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vendredi 22 février 2008

Tutorat, présence et distance

Dans cette vidéo qui date de 2001, professeurs et étudiants évoque l'organisation du tutorat à l'université de Nantes dans le diplôme DIUDF.

Le DIUDF, accessible par le biais d'Internet, s'adresse à un public francophone international. Afin d'apporter un suivi pédagogique en temps réel, les partenaires du DIUDF ont mis en place un tutorat à distance via la messagerie électronique. Assuré par des enseignants issus de la faculté de droit, le tutorat permet d'introduire un rapport de proximité entre étudiants et enseignants.



Source : Canal-u

lundi 14 janvier 2008

Les attitudes du tuteur

Il serait intéressant de vérifier si les attitudes que le tuteur peut adopter avec le tutoré sont entièrement comprises dans celles du singe de la sagesse chinoise mais il est certain qu'elles sont tout aussi variées que les approches pédagogiques (cf. l'illustration ci-dessous) et cadrées par l'orientation pédagogique des formations dans lesquelles le tuteur intervient. A ce titre, il est important que le tuteur ait des connaissances minimales sur les théories de l'apprentissage et les modèles pédagogiques. A côté des connaissances technologiques et de celles des usages pédagogiques des médias, une formation de tuteur devrait donc également comprendre des modules consacrés aux approches pédagogiques.

Grenade des méthodes pédagogiques autour de 8 paradigmes (site de François Muller)


cliquez sur l'image pour l'agrandir

Dès lors que l'on parle d'attitudes, il devient rapidement incontournable de faire référence aux « attitudes de Porter ». Cette classification a le mérite de préciser les conséquences des interventions du tuteur en direction du tutoré selon que le tuteur agit dans une logique de décision, d'évaluation, de support, de compréhension, d'interprétation ou d'enquête et d'exploration.

De son côté, Philippe Meirieu (Cahiers pédagogiques, ATP, 1989, p. 75) mettait en garde les tuteurs face à certaines attitudes que peut adopter consciemment ou non le tuteur : Survoler de façon excessive la part relationnelle au détriment de la part didactique ; Penser que tous les élèves sont égaux et qu'ils peuvent en tirer les mêmes satisfactions affectives ; Mettre en oeuvre de façon sauvage et non distanciée quelques concepts empruntés à la psychologie et à la sociologie ; Faire du tutorat un lieu où débattre de l'ensemble du fonctionnement de la structure scolaire ; S'orienter vers l'organisation d'activités para-scolaires (cf. le site de la Mission académique innovation et expérimentation de l'académie de Paris).

Parce que le tutorat est une activité éminemment relationnelle, le tuteur a tout intérêt, pour agir de manière raisonnée, à mieux connaître ses attitudes et les effets de ses attitudes sur le tutoré. Comme par ailleurs, il n'y a de connaissances que lorsque les informations sont mises au service d'une pratique, il semble également nécessaire que le tuteur puisse garder trace et analyser périodiquement ses interventions et les attitudes qu'il a adoptées. A cet égard, le journal de tutorat, déclinaison du journal d'enseignement, la mise en place d'outils de suivis de la relation tutorale (cf. l'interview de Jacques Rodet dans le numéro des e-cri(t)s de Charlie consacré au tutorat), la mutualisation entre tuteurs constituent des moyens efficaces pour penser et analyser ses attitudes de tuteur.

Image dans son contexte original, sur la page eleves.mines.inpl-nancy.fr/~viart98/

mercredi 24 octobre 2007

Information, savoir et connaissance

L'arbre de la connaissance de Claude Portais

A de nombreuses reprises, que ce soit auprès d'étudiants, de collègues ou d'autres personnes, j'ai constaté que ces trois termes (information, savoir et connaissance) étaient employés les uns pour les autres.

C'est pourquoi, je pense intéressant, à leurs propos, de reproduire les distinctions résumées brillamment par Brigitte Albero et Françoise Thibault dans leur article intitulé « Enseignement à distance et autoformation à l'université : au-delà des clivages institutionnels et pédagogiques ? ».

«[...] les définitions les plus consensuelles aujourd'hui en France, dans le domaine de la formation [...] tendent à désigner : l'information comme un objet de connaissance, un message à orientation objective ; la connaissance comme le processus individuel interne de traitement et d'appropriation de cette information ; le savoir comme la résultante d'un processus collectif d'explicitation, de formalisation et de validation des informations récoltées et des connaissances acquises dans un domaine donné.

[...]

Lorsqu'un enseignant propose un cours, il produit un discours (oral ou écrit, en présence ou à distance, sur support analogique ou numérique) à partir de la connaissance qu'il a d'un domaine du savoir. Pour l'étudiant, ce discours n'a qu'un statut d'information, tant qu'il n'est pas mis en situation de s'approprier le domaine de savoir de référencer. Cette mise en situation peut venir de ses capacités d'autodidaxie, de la médiation d'une personne-ressource présente dans son environnement social ou encore de la médiation organisée et intentionnelle d'une pratique pédagogique de l'enseignant ou du dispositif de formation à l'intérieur duquel il opère. C'est par ce processus d'appropriation – médié ou non – que l'apprenant est mis en situation d'élaborer des connaissances sur le domaine de savoir visé.

[...]

En explicitant la connaissance qu'il a d'un domaine de savoir, l'enseignant ne transmet de fait qu'une information. S'il en reste là, il laisse l'étudiant s'approprier cette information en fonction de ses seules capacités. S'il crée les conditions mêmes de l'appropriation, il le met en situation de transformer cette information en connaissance. »

Le travail du tuteur ne réside-t-il pas dans cet aménagement de l'environnement pédagogique au sens large (relation, médias, outils) en autorisant l'appropriation de l'information et en facilitant la construction de la connaissance par l'apprenant ?

Pour ma part, j'en suis persuadé.

jeudi 18 octobre 2007

Quelle place pour le tuteur à distance dans le triangle d'Houssaye ? Par Jacques Rodet

Au gré de ma veille sur le tutorat, j'ai constaté à plusieurs reprises que certains prestataires de formation proposent à leur clientèle une formation tutorée. A y regarder de plus près, je me suis rendu compte qu'il s'agit pour eux d'indiquer qu'il ne s'agit pas d'une autoformation mais que le tuteur est là pour jouer le rôle de l'enseignant, entendez de transmetteur de contenu.

Ma vision du tutorat est assez différente et une nouvelle fois, le bon vieux triangle d'Houssaye peut aider chacun à y voir un peu plus clair. C'est pourquoi, je reproduis ci-dessous un extrait de B. Albero et F. Thibault qui décrit précisément les processus en jeu dans cette figure.

Selon moi, le tuteur exerce la plupart de ses interventions dans le processus "former". Pour cela, il lui faut être à l'écoute ou provoquer un discours de l'apprenant sur son processus "apprendre". Le tuteur investit également le processus "enseigner" lors des remédiations qu'il opère sur le savoir à l'intention de l'apprenant.

«
La modélisation ternaire proposée par Jean Houssaye synthétise nombre des différenciations argumentées dans la linéature du champ. En mettant en scène les trois figures du « professeur », de « l'élève », du « savoir », ce modèle donne à voir comment leur organisation binaire, par exclusion du tiers, structure la relation pédagogique en privilégiant l'un des trois processus « enseigner », « former », « apprendre ». Le lien « professeur-savoir » privilégie le processus « enseigner » ; le lien « professeur-élève » priviliégie le processus « former » ; le lien « élève-savoir » privilégie le processus « apprendre ». Ce chercheur a mis en évidence, dans le cadre de ce modèle, la conduite du tiers exclu qui joue « le fou ou le mort », en produisant du dysfonctionnement de l'interaction binaire ou en acceptant sa négation comme sujet, ou tout au moins comme agent, dans le système d'interactions.

Cette modélisation met en évidence la nette différence qui existe entre les actions d'enseigner, le pédagogue privilégie sa propre relation au savoir et non celle de l'apprenant. Or, si l'objectif est d'aider l'étudiant à apprendre, tout le travail du professionnel est de privilégier la relation de celui-ci au savoir ciblé de manière à l'aider dans ses acquisitions. S'il vise à agir dans le sens de la formation, le savoir est mis au second plan, non qu'il ait perdu son importance, comme un certain nombre de faux-débats ont pu le laisser entrendre durant ces dernières décennies, mais parce que la focalisation du pédagogue, à un moment de son intervention, peut se porter sur un savoir-faire ou un savoir-être nécessaire au développement par l'étudiant d'une compétence précise. »

Pour aller plus loin sur le triangle d'Houssaye : tecfa et educnet

vendredi 5 octobre 2007

"Apprendre... oui, mais comment" - P. Meirieu

Il y a quelques jours, j'échangeais avec un des contributeurs de t@d et il me faisait part de sa relecture fréquente de ce livre de Meirieu. Cela m'a incité à fouiller dans ma bibliothèque pour mettre la main sur cet ouvrage. Le plaisir de la redécouverte est tout aussi dense quoique différent de celui de la découverte. Là où, j'avais cherché des réponses, je trouve des éléments d'interrogation de ma pratique. Tel passage oublié se révèle avoir laissé des traces profondes et orienté telle ou telle de mes représentations par les chemins indiqués, et depuis, poursuivis ou non.

Le tuteur étant, selon moi, entièrement tourné vers le support à l'apprentissage, il m'a paru naturel d'attirer l'attention sur ce livre et d'inaugurer ainsi, la rubrique "Livres et citations" qui comme toutes les autres est ouverte à tous les contributeurs.

Citations
"
Un apprentissage s'effectue quand un individu prend de l'information dans son environnement en fonction d'un projet personnel [...] l'action didactique consiste à organiser l'interaction entre un ensemble de documents ou d'objets et une tâche à accomplir [...] le travail de l'enseignant ou du formateur est de préparer cette interaction de telle manière qu'elle soit accessible et génératrice de sens pour le sujet".

Philippe Meirieu (1987),
Apprendre... oui, mais comment, ESF

mardi 11 septembre 2007

Le tutorat et ses enjeux didactiques dans les dispositifs de formation à distance


Mémoire de DEA de Catherine Pamphile
DEA de didactique des langues, soutenu à l’université Paris 3 sous la direction de F. Demaizière en septembre 2005.
Ce mémoire traite du tutorat et de ses enjeux didactiques dans les dispositifs de formation à distance et réunit les travaux de chercheurs français, britanniques et québécois. Il propose une analyse de la relation pédagogique existant entre le tuteur et l’apprenant à la lumière de courants théoriques tels que le constructivisme, le cognitivisme, l’interactionnisme, des recherches en acquisition, et des approches pédagogiques. Dans ce travail, nous montrons en quoi la fonction de tuteur peut-être non seulement une fonction de médiation, mais aussi de re-médiation. En ce sens, ce travail de recherche se situe au croisement de plusieurs disciplines des sciences humaines : didactique des langues et des cultures, sciences de l’éducation, sciences du langage et sciences de l’information et de la communication.

Télécharger le mémoire