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lundi 17 juin 2019

La Téluq fait appel à des briseurs de grève

Où s'arrêtera la Téluq dans le baffouement de ses obligations auprès de ses employés tuteurs ? Force est de constater que sa direction, après avoir privé de travail les tuteurs, vient de franchir une nouvelle étape alors même que la grève déclenchée le 28 janvier se poursuit.



Alors qu'elle a été dans l'obligation de cesser toute relation avec l'institut MATCI à qui elle avait confié l'accompagnement d'étudiants qu'elle avait retiré aux tuteurs, la Téluq persiste dans sa volonté d'élimination des tuteurs au profit de la sous-traitance en lançant un appel d'offre pour recruter des correcteurs. Il ne s'agit en l'occurrence ni plus ni moins que de recourir à des briseurs de grève.

Notons, comme le précise l'extrait ci-dessous, que les exigences de la Téluq envers les correcteurs qu'elle recherche sont bien moindres que celles auxquelles les tuteurs sont soumis et que les premiers perdants seront les étudiants eux-mêmes. 








mardi 29 janvier 2019

Grève générale illimitée des tutrices et tuteurs de la Téluq

"Réuni-e-s en assemblée générale le 28 janvier, les tuteurs et tutrices ont dû conclure que le déclenchement immédiat de la grève générale illimitée était l’ultime moyen de signifier notre profonde indignation face à l’offre patronale du 25 janvier dernier.

Les membres ont rejeté à l’unanimité cette offre qui ne donne aucune garantie que les tuteurs et tutrices pourront préserver leurs emplois et que ceux-ci ne seront pas transférés aux professeur-e-s sous contrat ou même à des sous-traitants. De plus, pour les tuteurs et tutrices qui pourraient conserver leur poste, l’offre contient dans les faits une diminution du salaire réel, malgré l’ajout, à nos frais, de quatre nouvelles tâches d’encadrement. Sans compter tous les reculs sur nos acquis au plan normatif, essentiels au maintien de notre droit à l’emploi (par exemple au sujet des exigences de qualification) et à notre reconnaissance au sein de la TÉLUQ (notamment par le biais du comité d’intégration pédagogique)."

C'est près de 20 000 étudiantes et étudiants qui se retrouvent ainsi dans l'impossibilité de terminer leur trimestre.

mercredi 7 novembre 2018

Transformer les tuteurs en correcteurs est une régression pédagogique



Il semblait que depuis 2010 au moins, et la tenue du colloque du REFAD qui avait été consacré à cette question, la distinction entre un correcteur et un tuteur à distance avait été clairement établie. Il faut croire que la direction de la Téluq, en voulant transformer ses tuteurs en correcteurs n’a pas pleinement compris la plus-value d’un tuteur, ou plus grave l’ayant comprise, qu’elle décide, pour des raisons économiques, de réduire ses ambitions pédagogiques en sacrifiant le soutien à l’apprentissage des étudiants.

Puisqu’il parait nécessaire de le rappeler, l’activité d’un correcteur se résume à la formulation de commentaires (pas toujours) et l’affectation d’une note aux travaux des apprenants. Le plus souvent, le correcteur est rémunéré à la copie, tout comme les canuts, ouvriers tisserands du XIXe siècle l’étaient à la pièce. Son travail, loin d’être négligeable, tant les rétroactions aux travaux peuvent participer à l’apprentissage (cf. La rétroaction, support d'apprentissage), reste néanmoins centré sur le contenu disciplinaire de la formation et la performance obtenue par les apprenants au regard des objectifs académiques. C’est un peu comme si en présentiel, après un cours, la seule interaction entre le formateur et les apprenants était la correction d’un travail évalué. Ce modèle, parfois persistant, réduit la formation à distance à la distribution d’un contenu et à des activités d’évaluation et il semble bien que ce soit le choix de la direction de la Téluq. Ne voudra-t-elle pas ensuite réduire l’évaluation à des quiz auto-correctifs et éliminer les correcteurs humains ?

Ceci est d’autant plus désolant que l’expérience ancienne du support à l’apprentissage, au sein même de la Téluq, a aboutit à des pratiques professionnelles de tutorat performantes, et que celles-ci ont largement été décrites par des enseignants de la Téluq comme Céline Lebel, André-Jacques Deschênes, Pierre Gagné et bien d’autres (s'il ne fallait citer qu'un seul de leurs nombreux articles, cf. Profils des activités d'encadrement comme soutien à l'apprentissage en formation à distance)

Non ! La formation à distance ne se résume pas à la mise à disposition de ressources et à l’évaluation. Il est largement reconnu que les émotions sont agissantes lors de l’apprentissage, que le soutien motivationnel permet de faire persévérer les apprenants et réduire de manière importante les abandons, que le soutien socio-affectif est indispensable lors des activités collaboratives mais également pour l’exercice de son autonomie par l’apprenant et l’accroissement de sa confiance en sa propre capacité à faire, que l’apprenant qui est aidé à devenir plus conscient de ses stratégies d’apprentissage par le soutien métacognitif réussit davantage.

Qui d’autres que les tuteurs peuvent apporter ce soutien sur les plans socio-affectif, motivationnel et métacognitif ? Certainement pas des correcteurs, contraints par leur mode de rémunération à traiter le maximum de copies en un minimum de temps.

La modernité n’est certainement pas l’oubli de son histoire. Aussi, il serait bon que la direction actuelle de la Téluq entame des discussions avec les tuteurs pour examiner sérieusement ses ambitions pédagogiques, les interventions d’animation des formations à distance qu’elles supposent, et les services tutoraux qui les font vivre.

samedi 3 novembre 2018

84 % des tutrices et tuteurs de la Téluq votent la grève illimitée


Exaspérés par l'attitude de leur employeur à la table de négociation, les tutrices et les tuteurs de l'Université TÉLUQ ont voté hier soir à 84% en faveur de la grève générale illimitée à exercer au moment jugé opportun.

Pour Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université - CSN (STTTU), le changement de cap escompté à l'arrivée du directeur général, André G. Roy, ne s'est pas concrétisé. « La dernière offre de l'employeur, si l'on peut la qualifier ainsi, est pratiquement la même que celle qui nous a été présentée en novembre 2017 par l'ancien directeur. Monsieur Roy maintient la décision de son prédécesseur de mettre au rancart ou déqualifier la majorité des tutrices et des tuteurs en les confinant dans un rôle de correcteur, avec un salaire d'étudiant ! Accepter cette offre, c'est accepter de voir disparaître notre profession » précise Nancy Turgeon.

Lire l'article en entier

SOURCE
Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
Nov. 02, 2018, 07:00 ET

lundi 14 mai 2018

La Téluq vire-t-elle une brosse ?


Le conflit qui oppose les tuteurs de la Téluq à leur direction ainsi que les prises de position qu’il suscite, telle celle de 63 professeurs, illustrent les différentes manières d’appréhender la formation à distance.

Le conflit en quelques mots

Une nouvelle catégorie d’emploi, les professeurs sous contrat, a été créée par la direction pour remplacer les tuteurs. En l’absence d’une pleine transparence de cette politique, il apparait que le bénéfice attendu soit essentiellement financier. Ainsi, la convention collective des professeurs sous contrat prévoit un volume d’encadrement des étudiants d’une durée trois fois moindre que celle prévue dans la convention collective des tuteurs. De plus, la Téluq sous-traite à une entreprise privée une part croissante des missions des tuteurs.

La prise de position de 63 professeurs affirmant que les tuteurs ne sont ni des professeurs ni des chargés de cours et la réponse de Jean Murdock et Nancy Turgeon, montrent deux visions de la formation à distance.

Pour mieux comprendre cette situation, il n’est pas inutile de revenir sur le process d’une formation à distance dont les étapes majeures sont la définition, la conception, la production et l’implémentation, la diffusion et l’évaluation (cf. Articulation des trois ingénieries d'un digital learning).

Le process d’une formation à distance

La définition d’une formation à distance relève de décisions politiques et s’incarne dans l’ingénierie de formation qui prend en compte différents éléments stratégiques qui échappent à la pédagogie, tels que la politique de l’établissement, la stratégie financière, le modèle économique qui en découle, les contraintes administratives, le suivi du déroulement de la formation, son évaluation… Elle consiste également à conduire un certain nombre d’études et d’analyse préalables portant sur l’identification et la qualification du public visé, les besoins de formation, la concurrence, les contraintes…

La conception relève de l’ingénierie pédagogique et de l’ingénierie tutorale. Elle demande le plus souvent non pas la seule intervention d’un professeur mais également d’experts du contenu, de pédagogues, d’ingénieurs tutoraux (cf. Les interlocuteurs de l'ingénieur tutoral), de scénaristes, d’ergonomes, de technologues, d’informaticiens. Il s’agit donc bien d’une production collective qui ne peut se résumer aux apports du seul professeur. Selon moi, le vedettariat que recherchent certains professeurs intervenant dans des MOOC ne peut servir de viatique pédagogique et encore moins de modèle pour des formations à distance de qualité. À contrario, les retours des tuteurs, qui sont les seuls à être en contact direct avec les apprenants, sur tel module ou activité sont précieux lors de la phase de conception et plus encore lors de la révision de la formation. (cf. Quel rôle pour les tuteurs dans la conception des digital learning ?)

La production nécessite la mobilisation de médiatiseurs utilisant des outils auteurs mais également des vidéastes, des illustrateurs, des infographistes, des bédéistes, des spécialistes du son, des comédiens, etc. Les ressources produites sont alors à assembler dans la plateforme de diffusion en respectant le scénario pédagogique conçu précédemment.

La diffusion aux étudiants nécessite un accompagnement dont les buts principaux sont d’éviter l’abandon en favorisant la persévérance, de faciliter l’atteinte de leurs objectifs académiques et personnels par les apprenants, d’approfondir leur apprentissage par la formulation de rétroactions aux activités et aux travaux évalués. Ces tâches sont celles des tuteurs. En fonction des dispositifs et du dimensionnement des services tutoraux lors de l’ingénierie tutorale, les tâches des tuteurs (cf. Des fonctions et des plans de support à l’apprentissage à investir par les tuteurs à distance) peuvent être orientées différemment mais elles n’en restent pas moins essentielles dans la mesure où c’est à travers elles que la relation pédagogique est établie entre les tuteurs représentants de l’institution et les apprenants.

L’évaluation gagne à associer l’ensemble des acteurs afin d’aboutir à des conclusions utiles à la révision de la formation.

Quelques remarques

Il apparait que la direction de la Téluq organise un désinvestissement certain de l’étape de diffusion. Diviser par trois le temps d’encadrement des étudiants ne peut en aucun cas assurer une qualité accrue de la relation pédagogique. Confier l’encadrement des étudiants à une entreprise extérieure en se séparant des tuteurs employés de tout temps par la Téluq indique a minima un changement de politique qui devrait être explicité et a maxima une recherche de gains financiers sur le dos des étudiants qui sont les bénéficiaires principaux du travail des tuteurs. S’il s’agit d’une politique revendiquée, elle mériterait davantage de transparence qui pourrait se manifester par la publication des termes du contrat confidentiel que la Téluq a passé avec une entreprise privée.

La conception, aussi perfectionnée soit-elle, n’atteint jamais une autoportance (cf. Autorportance des dispositifs FOAD et autonomie des apprenants) parfaite convenant à tous les étudiants quels qu’ils soient. C’est bien pour cela que des taux d’abandon pouvant dépasser les 90% des inscrits sont régulièrement relevés dans les dispositifs sans tutorat. Si la conception peut permettre une certaine individualisation de la formation, seule la relation tutorale autorise la personnalisation de l’apprentissage. A noter également les résultats récents d’une recherche finlandaise, certes consacrée aux modalités présentielles mais dont il est probable qu’elle soit transposable à la formation à distance tant l’isolement de l’apprenant est une source d’abandon, qui conclue ainsi « Au final, l’interaction entre l’enseignant et l’élève influe davantage les résultats scolaires que les outils pédagogiques ou la taille des classes. »

L’affirmation des 63 professeurs, « la majorité des étudiants ne ressentent que très rarement, voire jamais, le besoin d’être accompagnés par une personne tutrice et font donc appel à elle uniquement pour corriger leurs travaux, la plupart du temps. », mériterait d’être étayée par les résultats d’enquête et dénote plus sûrement l’éloignement de ceux-ci avec les étudiants. A noter qu’un récent sondage de l’association étudiante de la TÉLUQ, indique qu’entre 87% et 94% des étudiants de la TÉLUQ ont eu recours à leurs tuteurs. L’affirmation des 63 professeurs est d’autant plus curieuse, que leurs aînés tels Pierre Gagné ne se lassait jamais de préconiser de « moins enseigner pour qu’ils apprennent plus » ou André-Jacques Deschênes qui considérait les rétroactions aux travaux comme un des services les plus importants à offrir aux étudiants (cf. La rétroaction, support d'apprentissage ?). 

Cet autre passage de la lettre des 63 professeurs « «auto-apprentissage» signifie que l’étudiant apprend essentiellement par lui-même ou par elle-même » interroge sur l’approche pédagogique qui est sous-tendue. L’auto-apprentissage semble ainsi considéré comme un apprentissage solitaire, comme un face à face muet avec les ressources qui relève plus du modèle transmissif que du socio-constructivisme dont la Téluq se prévalait (se prévaut encore ?). Faut-il rappeler que l’autonomie de l’apprenant ne peut jamais être un prérequis mais est toujours un objectif que l'apprenant peut atteindre grâce aux interventions d’étayage et désétayage des tuteurs ? (cf. Autonomie : objectif ou prérequis ?).

Il est bien triste, pour un diplômé de la Téluq comme moi, de voir l’évolution actuelle de cette institution. Alors qu’elle a été pionnière dans la formation à distance, la voir céder au primat de la conception et de la médiatisation au désavantage de la médiation (cf. Médiation, médiatisation et apprentissage de Geneviève Jacquinot), être oublieuse de son histoire qui pourrait pourtant être féconde pour toutes les institutions qui investissent aujourd’hui la formation à distance, qui ne peut se résumer aux MOOC, c’est un peu comme « être sur la brosse » (avoir la gueule de bois) sans avoir bu un seul verre.

Je m'autorise donc une suggestion : solliciter l'avis des étudiants sur les orientations actuelles de la direction de la Téluq. En effet, ce sont à eux que la Téluq dans son ensemble devrait d'abord penser. D'une part, parce sans eux il n'y a pas de raison d'être, d'autre part, parce qu'en tant que clients, ils ont un droit de regard sur tout ce qui peut impacter la qualité des formations qui leur sont proposées, à commencer par les services tutoraux. 


jeudi 19 avril 2018

Interpellation du député Gabriel Nadeau-Dubois sur la situation à la Téluq


Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin et Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la TELUQ se sont exprimés depuis le hall de l'hôtel du Parlement du Québec pour alerter le Gouvernement sur la privatisation des services d'encadrement des étudiants de la Téluq.










Lien vers la vidéo (12 premières minutes)

mercredi 18 avril 2018

L’Université TÉLUQ : un changement bien mal parti. Patrick Guillemet

Voici un nouveau texte faisant écho au conflit des tuteurs de la Téluq. Où l'on constate que la direction sans mémoire, ignorant les acteurs qui font l'ADN de la Téluq, prétend faire son avenir.



L’Université TÉLUQ : un changement bien mal parti

J’ai lu avec surprise et tristesse la réponse du directeur général de l’Université TÉLUQ à la lettre de mon ancien collègue Richard Pitre. Quoi ? La Téluq serait encore aux prises avec des problèmes douloureux et envisagerait maintenant un changement radical afin d’assurer son avenir après avoir été, il n’y a pas très longtemps, menacée de fermeture ? Quoi ? Plus de 200 personnes, les tuteurs, qui assuraient jusqu’à présent le lien pédagogique essentiel de l’institution avec ses étudiants se voient dès maintenant en passe de perdre leur emploi ? Le tout sans explication aucune, et sans qu’aucun reproche ne leur ait été adressé ? Et ceci alors que les inscriptions étudiantes sont en légère hausse ? Mais que se passe-t-il donc ? J’ai étudié l’histoire de la Télé-université et je cherche moi aussi à saisir ce que tente d’expliquer le directeur général. Mais j’ai beaucoup de difficulté à le suivre.

Un changement, donc, est en cours pour répondre aux besoins des étudiants et à ceux de la société. Mais de quoi s’agit-il ? Le plan stratégique 2016-2019 de la Téluq, adopté en mars 2016, qui énonce un ensemble de principes directeurs, parmi lesquels l’actualisation de l’offre de formation, le soutien à la réussite étudiante et l’augmentation de la fréquentation étudiante, ne parle pas des besoins de la société et ne fait pas état des changements envisagés. Plus audacieux, le document « L’enseignement supérieur à l’ère du numérique », élaboré un mois plus tard et qui se présente comme le positionnement stratégique de la Téluq, définit les trois principes qui fondent ses actions, soit l’innovation portée par la recherche, l’accent mis sur la réussite étudiante, ainsi que la mise à jour continue des cours. Il propose ainsi un ensemble d’actions pour favoriser le développement de la formation continue numérisée en partenariat avec les autres universités du Québec et de la francophonie. Et rien de plus. En fait, le changement du modèle d’encadrement de la Téluq trouve plutôt sa source dans la nouvelle convention collective des professeurs signée en mai 2017, où figurent toutes les nouvelles règles du jeu. Adoptée par le conseil d’administration lors d’une réunion secrète en vidéoconférence, ses justifications demeurent inconnues et le directeur général a refusé à plusieurs reprises de s’en expliquer.

Il y a plus. Le directeur général affirme que les personnes tutrices sont un corps d’emploi créé à l’Université TÉLUQ pour soutenir le corps professoral. Or, cela est faux puisque cette « Université TÉLUQ » n’est autre que la vitrine publicitaire de la Télé-université, créée en 1972 sans professeurs et où le corps professoral ne s’est développé qu’à partir de 1983, alors que les personnes tutrices, présentes dès le début, ont continué à y assumer une importante charge d’enseignement. Ce rôle d’enseignant vient d’ailleurs d’être souligné par les syndicats de chargés de cours des universités québécoises qui reconnaissent dans les personnes tutrices des enseignants d’expérience [i]. Mais on remarquera aussi que pour le directeur général, « ce sont les professeurs qui conçoivent les cours, les révisent et en sont responsables. » Voilà une bien étrange représentation de l’enseignement d’où est absente l’interaction, si essentielle quand l’étudiant éprouve des difficultés et que sa réussite est en jeu, ou tout simplement quand le cours, devenu désuet, nécessite quelques réajustements avant d’être enfin révisé. À cet égard, bien plus que l’adaptation aux besoins de la mythique société 4.0, cette vision de l’université rappelle la séparation entre le professeur et l’étudiant dans l’espace et dans le temps, issue de l’enseignement par correspondance et érigée ici en principe. On est loin du 4.0, et même du 2.0.

L’importance d’un changement à la Télé-université n’est cependant plus à démontrer. En effet, selon les dernières estimations, le taux de réussite à la Téluq tourne autour de 25 %. Qui plus est, elle a perdu à partir de 2010 sa position de leader au profit de l’Université Laval qui représente maintenant 58 % du marché de la formation à distance universitaire, contre 33 % à la Téluq [ii].

Mais non ! Déni, fuite en avant, dissimulation, absolutisme. Ces travers de l’Université TÉLUQ font en sorte qu’elle est maintenant contredite par ses propres enseignements, qu’il s’agisse de la gestion des ressources humaines, du droit du travail, des relations de travail, de la stratégie d’entreprise, ou bien sûr de l’éthique [iii]. Peut-être lui faut-il, à son tour, retourner sur les bancs d’école pour réapprendre qu’avant de se précipiter sur des recettes magiques il faut prendre la mesure de ce qui doit être changé. Elle découvrirait sans doute ainsi que les succès de l’Université Laval ne résident pas tant dans la taille de son corps professoral que dans l’option qu’elle a prise il y a quelques années de développer une offre de formation hybride basée sur un éventail de formules basées sur l’alternance entre des études à domicile et sur campus, permettant aux étudiants de choisir le mode d’interaction avec les professeurs qui leur convient le mieux. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que l’UQAM ait elle aussi récemment choisi de lancer un projet pilote de trois ans portant sur une formation en mode présentiel enrichi, hybride, bimodal et à distance. Il s’agit là d’une approche à laquelle se refuse l’Université TÉLUQ, toute persuadée qu’elle est de la supériorité de son modèle basé sur une banque de cours numériques si bien conçus qu’ils ne nécessitent qu’une assistance minimale.

Changer, oui, bien sûr. Mais la condition première d’un changement réussi, surtout quand il est radical, est la communication transparente de ses objectifs et moyens, accompagnée d’une négociation. Au lieu de quoi, outre les cachotteries et l’envoi aux personnes tutrices d’un ultimatum les sommant d’accepter les nouvelles règles du jeu, le message qui leur est adressé et dont témoigne la lettre du directeur général, est qu’elles sont en quelque sorte du personnel jetable, maintenant qu’elles sont remplacées par des professeurs sous contrat. Des professeurs, d’ailleurs, qui n’en sont pas vraiment, et qui sont eux aussi jetables, comme le démontre le professeur de l’UQAM Ricardo Peñafiel [iv).

Décidément, ce changement, dont on ne sait à quels besoins il prétend répondre, est bien mal parti et j’y vois un terrible faux pas de la part de cette Université TÉLUQ si pressée de retrouver sa gloire passée. Elle joue son va-tout, indifférente aux dommages collatéraux qu’elle inflige. Mais je commence à craindre que cette arrogance ne lui soit, à elle aussi, fatale.

Patrick Guillemet
Retraité de la Télé-université et auteur de l’ouvrage : « Former à distance. La Télé-université et l’accès à l’enseignement supérieur 1972-2006 », Presses de l’Université du Québec, 2007.


[i] Déclaration commune des syndicats de chargé-es de cours, Journal Métro, 13 et 15 mars 2018.
[iv] Conflit de travail à la TÉLUQ. Prélude de e-campus ?, À Bâbord, No 74, avril/mai 2018.

lundi 16 avril 2018

La TÉLUQ se débarrasse en douce de ses tuteurs. Richard Pitre

Je me fais l'écho du cri d'alarme de Richard Pitre, tuteur de la Téluq.

En tant qu'ancien étudiant de la Téluq, je sais toute la valeur des tuteurs qui contribuent à la réussite des études de ceux qui s'y inscrivent. Alors que la Téluq a si longtemps pu être citée en exemple, notamment dans le monde francophone, pour l'organisation de son tutorat, que la reconnaissance de ses tuteurs est validée par une convention collective, que la contribution du syndicat des tuteurs dans la formation même de leurs adhérents est remarquable, une direction autiste et méprisante poursuit son oeuvre de destruction de ce qui a fait, durant tant d'années, la qualité et la réputation de cette université à distance.























La TÉLUQ se débarrasse en douce de ses tuteurs

Quelques semaines après avoir été invité, l’automne dernier, à la Fête de la reconnaissance pour me remercier de mes 25 ans de services et de la grande qualité de mon travail, j’ai appris de source informelle que la TÉLUQ souhaitait remplacer toutes les personnes tutrices par du nouveau personnel et que mon emploi serait éliminé.

Dès janvier, je n’avais plus que quelques étudiants résiduels, soit environ de 15 % de ma tâche normale et de mes revenus habituels, et ce, après avoir assuré l’accompagnement et le suivi de près de 8000 étudiants depuis 1991.

Sans avertissement, sans aucun préavis, sans explication, sans aucune discussion ni entente avec mon syndicat, rien, la TÉLUQ a décidé d’embaucher des «professeurs sous contrat» pour essentiellement faire le travail des personnes tutrices. Une nouvelle convention collective entre les professeurs de la TÉLUQ et la direction crée une nouvelle catégorie de professeurs de deuxième classe. Ils n’ont pas les mêmes tâches, ni la permanence, ni le même salaire que les professeurs réguliers. En réalité, ils ont été embauchés pour remplacer tout simplement les personnes tutrices sans aucune forme de considération, ni de respects des conventions. Du coup, le syndicat des professeurs de la TÉLUQ incorpore en son sein cette sous-catégorie de «professeurs sous contrat» et fait fi du syndicat des tuteurs et tutrices.

D’ailleurs, depuis août dernier, la direction de la TÉLUQ fait en sorte de bloquer l’avancement des négociations. Résultat : après huit mois de négociations, je ne sais toujours pas ce qu’il adviendra de mon travail et tout semble mis en œuvre pour que cette situation perdure jusqu’à l’asphyxie des tuteurs et tutrices.

Parmi les rares informations provenant de la TÉLUQ, j’apprends que l’embauche de plusieurs autres «professeurs sous contrat» est prévue toujours dans la logique de nous faire disparaître. Pour de nombreux tuteurs et tutrices, comme moi, le fait de ne pas savoir ce qu’il arrivera est difficile à vivre. Étant sous contrat avec la TÉLUQ, je ne peux véritablement me chercher un autre emploi, mais la TÉLUQ n’assume plus sa part du contrat qui consistait à me fournir un nombre d’étudiants équivalant à une tâche à temps plein, comme c’était le cas depuis plus de 15 ans.

Une collègue m’a fait part de son désespoir de la situation. Désormais sans ressources financières à près de 60 ans, elle se sent humiliée et en grande détresse psychologique. Plusieurs sont angoissés, ou en colère, et ne savent plus quoi faire. Nous sommes nombreux à ressentir du mépris et de l’indifférence de la part d’un employeur pour lequel on a consacré dix, vingt ou trente ans de notre vie.

Je reçois actuellement 15 % seulement de mon salaire habituel. Je n’ai pas droit à l’assurance-emploi et mon employeur refuse d’éclaircir la situation. Comme plusieurs de mes collègues, je suis outré et refuse le silence de la Téluq quant à nos conditions de travail.

Jamais nous n’avons été mis au courant des intentions de la TÉLUQ et encore aujourd’hui, rien n’est dit de ce qu’il adviendra de nous. Je souhaite dénoncer haut et fort cette situation et j’appelle la direction de la TÉLUQ à de la transparence et à régler rapidement cette situation.

Richard Pitre PhD, Tuteur à la TÉLUQ depuis 26 ans
Tribune également parue dans le journal Le Soleil et le Huffington Post


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Plus d'infos sur ce conflit

vendredi 8 décembre 2017

Les tuteurs de la Téluq menacés de disparition

C'est lors de leur assemblée générale tenue la semaine dernière, que les membres du Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université (STTTU) ont pu mesurer l'ampleur de la réorganisation initiée par leur employeur depuis plus d'un an. Après avoir transféré à un sous-traitant privé, l'Institut Matci, l'encadrement d'environ 37% des étudiants-es provoquant la mise à pied d'une quarantaine de postes de tuteurs et de tutrices, la direction de l'Université TÉLUQ s'est livré à une seconde attaque. Elle crée des « professeurs-es sous contrat », qui reprendront l'encadrement des étudiants-es, une tâche effectuée depuis toujours par les tuteurs et les tutrices. De l'aveu même du porte-parole patronal, ceux-ci vont perdre 75 % de leurs tâches d'ici quelques semaines en raison de la restructuration. Ce chiffre ne tient pas compte des étudiants-es déjà transféré-es à l'Institut Matci. Pour Nancy  Turgeon, présidente du syndicat, cette décision est incompréhensible. « Qu'un établissement d'enseignement du réseau jette à la rue des enseignantes et des enseignants après 10, 15 ou 25 années de bons et loyaux services est scandaleux! Et ça l'est encore plus si l'objectif est de transférer les emplois à des enseignants nouvellement embauchés ou à un sous-traitant privé », souligne-t-elle. 


Par ailleurs, ceux qui s'intéressent à l'évolution de ce conflit peuvent la suivre sur le site du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Téluq où ils retrouveront également la convention collective dont ils bénéficient. 

mercredi 3 septembre 2008

Hors série des Fragments du Blog de t@d. La lutte des tuteurs de la Téluq


J'ai le plaisir de vous annoncer la parution du hors série des Fragments du Blog de t@d, qui regroupe l'ensemble des messages parus concernant la lutte des tuteurs de la Téluq.

Préfacé par Fernand Roy, tuteur à la Téluq et Sylvie Pelletier, Présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université-CSN, ce numéro a pour ambition de garder trace de cette lutte en tout point exemplaire.

Les conflits sociaux sont des opportunités d'interaction entre agents qui en tant que telles peuvent faciliter l'évolution du groupe social. Le conflit n'est pas une pathologie sociale puisqu'il peut être créateur de lien. La fonction unique du conflit est assimilable à une recherche d'homéostasie dans la mesure ou il s'agit de rétablir la cohésion, voire l'unité, de ce qui a été désuni préalablement.

Il est à noter que les conflits sociaux ont vu leurs buts progressivement évoluer. Si la recherche de meilleures conditions salariales et matérielles sont rarement absentes des conflits, ceux-ci portent de plus en plus fréquemment sur des valeurs plus symboliques telles que le pouvoir ou le prestige attachés au statut professionnel. En ce sens, le recours au conflit pour affirmer une identité professionnelle se situe bien dans cette nouvelle génération de conflits sociaux. La lutte des tuteurs de la Téluq en est un parfait exemple.

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samedi 29 mars 2008

Fin de la grève des tuteurs de la Téluq qui reprennent le travail lundi 31 mars

La montagne Sainte Victoire, 1888-1890, Paul Cézanne


Nous vous l'annoncions hier, un accord de principe avait été conclu entre le syndicat des tuteurs et la direction de la Téluq. Lors de leur assemblée générale d'hier, après avoir examiné les avancées importantes pour leur reconnaissance professionnelle obtenues par leurs représentants, les tuteurs ont décidé la reprise du travail qui interviendra lundi 31 mars.

Nous reproduisons ci-dessous l'article paru sur le site de la FNEEQ.

Les membres du Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé université, en grève depuis le 15 janvier ont entériné à 93 % la recommandation de leur comité exécutif d’adopter l’entente de principe intervenue entre leur comité de négociation et les représentants de l’employeur le mercredi 27 mars.

Rétroactive au 1 er janvier 2006, la nouvelle convention collective sera en vigueur jusqu’en décembre 2011. Sur plusieurs des enjeux qui étaient jusqu’à tout récemment, objets de litige, les syndiqués font des gains substantiels. Les tuteurs obtiennent des augmentations salariales de 21,13 % auxquelles s’ajouteront les paramètres salariaux gouvernementaux pour les années 2010 et 2011. Toujours au plan pécuniaire, ils bénéficieront d’un programme temporaire de départ à la retraite. De plus, les enseignants à distance de la Téluq verront leur tâche diminuer.

L’obtention d’un plus grand nombre de libération pour les activités syndicales et pour organiser l’intégration des tuteurs au fonctionnement universitaire représente aussi un pas vers la reconnaissance de leur travail. De l’avis de Sylvie Pelletier, présidente du syndicat, c’est, dans les circonstances, une entente qui permet à ses membres de se réjouir de la détermination dont ils ont fait preuve dès les premiers jours du conflit. « Il était impératif pour nous que des pas importants soient faits dans la direction d’une meilleure reconnaissance de l’importance de notre travail au sein de l’université, et cela devait se traduire aussi au plan pécuniaire », a-t-elle souligné.

L’assemblée qui s’est tenue simultanément à Québec et à Montréal a aussi adopté un protocole de retour au travail. Les tuteurs et les tutrices de la Téluq reprendront le travail dès lundi.

vendredi 28 mars 2008

Conflit des tuteurs de la Téluq > dernière heure : entente de principe

(27 mars 2008) Le Syndicat des tuteurs et des tutrices a conclu une entente de principe avec la Télé-université très tôt ce matin. La proposition de règlement sera soumise aux membres lors d'une assemblée générale spéciale qui aura lieu le vendredi 28 mars à 16 h 30.

Source : FNEQQ

mardi 11 mars 2008

Les tuteurs de la Téluq ont rejeté massivement la proposition patronale

MONTREAL, le 10 mars /CNW Telbec/
Les tuteurs et les tutrices de laTélé-Université (Téluq), en grève depuis le 16 janvier, ont rejeté massivement, dans une proportion de 87.5% la proposition globale de règlement de la convention collective lors d'une assemblée générale, lundi.
Les tuteurs souhaitent en arriver à une entente négociée. Ceux-ci souhaitent une véritable reconnaissance professionnelle. Pour y arriver, l'employeur doit se consacrer à la négociation et permettre un règlement qui atteindra l'équité avec les autres personnels de l'enseignement de la Téluq, tant au niveau de la rémunération que de la tâche. Les grévistes veulent que leur travail soit reconnu à la hauteur de leurs responsabilités. Les tuteurs doivent notamment dispenser le savoir, assurer un soutien pédagogique aux étudiants qui leur sont confiés, corriger des travaux et des examens et sanctionner la réussite ou l'échec du cours.
Ce rejet des offres patronales intervient à la suite de tentatives de la part de la direction de la Téluq de discréditer le syndicat. L'employeur avait d'abord tenté à diverses reprises de faire jouer un rôle de "scabs" à ses professeurs, ce à quoi ils se sont refusés.
De plus, le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université-CSN a fait parvenir le 3 mars, une mise en demeure à la direction de Téluq après que celle-ci ait communiqué par courriel avec les tuteurs en grève afin de les inciter à accepter les termes d'une offre, ce qui est contraire au Code du travail. Celui-ci stipule qu'aucun employeur ne peut "entraver les activités d'une association de salariés". Ce geste visait de toute évidence à briser la grève des tuteurs et des tutrices de la Télé-Université et discréditer leur équipe de négociation. Cette offre patronale a été rejetée mercredi par les tuteurs.
"En ne respectant pas les lois du travail, l'employeur ne fait que jeter de l'huile sur le feu et met ainsi en péril l'atteinte rapide d'un règlement négocié", s'insurge Sylvie Pelletier, présidente du syndicat.

Source de la photo : http://www.fneeq.qc.ca/fr/universites/teluq-en-greve/

lundi 10 mars 2008

La Téluq tente de négocier sur la place publique

Nous vous annoncions il y a quelques jours que la direction de la Téluq avait mis en oeuvre une stratégie de contournement du syndicat des tuteurs. Nous reproduisons ci-dessous la réaction des tuteurs parue sur le site de la FNEEQ (Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec).


Faisant fi des membres de l’équipe syndicale de négociation qui tentaient de trouver une solution négociée, la direction de la Téluq a osé, à trois reprises, passer par-dessus la tête de la partie syndicale.

D’abord le 26 février, l’employeur annonçait aux membres du syndicat le dépôt d’un projet de règlement à la table de négociation et le 29 février, il leur transmettait ce dépôt. Puis le 3 mars, l’employeur envoyait ce dépôt accompagné d’un document explicatif à toute la communauté télé-universitaire, incluant les étudiants. Et cela, alors que le syndicat avait pris l’engagement de soumettre ultérieurement cette proposition globale à ses membres.

Cette façon de faire serait du jamais vu à la Fédération nationale des enseignantes et en­seignants du Québec (FNEEQ), qui regroupe pas moins de 70 syndicats d’enseignants au Québec, dont celui de la Télé-université.

Les avocats du service juridique de la CSN ont aussitôt expédié une mise en demeure à la Téluq en lui demandant de cesser immé­diatement de faire entrave aux activités syn­dicales. Une plainte suivra sous peu auprès de la Commission des relations du travail.

Par ailleurs, la plainte du syndicat pour mettre fin aux tentatives de l’employeur d’utiliser des briseurs de grève a finalement été réglée en faveur des tuteurs et tutrices lors de la séance de conciliation préalable à l’audition des parties devant la Commission des relations du travail. L’employeur s’est engagé à s’abstenir de solliciter les profes­seurs pour exécuter les tâches des tuteurs et tutrices.

Ces quelques faits illustrent de façon trou­blante comment une direction méfiante et non respectueuse des lois du travail est capa­ble de mettre volontairement en péril une structure de négociation, en tentant de négo­cier sur la place publique avec l’ensemble des membres du syndicat plutôt qu’avec leurs représentants démocratiquement élus.

À la suite des rapports du comité de négo­ciation et du comité de mobilisation, la pro­position globale de règlement de la conven­tion collective des tuteurs et tutrices de la Télé-université sera présentée aux membres du syndicat, convoqués à une assemblée gé­nérale spéciale le dimanche 9 mars, à 13h30, au local de grève de Montréal à la salle Lio­nel-Groulx, 82, rue Sherbrooke Ouest. L’assemblée pourrait être reportée au lende­main en cas de mauvais temps.

Un vote sur le refus ou l’acceptation du dé­pôt patronal sera pris lors de cette assemblée. Un autobus nolisé partira de Québec afin de permettre aux tuteurs et tutrices de la région de Québec de participer à cette importante réunion.

mercredi 5 mars 2008

La direction de la Téluq veut passer en force. Les tuteurs résistent !

La direction de la Téluq, à grand renfort de communiqués et de mails à l'ensemble de ses employés, demande aux tuteurs de se prononcer sur sa « proposition finale de règlement ». Il s'agit en quelque sorte d'une mise en demeure adressée aux tuteurs qui prend à témoin les employés et au-delà toute la communauté de la Téluq.

Il apparaît que le contournement de la représentation syndicale des tuteurs, que représente cette fièvre communicante de la direction, ne passe pas. Pour preuve, les réactions des tuteurs publiées par le site de la FNEEQ.

Il est assez curieux, et pour tout dire, inéquitable, que ceux qui sont pris à témoins par la partie patronale ne puissent également avoir accès, par les mêmes canaux de communication, à la proposition de règlement du conflit émanant du syndicat des tuteurs.

Que cherche la direction en abandonnant la table des négociations au profit de cette communication agitée ? Gagner du temps ? Laisser s'enliser la grève ? Il serait bien préférable qu'elle accepte les justes revendications des tuteurs et leur reconnaisse enfin un véritable statut.


mercredi 20 février 2008

Les demandes salariales des tuteurs de la Téluq

Nous vous donnons accès au document émanant du syndicat CSN des tuteurs de la Téluq relatif à leurs demandes salariales. Ce document est intéressant car il permet de se faire une très bonne idée à la fois de la situation actuelle des tuteurs et de leurs revendications. Ce document étant assez long, nous reproduisons ici, son introduction et les titres des principales parties.

Le conflit actuel qui oppose les tuteurs et tutrices à la Téluq donne lieu à des interprétations de chiffres qui, parfois, divergent de façon importante entre les parties. Cela peut paraître normal. Encore faut-il ne pas faire dire aux chiffres ce… qu’ils ne disent pas! Nous croyons ainsi utile de déboulonner quelques mythes qui, dans certains cercles, semblent avoir la vie dure et qui, surtout, sont fort loin de la réalité quotidienne.

Titres des principales parties

  • Combien gagne un tuteur ?
  • [A la Téluq] Le tutorat, c’est aussi du bénévolat !
  • Un statut d’emploi éminemment précaire
  • Charge annuelle de travail : tuteurs et employés réguliers de la Téluq
  • Pourquoi se comparer aux chargés de cours ?
  • Quelle avenue de solution proposons-nous ?
Pour lire le document dans sa totalité, téléchargez ce PDF

samedi 16 février 2008

Les tutrices et tuteurs de Téluq en grève visitent les étudiants en examen

MONTREAL, le 16 fév. /CNW Telbec/ - Les tutrices et tuteurs de Téluq, en grève depuis plus d'un mois, ont rendu visite aujourd'hui, dans les locaux de Téluq à Montréal et à Québec, aux étudiants du semestre d'automne qui sont en examen.

Dans les deux salles d'examen, une vingtaine grévistes leur ont remis une carte de la Saint-Valentin sur laquelle est écrit : "Vos tuteurs auraient aimé vous accompagner dans la préparation de votre examen. C'est bien à contrecoeur que nous n'avons pas pu, en raison de la grève, vous fournir ce service".

Les négociations sont en cours, mais traînent en longueur. Les porte-parole de la direction de Téluq s'entêtent à considérer les tuteurs comme des employés occasionnels et veulent maintenir ce personnel dans un état d'exclusion. Cela se fait de plusieurs manières, entre autres, en leur refusant l'intégration aux structures de l'institution et en ne reconnaissant pas la valeur de leur travail. La Téluq considère que ces formateurs à distance ne sont pas de véritables enseignants universitaires.

Pourtant, ils le sont à part entière. Cela doit être reconnu dans tous les aspects de la vie universitaire et se traduire dans leur rémunération. Ils doivent dispenser le savoir, assurer un soutien pédagogique aux étudiants qui leur sont confiés, corriger des travaux et des examens et sanctionner la réussite ou l'échec du cours, tout comme le font les enseignants.

La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2005.

Le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université-CSN compte plus de 140 membres. Rappelons que près de 10000 étudiantes et étudiants reçoivent chaque année des formations offertes par la Téluq.

Source : CNW TELBEC

L’enseignement est-il un acte professionnel réservé ??? Par Monique Bélanger


Article paru initialement sur le site de la FNEQQ > Universités > Téluq en grève

J’enseigne … tu enseignes … il ou elle enseigne … nous enseignons … vous enseignez… ils ou elles enseignent.

Enseigner : « faire acquérir la connaissance ou la pratique d’une science, d’un art, etc. » (Le petit Larousse illustré, dictionnaire 2008, page 372 )

Si, en tant que tuteur ou tutrice à la Téluq, je ne fais pas d’enseignement, est-ce que ça veut dire qu’à chaque fois qu’un étudiant communique avec moi parce qu’il ne comprend pas une notion, je dois le référer à un professeur de la Téluq? Est-ce là le soutien individuel auquel l’étudiant a droit ? Est-ce là l’encadrement des étudiants tel que prévu dans mes responsabilités de tuteur ou tutrice, selon ma Convention collective de travail, signée en janvier 2004 (page 15 articles 5.01, 5.09 et 5.10).

Encadrer : « … assurer auprès de personnes un rôle de direction, de formation, contrôler, diriger… » (Le petit Larousse illustré, dictionnaire 2008, page 364)

Un(e) enseignant(e) au niveau primaire, au niveau secondaire, au niveau collégial, utilise des manuels scolaires, des outils de formation, des outils d’évaluation qui ne sont pas toujours préparés par lui (elle). Doit-on dire pour autant qu’il ou elle ne fait pas d’enseignement ?

Est-ce que les tuteurs et tutrices de la Téluq qui expliquent, individuellement, des notions à des étudiants et étudiantes, qui encadrent et évaluent des étudiants et étudiantes dans leurs activités d’apprentissage ne font pas de l’enseignement ?

Est-ce que les tuteurs et tutrices de la Téluq qui collaborent à la mise à jour du matériel didactique mis à la disposition des étudiants ne font pas de l’enseignement ? Que faut-il faire pour enseigner ? Faire des recherches ? Non, non, la recherche est la prérogative des professeurs et professeures universitaires.

Pourquoi les professeurs et professeures de la Téluq ne comprennent-ils pas qu’ils délèguent l’enseignement individualisé aux tuteurs et tutrices de la Téluq. Bien sûr, il arrive qu’un professeur ou professeure intervienne dans cette activité, mais uniquement de façon ponctuelle et, le plus souvent, par choix.

En quoi la reconnaissance des tuteurs et tutrices de la Téluq comme enseignants et enseignantes est-elle une menace pour les professeurs et professeures de la Téluq ? Comment 53 professeurs peuvent-ils croire faire de l’enseignement individualisé à 10 000 étudiants ? Ce serait se leurrer de croire que les 10 000 étudiants de la Téluq n’ont pas besoin d’explications complémentaires au matériel mis à leur disposition. Il faut pourtant que quelqu’un le fasse si on vise un taux de réussite acceptable tout en respectant un minimum de standards de performance. Les chiffres parlent par eux-mêmes : il faut bien que les tuteurs et tutrices fassent cet enseignement individualisé en encadrant les étudiants et en les aidant dans leurs activités d’apprentissage.

Les tuteurs et tutrices de la Téluq interviennent donc, eux aussi, comme enseignants et enseignantes. Ils ne réclament pas pour autant le titre ou le statut de professeur ou professeure. Ils réclament uniquement la reconnaissance de leur travail dans sa réalité qui est celle d’enseigner, d’évaluer, et de soutenir les étudiants dans leurs activités d’apprentissage compte tenu des outils appropriés qui leur sont fournis.

Monique Bélanger, tutrice

jeudi 14 février 2008

Poursuite des négociations entre la direction et les tuteurs de la Téluq

Les négociations entre la direction de la Téluq et le syndicat des tutrices et tuteurs ont repris mardi 12 février. Elles se poursuivront vendredi 15 février.

Forts des soutiens de FNEEQ (Fédération Nationale des Enseignantes et Enseignants du Québec) et de la FQPPU (Fédération Québécoises des Professeures et Professeurs d'Université), les tuteurs obtiendront-ils enfin une vraie reconnaissance professionnelle ? Celle-ci passe entre autre par une politique salariale équitable. Il serait assez incompréhensible que les tuteurs ne puissent obtenir ce que les professeurs ont eu de la part de la direction de la Téluq : l'ajustement salarial sur leurs collègues de l'UQAM. Cet ajustement ne pourrait qu'être au bénéfice des deux institutions dans la construction de leur destinée désormais commune.


Image dans son contexte original, sur la page www.cjmf.com/blogue.php?Action=Form&Id=8&Id2=269

mardi 12 février 2008

La FQPPU apporte son appui aux tutrices et tuteurs de la Téluq


Montréal, 12 février 2008 ─ La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) tient à dénoncer le peu d’empressement dont fait preuve la Télé-université à reconnaître le travail des tutrices et tuteurs, des maillons essentiels de l’enseignement à distance.

Sans contrat de travail depuis décembre 2005 et en grève depuis le 16 janvier, les tutrices et tuteurs de la Téluq revendiquent la reconnaissance du statut qui correspond au travail professionnel et pédagogique qu’ils accomplissent.

Responsables d’assurer un soutien pédagogique aux étudiantes et étudiants qui leur sont confiés, de corriger des travaux et examens, de sanctionner la réussite ou l’échec dans les cours, les tutrices et tuteurs sont les premiers responsables de l’encadrement des étudiantes et étudiants. Ils contribuent à leur persévérance aux études et à leur réussite.

La FQPPU soutient les demandes du Syndicat des tuteurs et des tutrices de la Téléuniversité, qui exige la reconnaissance de leur statut professionnel ainsi que le salaire et les conditions qui s’y rattachent.

La défense de l’intégrité des diverses fonctions d’enseignement dans les universités et des conditions qu’elles requièrent constitue une priorité pour le maintien de la formation universitaire au Québec.