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samedi 24 novembre 2007

Retour sur le sondage "Quel pourcentage de votre revenu est lié à votre activité de tutorat"


12 personnes ont participé à ce sondage. Les résultats sont les suivants :
  • 0 à 10 % : 6 répondants - 50%
  • 10 à 25 % : 5 répondants - 41 %
  • 25 à 50 % : 0 répondant - 0%
  • 50 à 75 % : 0 répondant - 0%
  • 75 à 100 % : 1 répondant - 8%

Les résultats enregistrés sont cohérents avec ceux du précédent sondage qui s'était intéressé à la proportion de l'activité tutorale dans l'activité professionnelle des répondants.

Nous avions pu remarquer qu'à l'exception d'une minorité pour qui le tutorat est une activité à temps plein, elle est le plus souvent une activité secondaire et donc participant de manière minoritaire au revenu.

Ce que nous apprend le dernier sondage, c'est que cette activité dégage une proportion minime de revenu pour 9 répondants sur dix. En effet, 1 répondant sur 2 ne recueille que 10% de son revenu au maximum grâce à ses activités tutorales et que 4 sur dix obtiennent au maximum pour cette activité un quart de leur revenu.

Le métier de tuteur apparaît donc comme second, marginal et ne peut, pour l'immense majorité, constituer une activité créatrice sinon d'identité professionnelle du moins de revenus importants.

Il serait bien évidemment nécessaire de recouper ces données avec celles d'un échantillon plus large et représentatif. Elles sont néanmoins cohérentes avec la réalité que j'ai pu observée sur différents terrains.

Pourtant, à côté de cette majorité, existe aussi une minorité qui dégage la totalité de son revenu du tutorat. C'est certainement en elle que peuvent se repérer les formes les plus développées de la professionnalité tutorale.


D'une part, des tuteurs occasionnels dont le revenu est largement constitué en dehors de leurs activité tutorale et d'autre part, des tuteurs à temps plein vivant de leur métier, entre ces deux profils, le « no man's land » : tel semble se dessiner le paysage tutoral actuel.

Image dans son contexte original, sur la page www.villiard.com/images-droles-argent.htm

lundi 29 octobre 2007

Parcours professionnels vers le tutorat

Une autre manière d'explorer l'identité professionnelle du tuteur à distance est de repérer les parcours qui ont amenés des individus à devenir tuteurs.

En effet, nous évoluons professionnellement bien plus fréquemment par glissements que par ruptures. Le transfert des compétences reste plus aisé dans le cadre d'un processus d'adaptation, par exemple à de nouvelles conditions de travail créées par l'apparition de nouveaux outils de production, que dans celui d'une reconversion complète.

Afin de recueillir un petit échantillon de parcours ayant amené à l'exercice professionnel du tutorat (celui-ci pouvant ne constituer qu'une partie de l'activité professionnelle), je propose aux lecteurs de ce blog de décrire, en quelques phrases de commentaire à ce post, la situation professionnelle qui était la leur avant de devenir tuteur.

En ce qui me concerne les étapes remarquables de ce parcours furent les suivantes :

  • Formateur présentiel

  • Premier contact avec le tutorat en tant qu'apprenant à distance

  • Première expérience de tuteur dans le cadre d'un tutorat par les pairs

  • Tuteur

Image dans son contexte original, sur la page www.vazyvite.com/html/ouest/cal_angeles.htm.

mercredi 17 octobre 2007

Formateur à distance = tuteur à distance ? Par Jacques Rodet

Cette contribution s'inscrit dans le cadre du débat sur la professionnalité du tuteur à distance et fait suite au commentaire de Michaël rapprochant les métiers de formateur à distance et de tuteur à distance.

Rapprocher le métier de tuteur de celui de formateur à distance comme Michaël l'a fait est tout à fait intéressant. Il faut d'ailleurs reconnaître que de nombreux acteurs ne font pas de distinction entre le formateur à distance et le tuteur. Ainsi, les formations Net-trainers ou Learn-nett dans lesquelles les fonctions tutorales sont abordées se présentent comme des formations de formateurs à distance.

Il paraît donc assez naturel de pouvoir assimiler le tuteur et le formateur à distance. Pour y voir plus clair, il semble nécessaire d'apporter des réponses à quelques questions : les deux appellations sont-elles réellement synonymes ? Le formateur à distance est-il forcément tuteur ? Un tuteur doit-il être un formateur à distance ? La qualification de formateur à distance recouvre-t-elle entièrement celle de tuteur ? Quelles sont les spécificités du tutorat ? Sont-elles suffisantes pour définir un métier différent de celui de formateur à distance ?

Les deux appellations sont-elles réellement synonymes ?

Je ne le pense pas. Un formateur, tout comme un professeur, est en charge d'un enseignement. Il est donc en charge, le plus souvent, de la production de ressources d'enseignement. Le tuteur n'a ni la responsabilité de la production des ressources ni même celle d'enseigner. Son champ d'intervention sur le plan cognitif est de l'ordre de la remédiation et non de l'enseignement, c'est-à-dire de l'explicitation et non du discours.

Par ailleurs, le terme de formateur n'est-il pas trop généraliste ? Alors que la formation à distance et les phénomènes d'industrialisation qui lui sont liés ont fait éclater le métier de formateur en une multiplicité de fonctions : expert de contenu, scénariste, concepteur de ressources multimédia, producteur de ressources, administrateur de plateforme, dépanneur technologique, animateur... et même tuteur. Est-il opportun de renoncer à ces distinctions dès lors que l'on parle de tutorat ? Ne faut-il pas au contraire porter haut la fonction de tuteur ?

Le formateur à distance est-il forcément tuteur ?

Je connais peu de formateurs qui cumulent toutes les fonctions citées ci-dessus. Par contre, je connais beaucoup de formateurs qui se sont spécialisés comme enseignants, d'autres comme animateurs, d'autres comme concepteurs, etc. Il apparaît donc peu certain qu'un formateur soit toujours tuteur. Par contre, le formateur à distance qui intervient auprès des apprenants en cours de formation devient un tuteur puisqu'il assume alors des fonctions tutorales.

Un tuteur doit-il être un formateur à distance ?

L'intérêt de la formation à distance réside, entre autres, dans le fait que les personnes qui interviennent en support à l'apprentissage auprès des apprenants, les tuteurs, ne sont pas en charge de l'enseignement qui est incarné par les ressources médiatisées. Sans rentrer dans le débat des compétences des tuteurs, en particulier sur celle du niveau d'expertise du contenu qu'ils devraient posséder, nous pouvons constater que le tuteur n'est pas toujours un formateur. Il peut également être un méthodologue, un psychologue, un pair, etc.

Aussi, le tuteur ne doit pas forcément être formateur à distance pour exercer ses fonctions tutorales.

La qualification de formateur à distance recouvre-t-elle entièrement celle de tuteur ?

Sur le plan de la définition, oui. Dans la pratique cela me semble beaucoup plus sujet à débat.

Outre les préférences des formateurs pour telle ou telle spécialisation de leur métier (cf. ci-dessus), il faut bien reconnaître que l'approche pédagogique classique et majoritaire, y compris en formation professionnelle, confère davantage d'importance à l'enseignement et à sa fonction transmissive qu'à l'accompagnement des apprenants dans leurs parcours d'apprentissage.

Le e-learning, malgré les discours et les modes, ne change que peu la donne. Il n'est en aucune manière une assurance d'innovation pédagogique et/ou de valorisation de l'activité de l'apprenant. Si l'industrialisation et les processus de ré-ingénierie qu'elle suppose ont permis aux pédagogues de se réinterroger sur leurs pratiques, les usages pédagogiques de nombreuses technologies tendent plutôt à la conformité avec le modèle dominant favorisant l'enseignement et non l'apprentissage. Rien de très étonnant finalement quand on compare le temps et les investissements consacrés à la production des ressources et ceux dédiés à la mise en place des systèmes de support à l'apprentissage.

Or, à mon sens, les fonctions tutorales ne sont pas neutres vis à vis des différentes approches pédagogiques. Leur focalisation sur la phase d'apprentissage interroge la centration classique sur l'enseignement. Les fonctions du formateur à distance, de la conception à l'animation, n'ont pas un positionnement aussi tranché en faveur de l'apprentissage. Bien évidemment la manière dont les individus se projettent dans leurs fonctions tutorales ou de formateur à distance peuvent apporter des corrections à ce constat sans toutefois l'invalider totalement.

Aussi, il me semble que le formateur à distance qui est également et pleinement tuteur, reste l'exception et pourrait davantage l'être successivement, dans des contextes différents que de manière cumulative dans un même dispositif. Ce caractère successif et multicontextes ouvrirait des espaces professionnels distincts pour les deux fonctions de formateur et de tuteur à distance.

Quelles sont les spécificités du tutorat ?

Je ne souhaite pas là établir un nouvel inventaire de rôles et de tâches attachés à la personne du tuteur, ni même faire un tableau comparatif entre le formateur et le tuteur à distance.

Comme je l'ai laissé entendre plus haut, je reconnais au formateur à distance un spectre professionnel, à investir, plus large que celui du tuteur à distance. Mais justement, le fait même d'être en charge d'autres fonctions ne constitue-t-il pas un handicap pour investir les fonctions tutorales ?

Pour être plus précis, je vais prendre le cas de l'évaluation. L'évaluation des apprentissages est une des fonctions du formateur. De même, il n'est pas rare, voire même assez général dans les formations à distance existantes, de confier l'évaluation des apprenants aux tuteurs.

Or, si la fonction d'évaluateur ne perturbe pas l'exercice de celle de concepteur ou d'enseignant, peut-on en dire autant pour les interventions tutorales ? Le changement de casquettes, de celle de l'accompagnateur à celle d'évaluateur est-il neutre pour l'apprenant ? Si il n'est pas illégitime de confier au tuteur l'évaluation, du fait même qu'il est le mieux placé pour rendre justice de leurs apprentissages aux apprenants, il est également vrai que de nombreux apprenants dimensionnent la relation avec leur tuteur en fonction de cette fonction d'évaluateur. Aide et évaluation, surtout si cette dernière est sommative et se résume à un score, sont forcément en tension.

Sont-elles suffisantes pour définir un métier différent de celui de formateur à distance ?

La spécificité du tuteur à distance serait donc d'être exclusivement un professionnel du support à l'apprentissage. Cela vaut-il un métier ? La question reste ouverte et en contient certainement d'autres dont celle-ci : la reconnaissance du métier de tuteur à distance constituerait-elle ou non un bénéfice pour les apprenants ?

mardi 16 octobre 2007

L'ouvrage du tuteur à distance vaut-il un métier ?


Afin d'engager le débat autour de la professionnalité du tuteur à distance, nous vous invitons à prendre connaissance du mémoire de maîtrise en sciences de l'éducation que Stéphanie Ceron a rédigé en 2003. Ce document dont la problématique est «
Le tutorat à distance, un métier émergent dans la formation supérieure? » est accessible à http://forse.univ-lyon2.fr/IMG/pdf/doc-45.pdf

Nous reproduisons ci-après la dernière partie de sa conclusion qui peut constituer une bonne introduction à nos futurs échanges sur ce thème.

De manière générale, nous pourrions essayer de répondre à ces quelques questions : Peut-on, indifféremment, utiliser les termes de métier, profession, professionnalité ? Qu'est-ce qui fait profession ? La compétence fait-elle toujours profession ?

Plus précisément sur le tutorat à distance : Quelles pratiques tutorales peuvent être qualifiées de métier ? A quelles conditions peut-on parler de métier pour le tutorat à distance ?

Chacun peut commenter ce message et les auteurs enregistrés de t@d, peuvent également publier des contributions sur ce thème de la professionnalité.

Nous rappelons que t@d s'est déjà intéressé à des thèmes voisins et que sont disponibles à la lecture deux ressources : le Dossier t@d n°2 : statut de tuteur à distance et la Grille d'évaluation des conditions de travail des tuteurs à distance, v.2.0

Avec la déferlante « NTIC », de nouveaux métiers apparaissent : dans les campus numériques, on rencontre des concepteurs de contenus, des chargés de T.D. virtuels, des directeurs de recherche en ligne... De nombreux métiers, en lien avec les nouvelles technologies, ont vu le jour. Mais pouvons-nous réellement les qualifier de nouveaux ? Pour certains oui, mais pour la plupart il s’agit plutôt d’une requalification de métiers déjà existants. Prenons l’exemple du webmaster dont le métier est celui « d’un véritable gestionnaire de contenu. Le webmaster doit avoir des compétences rédactionnelles, maîtriser la stratégie de l’entreprise et avoir un esprit de communication. » Il s’agit ici d’une combinaison d’un ensemble de compétences des métiers de la communication, préexistant à Internet. Cependant, Internet est également créateur de nouveaux métiers mais ils ne sont pas aussi abondants qu’on aurait pu le penser. Parmi ces derniers, on peut citer ceux liés à la maintenance. Aussi, il existe des métiers que l’on croit nouveaux car ils demandent de nouvelles compétences, c’est ce qu’exprime A. d'Iribarne, directeur de recherche au CNRS et chercheur au laboratoire d'économie et de sociologie du travail d'Aix-en-Provence, en tempérant la notion de nouveaux métiers : Ceux-ci résultent toujours d'un croisement, ce que j'appelle une "hybridation", entre des pratiques professionnelles déjà existantes et des usages nouveaux, induits par l'évolution des technologies. Ici, nous sommes tout à fait dans la configuration du tuteur à distance puisque cette activité réclame certaines compétences du tuteur en présentiel (donc déjà existantes) et d’autres (nouvelles) liées au mode distanciel de la formation. Peut-on alors parler du métier de tuteur à distance ou reste-t-il une activité ? Pour pouvoir répondre à cette question, il faut se pencher sur la définition des termes « métier » et « emploi ».

Métier : Genre de travail déterminé reconnu ou toléré par la société et dont on peut tirer des moyens d’existence.

Emploi au sens de l’emploi exercé : Tout travail rémunérateur exécuté pour un employeur ou pour son propre compte. 3

Deux critères distinguent l’activité du métier (ou de l’emploi). Il faut que le travail soit :

- reconnu en tant que tel par la société,

- rémunéré.

Le tutorat en présentiel est une activité dans le sens où c’est un travail non rémunéré (cf. étudiant-tuteur) mais dédommagé. Le professeur, qui est aussi tuteur, est rémunéré, il ne l’est pas en tant que tuteur, mais en tant que professeur, dont une de ses fonctions est le tutorat. Qu’en est-il pour le tutorat à distance ? La définition plus approfondie du mot « emploi » émanant de l’AFPA va contribuer à répondre à cette question.

Emploi au sens des emplois repérés : référents standardisés, composés de fonctions uniques ou combinées, correspondant à des situations de travail appelant des compétences identifiées, observables et relativement homogènes.

Dans cette définition on parle de fonctions (« uniques ou combinées »), de compétences (« identifiées »). Or tout au long de ce mémoire, les études théoriques et pratiques ont démontré que « tuteur à distance », était une activité :

- à part entière,

- qui consommait beaucoup de temps (elle est difficilement faisable en plus d’un emploi à temps plein)

- qui était nécessaire, voire indispensable dans certaines formations,

- qui demandait des compétences spécifiques, bien identifiables,

- qui devait être réalisée par des personnes qualifiées et expérimentées. En effet, tous les tuteurs du campus numérique FORSE ont un niveau troisième cycle, de même, ils avaient tous une expérience de tutorat en présentiel ou travaillés avec des tuteurs avant d’être TAD.

Les critères qui définissent un emploi sont présents dans le tutorat à distance. Le tutorat à distance pourrait être en passe de devenir un métier et non plus une simple activité réalisée en plus de son métier. Etant donné l’importance des taux d’abandon dans les formations en ligne, le métier de tuteur à distance pourrait se développer considérablement dans les années à venir. Or, c’est un métier qui demande de nombreuses compétences ; une formation devient inévitable. Tuteur à distance n’est pas un métier technique, mais un métier né de l’utilisation des nouvelles technologies. Qu’est-ce que serait une formation au métier de tuteur à distance ? Dans une telle formation, il ne s’agirait pas de faire du tuteur un professionnel de la pédagogie à distance, ni de lui donner la liste des tâches qu’il est susceptible d’accomplir, mais bien de lui donner les outils nécessaires pour comprendre ce qu’est le tutorat à distance et comment aider au mieux l’apprenant distant. Il s’agirait d’apprendre à repérer les rôles du tuteur en fonction des missions que chaque organisme de formation assigne aux tuteurs. Les tuteurs à distance du campus numérique FORSE n’ont pas reçu de formation, mais ont eu des informations lors de réunions entre tuteurs. Ils s’échangeaient aussi des mails lorsqu’ils rencontraient des problèmes, on peut parler alors de co-formation. Est-ce suffisant ? Chaque tuteur a-t-il bien identifié ses rôles ? Ont-ils rencontré des problèmes ? Lors des entretiens, lorsque je leur demandais de me dire quelles étaient leurs interventions auprès des étudiants, j’ai eu des réponses différentes car chacun a une idée bien spécifique de son rôle. Par exemple, Le tuteur 6 a clairement défini son rôle auprès des étudiants et ceux-ci ne l’interrogent pas sur les contenus. Le tuteur 3 explique aux étudiants que ça ne relève pas de sa compétence de traiter des questions sur le contenu et il les renvoie d’abord à d’autres étudiants puis si les problèmes persistent, aux professeurs compétents. Enfin, le tuteur 8 explique que quand il le peut il répond aux questions sur les contenus, mais dès qu’il est en difficulté il pose la question aux professeurs compétents. Nous sommes confrontés à trois tuteurs qui exercent différemment leur tutorat et pourtant qui devraient fonctionner à l’identique. Le but d’une formation serait aussi d’harmoniser et de réguler les pratiques de la fonction tutorale. Faute de formation, il semble indispensable de prévoir des réunions entre tuteurs comme cela c’est fait pour les tuteurs du campus numérique FORSE. En effet, elles sont l’occasion pour les tuteurs de mettre en commun leurs difficultés et d’essayer de les résoudre. Le tuteur 1 explique quel est l’intérêt de ces réunions : « on a des réunions et j’ai envie de dire que ces réunions nous sont extrêmement nécessaires, en ce sens que, elles nous permettent de mettre à plat un certain nombre de questionnements et certains apportent des réponses, donc on peut appeler ça une formation. On a aussi des échanges par mail qui nous permettent de partager à la fois les savoirs des uns, les ressources des autres et les interrogations de tous, alors on peut parler d’auto-formation. »

Plusieurs tuteurs ont déclaré que la fonction tutorale était un véritable métier ou en tout cas qu’elle prenait la place d’un vrai métier. La non-reconnaissance de celui-ci avec les retombées que cela implique (un statut, un salaire…) risque de poser des problèmes sur plusieurs niveaux.

- Tout d’abord sur ce qu’est véritablement être tuteur à distance. Pour donner les mêmes chances aux étudiants, il faudrait harmoniser les fonctions du tuteur. Voilà ce que répond le tuteur 8 lorsque je lui demande si une formation au tutorat à distance serait utile : « Euh, une formation, ben oui forcément, ben sur le métier, mais comme ce n’est pas encore très défini ce qu’est un tuteur, donc on apprend en faisant, voilà. », plus loin il ajoute : « est-ce qu’un tuteur doit être quelqu’un qui doit être compétent dans toutes les matières pour pouvoir justement apporter de l’aide, ou alors le tuteur doit être simplement quelqu’un qui accompagne, qui a une expérience et qui essaye de faire partager à l’autre, de le rassurer, etcetera, bon, c’est là tout le problème. »

- Le recrutement des tuteurs à distance va être de plus en plus difficile car le défraiement offert ne semble pas à la hauteur du travail effectué. Lorsque je demande au tuteur 8 ce qui a motivé sa candidature il me répond : « C’est pas le fric hein (rires), c’est pas l’argent, c’est l’intérêt du travail […] » De même le tuteur 9 explique que la fonction tutorale représente une charge de travail qui est difficilement conciliable en plus d’un métier : « Ce que je sais, c’est que ça consomme énormément de temps et que c’est une des raisons pour lesquelles je ne sais pas si je vais continuer l’année prochaine. Au niveau du temps c’est beaucoup, alors je ne sais pas, mais disons que, au minimum trois fois par semaine euh, je me mets à répondre aux courriers, à regarder les courriers et puis quand c’est pas tous les soirs, à certaine période de pointe, mais une fois que c’est commencé, c’est un vrai boulot, c’est un vrai métier quoi. » Le tuteur 1 après m’avoir fait part de ses différentes activités (tuteur, correcteur, …) exprime la difficulté qu’il a à les mener de front : « Je n’ai pas le sentiment d’être débordé, j’ai la certitude d’être débordé, je me demande combien de fois je vous ai dit, dans les réponses, que le problème c’était la gestion du temps, on est toujours débordé, même si on se donne des règles, c’était une de vos questions importantes, on est quand même toujours débordé. Euh, on n’est pas capable de mesurer le temps du virtuel. » Le cumul des fonctions peut représenter un handicap et le tuteur pourrait alors décider d’abandonner la fonction tutorale. Aussi faute de temps, certains tuteurs ont l’impression d’assurer un service minimum comme le dit le tuteur 9 : « C’est pour ça que, je trouve que c’est un vrai métier parce qu’il faudrait avoir plus de temps, il y a des gens dont je suis à peu près sûr euh, qui sont un peu en difficultés, je n’ai pas le temps de m’en occuper, voilà. »

Etre tuteur à distance est une activité qui réclame beaucoup de temps et qu’il est difficile de faire en plus de son métier. La reconnaissance du métier de tuteur à distance permettrait d’augmenter l’efficacité du tuteur grâce à une formation adaptée, à un temps adéquat consacré au tutorat, à un salaire plus motivant…


Résumé du mémoire de Stéphanie Ceron : L’éducation pour tous et tout au long de la vie est le nouveau paradigme avec lequel la société doit composer. Pour se former à tout âge, en n’importe quel lieu, il existe notamment les campus numériques, qui proposent des formations à distance et qui se servent des TIC pour optimiser leur efficacité. Nombreux sont les campus numériques qui proposent à leurs étudiants du tutorat pour les soutenir, les orienter, mais aussi pour rompre leur isolement. Le tuteur à distance, comme le tuteur en présentiel, est à la fois un médiateur, un guide, un conseiller, il a aussi des rôles et des compétences spécifiques. Les enquêtes menées auprès des tuteurs et étudiants distants du campus numérique FORSE révèlent qu’il est un acteur central. Le métier de tuteur à l’université n’existe pas, mais les résultats des enquêtes nous indiquent que « tuteur à distance », est en passe d’en devenir un (résumé d’auteur).