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jeudi 27 octobre 2011

Le tuteur à distance et les fonctions d'accompagnement. Par Jacques Rodet

Marianne Poumay dans son article intitulé « L’accompagnement : une fonction multiforme, un contrat clair à établir d’emblée » fait référence aux travaux de Champion, Kiel et McLendon dont je reproduis ci-dessous un tableau réinterprété par Massé (1998).


Poumay précise que « Nous avons parcouru plusieurs répertoires de tâches et modèles classifiant des rôles des développeurs. L’une des constantes repérées chez leurs auteurs est la prudence avec laquelle ils hiérarchisent ces rôles, affirmant que les uns ne vont souvent pas sans les autres et que la polyvalence est l’une des caractéristiques essentielles dont doit faire preuve le développeur, en fonction des situations et des contextes. »

Je la rejoins volontiers dans cette remarque et me propose de situer le tuteur à distance par rapport à chacun de ces neuf rôles.

Le tuteur à distance est-il un conseiller ?
Il arrive fréquemment au tuteur à distance de devoir prodiguer des conseils à un apprenant ou à un groupe d’apprenants à distance. Conseils de type méthodologique le plus souvent, ceux-ci peuvent également avoir des résonnances de type métacognitif. Il est néanmoins essentiel que le tuteur à distance fasse clairement la distinction entre le conseil et la consigne. Si l’apprenant doit se conformer à une consigne, il reste libre de suivre ou non le conseil qui lui a été donné (cf. La consigne et le conseil : de leurs usages par le tuteur à distance).

Le tuteur à distance est-il un instructeur ?
Il n’appartient pas au tuteur à distance d’instruire l’apprenant. Cette tâche étant dévolue aux ressources médiatiques de la formation à distance. Toutefois, il appartient au tuteur à distance de souligner les réussites de l’apprenant et de lui indiquer comment il aurait pu obtenir un meilleur résultat. En cas d’insuffisance criante du matériel pédagogique, il peut devenir sinon instructeur, du moins transmetteur.

Le tuteur à distance est-il un partenaire ?
Plus qu’un partenaire, le tuteur à distance est l’interlocuteur privilégié de l’apprenant. Si le tuteur ne fait pas avec l’apprenant, il apporte son soutien pour que l’apprenant réalise ses apprentissages. Il est à noter que la construction de connaissances, si elle est facilitée par l’échange et la négociation du sens, est toujours un processus individuel. Notons, que le tuteur à distance, comme tout pédagogue apprend toujours des apprenants qu'il accompagne. Le seul cas où le tuteur peut être considéré comme un partenaire de l'apprenant est lorsqu'il l'est lui-même et qu'il est donc tuteur-pair.

Le tuteur à distance est-il un facilitateur ?
Nombreux tuteurs se considèrent, avec raison selon moi, comme ayant une fonction de facilitateur. S’ils n’interviennent pas dans le faire de l’apprenant, ils procurent assistance à ce dernier sur le processus qui préside à la réalisation de ces tâches. Là encore ce sont les plans méthodologiques et métacognitif qui sont les plus concernés par les interventions tutorales visant la facilitation.

Le tuteur à distance est-il un formateur ?
Dans de nombreux dispositifs, notamment à l’université, le tuteur est également fréquemment l’enseignant. Ainsi, la dénomination d’enseignant-tuteur est employée pour désigner un professeur qui après avoir conçu la formation et réalisé les ressources médiatiques afférentes, anime la diffusion de la formation. Il est à noter que le tutorat à distance s’inscrit bien dans le processus former du triangle d’Houssaye et qu’il nécessite de la part des enseignants et/ou des formateurs, l’abandon de la posture magistrale pour investir celle de soutien. (cf. Quelle place pour le tuteur à distance dans le triangle d'Houssaye ?)

Le tuteur à distance est-il un modèle ?
A part dans les formations de tuteurs, et avec beaucoup de réserve de ma part, le tuteur à distance ne peut pas prétendre à être un modèle, tant soit peu que cette démarche est une réelle pertinence pédagogique. Plus que de montrer comme faire, il amène les apprenants, dans une démarche proche de la maïeutique socratique, à découvrir ce qu’ils cherchent. Ceci ne signifie pas que les apprenants ne peuvent rien apprendre sur la manière de mener des interventions tutorales par l'observation de leur tuteur, mais que le tuteur ne peut poser sa pratique comme un idéal à reproduire.

Le tuteur à distance est-il un observateur réflectif ?
Plus qu’un miroir parlant, le tuteur à distance est amené à développer une écoute active des apprenants. A ce titre, il permet à l’apprenant de s’entendre dire ou de se voir faire. Il semble pour autant, qu’il doive davantage mobiliser des compétences permettant la prise de conscience réflexive de l’apprenant que celles nécessaires à la simple réalisation de debriefs. 

Le tuteur à distance est-il un conseiller technique ?
Il peut apporter une aide technique aux apprenants. Toutefois, dans de nombreux dispositifs de formation à distance, ce rôle est dévolu à un tuteur-technique qui possède les connaissances et les droits d’administration sur les outils utilisés. Dans l'acceptation de l'expression telle qu'elle est présentée dans le tableau, l'apport de réponses en fonction du degré d'avancement de l'apprenant dans son parcours peut être interprété de manière très différente : progression sommative par pallier ou zone de développement proximal. Un tuteur à distance n'est pas totalement libre vis à vis de l'approche pédagogique de la formation qui reste de la responsabilité des concepteurs. De manière générale, le tuteur cherchera à ce que l'apprenant trouve par lui-même les réponses dont il a besoin.

Le tuteur à distance est-il un expert ?
Il peut l’être mais ce n’est pas un préalable bien que la plupart des apprenants à distance attendent de leurs tuteurs qu’il le soit. La notion d’expertise relative, c’est-à-dire par rapport aux connaissances que les apprenants possèdent ou sont amenés à construire durant la formation apparait une bonne réponse au positionnement du tuteur à distance sur ce plan. Le tuteur à distance n'est jamais un expert si l'on entend par là qu'il fera à la place de l'apprenant. Ceci est aux antipodes de la posture tutorale.



Au final, le tuteur à distance est davantage un conseiller, un facilitateur, un formateur. Dans une moindre mesure, et sous certaines précisions d'ordre sémantique, il est un expert et un conseiller technique. Il est dans des proportions encore plus faibles un instructeur, un partenaire (sauf si c'est un tuteur-pair) ou un modèle. A la place d’observateur réflectif, il semble plus pertinent de parler d’agent réflexif, rôle que le tuteur doit tenir. Si nous nous référons à Poumay qui écrit à propos du tableau présenté : « De gauche à droite, la responsabilité du conseiller augmente face aux résultats du projet. De bas en haut, sa responsabilité augmente face à la croissance du client, que nous pourrions nommer son "développement professionnel"», il apparait que le tuteur à distance est davantage centré sur l'apprenant que sur son projet. Ceci est pertinent dans la mesure où le projet est ici sa formation et qu'il est bien évident que lui seul peut l'entreprendre.

Cette typologie se révèle intéressante pour interroger la figure du tuteur à distance. Il n'en reste pas moins, qu'il existe un biais à parler du tuteur au singulier tant les contextes et les dispositifs pèsent sur le dimensionnement de ses fonctions. Comme j'ai eu l'occasion de le l'écrire, la solution à l'établissement de services tutoraux adaptés aux besoins et aux attentes des apprenants dépend davantage de la mise en oeuvre d'une véritable ingénierie tutorale plutôt que de la définition, même détaillée et prescriptive, d'un tuteur idéal, (lien vers les billets traitant de l'ingénierie tutorale).

lundi 25 août 2008

Besoin de personne... Demander de l'aide ?




Céline Lebel, de la Téluq, a consacré deux billets dans les deux derniers numéros de la revue DistanceS, aux deux facettes d'une même question, celle de l'aide et de l'accompagnement : Besoin de personne... et Demander de l'aide ?

Dans le second billet, Céline Lebel se met à la place de l'étudiant qui a besoin d'aide et imagine les questions qu'il peut se poser :

  • « Est-ce que je vais passer pour un cancre ? un faible ? un profiteur du système ? »
  • « Est-ce que je vais « déranger » mon tuteur ? »
  • « Est-ce que je vais me sentir « bienvenu » ? »
  • « Est-ce que je me ferai bien comprendre ? »

Céline Lebel poursuit ainsi : « Réponse aux deux premières questions : non; réponse à la troisième : oui, votre tuteur est là pour ça. La réponse à la quatrième question est moins évidente. Tout ce que je pourrais vous dire, c’est qu’une « rencontre » avec un tuteur, ça se prépare. »

Surmonter la « peur » de demander à son tuteur est certainement le premier pas vers l'exercice de son autonomie par l'apprenant. Ne pas hésiter à contacter son tuteur en refusant de se cacher derrière un « je ne veux pas le déranger » démontre de la part de l'apprenant qu'il a compris que la disponibilité est un des éléments clés du support tutoral et que par ailleurs, il s'autorise à reconnaître et à formuler son besoin d'aide. Les réponses aux deux dernières questions sont plus complexes car elles ne dépendent pas du seul apprenant mais de l'attitude du tuteur et de la relation que ces deux personnes vont entretenir.

Je suis d'accord avec Céline Lebel pour dire que l'apprenant sera d'autant bienvenu auprès du tuteur qu'il aura identifié précisément son besoin d'aide. Mais comme je l'écrivais dans un précédent billet « Aide-toi, le tuteur t'aidera », dans de nombreux cas « le tuteur doit aider l'apprenant à s'aider lui-même pour obtenir l'aide du tuteur. »

Bien se faire comprendre est rarement gagné d'avance. Là encore, les efforts de l'un pour s'exprimer clairement devront rejoindre les efforts de l'autre pour entendre et comprendre. A cet égard, il me semble de la première importance, pour un tuteur, de développer son écoute active et d'accepter de faire le chemin pour rejoindre l'apprenant là où il est (cf. Le tuteur à distance, compagnon de route).


dimanche 17 février 2008

Chronique de Philippe Gaberan : La nouvelle alliance

Il l’a déjà été dit ici, dans cet espace devenu régulier de la chronique, que le surgissement des TIC dans l’espace de formation a pour vertu essentielle de redécouvrir quelques vérités pédagogiques essentielles.

Si l’outil est nouveau, la pratique de l’accompagnement éducatif et tutoral est ancienne : Pestalozzi et puis Don Bosco prennent appui sur les élèves les plus grands pour aider les plus petits. En revanche, les propriétés mêmes de l’outil informatique (ses effets de remodelage de l’espace et du temps, ses adresses virtuelles et ses rencontres sur des lieux (appelés forum, le mot est antique) complètement dématérialisés, etc.) font qu’il est plus que nécessaire de rechercher l’alliance du tuteur et de l’apprenant.

Or, depuis Jean-Jacques Rousseau, et sa vision somme toute conservatrice de la fonction éducative (« l’enfant ne fera rien d’autre que ce que l’adulte a décidé pour lui », dit-il dans l’Emile) il est de bon ton de dire que « l’apprenant doit être au cœur du dispositif ». A cette première révolution pédagogique, désormais obsolète, il faut faire succéder une seconde révolution pédagogique : celle par laquelle, c’est bien le couple tuteur-apprenant qui se trouve placé au cœur du dispositif d’apprentissage.

A la posture en surplomb, proposition dominante qui certes facilite le repérage des hiérarchies et l’effectuation des contrôles, doit être privilégié le côte à côte. C’est dans l’effort conjoint, ensemble penchés l’un et l’autre sur le même exercice, qu’émerge la solution. C’est dans la proximité favorable au tâtonnement que se tisse le lien de confiance qui va permettre l’appropriation des savoirs et leur consolidation en la mémoire.

Le cadre d’apprentissage n’est donc plus l’affaire d’un seul, en l’occurrence, le maître. Il est l’élément d’un projet partagé qui à cette condition seulement peut devenir support à contrat.

Image dans son contexte original, sur la page www.audioblog.ch/


vendredi 1 février 2008

Tutorat, médiatisation des contenus de formation et médiation des savoirs. Interview de Yvonnick Bernard par Benoit Tostain

Cet échange met en relief le tutorat pensé dans un dispositif de formation ouvert*1. Dans un tel dispositif la médiatisation*2 des contenus de formation vise l’autonomie de l’apprenant. Le style d’accompagnement*3 du tuteur s’apparente au «compagnonnage*4».

L’extrait provient de l’interview de Yvonnick Bernard*5 réalisée par Benoit Tostain*6, parue dans la newsletter 10 de l’ENTA*7

Question posée par l’interview : « Comment les Net-Trainers adaptent-ils (–elles) leurs « Net Compétences » sur leurs environnements de formation ?

[Benoit Tostain] ...Tu fais référence aux activités réflexives, (regard sur soi, analyse des pratiques) puis aux activités de médiation*8 dans la relation tutorale. Ces notions, très présentes tout au long du parcours Net Trainers, sont peut-être des notions difficiles à transmettre à quelqu’un qui ne les a pas pratiquées en formation. Pourrais tu préciser en quoi elles te semblent fondamentales ? Comment vois tu l’application directe des activités réflexives et de la médiation sur ton propre terrain de formation ?

[Yvonnick Bernard] Pour ce qui concerne les apprentis, je parle de "méditation", c'est à dire d'un retour sur soi, l'esprit qui regarde l'esprit, ou en l'occurrence l'apprenti qui se regarde rétrospectivement agir et qui en tire des axes d'amélioration... mais finalement "l'outil" (blog /wiki / ...) peut être considéré comme un moyen de rendre intelligible ses propres actions à l'apprenant, et dans ce sens il y a en quelque sorte médiation... ou peut-être auto-médiation ...

Si l'on prend le temps d'y réfléchir, la médiation est déjà l'une des parties du travail du formateur/prof/enseignant : il dispose d'un corpus de notions, de savoirs et de savoir-faire qu'il doit faire acquérir aux apprenants; il doit inventer une sorte de coquille ou plutôt un dispositif ingénieux pour que l'apprentissage réussisse. Par ce travail, il rend possible le travail de l'apprenant, seulement possible: c'est toujours l'apprenant qui apprend ! On ne "nous apprend" pas, dans le sens que personne ne peut réellement forcer autrui à apprendre (même par la force !!!); on apprend ou on n'apprend pas ! C'est pour cela que l'enseignant se met généralement au coeur de son dispositif savant : pour, dans le meilleur des cas, s'assurer que l'apprenant apprend, et dans le pire, pour le forcer à apprendre !

Il va donc au-delà du travail de médiation ! Il ne s'efface pas dans la relation de l'apprenant au savoir ; il reste entre les deux, passage obligé vers le savoir pour l'apprenant, comme le gardien du pont ou du gué de la rivière... Mais ce faisant, il cache de ses épaules de larges pans de savoir et ne laisse apercevoir que ce qu'il daigne...

Ce n'est pas du tout le fondement de la Formation Ouverte et à Distance. Ici le travail de médiation tient compte de la position du formateur, "à côté" plutôt que "face à" ou "entre". Comme le Formateur-tuteur sera aux côtés de l'apprenant, les supports "médiatisés" devront suffire pour que l'apprenant puisse cheminer sur la voie de l'acquisition... mais en choisissant parfois son propre itinéraire... le Formateur-tuteur est surtout là pour lui éviter de s'éloigner définitivement de l'objectif.

Le Formateur-créateur de cours pour la FOAD doit maîtriser ces aspects lorsqu'il élabore, lorsqu'il médiatise les savoirs/savoir-faire!

Toutefois, je me suis aperçu que dans FOAD il y a deux composants : Formation Ouverte et Formation à Distance. La conjonction des deux donne ce que nous connaissons, mais chacun peut vivre séparément ! J'ai tenté et cela a fonctionné, sur un périmètre restreint, d'utiliser ces principes en présentiel. En cela je ne m'estime pas précurseur, car des personnes comme Freinet ont ouvert la voie avant l'invention de l'Internet ! L'un de mes cours actuel, centré sur l'étude de l'image (d'une photographie), amène mes apprenants à travers des travaux collaboratifs exploitant le questionnement sur l'échec, à élaborer une démarche pour ce type de travail, des rôles, et même une grille d'évaluation de leur travail (évaluation de l'autre et de soi-même). J'évaluerai, en tant qu'expert, la qualité de leurs documents ou prestations orales, mais ils sont mieux placés que moi-même pour juger leur travail : Ils peuvent me mentir (tricher) mais ils ne peuvent se tromper eux-mêmes !

Grille, démarche et rôles serviront à chaque fois que nous mènerons un travail collaboratif ensemble... mais servent aussi déjà dans les cours d'une collègue qui intervient sur une autre discipline avec la même section !!

[BT] Quelle place aimerais tu attribuer au tutorat à distance si tu étais complètement libre de l’ingénierie pédagogique ?

[YB] La place centrale ! Il y a trois moments, trois actes, trois postes différents dans la FOAD: la médiatisation des savoirs/savoir-faire en un dispositif permettant leur acquisition (module, unité, séquence, séance, cours...); c'est le travail du créateur de cours. Ensuite l'accompagnement sur le chemin de l'acquisition par le tuteur. Enfin l'évaluation de l'acquisition des savoirs/savoir-faire, par l'évaluateur... Ce sont donc trois instants de la FOAD, avec au centre le tutorat. Il faut toutefois souligner que les trois moments sont tout aussi primordiaux l'un que l'autre.

[BT] Quelle place est réservée à la formation des acteurs dans le projet de « mise à distance » ?

[YB] La formation évoquée pour l'instant était surtout un formation technique aux outils, pas une formation aux nouveaux métiers (créateur en FOAD, Tuteur en ligne, Évaluateur à distance); les questions qui surgissent maintenant sont corrélés aux besoins dégagés en cours d'utilisation, ce sont des lieux connus pour nous, Net Trainers: comment maintenir la motivation de l'apprenant 10 heures par semaine devant son clavier et son parcours? Comment, jusqu'à quel point aider ?

*1 Ouverture : La formation est réalisée entièrement à distance et par Internet, selon des modalités de communication essentiellement asynchrones, afin d’autoriser une souplesse maximale. Des participants du monde entier se forment à leur rythme, à leur domicile ou sur leur lieu de travail.

*2 Médiatisation des contenus : « L'objet de la formation est rendu accessible par le travail préalable du formateur pour le mettre en forme de telle manière que l'apprenant puisse se passer de lui : c'est le sens du travail de médiatisation des contenus de la formation. » In Jean Claude Maurin : Quels modèles pédagogiques pour former en réseau ?
Le modèle pédagogique appropriatif
http://www.ymca-cepiere.org/guide/glossaire.htm

*3 Accompagnement : Le dispositif propose un tutorat personnalisé intensif sur toute la durée du parcours. Pour un parcours de 160 heures, les formateurs consacrent en moyenne 19 heures à chaque participant, soit un taux d'accompagnement d'environ 12%. Ils fournissent une évaluation continue des travaux ainsi que conseil et assistance rapides. Le dialogue est centré sur le projet, la coopération entre pairs est favorisée, la réussite privilégiée.

Ouverture et Accompagnement sont les 2 premiers parmi les 7 principes définis par les concepteurs du dispositif Net-Trainers qui précisent leur approche de la formation en ligne et leur engagement de qualité.
Les 5 autres principes : Compétence, Contrat, Apprentissage expérientiel, Projet, Approche collaborative, sont accessibles à la page :
http://www.nettrainers.org/fr/index.asp?p=6-21

*4 Compagnonnage : l’une des unités de la formation Net-Trainers porte sur les différents styles d’accompagnement du tuteur (De conseil, de médiation, de facilitation, de compagnonnage, de guidance, de portage...) Cette unité m’a été particulièrement utile pour mon auto positionnement en formation, « présentielle » et à distance. (B.T)

*5 Yvonnick Bernard est formateur et coordonnateur de pôle au sein du Centre de Formation Supérieur d'Apprentis de l'AFTEC à Orléans.

*6 Benoit Tostain est animateur, formateur et consultant en communication et e-learning.
http://www.journalatelier.com/ et http://www.elearncom.fr/

*7 newsletter N°10 de l’ENTA (European Net-Trainers Association) novembre 2007 disponible à la page :
http://www.nettrainers.org/fr/index.asp?p=6-25

*8 La médiation des apprentissages :
http://www.ymca-cepiere.org/guide/docs/la_mediation.htm

dimanche 6 janvier 2008

Mentorat plutôt que tutorat, par Philippe Gaberan

Télémaque et Mentor
Engagé depuis près de cinq années dans la mise en place d’un processus de formation ouverte à distance pour des professions du travail social (www.adea-formation.com et http://spiral.univ-lyon1.fr/00-perso/index.asp), l’expérimentation, les premiers résultats et travaux me confirment dans l’idée que les TIC sont un outil certes nouveau, en lien avec le progrès des sciences et de la technologie, mais que les questions qu’il soulève par sa mise en œuvre sont de très anciennes mais très actuelles questions de pédagogie (S. Leprince et Ph Gaberan dans la revue Forum n°109, juin 2005). Dès lors plusieurs remarques me viennent à la lecture du débat ici engagé.

1°) des métiers de l’accompagnement

Ces métiers existent depuis très longtemps, que seule une illusion de pouvoir faire moderne en tirant un trait sur le passé a conduit à l’oubli. Ces métiers de l’accompagnement se retrouvaient notamment dans la notion de « compagnonnage » dont j’aime bien, au passage, rappeler l’étymologie : cum pagnere, qui partage le pain avec. Le pain ici est à prendre au sens de nourriture autant matérielle que spirituelle (intellect) que affective (le lien entre le compagnon et son apprenti). Ce qui m’invite à vouloir corriger la définition proposée des métiers de l’accompagnement, certes intéressante mais malgré tout un rien insatisfaisante dès lors qu’elle exclut, je cite « l’acte d’enseigner ». C’est à mon sens s’enfermer dans une parcellisation arbitraire et absurde que de séparer « accompagner » et « enseigner ». Car il y a « quelque chose » qui s’enseigne dans l’accompagnement même si ce n’est pas sous la forme du cours magistral d’une discipline scolaire. Ce que l’accompagnant enseigne c’est bien précisément son appropriation de savoirs qu’il vient partager sous la forme d’une transmission non formalisée de façon doctorale ou formelle.

2°) sur le mot de « tuteur »

Je crois celui-ci totalement inadapté à la dynamique générée par la FOAD. Que ce soit en référence à la botanique (tuteur d’une plante ou d’un arbre) ou que ce soit en référence au domaine juridique (celui qui prend les décisions au nom d’une personne jugée « mineure » ou « incapable ») le tuteur renvoie à l’image de la contrainte, de la maîtrise, de l’emprise, etc. Je lui préfère le concept de « mentorat » (en référence à mentor, l’ami auquel Ulysse confie son fils Télémaque). De nombreux travaux, québécois, belges ou français conduisent une réflexion pertinente en ce domaine.

Cette réponse forcément incomplète et imparfaite me permet de préparer une intervention que je dois faire devant une soixantaine de futurs cadres de santé. Merci de votre indulgence à tous.

jeudi 20 décembre 2007

Idées de livres sur des thèmes connexes au tutorat

En cette fin d'année, voici quelques livres qui peuvent vous intéresser. Ils nous viennent pour la plupart du Québec et sont diffusés par les PUQ. Ils sont sortis il y a quelques années, d'autres sont assez contextualisés au Québec mais il est certain que les tuteurs peuvent en tirer un grand profit. Que ce soit sur le thème de l'accompagnement (socioconstructiviste ou non), de la collaboration, de la métacognition ou de la place de l'affectivité dans l'apprentissage, il y en a pour tous les goûts.

N'hésitez pas à nous faire part des résultats de vos lectures !


L'accompagnement en éducation - un soutien au renouvellement des pratiques. De Louis-Philippe Boucher, Monique L'Hostie

Le renouvellement des pratiques en éducation est une entreprise complexe et exigeante qui, pour être durable, doit s’accompagner d’une réflexion sur les conceptions, les croyances et les valeurs qui sous-tendent l’action au quotidien.

Ce livre est, à la fois, un outil de connaissance et de réflexion sur l’accompagnement comme soutien au renouvellement des pratiques en éducation, et un guide d’action pour les personnes qui souhaitent accompagner les praticiens et praticiennes dans leur processus de changement. Les auteurs présentent les défis, exigences et conditions de l’accompagnement et proposent des expériences concrètes d’accompagnement réalisées dans divers milieux éducatifs : primaire, secondaire, collégial et universitaire.

2004, 208 pages, D1278, ISBN 2-7605-1278-9


L'accompagnement en éducation et formation - Un projet impossible ? Arnaud Du Crest, Guy Le Bouëdec, Luc Pasquier, Robert Stahl - Postface de Alexandre Lhotellier

Le propos de cet ouvrage est d'analyser le processus d'accompagnement : dans quelles situations un accompagnement est-il pertinent ? Que fait-on exactement quand on accompagne quelqu'un ? En quoi l'accompagnement diffère-t-il d'autres postures éducatives ? Quel principe éthique peut servir de repère aux accompagnateurs . Peut-on se former à l'accompagnement ?


ISBN : 2-7475-0332-1 • 2001 • 208 pages


Accompagnement socioconstructiviste. Louise Lafortune, Colette Deaudelin

Comment favoriser l’implantation d’un changement en éducation comme celui de la réforme québécoise actuelle ? Comment intervenir dans une approche socioconstructiviste de l’apprentissage ?

Les auteures de ce livre proposent aux personnes intervenant auprès des enseignantes et des enseignants, aux directions d’école, aux services pédagogiques et à tout autre secteur engagé dans ce processus, un programme de formation à l’accompagnement socioconstructiviste illustré par 15 activités qui permettent de s’approprier un changement comme celui prôné par le programme de formation de l’école québécoise. Les activités présentées concernent autant le développement de bases conceptuelles que la réflexion sur des pratiques, le partage d’expériences et la modélisation de la démarche d’accompagnement.

2001, 232 pages, D1129, ISBN 2-7605-1129-4


Constructivismes : choix contemporains. Philippe Jonnaert, Domenico Masciotra

Plus qu’un hommage à Ernst von Glasersfeld pour ses travaux en épistémologie du développement des connaissances, voici une réflexion sur le constructivisme.

Les textes sélectionnés, disponibles dans certains cas pour la première fois en français, mettent en parallèle les travaux de von Glasersfeld et les réflexions de nombreux chercheurs. Ils montrent l’impact du constructivisme sur la recherche et les pratiques éducatives et décrivent son influence sur les réformes curriculaires et les choixactuels en éducation.

Tous ceux et celles qui inscrivent leur réflexion dans une perspective constructiviste trouveront, dans les réponses proposées par von Glasersfeld, un nouvel éclairage sur sa véritable nature.

2004, 340 pages, D1280, ISBN 2-7605-1280-0


Collaborer pour apprendre et faire apprendre. Colette Deaudelin, Thérèse Nault

Les récentes réformes en éducation encouragent le recours à l’apprentissage par les pairs et prônent le développement de compétences liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Or, depuis au moins une décennie, des formateurs exploitent de nouveaux environnements favorisant les interactions entre apprenants sans toutefois examiner de façon systématique l’apport des nouvelles technologies à ce type d’apprentissage. Dans cet ouvrage, les auteurs présentent quelques designs d’environnement d’apprentissage et étudient l’impact de tels dispositifs sur les nouvelles façons d’apprendre.

Les formateurs pourront y puiser des idées d’activités éducatives. Les chercheurs bénéficieront des dispositifs méthodologiques qui y sont décrits et de la réflexion sur le plan conceptuel à laquelle l’ouvrage accorde une attention particulière. Enfin, les lecteurs, nous l’espérons, pourront y développer le goût d’apprendre en coopération et en collaboration.

2003, 296 pages, D1228, ISBN 2-7605-1228-2


Les groupes de discussion. Stéphane Martineau, Denis Simard

En tant que formule pédagogique, les groupes de discussion soulèvent très souvent des réticences. Plusieurs soutiennent qu’il s’agit d’une pratique exigeante qui demande trop de temps et qui place le formateur en situation de vulnérabilité. Ainsi la pratique de la discussion paraît relever d’un papillonnage inutile qui détourne de l’essentiel : l’atteinte des objectifs éducatifs.

Le but de cet ouvrage est précisément de renverser ce préjugé et de montrer que la pratique de la discussion est une formule rigoureuse qui aide les apprenants à apprendre et qui favorise le développement des compétences aussi bien intellectuelles que sociales et affectives.

Toutefois, mettre en place des groupes de discussion dans sa classe sollicite grandement l’engagement de l’enseignant et des apprenants. Une mauvaise préparation du formateur, un objet de discussion imprécis, une structuration insuffisante de la démarche ou un mauvais climat de classe sont en effet autant de facteurs qui nuisent à l’atteinte des objectifs visés par la discussion. Cet ouvrage met en relief les fondements pédagogiques de cette formule ainsi que ses avantages et ses limites. Il propose justement des réponses à des questions précises : Comment mettre en place et conduire une discussion ? Comment amener les apprenants à échanger de manière constructive ? Quel type de leadership l’animateur doit-il adopter ? Quelles sont les conditions éthiques à respecter ? etc. Rédigé en termes simples et clairs, il s’agit donc d’un outil de réflexion et de travail destiné à nourrir la pratique des enseignants.

2001, 176 pages, D1065, ISBN 2-7605-1065-4


Pour guider la métacognition. Louise Lafortune, Suzanne Jacob, Danièle Hébert

Comment guider des élèves dans le développement d’habiletés favorisant un apprentissage autonome et une meilleure gestion de leur démarche mentale ? Comment les aider à mettre sur pied leurs propres stratégies, à les critiquer et à les verbaliser pour en discuter ? Comment accompagner les intervenants et intervenantes afin qu’ils deviennent des guides dans une optique métacognitive ?

Les trois auteures décrivent des expériences d’interventions réalistes en classe, les conditions d’enseignement, de même que les principes d’accompagnement et de formation continue dans une optique métacognitive.


L'affectivité dans l'apprentissage. Louise Lafortune, Pierre Mongeau

Comment gérer l’anxiété et le plaisir associés à l’apprentissage ? Comment favoriser la confiance et l’engagement nécessaires à l’apprentissage ? Quel impact les relations parents-enfant ont-elles sur l’apprentissage ? Voilà autant de questions sur lesquelles se sont penchés des spécialistes du Québec et d’Europe préoccupés par la formation à l’enseignement afin de prendre en compte les réactions émotives des élèves par rapport à l’école.

Ce livre décrit les récents travaux portant sur la recherche et l’intervention en éducation. Il trace, à partir des liens interpersonnels qui unissent élèves, personnel enseignant et parents concernés par la situation d’apprentissage, un panorama des grands axes de recherche dans la francophonie, prenant en compte les aspects affectifs de la situation d’apprentissage. Il s’adresse à toutes les personnes intervenant en éducation ou réalisant de la recherche, du primaire à l’université.

2002, 254 pages, D1166, ISBN 2-7605-1166-9

jeudi 13 décembre 2007

Tutorat et e-learning : les annonces de Valérie Pécresse

"A partir de septembre prochain, l'université pourra recruter des étudiants, en leur proposant un contrat à mi-temps et pendant un an au maximum, rémunéré au moins au smic. Que ce soit pour du tutorat, pour l'accueil des nouveaux étudiants ou l'aide à l'insertion des handicapés, l'étudiant pourra gagner de l'argent sans s'éloigner de son campus, tout en ayant des horaires adaptés. Et la fac en profitera pour personnaliser son accueil."

"Je vais mettre en place un cahier des charges national, pour permettre aux universités d'avoir recours à des solutions pédagogiques innovantes : petits groupes, e-learning. Chaque étudiant aura un accompagnement davantage personnalisé : par exemple, un enseignant référent."

Valérie Pécresse
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

Source : 20minutes.fr

S'il est intéressant d'ouvrir la possibilité d'un tutorat de masse, de nombreuses questions restent néanmoins en suspens. Si elles demeuraient sans réponse, le dispositif annoncé aurait bien du mal à se concrétiser.
  • Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ?
  • Quelle formation pour les y préparer ?
  • Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ?
  • Quelle forme de contrat de travail ?
  • La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?
  • ...
Par ailleurs, il semble qu'un nouveau dispositif concernant le e-learning dans les universités verrait le jour. Après les campus numériques qui ont essentiellement permis la création d'une multitude de plateformes et les UNT qui se consacrent au développement de contenus, faut-il enfin s'attendre à la mise en place d'un vaste plan de formation des enseignants aux médiations à distance qui leur faciliterait la réalisation d'interventions tutorales et de support à l'apprentissage ? Sous quelles conditions statutaires les nouvelles charges de travail liées à l'accompagnement personnalisé seront intégrées aux charges professionnelles des enseignants ?

lundi 3 décembre 2007

Le tutorat, élément de la politique de la ville dans les banlieues ?

Le tutorat, forme d'accompagnement, peut-il aider à résoudre la crise sociale des banlieues ? C'est peut-être lui demander beaucoup, mais il est certain qu'il peut contribuer à remettre de l'humain où il y en a besoin et en premier lieu à l'école.




Extrait de l'interview de Pierre Cardo (député UMP) accordée au journal l'Humanité.

Si nous voulons que demain soit meilleur qu’aujourd’hui, nous devons investir sur l’éducation. La mise en place depuis des mois, dans nombre de nos quartiers, des équipes de réussite éducative, démontre la justesse de cette réponse. Prendre en charge les enfants dès le plus jeune âge, détecter ceux qui rencontrent des difficultés, les aider à comprendre ce qui se dit et se fait à l’école, leur redonner le goût de l’école en les aidant concrètement par la mise en place de petits ateliers. Pour ces jeunes qui ont des difficultés dans l’apprentissage de la lecture, organiser le soutien scolaire à tous les niveaux, y compris au lycée, mettre en place un tutorat renforcé qui permet un accompagnement individualisé ou encore organiser des études surveillées, bref, plus d’humain, voilà les vraies réponses auxquelles tout le monde doit être partie prenante. Il faut permettre à l’école de devenir un lieu de vie choisi et non une contrainte.


Source : l'Humanité

Image dans son contexte original, sur la page francouais.hic.free.fr/.../3joursdefolie.htm

mercredi 31 octobre 2007

Une définition du tutorat par les pairs

Orange and Yellow - Mark Rothko, 1956

Aude Bertschy et Denis Gaste, dans leur article "Tutorat inter-promotions d'étudiants : pour une création du lien social dans l'apprentissage" donne la définition suivante du tutorat par les pairs :

"Au-delà de la forme commune de tutorat enseignants-étudiants, le tutorat entre étudiants nous semble intéressant et novateur dans la pratique distancielle de l'enseignement. Il pose de nombreuses questions sur la re-création du lien social qu'il génère, sur l'échange et la confiance. En effet, ce tutorat entre promotions permet de renforcer les synergies entre étudiants, d'apporter un échange de savoirs et de compétences. Il a également une vertu pédagogique et didactique dans la mesure où l'étudiant-tuteur va être amené à expliciter ces [SIC] pratiques pour se faire comprendre par l'étudiant qu'il suit (notion d'"effet-tuteur"). Cet accompagnement entre dans une logique de parrainage d'un étudiant primo-entrant par un étudiant ayant acquis une expérience au sein de l'institut, que ce soit au niveau de la pédagogie, de l'intégration sociale, etc. En présentiel et à distance, le tutorat repose sur des outils de communication et d'information synchrones et asynchrones. Ce type de tutorat ne remplace évidemment pas le tutorat des enseignants, celui-ci étant ciblé sur leur propre enseignement en tant qu'expert des contenus et principal médiateur du savoir. Le tutorat-interpromotions est en effet à envisager en complémentarité des accompagnements traditionnels effectués par l'équipe pédagogique, modifiant alors les processus de communication éducative".

A lire également

- sur le tutorat par les pairs : André-Jacques Deschênes, Lise Bégin-Langlois, Nicole Charlebois-Refae, Rémi Côté et Jacques Rodet Description d'un système d'encadrement par les pairs et de la formation des pairs anciens. Journal of Distance Education - Revue de l'Éducation, Québec, volume 18, n°1, 2003.

-
sur l'effet-tuteur : Jacques Rodet (2004) L'effet-tuteur en formation à distance. L'exemple des pairs anciens à la Téluq

-
sur la concurrence entre tutorat-enseignants et tutorat-pairs : Jacques Rodet (2004) L'encadrement par les pairs est-il concurrent de l'encadrement-cours à la Téluq ?


Le tutorat par les pairs selon Studyrama

Le bac en poche, vous voici à l’aube de votre vie d’étudiant ! Mais qui dit devenir étudiant dit aussi abandonner le lycée pour se jeter dans l’immensité de la fac. À peine l’étape, ô combien pénible, des inscriptions passées, il vous faut vous familiariser avec le lieu et apprendre de nouvelles méthodes de travail. Malheureusement, le temps vous est compté et les professeurs ne sont pas toujours très disponibles, surtout dans un amphi de 300 étudiants. Mais pas de panique, les tuteurs sont là pour prendre le relais et vous aider à mieux appréhender votre travail et mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre année !

Par Constance Dive


Qui sont les tuteurs ?
Ce sont des étudiants inscrits dans la même filière que vous, mais en deuxième ou troisième cycle (c’est-à-dire qu’ils sont au minimum en master 1) et qui ont connu les mêmes galères que vous quelques années auparavant. Qui mieux que vos aînés pour vous faire profiter de leur expérience ? Ils sont volontaires, ont de bons résultats et connaissent toutes les méthodes de travail propres à la fac et peuvent ainsi vous guider dans votre dur labeur personnel. De plus, ils sont en relation avec les professeurs et savent parfaitement ce qu’ils attendent de leurs étudiants. N’hésitez pas à les mettre à contribution et suivez bien leurs conseils, ils sont là pour vous aider !

Les différents types de tutorat
Il existe 2 types de tutorat, le tutorat d’accueil et le tutorat d’accompagnement.

Le tutorat d’accueil est pratiqué en début d’année scolaire, pendant la période des inscriptions, avant que les cours ne débutent. Des étudiants triés sur le volet vous prennent en charge le temps de vous expliquer le fonctionnement de l’université, assez différent et plus complexe que celui du lycée, mais aussi le déroulement de votre cursus universitaire et le contenu exact de votre formation. Ainsi vous êtes mieux armés pour débuter votre année sur les chapeaux de roue !

Le tutorat d’accompagnement, quant à lui, se pratique toute l’année et commence dès le premier semestre. À raison d’1 ou 2 fois par semaine, vous travaillez en groupe ou individuellement avec l’aide de votre tuteur. Vous apprenez ainsi à mieux gérer votre travail, à être plus efficace mais aussi à effectuer des recherches documentaires qui représentent une part non négligeable du travail universitaire.

Attention ! L’accès au tutorat n’est pas automatique, c’est à vous de vous faire connaître au bureau concerné afin d’entrer en contact avec les tuteurs et de prendre connaissance des salles et horaires où ils officient. De plus, les tuteurs ne sont pas des magiciens ! Rien ne sert de vous précipiter en salle de tutorat juste avant les examens. Pour être efficace et vous offrir le plus de chance de réussite, le tutorat doit être commencé dès que le besoin s’en fait sentir, le plus tôt possible dans l’année.

Le tutorat n’est plus uniquement réservé aux universités Suite au succès du tutorat au sein des universités, de plus en plus d’écoles pratiquent un soutien scolaire entre élèves du même cursus. C’est le cas de l’École Normale Supérieure de Paris, ou de grandes écoles de commerce comme l’Essec ou l’Esdes. Dans d’autres écoles, le tutorat peut prendre la forme de groupes de travail rassemblant des étudiants de même niveau. Quoi qu’il en soit, même si le mot « tutorat » n’est pas utilisé, on trouve souvent un système équivalent dans les établissements de l’enseignement supérieur.

Pour plus d’infos, rendez-vous dès la rentrée au bureau du tutorat de votre université ou renseignez-vous auprès de l’administration de votre école. Le tutorat reste encore la meilleure façon de ne pas perdre pied et de pas se laisser submerger par le travail.

Source : studyrama
Image dans son contexte original, sur la page www.tro-breiz.com/permanent/benevolat.php

mardi 30 octobre 2007

Nouveaux rôles pour le formateur par G. Jacquinot et dimensions de la fonction tutorale par V. Glikman

« La gratitude,
c’est reconnaitre ce que l’on vous a donné
et c’est en même temps ce qui vous permet

de définir et de trouver vos différences.

Et vous êtes toujours différents.

On n’a jamais fini de faire ce tri là, entre
ce que vont m’apporter mes maitres,
mes collègues, mes élèves, mes patients
et ce que je suis, moi, et ce que je pense. »

Max Pagès



Les participants de t@d connaissent depuis longtemps ma gratitude envers Geneviève Jacquinot que j'ai d'abord connue à distance, par l'intermédiaire d'un enregistrement audio, ressource d'un cours de la Téluq, puis que j'ai rencontrée à Paris 8 où elle m'a proposé de collaborer avec elle pour la mise en place d'un cours, destiné à des étudiants en sciences de l'éducation, intitulé "Théories et pratiques de la formation à distance".

Dans un texte déjà ancien "Quel(s) nouveau(x) rôle(s) pour le formateur ?", elle écrivait ceci :

"Non pas un nouveau rôle mais une nouvelle répartition des divers rôles, habituellement confondus et donc plus ou moins assumés selon les personnes, les situations, les contextes, et qui, dissociés, sont rendus chacun à la fois plus visibles et plus exigeants :

Avec les TIC les dimensions fondamentales de la formation sont éclatées et pas toujours récupérées dans le dispositif mis en place: par exemple :
- même en autonomie les phases du relationnel duel ou groupal doivent être aménagées dès la conception du système;
- même en autonomie, l'apprenant doit pourvoir situer son projet personnel à l'intérieur du projet social, institutionnalisé qu'est le projet de formation- sinon on est en autodidaxie.

Fonctions pouvant donner lieu à une spécialisation des tâches, voire à de nouveaux métiers autres que la formation : concepteur, évaluateur, tuteur, administrateur,. entrepreneur (recherche de financement, de partenariats..).

Pour en rester à la fonction de formation proprement dite, je dirai que le principal rôle du formateur en situation d'autoformation est d'apprendre à l'apprenant la compétence à l'autoformation soit :
- savoir se situer dans un projet d'apprentissage
- savoir choisir (ou au moins situer) ses outils de formation
- savoir se regarder faire
- savoir gérer son temps
- savoir s'évaluer
- savoir demander de l'aide
- savoir expliciter ses questions, ses demandes
- savoir travailler avec d'autres et mutualiser ses savoirs"

Viviane Glikman est un auteur fréquemment cité dans les articles consacrés au tutorat, en particulier pour un texte présentant les résultats d’une recherche européenne sur la fonction d’aide et de conseil (ou « fonction tutorale ») intitulé "Apprenants et tuteurs : une approche européenne des médiations humaines".

Je me rappelle la disponibilité qui avait été la sienne alors qu'au début de mon intérêt pour le tutorat, j'étais à la recherche de littérature grise sur le sujet en vue d'établir une recension d'écrits.

Dans l'article cité ci-dessus, elle consacre un paragraphe aux différentes dimensions de la fonction tutorale. Le voici :

"Les dimensions de la fonction tutorale
Les interventions tutorales sont de natures variées, elles s’appliquent à différents moments et concernent différents aspects du processus de formation. La liste ci-dessous est issue de l’analyse de contenu des entretiens des deux groupes d’acteurs, que ces dimensions aient été évoquées (explicitement ou implicitement) en termes de besoins par les apprenants ou en termes de pratiques par les tuteurs :

- aide à l’orientation et au choix du contenu, du niveau et du mode d’organisation de la formation,
- soutien didactique, centré sur les contenus du cours,
- soutien méthodologique, concernant les aspects métacognitifs et l’organisation concrète du
travail,
- soutien psychologique et affectif, offrant un appui moral et motivationnel et favorisant une
valorisation de l’image que les apprenants ont d’eux-mêmes,
- aide sociale et personnelle, portant sur des problèmes pratiques et matériels (logement, finances, santé…), périphériques aux études, mais fondamentaux quant à leur poursuite
- aide relative aux structures institutionnelles, traitant des problèmes d’accès aux services
administratifs, aux ressources pédagogiques complémentaires, aux lieux éventuels de regroupement, etc.,
- aide technique, relative à l’appropriation des matériels et des logiciels,
- aide spécialisée, liée à des besoins spécifiques (remédiations à une dyslexie, à l’illettrisme,
maîtrise de la langue de travail pour des étrangers, etc.),
- aide par l’organisation d’un travail collectif, souvent oubliée mais essentielle, dans laquelle il
s’agit d’encourager et d’animer, par tous les moyens disponibles, la mise en place et la dynamique d’échanges et de collaborations entre apprenants, en face-à-face ou à distance.

Ces différentes dimensions de la fonction tutorale englobent donc non seulement la facilitation des apprentissages proprement dits, mais aussi tout ce qui peut contribuer à donner aux apprenants le sentiment d’appartenance à une communauté éducative et à activer un lien social, au sens de l’image de soi dans le rapport à un groupe de référence, ce lien étant particulièrement difficile à entretenir dans les formations à distance où les apprenants sont géographiquement dispersés et les regroupements difficiles à organiser."

vendredi 26 octobre 2007

Formes et usages des pratiques d'accompagnement, par André Chauvet



Si l'objet de t@d est circonscrit au tutorat à distance, cela ne doit pas nous empêcher de "dézoomé" de temps en temps. C'est ce que nous permet de faire André Chauvet dans cette vidéo.

Formes et usages des pratiques d'accompagnement
envoyé par clubstrategies

Le mardi 22 mai 2007, le Club Stratégies www.leclub.org recevait recevait André Chauvet, consultant directeur du cabinet André Chauvet Conseil (spécialisé dans l’accompagnement individualisé (conseil, bilan de compétences…) et dans l’aide aux organisations dans la gestion des changements (formation, management, communication…).

Dans l'extrait proposé, André Chauvet, en réponse à une question sur les formes des pratiques d'accompagnement, analyse le processus d'émergence de formes sociales expérimentales qui à un moment donné, en fonction de la demande sociale et des usages s'institutionnalisent et s'industrialisent. Cohabitent ainsi des formes sociale financées, correspondant à des besoins repérés et à un marché, et des formes sociales autonomes

Aujourd'hui l'accompagnement est partout, symptôme de la transformation et de la variété de la relation de l'enseignant-formateur au sujet dans l'ensemble des processus d'apprentissage. L'accompagnement,'l'être à côté" apparaît ainsi comme une forme, une "variante" pédagogique autonome, récurrente et intégrée aux savoirs d'usage des professionnels.

Tutorat, mentorat, coaching, etc., sont aujourd'hui les réalités multiformes qui se développeront de manière autonomes ou financées, pour répondre à la multiplicité des usages (accompagnement de projet, de l'apprentissage, de la VAE,...)

Devant ces réalités qui vont au delà de l'accompagnement physique, présentiel et ponctuel, comment définir l'accompagnement autrement que par une "posture" et quelques principes clefs ? Quelle lisibilité pour les usagers ? Et puis comment construire la profession(n)alité de l'accompagnateur ?

Mais ce sont là d'autres questions !