mardi 30 octobre 2007

Nouveaux rôles pour le formateur par G. Jacquinot et dimensions de la fonction tutorale par V. Glikman

« La gratitude,
c’est reconnaitre ce que l’on vous a donné
et c’est en même temps ce qui vous permet

de définir et de trouver vos différences.

Et vous êtes toujours différents.

On n’a jamais fini de faire ce tri là, entre
ce que vont m’apporter mes maitres,
mes collègues, mes élèves, mes patients
et ce que je suis, moi, et ce que je pense. »

Max Pagès



Les participants de t@d connaissent depuis longtemps ma gratitude envers Geneviève Jacquinot que j'ai d'abord connue à distance, par l'intermédiaire d'un enregistrement audio, ressource d'un cours de la Téluq, puis que j'ai rencontrée à Paris 8 où elle m'a proposé de collaborer avec elle pour la mise en place d'un cours, destiné à des étudiants en sciences de l'éducation, intitulé "Théories et pratiques de la formation à distance".

Dans un texte déjà ancien "Quel(s) nouveau(x) rôle(s) pour le formateur ?", elle écrivait ceci :

"Non pas un nouveau rôle mais une nouvelle répartition des divers rôles, habituellement confondus et donc plus ou moins assumés selon les personnes, les situations, les contextes, et qui, dissociés, sont rendus chacun à la fois plus visibles et plus exigeants :

Avec les TIC les dimensions fondamentales de la formation sont éclatées et pas toujours récupérées dans le dispositif mis en place: par exemple :
- même en autonomie les phases du relationnel duel ou groupal doivent être aménagées dès la conception du système;
- même en autonomie, l'apprenant doit pourvoir situer son projet personnel à l'intérieur du projet social, institutionnalisé qu'est le projet de formation- sinon on est en autodidaxie.

Fonctions pouvant donner lieu à une spécialisation des tâches, voire à de nouveaux métiers autres que la formation : concepteur, évaluateur, tuteur, administrateur,. entrepreneur (recherche de financement, de partenariats..).

Pour en rester à la fonction de formation proprement dite, je dirai que le principal rôle du formateur en situation d'autoformation est d'apprendre à l'apprenant la compétence à l'autoformation soit :
- savoir se situer dans un projet d'apprentissage
- savoir choisir (ou au moins situer) ses outils de formation
- savoir se regarder faire
- savoir gérer son temps
- savoir s'évaluer
- savoir demander de l'aide
- savoir expliciter ses questions, ses demandes
- savoir travailler avec d'autres et mutualiser ses savoirs"

Viviane Glikman est un auteur fréquemment cité dans les articles consacrés au tutorat, en particulier pour un texte présentant les résultats d’une recherche européenne sur la fonction d’aide et de conseil (ou « fonction tutorale ») intitulé "Apprenants et tuteurs : une approche européenne des médiations humaines".

Je me rappelle la disponibilité qui avait été la sienne alors qu'au début de mon intérêt pour le tutorat, j'étais à la recherche de littérature grise sur le sujet en vue d'établir une recension d'écrits.

Dans l'article cité ci-dessus, elle consacre un paragraphe aux différentes dimensions de la fonction tutorale. Le voici :

"Les dimensions de la fonction tutorale
Les interventions tutorales sont de natures variées, elles s’appliquent à différents moments et concernent différents aspects du processus de formation. La liste ci-dessous est issue de l’analyse de contenu des entretiens des deux groupes d’acteurs, que ces dimensions aient été évoquées (explicitement ou implicitement) en termes de besoins par les apprenants ou en termes de pratiques par les tuteurs :

- aide à l’orientation et au choix du contenu, du niveau et du mode d’organisation de la formation,
- soutien didactique, centré sur les contenus du cours,
- soutien méthodologique, concernant les aspects métacognitifs et l’organisation concrète du
travail,
- soutien psychologique et affectif, offrant un appui moral et motivationnel et favorisant une
valorisation de l’image que les apprenants ont d’eux-mêmes,
- aide sociale et personnelle, portant sur des problèmes pratiques et matériels (logement, finances, santé…), périphériques aux études, mais fondamentaux quant à leur poursuite
- aide relative aux structures institutionnelles, traitant des problèmes d’accès aux services
administratifs, aux ressources pédagogiques complémentaires, aux lieux éventuels de regroupement, etc.,
- aide technique, relative à l’appropriation des matériels et des logiciels,
- aide spécialisée, liée à des besoins spécifiques (remédiations à une dyslexie, à l’illettrisme,
maîtrise de la langue de travail pour des étrangers, etc.),
- aide par l’organisation d’un travail collectif, souvent oubliée mais essentielle, dans laquelle il
s’agit d’encourager et d’animer, par tous les moyens disponibles, la mise en place et la dynamique d’échanges et de collaborations entre apprenants, en face-à-face ou à distance.

Ces différentes dimensions de la fonction tutorale englobent donc non seulement la facilitation des apprentissages proprement dits, mais aussi tout ce qui peut contribuer à donner aux apprenants le sentiment d’appartenance à une communauté éducative et à activer un lien social, au sens de l’image de soi dans le rapport à un groupe de référence, ce lien étant particulièrement difficile à entretenir dans les formations à distance où les apprenants sont géographiquement dispersés et les regroupements difficiles à organiser."
Enregistrer un commentaire