vendredi 25 octobre 2013
jeudi 17 juin 2010
Paroles de tuteur : Jean-François Le Cloarec, tuteur-pair du Master MFEG de Rennes 1
Jean-François Le Cloarec, diplômé du Master MFEG de Rennes 1 en est maintenant un des tuteurs-pairs. Il a volontiers accepté de répondre à mes questions sur les différents aspects de ses rôles auprès de ses pairs, étudiants à distance.Jacques Rodet : Après avoir été diplômé du Master MFEG de Rennes 1, tu as décidé de t'engager dans le tutorat par les pairs de ce parcours de formation. Peux-tu nous dire qu'elles ont été tes principales motivations pour cela ?
Jean-François Le Cloarec : Ma première motivation était de donner un appui aux apprenants. Le premier risque de la formation à distance est l'abandon lié au sentiment de solitude. Tout apprenant en ligne a un moment été confronté à ce sentiment, cette impression de vide... et toujours au moment où l'on aurait besoin au contraire d'une épaule pour s'appuyer avant de repartir. C'est d'autant plus vrai en formation continue où l'apprenant est déjà confronté aux difficultés liées à la reprise d'études. Ensuite, je vois ce tutorat comme un travail de partenaire. Si l'on peut apporter par son expérience, participer au tutorat est aussi un moyen de rester en contact avec l'évolution des contenus. Chacun apporte à l'autre dans une relation de partenariat.
J.R. : Quelle est ta définition du tutorat par les pairs ? Comment est-ce que tu le situes par rapport aux autres formes de tutorat ? Quelles sont selon toi les spécificités du tutorat par les pairs ?
J.-F. L.C. :Vaste question, parlons si tu le veux bien de son rôle plutôt que d'une définition forcément réductrice. le tutorat par les pairs tel qu’il est envisagé et pratiqué n’a pas pour objectif de remplacer les Tuteurs-Cours. Les Tuteurs-Pairs ont le rôle de facilitateur sur le plan méthodologique et organisationnel compte tenu de leurs expériences d'anciens apprenants de la formation. Les Tuteurs-Cours sont et restent les référents pour toutes les questions relatives à leurs enseignements. Je pense que le tuteur par les pairs se doit d'être très présent aux moments clés de la formation. En ce qui concerne le master, son intervention peut s'avérer décisive en début de formation bien sur mais aussi dans l'aide au projet de stage et à la préparation de la soutenance. Il peut être amené ponctuellement à intervenir sur les thématiques de cours, comme un médiateur des apprentissages. Cette position n'est pas toujours facile à tenir car on se pique parfois au jeu et il faut faire attention à ne pas se substituer ni aux enseignants, ni aux apprenants. Par rapport aux autres formes de tutorat, je pense que la principale relation réside dans une forme de proximité avec l'apprenant. Cette proximité se traduit par la naissance de relations privilégiées issues d'échange au cours desquels se mêlent conseils professionnels et discussions informelles. Attention à ne pas confondre néanmoins le rôle de tuteur avec celui de « bon copain » ! Mais l'aspect relationnel me paraît décisif pour que s'établisse une relation de confiance. Les apports du tuteur sont un accélérateur dans l'acquisition des savoirs.
J.R. : Quelle a été la genèse du tutorat par les pairs au sein du master MFEG ? Est-ce qu'il est la conséquence d'une démarche institutionnelle ? Au contraire, est-il apparu de manière spontanée ? Quelles ont été les principales étapes de son développement que tu as pu constatées ?
J.-F. L.C. : Il convient de préciser que l'engagement est double puisqu'il s'agit d'une proposition faite à Patrice Mouton, responsable pédagogique du Master. Il s'est montré très ouvert à toutes ces questions et a vu dans le tutorat par les pairs un complément intéressant au dispositif initial. Pour ma part je n'ai pas bénéficié de ce tutorat. Mais au sein de ma promotion nous nous sommes organisés pour assumer cette tâche à notre façon. Nous avons régulièrement travaillé en groupe et les échanges lors des regroupements ont permis d'identifier les compétences partageables entre les uns avec les autres. Le fruit de ces échanges a été la naissance de Skolanet qui s'est par la suite naturellement proposé pour institutionnaliser cette mission au sein du master. Il faut noter que cette initiative a maintenant deux ans et que dans un premier temps elle s’est plutôt concrétisée par un rôle d'accompagnateur de projet de fin d’études. Forte de cette première expérience la mission s'est élargie cette année avec une forte animation des forums et de chats audio en début d'année et un suivi très régulier des apprenants, de la recherche de stage au suivi dans l'avancée du mémoire jusqu'à la recherche d'emploi. Il y a encore des choses à faire pour que le tutorat apporte encore davantage mais il faut aussi savoir limiter son rôle pour ne pas le dénaturer.
J.R. : Comment le tutorat par les pairs est défini et présenté dans le Master MFEG ? Quelles sont les actions que tu mènes envers les nouveaux étudiants pour présenter les services tutoraux dont ils peuvent bénéficier de ta part ?
J.-F. L.C. : Le tutorat par les pairs ainsi que ces champs d’intervention sont présentés dans la charte tutorale du Master qui est distribuée en début de formation. Cela limite les effets de doublon et permet aux différents acteurs de la formation de se focaliser sur leurs missions. En ce qui concerne les actions menées, je participe aux journées de regroupement physique en début d’année au mois de septembre ce qui permet de « briser la glace » ainsi qu’aux premières classes virtuelles. Ces points sont fondamentaux pour la mise en route du dispositif. Pour preuve, cette année une deuxième session a été lancée en janvier 2010 pour laquelle je n’ai pas pu participer. La relation a été plus longue à établir avec les nouveaux venus. Sur le plan pratique, le dispositif est présenté au cours de ces journées puis un échange individualisé systématique est mis en place avec chaque apprenant. J'utilise plusieurs outils pour créer le contact avec les étudiants et leur proposer mon aide. Un espace dédié au tutorat a été mis en place sur la plateforme de formation à distance du master. On y trouve des forums mais ce mode de communication ne convient pas à tous et il est important de le compléter par le mail ou des échanges audio sur Skype ou par téléphone.
J.R. : Peux-tu nous décrire les interventions que tu effectues en direction de tes pairs ? Sur quels plans de support à l'apprentissage (cognitif, socio-affectif, motivationnel, métacognitif) se situent-elles ?
J.-F. L.C. : On peut définir deux types d'interventions. Sur un plan réactif, j'interviens sur des interrogations d'ordre organisationnels ou des problèmes techniques par exemple. Au sein de Skolanet nous sommes trois à intervenir dans ce tutorat. Outre l'atout de la complémentarité, cela facilite aussi notre réactivité et c'est un élément fort apprécié des étudiants je pense. Mais nous intervenons également de façon pro-active, particulièrement au cours du suivi de stage au cours duquel nous essayons de stimuler les étudiants pour qu'ils avancent dans leur projet et lorsque nous n’avons pas était sollicité pendant plusieurs semaines par un apprenant. Sans être un spécialiste des sciences de l'éducation, je situerai mes interventions à la fois sur les quatre plans que tu suggères. Cognitif et métacognitif car mes interventions visent à mettre l'étudiant dans une situation dans laquelle il reste l'acteur principal de ses apprentissages. Mon action ne vise alors qu'à le replacer dans une démarche de réflexion sur ce qu'il est en train d'apprendre. Socio-affectif car c'est un plan que tout formateur en ligne doit intégrer s'il ne veut pas voir ses apprenants déserter « les claviers de l'école ». Motivationnel enfin apportant une dimension « coaching » pour amener les étudiants à réussir les travaux qui leur sont demandés.
J.R. : A contrario, quelles sont les interventions que d'autres tuteurs (tuteur-cours, tuteur-programme) réalisent et que tu ne peux pas réaliser en tant que tuteur-pair ?
J.-F. L.C. : Le tuteur-pair n'a pas un rôle d’enseignant ou de formateur qui doit me semble-t-il rester l'apanage du tuteur-cours. C'est ce dernier qui décide des contenus pertinents et qui détermine le niveau de compétence auquel doit parvenir l’apprenant. Notre rôle n'est pas non plus d'organiser la formation même si nous pouvons faire remonter des demandes ou des attentes au Tuteur-Cours ou au Tuteur-Programme.
J.R. : Alain Baudrit considère que le tutorat par les pairs est efficace dans la mesure où le tuteur-pair peut se prévaloir d'une proximité sociale avec les autres apprenants. Es-tu d'accord avec cela ? Comment, à ton niveau, as-tu ressenti cette proximité ? Quelles sont les interventions tutorales que tu as pu réaliser et qui te semblent plus difficiles à assumer par les autres tuteurs ?
J.-F. L.C. : Le master de Rennes 1 s'appuie sur un fort taux d'inscrits en formation continue. Les tuteurs-pairs de Skolanet ont suivi la formation sous ce statut et exercent aujourd’hui dans des champs assez proches de ceux des apprenants du master. Effectivement, cela crée une certaine proximité sociale qui favorise les relations. Les échanges avec les apprenants reposent sur des problématiques concrètes et répondent à des situations professionnelles réelles. Nous apportons certes notre expérience mais l'objectif est aussi de permettre aux apprenants de capitaliser professionnellement sur leur montée en compétences. Cette dimension sociale est peut-être plus difficile à intégrer pour les autres tuteurs même s'ils ont tout de même rompus aux mécanismes qui animent ce type de public.
J.R. : Alain Baudrit, toujours, estime que le tuteur-pair ne doit pas être professionnalisé afin de conserver justement cette proximité. Pourtant, dans ton cas, tu as été amené, sollicité par le responsable du Master MFEG à t'investir dans des tâches plus académiques telles que l'organisation du suivi des stages en entreprise des étudiants, la guidance de la production de leur mémoire et même dans l'organisation des soutenances. Ne penses-tu pas que cela puisse te faire identifier par les prochaines promotions d'étudiants comme moins proche, plus institutionnel ?
J.-F. L.C. : D’une part, le travail sur le stage de fin d'étude est une situation d'apprentissage par nature différente de ce que les étudiants ont rencontré au cours de la première partie de la formation. Le rôle qui m'a été confié permet de conserver un fil directeur dans la formation. Il y a certes une certaine forme d'institutionnalisation mais elle s'exprime sur une partie de la formation désinstitutionnalisée puisque se déroulant au quotidien selon les règles fixées par l'entreprise et non plus par l'université. D'autre part, l'une des motivations du tuteur-pair réside dans le partenariat qu'il noue avec les étudiants. Suivre les étudiants en stage est un élément de la bilatéralité de ce partenariat. De même, confier aux tuteurs-pairs des tâches plus académiques est de nature à valoriser un travail qu'il n'est pas toujours facile de faire reconnaître comme tel dans d'autres institutions.
J.R. : A partir du moment où le tutorat par les pairs n'est pas une profession, même s'il peut donner lieu à des indemnités, il semble bien que l'action d'un tuteur-pair ne puisse être mené sur le long terme. Comment alors pérenniser ce service aux étudiants ? As-tu déjà pensé à repérer d'autres étudiants qui pourraient le cas échéant te succéder ? Dans ce cas, penses-tu opportun d'organiser une sorte de passage de relais ?
J.-F. L.C. : Il est aujourd’hui difficile de parler de long terme en ce qui me concerne puisque comme je l’ai indiqué précédemment. Il s’agit dans le cadre de ce diplôme de la première année d’expérimentation du tutorat par les pairs. Pour autant, nous avons conscience qu’il est important de pérenniser le dispositif. L’intégration de nouveaux tuteurs pairs est tout à fait envisagée pour la prochaine rentrée. Nous avons commencé à réfléchir sur plusieurs solutions qui intégreraient des tuteurs pairs au sens strict -comme dans le dispositif actuel mais également d’autres modalités qui pourraient dans l’idéal voir s’investir l’ensemble des apprenants de la promotion actuelle et précédentes. Mais bon, dans le cas présent, je pense que cela fera l’objet d’un prochain entretien !
J.R. : Pour finir cet entretien, peux-tu nous dire quels sont les principaux bénéfices personnels que tu retires de cet engagement auprès de tes pairs ?
J.-F. L.C. : En premier lieu, cette forme de tutorat permet de multiplier les expériences en me forçant à m'adapter constamment aux attentes des uns et des autres, à trouver la réponse la mieux appropriée à leur progression. Je retire une grande richesse de cette expérience sur ce plan. Et j'espère qu'il en est autant pour les apprenants. En second lieu, l'exercice du tutorat sur Rennes 1 permet de rester en contact avec une équipe pédagogique de grande qualité. Nos échanges, comme celui d'aujourd'hui, sont un moyen de continuer à travailler sur les thématiques du e-learning. Ce champ de la formation est en pleine expansion, se développe à grande vitesse et travailler au sein d'une équipe est propice à l'intégration des nouveautés et innovations. Enfin, le taux de satisfaction très important qui ressort du bilan intermédiaire qui a été réalisé il y a quelques semaines est plutôt encourageant et valorisant. Que demander de plus ?
Illustration : Picasso. Deux femmes sur la plage. 1956
mercredi 16 avril 2008
Entretien avec Ginette Provost Flatow, créatrice du blog PairsAnciens-PairsNouveaux
Ginette Provost Flatow : Tout d’abord M. Rodet, un pair ancien est un étudiant en « formation à distance » , ayant cumulé au moins 12 crédits universitaires et qui désire être bénévole. C’est-à-dire être disponible en mode synchrone ou asynchrone, pour accompagner, renseigner et guider le nouvel étudiant qui en fait la demande selon ses besoins. Le pair nouveau quant à lui est également un étudiant en FAD, nouvellement inscrit, et celui-ci fait une demande auprès de l’encadrement programme pour être jumelé à un pair ancien.
JR : Cette forme de tutorat que constitue l’encadrement par les pairs est donc au cœur de votre projet. Avant de nous en parler plus avant, j’ai envie de savoir ce qui vous a poussé a vous intéresser au tutorat en général et à cette forme d’accompagnement de vos pairs.
GPF : Lorsque j’ai débuté et accumulé (12 crédits) au sein de ma maîtrise, je ne croyais pas que j’avais l’expertise nécessaire pour être « pair ancien ». Puis suite à l’avancement de mes études, j’ai rencontré certaines difficultés comme tous les étudiants et j’ai cru que partager mes stratégies pourrait être utile pour de nouveaux étudiants. C’est à ce moment que j’ai accepté l’invitation de la Téluq pour devenir pair ancien. Lorsque j’ai suivi la formation obligatoire pour devenir pair ancien, et suite à plusieurs jumelages, j’ai finalement compris que la base et le succès de tout pair ancien qui désire accompagner un pair nouveau est tout d’abord « l’empathie ».
JR : Et l’empathie pour vous, ca veut dire quoi ?
GPF : C’est la capacité de comprendre, la capacité de ressentir les émotions de quelqu’un d’autre. (ce qui inclut l’angoisse) Selon Carl Rogers, l’empathie consiste à saisir avec autant d’exactitude que possible, les références internes et les composantes émotionnelles d’une autre personne et a les comprendre comme si l’on était cette autre personne. Pour moi c’est être disponible au pair nouveau…C’est me rappeler que je suis une étudiante universitaire qui a un cœur !
JR : Comment situez-vous le pair ancien par rapport au tuteur ? Quelles sont leurs différences ? Ont-ils selon vous des champs de compétences distincts ?
GPF : Voici une excellente question, cependant je répondrai d’après mon expérience personnelle et non pas suite à des recherches approfondies sur le sujet. Le pair ancien est une oreille attentive, une personne disponible qui partage une expérience semblable avec le pair nouveau ayant tout simplement une longueur d’avance en tant qu’étudiant à distance. Le pair ancien n’est pas réellement un tuteur, bien qu’il arrive que les pairs nouveaux désirent nous faire jouer ce rôle. Mais j’ai parfois joué ce rôle malgré moi suite à l’insistance du pair nouveau. Des pairs nouveaux m’ont demandé de commenter des travaux avant la rétroaction de l’auxiliaire d’enseignement et ce fut une surprise.
A mon avis la fonction de pair ancien au sein de l’encadrement programme à l’université du Québec, spécialement en formation à distance est nécessaire pour le moment.
Le tuteur quant à lui, a le fardeau et la responsabilité d’une charge. Bien que chaque tuteur ait son style personnel, il m’est arrivé de percevoir une tension chez certains tuteurs, car il faut comprendre qu’ils ont de nombreuses responsabilités. Certains ont une aptitude naturelle à l’empathie, pour d’autres ce n’est pas simple. Mais il faut ici faire une parenthèse, la communication à distance est extrêmement différente, parfois difficile et spécifique. Par exemple, lors de téléconférence (conférence téléphonique), lorsque l’on ne voit pas les expressions du visage, il est difficile de créer des liens et surtout des liens de confiance. Le pair ancien lui a l’avantage d’être neutre et ne transmet pas cette tension aux pairs nouveaux, car il n’est pas une figure d’autorité.
JR : Il y a quelques années, je m’étais intéressé a l’éventuelle concurrence entre les pairs anciens et les tuteurs (auxiliaires d’enseignement) de la Téluq. J’en étais arrivé a la conclusion que les différents acteurs ne se concevaient pas comme des concurrents alors même que leurs champs d’intervention se recoupaient. A votre avis le pair ancien est-il concurrent du tuteur ?
GPF : Baudrit (2007) parle également de « moniteur » qui d’après lui est un sous maître, les tuteurs ont au contraire un rôle d’assistant ou d’auxiliaire (p.48). Si je me réfère à son livre « Le tutorat, richesse d’une méthode pédagogique », les nouveaux étudiants en formation à distance nécessitent une attention particulière, car au début ils décrochent ou abandonnent (p.6).
D’après moi, le projet « pair ancien » de l’université du Québec, pour le moment, semble faire de la recherche action pour éviter cet état de chose, c’est-à-dire l’abandon, je suppose que beaucoup de résultats concernant cette expérience sont encore à compiler.
Le pair ancien est-il concurrent du tuteur ? Ma réponse serait, quel niveau d’expertise possède le pair ancien ?.... En quoi son expertise peut-elle se comparer à celle de l’auxiliaire d’enseignement ?...
Plusieurs pairs anciens ont énormément d’expérience sur le marché du travail, ont déjà été enseignants et ont même réalisé des études. Cependant, d’autres pairs anciens, je suppose, ont beaucoup moins d’expérience.
Bref à mon avis, le tuteur est l’expert, le pair ancien est l’expert en devenir, ayant comme avantage de ne pas avoir attaché à son image la notion d’autorité.
JR : Selon vous, quels sont les facteurs qui peuvent aboutir à ce qu’un apprenant se dirige plus volontiers vers un pair ancien plutôt que vers son tuteur ?
GPF : Selon moi, un apprenant se dirige plus volontiers vers un pair ancien en formation à distance, car il a l’avantage d’établir une relation avec un pair comme celles que l’on retrouve sur un campus réel. Voilà pourquoi je crois que les commentaires ou observations sur les travaux des étudiants, devraient être encouragés, lorsque le pair nouveau en exprime le souhait.
Un professeur m’a déjà corrigé à ce sujet en soulignant que je tentais de jouer le rôle du professeur… Pas du tout, j’assumais mon rôle de pair ancien !
J’échangeais avec un nouvel étudiant qui me demandais mon opinion sur son travail… et je répondais comme un étudiant sur campus qui répondrait, « ton travail, pas mal du tout, tu es sur la bonne voie ». Il ne faut pas oublier que nous sommes en formation à distance, chaque détail compte et ici je reviens à l’empathie.
JR : Votre blog se présente comme un lieu de ressources pour les pairs nouveaux. Ainsi vous traitez de différentes questions que se pose inévitablement un nouvel apprenant de la Téluq. Je crois savoir que vous souhaitez également faire de votre blog, un lieu de publication de travaux d’étudiants. Comment envisagez-vous ce travail d’éditeur ? Quelles sont les modalités pratiques de ce projet ?
GPF : Ce blog est un exercice dans le cadre d’un travail universitaire « Technologies et apprentissage à distance » , donc l’étudiant a toute latitude, après avoir soumis la partie première du cours, de continuer son projet qui dans mon cas était un « blog ». Effectivement ce « blog » se veut une boîte à outils pour nouveau pair, bien qu’il soit possible que le pair ancien y retrouve également certains documents intéressants.
La publication de travaux d’étudiants, n’était pas et n’est toujours pas le but premier de ce blog. Le blog « Pairsanciens-pairsnouveaux » ne désirait que fournir certains exemples de travaux universitaires pour les pairs nouveaux qui n’avait pas eu l’opportunité d’en feuilleter. Ce concept existe déjà, avec http://www.aeteluq.org
Tout les documents qui figurent sur mon blog sont déjà sur le web et j’utilise des liens profonds, aucun document qui est sur mon blog est une exclusivité et l’on sait qu’aussitôt qu’un document est publié sur le web, l’auteur conserve ses droits. (ou à tout le moins ceci peut servir de preuve si jamais il y a litige).
Quoi qu’il en soit tout les droits d’auteur sont protégés par la licence « creative Commons ». Par exemple, vous M. Rodet, si vous désirez spécifier des points précis concernant la publication de certains de vos travaux avec « Pairsanciens-Pairsnouveaux », nous nous entendons ensemble, sinon c’est la licence « Creatice Commons » qui s’applique.
Merci monsieur Rodet pour cet interview
JR : C'est moi qui vous remercie pour avoir pris le temps de répondre à ces questions
Ginette Provost Flatow est étudiante en maitrise du programme Formation à distance de la Téluq. Elle réside à New-York et depuis trois ans est investie dans l'encadrement par les pairs qui "se définit comme une activité de collaboration entre deux étudiants en vue de soutenir et de faciliter, chez chacun, le processus de construction des connaissances dans un contexte d’apprentissage à distance au deuxième cycle" (Deschênes).
Elle anime le blog Pairs-Anciens-PairsNouveaux qui se veut une sorte de boite a outils pour les Pairs nouveaux.
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mercredi 27 février 2008
L’encadrement par les pairs à la Téluq. Par André-Jacques Deschênes
Nous reproduisons (avec l'accord de l'auteur) l'article relatif à l'encadrement par les pairs, d'André-Jacques Deschênes, professeur à la Téluq et responsable de l'encadrement par les pairs. Cet article est paru dans le Bulletin FAD, volume 15, numéro 7, février 2008Ce texte décrira donc les modalités de réalisation d’un système d’encadrement par les pairs et précisera d’abord le cadre de référence retenu ainsi que les objectifs visés.
Le cadre de référence
Les programmes en formation à distance privilégient, dans toutes les activités proposées aux étudiants, une approche constructiviste. Sommairement, la perspective constructiviste (Deschênes et collaborateurs, 1996. Constructivisme et formation à distance, DistanceS, 1 (1), 9-25). suppose que la connaissance est une construction (ou reconstruction) active de l’individu dans un contexte donné. Elle permet d’identifier un certain nombre de concepts fondamentaux pouvant apporter une intervention de soutien à la construction des connaissances. On peut retenir comme concepts importants pouvant s’appliquer à l’encadrement par les pairs :
1. Le développement de perspectives multiples qui consiste à traiter une information en adoptant des angles différents pour en découvrir les diverses composantes.
2. La négociation qui représente un ajustement des connaissances par la prise en compte du point de vue des autres membres de la communauté des praticiens et des experts dans un domaine.
3. La contextualisation qui renvoie à une manipulation des connaissances dans une situation authentique.
4. La collaboration qui consiste en une interaction de l’apprenant avec les pairs fondée sur la complémentarité des compétences de chacun.
Les objectifs
Dans cette perspective, l’encadrement par les pairs, dans les programmes de DÉSS et de maîtrise en formation à distance de la Télé-université, se définit comme une activité de collaboration entre deux étudiants en vue de soutenir et de faciliter, chez chacun, le processus de construction des connaissances dans un contexte d’apprentissage à distance au deuxième cycle.
De manière plus spécifique, les objectifs suivants sont visés :
− favoriser l’intégration et la persévérance des étudiants dans les programmes du DÉSS et de maîtrise en formation à distance,
− soutenir les processus de développement de perspectives multiples, de la négociation et de la contextualisation des connaissances grâce à la collaboration entre pairs,
− développer des compétences d’intervention de support à l’apprenant dans un contexte d’apprentissage à distance.
Les modalités de réalisation
La stratégie de mise en place d’un système d’encadrement par les pairs consiste en un jumelage d’un ancien étudiant à l’un des programmes de DÉSS ou de maîtrise avec un nouvel étudiant. Ce dernier pourra ainsi bénéficier de l’expérience du premier pour mieux comprendre les exigences de son programme et des études de deuxième cycle. La collaboration ainsi instaurée devrait cependant profiter aux deux participants et permettre à chacun d’atteindre les objectifs décrits plus haut.
Mécanismes de recrutement et de sélection des « pairs anciens »
Au cours du trimestre d’hiver de chaque année, les étudiants admis aux programmes de DÉSS et de maîtrise en formation à distance sont invités à soumettre leur intérêt et leur disponibilité à devenir « pairs anciens » pour les nouveaux étudiants admis aux programmes au cours de la prochaine année académique.
Tous les étudiants qui ont complété et réussi 12 crédits dans leur programme peuvent soumettre leur candidature comme « pair ancien ».
Formation des « pairs anciens »
Tous les candidats ayant complété et réussi 12 crédits dans leur programme seront invités à participer à une formation. Celle-ci portera sur les attitudes et les compétences à développer pour être « pair ancien ». Cette formation pourra être créditée dans l’un des cours des programmes de DÉSS ou de maîtrise en formation à distance.
Mécanisme de pairage
Le pairage est réalisé par le responsable de l’encadrement par les pairs par l’envoi d’une lettre à tout nouvel étudiant admis l’informant de ce service et lui fournissant les coordonnées de son « pair ancien ».
L’intervention
L’initiative du premier contact est laissée au « pair nouveau ». La nature et la durée des interventions seront déterminées par les pairs, mais le « pair ancien » devrait assurer une disponibilité minimale de deux trimestres.
Suivi et évaluation
Pendant son intervention, le « pair ancien » pourra à tout moment profiter des ressources des programmes (coordonnateur et professeurs) pour obtenir l’aide et le soutien nécessaires. Il sera invité à faire un compte rendu de chacune de ses interventions dans le but de recueillir des données pour une évaluation annuelle du système mis en place.
Tous les contacts entre deux étudiants, dans le cadre de l’encadrement par les pairs, sont strictement confidentiels et leur contenu ne pourra être transmis sans une autorisation explicite des deux personnes. Le « pair ancien » doit se charger d’obtenir l’autorisation de transmettre le compte rendu de ses interventions auprès de l’étudiant auquel il est jumelé.
D’autres activités (de type audioconférence, par exemple) pourront être organisées pour assurer le suivi et l’évaluation de l’encadrement par les pairs.
Image dans son contexte original, sur la page www.nauconsultants.com/
mercredi 13 février 2008
Effet tuteur : Enseigner pour apprendre

Tout nouveau, le répertoire de vidéos pédagogiques de France 5 sur lequel nous avons trouvé cette vidéo intitulée "Enseigner pour apprendre" et qui est consacrée au tutorat par les pairs et à l'effet tuteur.
Si la vidéo ci-dessous ne démarre pas, allez sur http://www.curiosphere.tv/club et recherchez "tutorat"
mercredi 23 janvier 2008
Le tutorat versus cours privés et soutien scolaire vu par les Canadiens

Un document tout à fait intéressant a été produit en 2007 par le Conseil Canadien sur l'Apprentissage "Enquête de 2007 sur les attitudes des Canadiens à l'égard de l'apprentissage : résultats sur l'apprentissage aux niveaux primaire et secondaire". Un chapitre nous intéresse plus particulièrement puis qu'il fait état de ce que pensent les Canadiens du tutorat.
mercredi 9 janvier 2008
De la nécessité de mieux définir le tutorat dans le cadre des emplois étudiants à l'université, par Jacques Rodet
Depuis la publication, fin décembre, du décret permettant aux universités et grandes écoles d'embaucher des étudiants en contrats à mi-temps, notamment comme tuteur, bien peu d'informations précises sur les missions qui seront confiées à cette nouvelle catégorie de personnel de l'université ont été diffusées.J'avais attiré l'attention, mi-décembre, sur le fait que la réussite du tutorat de masse en direction des étudiants en parcours de licence était, selon moi, étroitement liée à la formulation de réponses précises à quelques questions incontournables : Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ? Quelle formation pour les y préparer ? Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ? Quelle forme de contrat de travail ? La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?
Les informations actuellement disponibles sont tellement partielles que le syndicat étudiant Unef s'inquiète du fait que "l'emploi étudiant" se "substitue" aux emplois statutaires et affirme que "Le recrutement d'un étudiant tuteur ne peut remplacer une heure d'enseignement et l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques ne peut s'envisager sans recrutement de personnels statutaires qualifiés et formés" (VousNousIl.Fr)
La concurrence entre le tutorat par les pairs et les interventions de l'équipe pédagogique n'est ni automatique, ni souhaitable, comme me l'avait montré mon étude du cas du tutorat par les pairs à la Téluq « L'encadrement par les pairs est-il concurrent de l'encadrement-cours à la Téluq ? Les représentations des auxiliaires d'enseignement, des pair anciens et des pairs nouveaux de la fonction de pair ancien ». Toutefois, ceci nécessite que les rôles et champs d'interventions des uns et des autres soient identifiés et que tous ces acteurs du support à l'apprentissage soient en dialogue les uns avec les autres.
Une autre disposition contractuelle des emplois pour les étudiants semble bien curieuse. En effet, l'absence à trois cours consécutifs ou à un examen de la part d'un étudiant étant par ailleurs salarié de l'université peut entraîner le licenciement de celui-ci par l'université sous 15 jours. Il y a là, manifestement, mélange des genres. D'une part, dans le système universitaire, la présence aux cours n'est pas obligatoire. D'autre part, l'interruption d'un contrat de travail ne peut être justifiée que par un manquement grave à l'exécution de ses obligations par le salarié. Lier le contrat de travail de l'étudiant à l'université avec le déroulement de ses propres études est une nouveauté qui peut avoir des répercussions négatives sur le droit du travail. Rappelons que le CPE avait été fortement contesté parce que l'interruption du contrat pouvait intervenir sans motif exprimés par l'employeur. Stipuler, dans le contrat de travail, des dispositions extérieures à l'exécution du travail pouvant entraîner l'interruption du contrat ne participe-t-il pas d'une même logique ?
Parce que le tutorat de masse est un défi important et qu'il est de nature à combattre efficacement l'échec au premier cycle universitaire, parce que le développement du e-learning à l'université ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur les systèmes tutoraux, il est indispensable que les missions des étudiants tuteurs soient mieux définies et positionnées par rapport aux interventions de support à l'apprentissage émanant du corps enseignant. Ce travail de définition des champs d'intervention pourrait donc aussi constituer une excellente occasion de mieux exprimer ce qui est attendu de la part des enseignants en matière de tutorat.
Image dans son contexte original, sur la page wwwedu.ge.ch/.../dessin_lettriste/demarche.html
samedi 29 décembre 2007
Pluralité sémantique du tutorat
De nombreuses informations donnent une vision bien éloignée de ce que nous entendons, ici, par tutorat (le tutorat est une modalité d’encadrement ; le tutorat se veut être une relation d’aide ; la mise en place du tutorat vise à réduire l’abandon ou l’échec et à permettre à l'apprenant d'atteindre ses objectifs de formation ; les tâches de tutorat sont variées, dépendent du contexte et des options organisationnelles et pédagogiques ; le tutorat consiste pour un tuteur à établir, à développer, à ajuster sa relation d’aide avec le tutoré ; le tuteur peut être secondé dans son encadrement par d’autres personnes ou des outils ; etc.).Tel enseignant requalifie ses cours particuliers en prestation de tutorat, tel étudiant donnant de bons tuyaux à ses pairs pour bachoter efficacement et venir à bout des colles (évaluation par QCM), se déclare tuteur. De plus en plus souvent, le tutorat est circonscrit au tutorat par les pairs. Les déclarations de Valérie Pécresse mais aussi les nombreux exemples réunis dans le dossier sur le tutorat par les pairs des Fragments du blog de tad illustrent cette tendance. De leur côté, Les maîtres d'apprentissage en entreprises, qui bénéficieront bientôt d'un titre de tuteur en entreprise, et dont les missions s'apparentent plus à celles de coachs pour nouveaux entrants, se reconnaissent depuis longtemps dans l'appellation de tuteur.
Alors que l'identité professionnelle du tuteur à distance a toujours du mal à s'affirmer (cf. le conflit de la Téluq), et malgré les tentatives que nous développons sur ce blog (cf. par exemple l'article Formateur à distance = tuteur à distance ?) voilà que buzz, dérives sémantiques et pratiques dans d'autres lieux que ceux des institutions de formation, donnent de nouvelles définitions du tutorat éloignées de nos représentations. Faut-il s'en étonner ? Le déplorer ? Faut-il abandonner le terme de tuteur ? Au profit de quel autre ? Faut-il, comme nous le propose implicitement André Chauvet nous définir de manière plus large et plus transverse comme des accompagnateurs ? Ou faut-il, comme nous y invite l'illustration de cet article, se représenter le tutorat de manière fractale ?
Qu'en pensez-vous ?
Tel est le débat que nous pourrions avoir ensemble à l'aube de l'année 2008.
Comme à l'accoutumé, vous avez plusieurs modalités pour participer à ces échanges :
- commentaires à cet article,
- envoi de textes à tad2007@free.fr
- si vous êtes auteurs du blog, par publication directe d'articles
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jeudi 13 décembre 2007
Tutorat et e-learning : les annonces de Valérie Pécresse
Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Source : 20minutes.fr- Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ?
- Quelle formation pour les y préparer ?
- Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ?
- Quelle forme de contrat de travail ?
- La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?
- ...
vendredi 23 novembre 2007
Le tutorat par les pairs à l'Ecole Centrale d'Electronique

Le Tutorat-ECE est une association qui permet aux étudiants, de l'Ecole Centrale d'Electronique formant des ingénieurs, de pouvoir profiter de cours supplémentaires donnés par des élèves de promotion supérieure. http://assos.ece.fr/assos/entraide/tutorat.php
Ils sont actuellement à la recherche de tuteurs et leur annonce est significative de la manière dont ils organisent le tutorat par les pairs. Nous la reproduisons ci-dessous
Nous recherchons :
-des tuteurs dans toutes les promos et toutes les matières : Si tu as un bon niveau dans une matière, et que tu te sens apte à faire partager tes connaissances : alors le Tutorat est fait pour toi, il te suffit de prendre contact avec nous.
-des référents : késako ? En fait ce serait des personnes mettant en ligne les cours et les DS d'une certaine matière. En effet, nous avons pour projet la mise en ligne des cours sur Internet ; cela permettrait aux élèves absents de pouvoir rattraper leurs cours rapidement.
- les DS (énoncés et corrigé) de l’année scolaire 2006-2007. Si tu as des bonnes notes, n’hésite pas soit à nous les envoyer à l’adresse tutorat@ece.fr soit à les déposer dans notre boîte assoc située dans le local bde(on les scannera et tu auras juste à les récupérer).
Enfin, le Tutorat met en place cette semaine le Wiki !. Vous pouvez dès maintenant y accéder en vous rendant à l’adresse suivante : http://assos.ece.fr/tutorat/wiki .
Qu’est-ce que c’est et à quoi servira-t-il ?
Le Wiki est un blog qui sera composé de plusieurs articles que vous pourrez ajouter et trier par promos et par matière. Grâce au Wiki, les élèves pourront mettre en commun toutes les données scolaires sur un site, telles que des cours, des notes, des articles sur une matière. Comme pour un blog, ils pourront réagir aux articles parus en déposant des commentaires : par exemple poser des questions, demander des précisions, etc…
mercredi 21 novembre 2007
Le tutorat par les pairs dans ESSQU@D
Je proposais dans le post précédent que les lecteurs de ce blog puissent publier leur résultats de lecture des actes du colloque TICE Méditerannée 2007 (PDF 13 Mo). Vous invitant à cette activité collaborative, je ne peux que souscrire à un des premiers principes de la collaboration : donner avant de recevoir.
L'article de Marie Ferrua, Jean-François Quaranta, et Pascal Staccini, intitulé "La qualité de l'humain dans la formation à distance : que penser d'un modèle de tutorat impliquant les étudiants ?" traite d'une formule de tutorat par les pairs expérimentée à l'UNSA, dans le cadre du Master Professionnel Ingénierie du Système de Santé ESSQU@D.
Après avoir fait référence aux plans de support à l'apprentissage identifié par le conseil québécois de la formation à distance*, les auteurs décrivent l'émergence du besoin de tutorat par les pairs dans le Master.
Puis ils présentent les rôles de ces tuteurs-pairs en ces termes :
administratif : orienter les étudiants selon leurs demandes, faciliter les communications avec le secrétariat et les enseignants
technique : mise en ligne des supports de cours, réponse aux problèmes techniques d’utilisation de la plate-forme, relation avec la régie, guidage des étudiants dans le site
pédagogique et social : mettre en relation les étudiants, création d’une communauté de partage d’expérience
organisationnel : programmation des évènements, accueil des intervenants, planification de certaines tâches
évaluation : du niveau de besoin d’accompagnement de l’étudiant grâce aux questionnaires de positionnement et évaluation de certains critères de la formation avec à la mise en place d’un questionnaire de satisfaction et un recueil des plaintes et des suggestions.
Les interactions synchrones et asynchrones des tuteurs avec leurs pairs sont abordées sous forme d'exemples et reproduction d'extraits de messages sur forum et chat.
Selon les auteurs, il apparaît que ces tuteurs-pairs qui ont été volontaires et choisis (par qui ? Il semble que ce soit par l'équipe pédagogique présentielle), ont servi « d'intermédiaire[s] entre l'apprenant et l'établissement de formation. Il [le tuteur-pair] entretient le contact le plus étroit avec l’apprenant tout au long du cours, peut donner une rétroaction sur les travaux ou les examens, aider l’apprenant à comprendre les contenus ou les objectifs, conseiller l’apprenant sur des problèmes personnels, professionnels ou éducatifs grâce à son expérience de la formation. »
Lors de leurs missions, les principales difficultés rencontrées par les tuteurs ont été liées à l'afflux de sollicitations de la part des étudiants au moment de la période de révision des examens.
Commentaire
Cet article montre que le tutorat-pairs est une solution viable, qui rend de nombreux services aux apprenants et à l'institution. Il s'intéresse de manière plus privilégiée aux bénéfices procurés au dispositif de formation et à l'institution.
Sans préjuger de la réalité que le cadre de l'article ne pouvait pas forcément révéler entièrement, quelques questions surgissent.
- Quelle a été la formation que les tuteurs-pairs ont reçu pour assumer leurs tâches ?
- Quels ont été les critères de choix de ces tuteurs ?
- Par qui ont-ils été choisis ?
- Le fait que « Les tuteurs ont été identifiés et présentés aux étudiants lors de la réunion de rentrée », présentés donc par l'institution n'a-t-il pas constitué un handicap pour développer la proximité sociale avec les étudiants, élément de la congruence cognitive dont parle Alain Baudrit ?
- Les tuteurs-pairs ont-ils tiré un bénéfice autre que celui de l'effet-tuteur de leurs prestations d'encadrement (rémunération, crédits de cours, etc.) ?
- Comment les tuteurs-pairs ont-ils perçu l'effet-tuteur ?
- Un certain nombre de leurs tâches comme la mise en ligne de ressources de cours ne les ont-ils pas positionnés plus comme des auxiliaires de l'équipe enseignante que comme des apprenants en aidant d'autres ?
Nul doute, que d'autres recherches et publications répondront à nombre de ces questions tout comme elles pourront permettre d'identifier l'apport du tutorat-pairs tant pour les tuteurs que pour les étudiants
* Les plans de support à l'apprentissage selon le CQFD tels que présentés par les auteurs
- Rôle de soutien pédagogico-intellectuel
Renvoie à l’expertise sur le contenu et le processus d’apprentissage; cette catégorie est considérée comme la plus importante par tous les auteurs. Ce besoin comprend le plan cognitif incluant l’aspect méthodologique et les aspects conceptuels; le plan métacognitif basé sur le contrôle et l’organisation consciente des processus cognitifs; le plan administratif ou l’aide relative aux processus et procédures institutionnelles.
- Rôle de soutien socio-affectif
Renvoie à la création d’un environnement social chaleureux dans lequel l’apprentissage sera valorisé. Il comprend le plan psychologique ou émotif tenant compte des préférences et des sentiments positifs et négatifs envers des personnes, des idées ou des situations; le plan social et le plan motivationnel.
- Rôle de soutien technique et logistique
Renvoie à la maîtrise de la technique et des procédures de fonctionnement institutionnel ainsi qu’aux informations sur les façons de procéder. Le but est de rendre la technologie et les procédures transparentes pour que les apprenants puissent se concentrer sur la tâche académique.
- Rôle de gestion et de communication
Renvoie à la gestion des interactions entre les participants avec un leadership omniprésent pour assurer la bonne marche des discussions. Les interventions de cet ordre donnent le ton à l’ensemble du groupe et permettent des rappels à l’ordre.
lundi 19 novembre 2007
Soutenance de thèse sur le tutorat par les pairs
Mme Sophie-Christine Audibert soutiendra sa thèse le lundi 10 décembre 2007 à 13h30 à l'Université de Bordeaux 2 , Site Victoire, Salle du Conseil. Thèse intitulé : « L’effet tuteur chez les enfants intellectuellement précoces tuteurs en mathématiques en quatrième ».mercredi 31 octobre 2007
Une définition du tutorat par les pairs
Aude Bertschy et Denis Gaste, dans leur article "Tutorat inter-promotions d'étudiants : pour une création du lien social dans l'apprentissage" donne la définition suivante du tutorat par les pairs :"Au-delà de la forme commune de tutorat enseignants-étudiants, le tutorat entre étudiants nous semble intéressant et novateur dans la pratique distancielle de l'enseignement. Il pose de nombreuses questions sur la re-création du lien social qu'il génère, sur l'échange et la confiance. En effet, ce tutorat entre promotions permet de renforcer les synergies entre étudiants, d'apporter un échange de savoirs et de compétences. Il a également une vertu pédagogique et didactique dans la mesure où l'étudiant-tuteur va être amené à expliciter ces [SIC] pratiques pour se faire comprendre par l'étudiant qu'il suit (notion d'"effet-tuteur"). Cet accompagnement entre dans une logique de parrainage d'un étudiant primo-entrant par un étudiant ayant acquis une expérience au sein de l'institut, que ce soit au niveau de la pédagogie, de l'intégration sociale, etc. En présentiel et à distance, le tutorat repose sur des outils de communication et d'information synchrones et asynchrones. Ce type de tutorat ne remplace évidemment pas le tutorat des enseignants, celui-ci étant ciblé sur leur propre enseignement en tant qu'expert des contenus et principal médiateur du savoir. Le tutorat-interpromotions est en effet à envisager en complémentarité des accompagnements traditionnels effectués par l'équipe pédagogique, modifiant alors les processus de communication éducative".
A lire également
- sur le tutorat par les pairs : André-Jacques Deschênes, Lise Bégin-Langlois, Nicole Charlebois-Refae, Rémi Côté et Jacques Rodet Description d'un système d'encadrement par les pairs et de la formation des pairs anciens. Journal of Distance Education - Revue de l'Éducation, Québec, volume 18, n°1, 2003.
- sur l'effet-tuteur : Jacques Rodet (2004) L'effet-tuteur en formation à distance. L'exemple des pairs anciens à la Téluq
- sur la concurrence entre tutorat-enseignants et tutorat-pairs : Jacques Rodet (2004) L'encadrement par les pairs est-il concurrent de l'encadrement-cours à la Téluq ?
Le tutorat par les pairs selon Studyrama
Le bac en poche, vous voici à l’aube de votre vie d’étudiant ! Mais qui dit devenir étudiant dit aussi abandonner le lycée pour se jeter dans l’immensité de la fac. À peine l’étape, ô combien pénible, des inscriptions passées, il vous faut vous familiariser avec le lieu et apprendre de nouvelles méthodes de travail. Malheureusement, le temps vous est compté et les professeurs ne sont pas toujours très disponibles, surtout dans un amphi de 300 étudiants. Mais pas de panique, les tuteurs sont là pour prendre le relais et vous aider à mieux appréhender votre travail et mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre année !Par Constance Dive
Qui sont les tuteurs ?
Ce sont des étudiants inscrits dans la même filière que vous, mais en deuxième ou troisième cycle (c’est-à-dire qu’ils sont au minimum en master 1) et qui ont connu les mêmes galères que vous quelques années auparavant. Qui mieux que vos aînés pour vous faire profiter de leur expérience ? Ils sont volontaires, ont de bons résultats et connaissent toutes les méthodes de travail propres à la fac et peuvent ainsi vous guider dans votre dur labeur personnel. De plus, ils sont en relation avec les professeurs et savent parfaitement ce qu’ils attendent de leurs étudiants. N’hésitez pas à les mettre à contribution et suivez bien leurs conseils, ils sont là pour vous aider !
Les différents types de tutorat
Il existe 2 types de tutorat, le tutorat d’accueil et le tutorat d’accompagnement.
Le tutorat d’accueil est pratiqué en début d’année scolaire, pendant la période des inscriptions, avant que les cours ne débutent. Des étudiants triés sur le volet vous prennent en charge le temps de vous expliquer le fonctionnement de l’université, assez différent et plus complexe que celui du lycée, mais aussi le déroulement de votre cursus universitaire et le contenu exact de votre formation. Ainsi vous êtes mieux armés pour débuter votre année sur les chapeaux de roue !
Le tutorat d’accompagnement, quant à lui, se pratique toute l’année et commence dès le premier semestre. À raison d’1 ou 2 fois par semaine, vous travaillez en groupe ou individuellement avec l’aide de votre tuteur. Vous apprenez ainsi à mieux gérer votre travail, à être plus efficace mais aussi à effectuer des recherches documentaires qui représentent une part non négligeable du travail universitaire.
Attention ! L’accès au tutorat n’est pas automatique, c’est à vous de vous faire connaître au bureau concerné afin d’entrer en contact avec les tuteurs et de prendre connaissance des salles et horaires où ils officient. De plus, les tuteurs ne sont pas des magiciens ! Rien ne sert de vous précipiter en salle de tutorat juste avant les examens. Pour être efficace et vous offrir le plus de chance de réussite, le tutorat doit être commencé dès que le besoin s’en fait sentir, le plus tôt possible dans l’année.
Le tutorat n’est plus uniquement réservé aux universités Suite au succès du tutorat au sein des universités, de plus en plus d’écoles pratiquent un soutien scolaire entre élèves du même cursus. C’est le cas de l’École Normale Supérieure de Paris, ou de grandes écoles de commerce comme l’Essec ou l’Esdes. Dans d’autres écoles, le tutorat peut prendre la forme de groupes de travail rassemblant des étudiants de même niveau. Quoi qu’il en soit, même si le mot « tutorat » n’est pas utilisé, on trouve souvent un système équivalent dans les établissements de l’enseignement supérieur.
Pour plus d’infos, rendez-vous dès la rentrée au bureau du tutorat de votre université ou renseignez-vous auprès de l’administration de votre école. Le tutorat reste encore la meilleure façon de ne pas perdre pied et de pas se laisser submerger par le travail.
Source : studyrama
Image dans son contexte original, sur la page www.tro-breiz.com/
lundi 22 octobre 2007
Ces universités qui soignent leurs étudiants
Alors que le gouvernement souhaite moderniser l’université, certains établissements ont, depuis plusieurs années, pris des mesures pour mieux encadrer leurs étudiants. Gros plan sur ces initiatives qui fonctionnent.En début de cursus, les étudiants qui démissionnent du système universitaire sont encore trop nombreux. En 2005, la proportion de jeunes quittant l’enseignement supérieur sans diplôme s’établissait à plus de 20 %, comme le soulignait l'éducation nationale dans son rapport « Accueil et orientation des nouveaux étudiants dans les universités » (juin 2006). Pourtant, certains établissements ont mis en place des moyens efficaces pour améliorer l’orientation des étudiants. Ils sont cités, dans ce même rapport, comme figurant parmi les « établissements les plus performants » au regard de leur dispositif d'orientation, d'accueil, d'accompagnement et d'insertion professionnelle. L'université de Haute-Alsace (UHA) en fait partie. Pour simplifier l’accueil, le SCUIO a mis en place un guichet unique où sont apportées toutes les réponses des étudiants de première année quant à leur inscription, logement ou sécurité sociale… Une fois intégrés, ils peuvent demander à être suivi par un tuteur-étudiant. Un test (anonyme) a été élaboré pour permettre aux nouveaux venus de vérifier s’ils ont besoin de ce tuteur : près de la moitié d’entre eux font ce choix. Ce système de tutorat fonctionne depuis plus de douze ans. Il permet, en outre, aux étudiants tuteurs de toucher un salaire pour le service rendu (d’environ 18 euros bruts de l’heure) tout en bénéficiant d’une expérience professionnelle. « La plupart d’entre eux envisagent de travailler dans l’enseignement », explique Brigitte Le Tronc, la responsable du service formation et orientation de l’UHA. Nul doute qu’au moment du concours, une telle expérience est un plus sur leur CV.
Accompagnement renforcé
À l’université de Bretagne Sud (UBS), le tutorat se fait par le corps enseignant. « Nous établissons, pour les étudiants, un bilan complet de manière à balayer toutes les causes d’échec (niveau scolaire, logement, moyens financiers…) », résume Frédéric Bedel, le vice-président. Pour éviter cet échec, l’assiduité est aussi contrôlée. En cas d’absences répétées, l’université appelle les étudiants concernés. Selon l’université, 60 % d’entre eux retournent en cours après ce contact téléphonique. Si malgré ce dispositif d’accompagnement renforcé le tuteur constate que l’étudiant a des lacunes trop importantes pour la filière choisie, il lui propose un « cycle d’orientation et de consolidation » de neuf semaines. Cette formule, qui existe depuis sept ans, permet à l’étudiant de consolider ses connaissances et de définir un nouveau projet professionnel. Grâce à son dispositif d’aide à la réussite, le Guichet réussite, qui englobe ces diverses actions d’accompagnement, l’UBS affiche de bons résultats. 71,6 % des étudiants accèdent la Licence, contre 56,8 % au niveau national.
Aide à l’insertion professionnelle
Autre exemple : l’université de Marne-la-Vallée (UMLV). Depuis huit ans, la structure s’est dotée d’un observatoire des formations, insertions professionnelles et évaluations (Ofipe). En fonction de ses diagnostics, l’offre de formation est renouvelée, l’idée étant de répondre au mieux aux besoins du marché. « Nous avons développé beaucoup de Licences professionnelles, rappelle Gilles Roussel, vice-président de l’enseignement à l’université. Nous avons également investi dans l’apprentissage. Nous travaillons, par ailleurs, en collaboration avec les grandes entreprises du CAC 40 dans le cadre de l’opération Phénix*. Et actuellement, nous mettons en place, en partenariat avec Paris 12 et l’université d’Évry, une plate-forme spécialisée emploi, la plate-forme « Défi » (Dispositif de l’est francilien pour l’insertion) ». L’ULMV compte 11 500 étudiants, l’UBS 7 800 et l’UHA 7 500. Ces trois établissements sont des petites universités, un paramètre qui peut expliquer pourquoi elles affichent de bons résultats en matière d’accueil et d’orientation.
Isabelle Fagotat – hobsons.fr
* Opération, mise en place cette année, de recrutement d’étudiants titulaires d’un Master en sciences humaines à laquelle participaient, entre autres, PricewaterhouseCoopers, Siemens, Coca-Cola, AXA, Renault et HSBC.
Source : hobson.fr
Illustration dans son contexte original, sur la page www.crefor.asso.fr/.../
