour penser et effectuer leurs interventions de support. Cette proportion est forte et montre que ces répondants ont accès à une plate-forme et qu'ils en ont une connaissance suffisante pour accéder et exploiter les traces produites par leurs tutorés.

Il est remarquable que 4 répondants sur 10 aient systématiquement recours à ces traces. Pour autant, cela m'interroge quelque peu. En effet, est-il absolument toujours nécessaire de recourir aux traces informatiques pour dimensionner son intervention ? Il est probable que non. Dès lors, que signifie ce « toujours » ? Qu'est-ce qui peut motiver le tuteur à effectuer le détour systématique par les traces pour intervenir auprès de son tutoré ? Est-ce pour obtenir des renseignements sur les tutorés ? Ou bien, est-ce que cela relève d'une obligation contractuelle vis à vis de son employeur ? Ou encore, est-ce pour produire lui-même des traces de son utilisation de la plate-forme ?

Autant de questions auxquelles ce petit sondage n'avait pas pour objectif de fournir des réponses et qui mériteraient une enquête plus approfondie. Si il y a des amateurs pour une telle recherche, qu'ils se signalent !

1 tuteur sur 4 n'examine jamais les traces de ses tutorés. Il peut y avoir deux causes principales à cet état de fait. Soit, les tuteurs n'ont pas accès à une plate-forme, soit les traces produites sont de peu d'intérêt pour la réalisation de leurs interventions et ils les ignorent donc.

La deuxième cause de cette désaffection mériterait, à mon sens, une autre recherche dont la question principale pourrait être : quelles sont les traces laissées par les tutorés, qui sont utiles aux tuteurs pour dimensionner leurs interventions ? Là encore, les personnes intéressées par la réalisation d'une telle recherche peuvent se signaler.

Pour ces deux propositions de recherche, notre communauté de tuteurs constituerait bien évidemment un terrain tout choisi.

Source de l'image : http://lusina.unblog.fr/files/2007/01/traces.jpg


mercredi 5 mars 2008

La direction de la Téluq veut passer en force. Les tuteurs résistent !

La direction de la Téluq, à grand renfort de communiqués et de mails à l'ensemble de ses employés, demande aux tuteurs de se prononcer sur sa « proposition finale de règlement ». Il s'agit en quelque sorte d'une mise en demeure adressée aux tuteurs qui prend à témoin les employés et au-delà toute la communauté de la Téluq.

Il apparaît que le contournement de la représentation syndicale des tuteurs, que représente cette fièvre communicante de la direction, ne passe pas. Pour preuve, les réactions des tuteurs publiées par le site de la FNEEQ.

Il est assez curieux, et pour tout dire, inéquitable, que ceux qui sont pris à témoins par la partie patronale ne puissent également avoir accès, par les mêmes canaux de communication, à la proposition de règlement du conflit émanant du syndicat des tuteurs.

Que cherche la direction en abandonnant la table des négociations au profit de cette communication agitée ? Gagner du temps ? Laisser s'enliser la grève ? Il serait bien préférable qu'elle accepte les justes revendications des tuteurs et leur reconnaisse enfin un véritable statut.


mardi 4 mars 2008

Comment traduire "chargé d'encadrement" en anglais ?


Récemment, un membre de t@d m'a fait parvenir un message dans lequel il demandait comment il serait possible de traduire en anglais l'expression "chargé d'encadrement" qui est utilisée à la Téluq. N'ayant pu formuler une réponse satisfaisante à sa question, je soumets le cas à notre petite communauté.

Voici la fiche de tâches pour cette qualification :

  1. À assister et à encadrer les étudiants dans l’ensemble de leur cheminement dans le cours ou l’activité, y compris pour la réalisation des travaux pédagogiques prévus au cours ou à l’activité;
  2. À planifier, proposer, préparer ou adapter certains éléments du cours ou de l’activité, sous la supervision du professeur et dans le cadre tracé par la description du cours ou de l’activité à l’annuaire;
  3. À planifier, encadrer et animer les conférences télématiques ou téléphoniques, les forums ou les clavardages qui font partie de la formule d’encadrement du cours ou de l’activité;
  4. À initier les appels de démarrage et de suivi lorsque prévus à la formule d’encadrement du cours ou de l’activité;
  5. À faire rapport au professeur ou au directeur de l’Unité d’enseignement et de recherche à laquelle appartient le cours ou l’activité du travail accompli;
  6. Répondre à toute communication téléphonique ou télématique dans les deux (2) jours ouvrables suivant le jour de la communication;
  7. Corriger les travaux, examens et rapports de stage prévus au cours ou à l’activité et à fournir la rétroaction appropriée à l’étudiant, normalement dans les sept (7) jours ouvrables de la réception du travail ou de l’examen; également, remettre les notes à l’Université dans le délai prescrit au règlement des études des cycles supérieurs.

Est-ce que vous auriez une suggestion ? Si oui, merci de la publier en commentaire à cet article.

Image dans son contexte original, sur la page www.phenix-fm.com/pageLibre00010015.html

lundi 3 mars 2008

Quelques repères sur le tutorat à distance. Par Jacques Rodet

Afin de fixer quelques repères sur le tutorat à distance, il peut être utile de donner une vision plurielle par le recours aux citations d'auteurs reconnus et de classer ces dernières dans les catégories suivantes : définitions, raison d'être du tutorat, rôles et fonctions du tuteur, la recherche sur le tutorat.

Définitions
« Lorsque l’on parle de tutorat, les no­tions de tuteur, d’accompagnement, d’en­cadrement et de support à l’apprentissage sont évoquées. D’une manière générale, le tutorat se définit comme étant la fonc­tion du tuteur. Le tuteur est, quant à lui, le plus souvent, la personne qui suit, assiste et conseille particulièrement un étudiant ou un groupe d’étudiants pour atteindre un objectif d’apprentissage. Le tuteur est un guide, un conseiller. » (Gounon, Leroux, Dubourg)

« De nombreux auteurs parlent de tutorat pour désigner la nouvelle fonction qu’exerce, à distance ou en présentiel, des enseignants qui interviennent auprès des apprenants, les encouragent à créer et à mettre en oeuvre des projets individuels ou de groupe et suivent le déroulement de leurs activités. Dans le champ particulier de l’enseignement à distance, tous les observateurs attentifs reconnaissent volontiers le rôle primordial que joue la personne tutrice. Que la qualité du tutorat dont bénéficient les apprenants constitue une variable déterminante de l’efficacité d’un dispositif de formation à distance et du taux de persistance est un fait dont les différentes recherches sur ce sujet font toutes référence. » (Ndoye)

« Le tutorat s'inscrit ainsi dans une activité d'encadrement de l'apprenant qui se définit comme « une intervention auprès d’une ou d’un élève ou d’un groupe d’élèves visant le développement personnel et social de l’élève en l’invitant à assumer ses responsabilités relativement à sa propre formation ». Le tuteur a pour mission d’assurer le suivi de l’apprentissage de chaque apprenant. » (Teutsch, Bourdet, Gueye).

« La définition du mot ''tuteur'' varie fortement d’un contexte de formation à un autre. ''Tuteur'' est un mot générique couramment utilisé mais qui se décline selon diverses acceptions comme modérateur, mentor, télécatalyste, animateur, facilitateur… En anglais, le mot tutor semble faire davantage l’unanimité même si d’autres termes sont utilisés comme emoderator ou coach. » (Daele et Docq).


Raisons d'être du tutorat
« Les principales raisons d'être d'un dispositif d'encadrement sont de répondre à des attentes, des besoins, exprimés ou non, par l'apprenant et de lui permettre de surmonter ses difficultés sur les plans administratif et pédagogique. Il vise à rompre l'isolement de l'apprenant, à accompagner sur les plans cognitif, méthodologique, métacognitif, affectif, à motiver et à favoriser la persévérance de l'apprenant et à le rendre autonome. » (Rodet)

« Ces activités de tutorat visent à atteindre un double objectif de formation et de développement de l’autonomie de l’apprenant. En situation de FOAD, la réussite de la formation tient à un grand nombre de facteurs : motivation, capacité à transposer des expériences d’apprentissage antérieures, maîtrise de l’outil informatique, attitude réflexive par rapport à l’ensemble du dispositif [4]. M. Linard [5] présente l’apprentissage comme une activité à part entière et souligne que « La cascade de conditions à remplir (dans la quête de l’apprentissage) requiert tant de dispositions favorables à la fois que l’on comprend pourquoi les apprenants ont si souvent besoin d’un soutien extérieur pour réussir ». (Teutsch, Bourdet, Gueye)

« En formation à distance, l’enseignement et l’encadrement sont des activités séparées contrairement à la formation traditionnelle où les deux activités sont sous la responsabilité du formateur, se confondent et sont essentiellement d’ordre pédagogique. Les ressources d’encadrement font appel à des tuteurs ou conseillers qui servent d’intermédiaires pour prodiguer aux apprenants conseils d’orientation et suivi pédagogique. » (Bernatchez).

« Le tutorat, facteur essentiel dans l'apprentissage à distance des étudiants par l'interaction sociale et la médiation des savoirs qu'il encourage, pose de nombreuses questions sur la re-création du lien social qu’il génère, mais également sur l'évaluation qui en est faite. » (Bertschy, Gasté)

« Ce qu'apporte un tuteur à un dispositif de FOAD, c'est bien sûr la subtilité de la relation humaine par rapport à la relation homme/machine : le rôle central de la médiation dans l'enseignement à distance n'est plus à prouver… » (Peyrelong, Follet)

Rôles et fonctions du tuteur
« La fonction tutorale peut être caractérisée selon 3 aspects : une activité de médiation pédagogique et technique, une relation sociale et interactionnelle avec l’apprenant, une capacité à enrichir l’autonomie de ce dernier (méthodologique, organisationnelle, etc.). » (Bertschy, Gasté)

« Le tuteur peut être considéré comme un acteur relais dans la relation pédagogique. Son rôle est de renvoyer l’apprenant à ses propres stratégies, aux remédiations qu’il peut construire lui-même et à la représentation de son apprentissage (le relais est vu ici comme support de divergence et de rétrospection), plutôt que de ramener les spécificités des trajets d’apprenants à un modèle unique de progression (le relais est vu ici comme support de convergence et de prospection). Parce qu’il médiatise la relation au savoir, le tuteur relais travaille sur la spécificité du parcours développé par chaque apprenant. » (Teutsch, Bourdet, Gueye)

Les interventions du tuteur envers l'apprenant à distance portent sur les différents plans de support à l'apprentissage suivants : plan cognitif (contenu disciplinaire, méthodologie, technique, administratif et académique ; plan socio-affectif (rompre l'isolement, rendre autonome, faciliter la collaboration ; plan motivationnel (lutter contre l'abandon, renforcer la motivation intrinsèque de l'apprenant, encourager et féliciter) ; plan métacognitif (faciliter la planification, évaluer les stratégies cognitives, aider l'apprenant à s'autoévaluer). (Rodet)

« le profil de tuteur [...] comporte des interventions centrées sur les fonctions suivantes :

  • l’accueil, la mise en route des actions de formation ;

  • l’accompagnement technique ;

  • l’accompagnement disciplinaire ;

  • l’accompagnement méthodologique ;

  • l’autorégulation et métacognition ;

  • l’évaluation ;

  • la personne-ressource attitrée. » (Denis)

« Les interventions tutorales sont de natures variées, elles s’appliquent à différents moments et concernent différents aspects du processus de formation. La liste ci-dessous est issue de l’analyse de contenu des entretiens des deux groupes d’acteurs, que ces dimensions aient été évoquées (explicitement ou implicitement) en termes de besoins par les apprenants ou en termes de pratiques par les tuteurs :

  • aide à l’orientation et au choix du contenu, du niveau et du mode d’organisation de la formation,

  • soutien didactique, centré sur les contenus du cours,

  • soutien méthodologique, concernant les aspects métacognitifs et l’orga-nisation concrète du travail,

  • soutien psychologique et affectif, offrant un appui moral et motivationnel et favorisant une valorisation de l’image que les apprenants ont d’eux-mêmes,

  • aide sociale et personnelle, portant sur des problèmes pratiques et matériels (logement, finances, santé…), périphériques aux études, mais fondamentaux quant à leur poursuite,

  • aide relative aux structures institutionnelles, traitant des problèmes d’accès aux services administratifs, aux ressources pédagogiques complémentaires, aux lieux éventuels de regroupement, etc.,

  • aide technique, relative à l’appropriation des matériels et des logiciels,

  • aide spécialisée, liée à des besoins spécifiques (remédiations à une dyslexie, à l’illettrisme, maîtrise de la langue de travail pour des étrangers, etc.),

  • aide par l’organisation d’un travail collectif, souvent oubliée mais essentielle, dans laquelle il s’agit d’encourager et d’animer, par tous les moyens disponibles, la mise en place et la dynamique d’échanges et de collaborations entre apprenants, en face-à-face ou à distance. » (Glikman)

« Dans Learn-Nett, le tuteur à distance a pour missions de :

  • aider chaque étudiant à exprimer son projet personnel et à l'articuler au projet du groupe et à réfléchir sur ses propres démarches (négociation dans la constitution de groupes de travail) ;

  • animer le travail de son groupe et canaliser les efforts des étudiants vers la production collective ;

  • accompagner les étudiants dans l'accomplissement de leur projet en jouant le rôle de personne-ressource: apport d'aides à l'apprentissage et au travail individuel ou de groupe, soutien particulier aux étudiants en difficulté d'apprentissage et qui risquent de décrocher, etc. ;

  • faciliter et réguler les échanges entre les membres du groupe (protocoles de communication) ;

  • être la « mémoire » du groupe en faisant respecter les échéances et en tenant un « carnet de bord » du groupe ;

  • participer à l'évaluation formative par les régulations en cours de formation. » (Charlier, Daele, Docq, Lusalusa, Peeters, Deschryver)

Recherche sur le tutorat
Richard Pitre a procéder récemment à un état de la recherche sur les pratiques de tutorat. Il note que « L’investigation que nous avons menée a effectivement mis en lumière un grand nombre de publications sur le tutorat. Mentionnons que deux numéros de la revue Distances et savoirs ont été consacrés spécifiquement à cette question en 2004 et en 2005. Une recherche bibliographique sur Internet nous donne un nombre impressionnant de références. Les seules références compilées par le concepteur pédagogique Jacques Rodet, qui anime le forum t@d, la communauté de pratiques des tuteurs à distance et qui et a créé des outils en ligne sur la formation à distance, ont de quoi étonner. En effet, sur la seule question du tutorat, Rodet a compilé 106 références. Sur le site du Refad (Réseau d’enseignement à distance du Canada) on trouve 49 titres répertoriés sur le tutorat et c’est sans parler des quelque 1 300 titres de la Bibliographie- Webographie sur la formation à distance, compilés par Michel Richer, Patrick Guillemet et quelques autres collaborateurs, pour le Refad.»

Il est toutefois remarquable que ces recherches portent quasi exclusivement sur les pratiques universitaires et non sur celles en cours en formation professionnelle. Les thèmes des recherches sont les suivants : rôles des tuteurs (typologie de fonctions), les besoins auxquels répond le tutorat (les plans de support), ce que pensent les apprenants du tutorat, les styles de tutorat et les styles d'apprentissage, la formation des tuteurs. A noter que les prescripteurs et les utilisateurs du tutorat dans le secteur marchand ne sont pas sollicités par ces recherches.

Sources
Paul-Armand Bernatchez.
L’encadrement des apprenants par la télématique. Charlier, Daele, Docq, Lusalusa, Peeters, Deschryver. Tuteurs en ligne : quels rôles, quelle formation ? Aude Bertschy, Denis Gasté. Evaluation d'une relation dans le tutorat distanciel interpromotions d'étudiants : sens, apports et limites au titre du lien social. Brigitte Denis. Quels rôles et quelle formation pour les tuteurs intervenant dans des dispositifs de formation à ditance. Viviane Glikman. Apprenants et tuteurs : une approche européenne des médiations humaines. Patricia Gounon, Pascal Leroux, Xavier Dubourg. Proposition d’un modèle de tutorat pour la conception de dispositifs d’accompagnement en formation en ligne. Sylvie Grosjean. Le rôle du tuteur en ligne dans l’établissement d’un lien social : le cas de l’apprentissage collaboratif à distance. Abdou Karim Ndoye. Les rôles du tuteur dans la formation à distance des professeurs vacataires sénégalais. Marie-France Peyrelong, Marianne Follet. Le tuteur, entre écrit et chuchotements. Richard Pitre. Les tuteurs : des professionnels qui sont partie intégrante d’une équipe pédagogique. Jacques Rodet. L'encadrement à distance. D.Smidts, J-M. Braibant, P. Wouters, M-N. De Theux. Un outil audiovisuel pour former des tuteurs en pédagogie active. Philippe Teutsch, Jean-François Bourdet, Omar Gueye. Perception de la situation d’apprentissage par le tuteur en ligne.

Image dans son contexte original, sur la page www.muskadia.com/mer_et_rivieres/balises_AISM.asp