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dimanche 20 juillet 2025

Pourquoi il est stratégique d’investir dans l’ingénierie tutorale. Plaidoyer pour une priorisation des moyens consacrés à l’accompagnement

La transformation des modalités de formation observée ces vingt dernières années place l’accompagnement des apprenants au centre des préoccupations des organismes. Loin d’être une simple modalité accessoire, le tutorat s’impose aujourd’hui comme « un facteur déterminant de réussite et d’engagement, en particulier dans les dispositifs à distance ou hybrides ». Pourtant, l’ingénierie tutorale reste souvent le parent pauvre des budgets alloués à la formation. Il est aujourd’hui impératif de renverser cette tendance.

La structuration d’une offre tutorale : un levier pédagogique majeur

L’ingénierie tutorale recouvre, je le rappelle, « l’ensemble des activités de conception qui permettent de définir, de dimensionner et d’organiser le dispositif d’aide, de support et d’accompagnement aux apprenants ». Ainsi, ce n’est pas seulement la présence d’un tuteur qui compte, mais le caractère intentionnel et structuré de l’offre tutorale.

Cette ingénierie permet une analyse précise des besoins d’aide des apprenants, qui ne sauraient être réduits à des généralités. « La réussite d’un dispositif dépend précisément de la capacité à anticiper les besoins de soutien, à identifier les points de fragilité et à organiser des réponses adéquates ». Il s’agit donc de penser, dès la conception, les modalités d’intervention, la fréquence, les outils et les compétences attendues des tuteurs. Cette démarche s’inscrit dans l’exigence d’une individualisation et d’une personnalisation de l’accompagnement. Là où l’individualisation offre de la modularité, « la personnalisation, rendue possible par la relation tutorale, répond aux singularités de chaque apprenant ».

Des impacts économiques immédiats et à long terme

Allouer un budget spécifique à l’ingénierie tutorale se révèle aussi pertinent sur le plan économique. Loin d’alourdir les charges, il s’agit d’un levier de rentabilité, de différenciation et de pérennisation de l’offre de formation. Comme je le souligne souvent : « Un dispositif doté d’une ingénierie tutorale explicite présente une valeur ajoutée tangible, visible et facilement communicable auprès des clients, qu’ils soient financeurs, entreprises ou apprenants. »

La démarche génère non seulement plus d’engagement — et donc de réussite et de fidélisation — mais ouvre la porte à la commercialisation de nouveaux services, dans une logique de montée en gamme. « Le retour sur investissement de l’ingénierie tutorale s’observe à travers la réduction du taux d’abandon et l’optimisation des coûts d’accompagnement, grâce à une allocation raisonnée des ressources. » En d’autres termes, l’investissement initial se traduit par des gains durables : économies de gestion, niveau de satisfaction plus élevé, taux de réinscription en hausse.

Se doter d’un avantage concurrentiel durable

Aujourd’hui, la concurrence dans le secteur de la formation est rude. Les organismes qui se distinguent sont ceux capables de proposer une expérience d’apprentissage à la fois efficace, humaine et personnalisée. « Articuler ingénierie pédagogique et ingénierie tutorale, c’est sortir d’une logique linéaire pour proposer des dispositifs évolutifs, dans lesquels les apprenants se sentent accompagnés du début à la fin de leur parcours. » Cette approche autorise la prise en compte des évolutions technologiques, mais aussi des attentes croissantes, en matière de suivi et de relation personnalisée, exprimées par les apprenants.

Agir par conviction et responsabilité

Considérer l’ingénierie tutorale comme un élément central, et non accessoire, revient à reconnaître que la réussite d’une formation repose principalement sur la qualité et la continuité de l’accompagnement proposé à chaque apprenant. Ainsi, l’efficacité des dispositifs de formation se construit d’abord grâce à une organisation méthodique, réfléchie et assumée du tutorat, plutôt que par le simple concours des circonstances.

Il appartient donc aux responsables de formation de réévaluer la ventilation de leurs budgets et de donner à l’ingénierie tutorale la place qu’elle mérite : celle d’un investissement stratégique, garant de la qualité, de la rentabilité et de la durabilité de leur offre de formation.

L’avenir des organismes performants s’écrit avec l’accompagnement, dès la conception des dispositifs. 


Texte généré par Perplexity à partir de ces prompts

Prompt 1 : en t'appuyant sur les publications de Jacques Rodet, rédige un article destiné à engager les organismes de formation à consacrer du budget à l'ingénierie tutorale. Utilises des citations. Développe un argumentaire convaincant tant sur le plan pédagogique que économique. Utilise un ton scientifique mais accessible et engageant. article de 2500 caractères

Prompt 2 : Il faut que la longueur du texte soit le double. Rédige comme si tu étais Jacques Rodet

Prompt 3 : Reformule le premier paragraphe de la conclusion qui est confus



vendredi 13 janvier 2023

Chat GPT, un outil d'aide pour les tuteurs à distance ?














Introduction

Il est bien difficile d’échapper à l’actualité que Chat GPT a suscitée. Néanmoins, pour ceux qui aurait besoin d’en savoir davantage sur ce que permet Chat GPT, voici ce qu’il dit de lui-même : « ChatGPT est un modèle de traitement automatique du langage développé par OpenAI. Il utilise des techniques d'apprentissage automatique pour comprendre le contexte et générer des réponses écrites en langage naturel. ChatGPT est basé sur la technologie GPT (Generative Pre-training Transformer), qui a été pré-entraînée sur un grand corpus de textes pour comprendre le langage naturel. Il est capable de générer des textes de haute qualité, de répondre à des questions, de traduire des textes, de synthétiser de la parole et de faire d'autres tâches liées au traitement automatique du langage. Il est utilisé pour de nombreux scénarios tels que la création de contenu, la réponse automatique aux clients, la génération de dialogue, la traduction automatique, etc. »

Depuis sa mise à disposition, gratuite, mais pour combien de temps, de très nombreuses personnes ont testé son utilisation en fonction de leurs centres d’intérêt. Les enseignants et les formateurs ont été nombreux à s’inquiéter du fait que Chat GPT pourrait faire le travail à la place des étudiants et apprenants. Notons simplement, que si c’est le cas, ces derniers n’auront rien appris mais pourront éventuellement valider leur cursus. Ceci pose donc la question des formes d’évaluation pensées par les concepteurs pédagogiques. Il est certain que les quiz de connaissance, qui sont trop fréquemment utilisés en formation à distance, risquent de ne plus évaluer grand-chose. Il appartient donc aux concepteurs d’imaginer des activités d’évaluation qui ne soient pas uniquement centrées sur les connaissances mais bien sur leur utilisation en situation.

Je me propose, ici, de tester la capacité de Chat GPT à assurer un tutorat à distance des apprenants. Pour ce faire, j’ai repris, en les anonymisant, des messages que des apprenants m’ont envoyés en demandant à Chat GPT d’y répondre.


Quand Chat GPT formule des réponses à des messages d’apprenants

Message 1

Tout d'abord, je vous souhaite une excellente année 2021 ... qu'elle soit moins confinée que ne le fût 2020 !

Je me permets d'envoyer ce mail pour signaler que je ne serai peut-être pas des vôtres ce soir pour la CV, je n'ai plus de réseau tel depuis mercredi dernier et ce normalement jusqu'à mercredi prochain. Je travaille en partage avec mon tel mais d'expérience, le soir le partage fonctionne mal.

Donc, au cas où mon partage me lâche, je voulais m'en excuser par avance.

Mon groupe vous tiendra au courant sûrement, on avance sur le livrable.

Une soixantaine de questionnaires à étudier, des entretiens retranscris à valoriser, du travail nous attend mais on a les ingrédients pour avancer.

Je vous dis à tout à l'heure peut-être.

Réponse de Chat GPT

Je comprends votre situation et je vous souhaite une bonne résolution de votre problème de réseau. Je vous remercie de nous avoir informés à l'avance de votre éventuelle absence ce soir et je suis heureux d'entendre que votre groupe avance sur le livrable. N'hésitez pas à nous tenir informés de votre situation et de l'avancée de votre groupe. Je vous souhaite une bonne journée et une bonne chance pour vos études.

Commentaire

La réponse de Chat GPT est intéressante, toutefois l’utilisation du vouvoiement n’est pas adaptée à la relation qui s’était établie entre cet apprenant et moi, tuteur à distance. La formule « bonne chance pour vos études » n’est pas très heureuse car la chance n’influe que bien peu dans les apprentissages. Encourager l’apprenant à poursuivre ses efforts d’apprentissage serait plus adapté.

 

Message 2

Suite à tes CV, la lecture du blog de tad ainsi que certaines revues de tad, nous avons pu identifier les 8 briques constituant les actions de l'ingénierie tutorale (voir tableau ci-dessous).

Nous avons notamment utilisé ces points pour récolter les données convoquées et constituer les questionnaires quantitatifs/qualitatifs.

Nous souhaitons intégrer cette approche dans notre "mémoire" . Devons-nous la présenter dans la partie "méthodologie" et/ou dans la partie "analyse"?

Réponse Chat GPT

Il est approprié de présenter l'approche de l'ingénierie tutorale dans la partie "méthodologie" de votre mémoire, car c'est là que vous décrivez comment vous avez collecté et analysé les données pour votre étude. Il est important de décrire les briques de l'ingénierie tutorale que vous avez utilisées pour récolter les données et constituer les questionnaires quantitatifs et qualitatifs. Il est également utile de justifier pourquoi vous avez choisi cette approche en expliquant les avantages qu'elle offre par rapport à d'autres approches.

Il est également possible d'intégrer cette approche dans la partie "analyse" de votre mémoire pour montrer comment vous avez utilisé ces briques pour interpréter vos résultats et en tirer des conclusions. Il est important de maintenir une certaine cohérence dans la présentation de l'approche utilisée tout au long de votre mémoire.

Commentaire

Bien évidemment, Chat GPT n’a pas une idée très précise de l’ingénierie tutorale et sa réponse sur le plan méthodologique laisse donc à désirer. Toutefois, en formulant deux possibilités, toutes les deux réalistes, il réussit à produire une réponse qui amène l’apprenant à s’interroger sur l’utilisation des modèles proposés en cours.


Message 3

Je fais partie du groupe 1E sur le scénario tutoral. Durant la CV vous avez évoqué le fait qu'il fallait produire le conducteur des CV. Je souhaitais savoir si nous avions la même vision du conducteur de CV.

Pour moi, il regroupe les étapes et les actions menées par le formateur et les apprenants durant la CV avec le timing et les outils utilisés. Je dirai que c'est le déroulé de la séance lorsque je fais du présentiel.

Si je suis sur la bonne voie, faut-il rajouter l'objectif pédagogique lié à l'activité menée. 

Si je ne suis pas sur la bonne voie, pouvez-vous m'expliquer ce qu'est un conducteur de CV ?

Réponse Chat GPT

Vous êtes sur la bonne voie en définissant un conducteur de CV comme regroupant les étapes et les actions menées par le formateur et les apprenants durant la CV avec le timing et les outils utilisés.

Il est également important d'inclure l'objectif pédagogique lié à l'activité menée dans le conducteur de CV. Cela permet de s'assurer que l'activité est alignée sur les objectifs d'apprentissage et que les outils et les étapes choisis sont appropriés pour atteindre ces objectifs.

En général, un conducteur de cours est un document qui décrit les différents éléments de la séance de cours, comme le plan de cours, les objectifs d'apprentissage, les activités et les outils utilisés, les rôles et les responsabilités des formateurs et des apprenants, le temps alloué à chaque activité, les moyens d'évaluation, etc. Il est destiné à aider les formateurs à planifier et à organiser efficacement les cours, et à assurer la qualité de l'enseignement.

Commentaire

La réponse est de bonne qualité et redonne des éléments d’information sur l’ingénierie pédagogique qui sont valides pour la production d’un conducteur de classe virtuelle.

 

Message 4

Visiblement il y a un problème dans les CV

Je suis convoqué ce soir en tant que membre du groupe 2 alors que je suis dans le groupe 1 ... prévu pour demain soir.

Et je pense que je ne suis pas le seul.

Réponse Chat GPT

Il semble y avoir une confusion concernant les horaires des séances de groupe. Il est important de clarifier les dates et les heures de chaque séance pour éviter ce genre de confusion. Il serait utile de vérifier auprès du responsable du projet ou du professeur pour s'assurer que vous avez les bonnes informations. Il pourrait être également judicieux d'envoyer un e-mail à l'ensemble des membres de votre groupe pour les informer de la situation et s'assurer que tout le monde est au courant de la bonne date et heure.

Commentaire

La réponse est générale et ne permet pas de répondre précisément à l’apprenant qui veut savoir à quelle CV il doit participer. Par contre, le conseil d’envoi d’un mail à ses pairs, un message sur forum aurait été plus adapté, est pertinent et peut rappeler au tuteur à distance de le faire.

 

Message 5

Pour notre travail d'ingénierie tutorale, nous allons mener des entretiens à distance à partir de demain pour interroger les acteurs de la formation dont nous allons mettre en place le système tutoral.

Dans ce cadre, nous aimerions partager un PowerPoint avec les questions écrites pour guider notre entretien. Afin d'officialiser ce support auprès de notre interlocuteur et d'en indiquer visuellement le contexte, serait-il possible de récupérer un PowerPoint vierge avec la charte du Master ?

Dans le cas contraire, pourriez-vous nous informer assez rapidement de cette impossibilité ?

Merci pour votre aide et à très bientôt,

Réponse Chat GPT

Il est possible de récupérer un PowerPoint vierge avec la charte du Master pour utiliser comme support pour vos entretiens à distance. Il est conseillé de vous adresser à la personne responsable de la communication ou de la charte graphique de votre Master pour obtenir un modèle de PowerPoint conforme à la charte graphique. Il est également possible de demander de l'aide à l'équipe pédagogique pour vous orienter vers la personne compétente.

Il est important de noter que, pour des raisons de confidentialité, il est nécessaire d'obtenir l'accord écrit des personnes interviewées avant de partager tout enregistrement de l'entretien ou de tout document transcrit.

Je vous souhaite bonne chance pour vos entretiens. N'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d'aide supplémentaire.

Commentaire

L’affirmation du premier paragraphe est erronée car dans ce master il n’y avait pas de Powerpoint charté. De plus, la suggestion de demander de l’aide à l’équipe pédagogique est malvenu puisque c’est ce qu’a fait l’apprenant en contactant son tuteur. Par contre le rappel de la confidentialité est intéressant bien qu’il puisse être superflu. Il permet néanmoins au tuteur de vérifier s’il a bien formulé ce point dans l’énoncé de l’activité.

 

Message 6

Je voulais vous informer que je suis atteinte du covid depuis presque 4 semaines. Les symptômes ont progressivement été éloquents, grosses fièvres notamment pendant les cours et se sont estompés pour laisser une déficience ventilatoire en apport d'Oxygène.

Je suis sous oxygénothérapie à domicile et cela a un impact sur mon apprentissage. En effet, je me rends compte que je ne peux fournir un travail intellectuel d'apprentissage que pendant une heure d'affilée. Puis il faut que je me repose. Cela me permet au mieux 3h de travail par jour puisque je suis arrêtée depuis début novembre jusqu'au 6 décembre. Et donc que je n'ai pas de charge de travail autre que le master pour le moment.

Je ne me sens pas particulièrement en retard. Car je m'accroche.

Je suis aussi très intéressée par l'ingénierie tutorale et je pense que je serai dans le rythme pour notre regroupement. Je suis juste frustrée par ma fatigabilité intellectuelle en lien avec mes problèmes respiratoires.

Je voulais vous informer de cette période pour moi difficile. Mais je reste confiante dans mes capacités.

Réponse Chat GPT

Je suis désolé d'entendre que vous êtes atteinte de la COVID-19 et que cela a un impact sur votre apprentissage. Il est important de prendre soin de votre santé et de suivre les conseils de votre médecin en matière de repos et de traitement.

Il est également important de communiquer avec les responsables de votre formation pour discuter des options de flexibilité pour votre apprentissage en fonction de votre situation de santé. Il peut y avoir des délais pour les travaux ou des moyens de soutien pour vous aider à gérer votre charge de travail.

Il est également important de ne pas vous mettre trop de pression pour suivre le rythme des autres étudiants et de ne pas vous frustrer. Il est important de se donner les moyens de progresser à son propre rythme.

Je vous souhaite un bon rétablissement et n'hésitez pas à me contacter si vous avez besoin d'aide supplémentaire.

Commentaire

La réponse a une dimension empathique non personnalisée mais correspond à ce que ferait de nombreux tuteurs. Là encore, Chat GPT n’a pas compris que le destinataire du message de l’apprenant était le tuteur. Ceci a été provoqué par la formulation de la requête qui était « répondre à ce message ». Le résultat est meilleur lorsque la requête est « Réponse du tuteur de l'apprenant qui a envoyé ce message ».

 

Message 7

Nous sommes en difficulté dans notre groupe.

Comme je l'ai fait remarquer hier, nous avons pris beaucoup de retard dans ce projet car nous avons choisi le terrain de Nadia et que les données convoquées sont arrivées vers le 19-20 décembre par son intermédiaire. Nous n'avons pas un accès direct aux intervenants ( ou bien nous ne nous le permettons pas) ce qui crée une subordination au rythme et décisions de Nadia.  Le travail de collaboration est difficile avec elle. Elle n'était pas disponible pendant les vacances de Noel. En revanche il est aisé entre Audrey et moi. Nous avons besoin d'une médiation de votre part.

Comment pouvons-nous procéder?

Réponse Chat GPT

Il est important de discuter des difficultés rencontrées au sein du groupe avec un tiers impartial, comme un responsable de projet ou un médiateur. Il est également important de communiquer clairement les attentes et les besoins de chacun, ainsi que de chercher des solutions pour améliorer la collaboration et la communication au sein du groupe. Il peut également être utile de discuter de la répartition des tâches et des responsabilités, pour s'assurer que chacun comprend sa contribution au projet et que les attentes sont claires. Il peut également être judicieux de discuter de la disponibilité de chacun et de trouver des solutions pour travailler ensemble malgré les absences.

Commentaire

La réponse est d’ordre général et non pragmatique. Toutefois, elle peut aider le tuteur à préparer la rencontre avec le groupe afin de surmonter le conflit.

 

Que tirer de ces exemples

La première chose est à la charge du tuteur qui utilise Chat GPT, il doit être précis dans la formulation de ses requêtes afin que Chat GPT situe son rôle de tuteur.

Il est évident que les réponses fournies par Chat GPT sont d’ordre général et ne peuvent pas tenir compte du contexte ni de l’historique de la relation tutorale.

Les formules destinées à créer du lien et la construction de la confiance entre le tuteur et le tutoré sont absentes. De même, à quelques exceptions, pour les mentions rappelant la disponibilité du tuteur et les formules de politesse.

Les réponses sur le plan méthodologique sont simples mais correctes. Celles formulées par un tuteur humain pouvant être plus complètes et étayées.

L’usage des temps conditionnel et subjectif, si utiles aux tuteurs, est inexistant.

Les réponses sont affirmatives et la technique du questionnement ouvert n’est pas utilisée par Chat GPT.



Finalement, est-ce que Chat GPT est utile pour les tuteurs devant réaliser des interventions auprès des apprenants ?

Ma réponse est affirmative, sous réserve que le tuteur ne se limite pas à faire un copier-coller des réponses de Chat GPT. Il devrait davantage s’en servir pour identifier la structure de sa réponse et repérer des éléments dans le message de l’apprenant qu’une lecture rapide et une analyse insuffisante lui ferait négliger. Chat GPT n’est donc pas une baguette magique mais constitue un outil que les tuteurs à distance peuvent mobiliser pour être en mesure de réaliser des interventions plus qualitatives en n’oubliant de recontextualiser, d’utiliser les techniques de rédaction propres au soutien à l’apprentissage, et de manifester une empathie sincère et non de convenance. 

mercredi 9 décembre 2020

A propos de la problématisation du tutorat à distance














Le dernier numéro de "L'interlettre Chemin Faisant du Réseau Intelligence de la complexité - MCX - APC" est largement consacré à la notion de « problématisation ». 

Dans son éditorial intitulé «Problématiser, c’est d’abord modéliser en responsabilisant le modélisateur» Jean-Louis Lemoigne attire notre attention sur l’impasse qui serait celle de ne confier qu’à des machines et autre intelligences artificielles la résolution des problèmes tout en évacuant la dimension humaine et forcément complexe de la construction des réponses qui ne peuvent être que contextualisées et transitoires. Lisons-le : 

«N’est-ce pas cette volonté réfléchie de maintenir ouvert ‘le bon usage de la raison dans les affaires humaines’ s’attachant à la fois à ‘faire pour comprendre en même temps qu’à ‘comprendre pour faire’ qui incite aujourd’hui à questionner les méthodes et recettes de type algorithmique automatisant les ‘résolutions de problème’ devant conduire aux présumées ‘meilleures décisions’ ? Chacun sait d’expérience que l’application de procédures automatisées dont on ne connait ni ne comprend l’organisation (conçue par un par un tiers ignorant des multiples spécificités des contextes et que l’on ne peut joindre), ne fait pas d’elle une connaissance légitimant la résolution : Les décisions de type bureaucratique ignorent en général la diversité des problématisations pouvant être considérées et ne sollicitent pas l’intelligence de la complexité du contexte perçu par les acteurs en situation.» 

Les lecteurs les plus assidus de ce blog ont pu constater que plusieurs de mes derniers billets proposent certaines modélisations du tutorat à distance et de son ingénierie et plus modestement du digital learning. D’autres sont consacrés au recours à l’intelligence artificielle et à ce que pourrait être une «cobotique tutorale». L’interpellation de Le Moigne m’amène donc à réfléchir à ma responsabilisation en tant que créateur de modèles et ce d’autant plus que l’accompagnement des apprenants à distance, devenant un thème d’actualité pressante au regard de la crise sanitaire de la Covid19, un plus grand nombre de personnes découvrent ce blog. 

Pour ma part, les leviers de la responsabilisation, je les puise dans une pratique réflexive de mes actions tant la métacognition est puissante à m'aider à déterminer qui j’ai été, ce que je suis et ce que je peux devenir. Il est vrai que, depuis plusieurs mois d’activité intense, tant la nécessité fait loi, et que cela s’est particulièrement révélé vrai durant ces périodes de confinement amenant un développement jamais vu de la formation à distance, j’ai peu accordé de temps à l’introspection. L’arrivée prochaine de la pause de fin d’année et les résolutions à prendre pour celle qui vient seront donc peut-être propices à ce temps de retour sur ma responsabilisation comme auteur du tutorat à distance. 

L’éditorial de Le Moigne m’a également interpellé sur l’usage de l’intelligence artificielle dans le tutorat à distance. Lors d’un récent webinaire, j’ai eu l’occasion de voir présenté, rapidement, un algorithme permettant de prédire les abandons d’apprenants engagés dans une formation à distance. Développé au sein de la communauté Moodle, il sera prochainement disponible et j’espère pouvoir bientôt le tester au sein d’un cours universitaire. Toutefois, il apparaît que les indicateurs choisis par les concepteurs de cet algorithme ne soient ni accessibles ni modifiables par l’enseignant-tuteur que je suis. Bien évidemment, je sais, pour connaître une des personnes ayant collaboré à la conception de cet algorithme, que les auteurs ne sont pas des ignorants des raisons multiples qui poussent un apprenant à distance à abandonner et que d’autre part, la prédiction ne pourra que s’améliorer selon les principes du big data et du machine learning, et qu’enfin, il ne s’agit pas de déresponsabiliser les tuteurs par la réalisation d’actions prédéterminées par la machine mais que ceux-ci resteront les juges des actions à mener envers les apprenants. 

Pour autant, l’absence de dialogue entre les concepteurs des algorithmes et les personnes qui sont sensées les utiliser, me semble significative d’une distance à parcourir. J’espère qu’elle le sera davantage que lorsqu’au début des années 2000, j’interpellais les éditeurs de LMS pour qu’ils instrumentent mieux le travail des tuteurs à distance, et lorsque, plus récemment, j'ai eu un début de dialogue, au point mort à l’heure actuelle, avec des spécialistes français d’xAPI afin d’expérimenter le potentiel de ce standard pour garder mémoire de la relation tutorale. 

En cette fin d’année, horribilis, et à l’aube de la nouvelle, la responsabilisation de chacun et plus particulièrement des modélisateurs, revêt une importance et une urgence certaines tant comme l’a constamment souligné Edgar Morin, tout au long de son œuvre et plus particulièrement dans « La connaissance de la connaissance » (Tome 3 de la Méthode) : «Toute connaissance acquise sur la connaissance devient un moyen de connaissance éclairant la connaissance qui a permis de l’acquérir».

jeudi 14 décembre 2017

Parution du n°14 de Tutorales


Et oui tutorales existe toujours !

Il est probable que nombre d’entre vous se sont demandés si c’était encore le cas puisque le dernier numéro paru remonte à un peu plus de trois ans…

Les raisons de ce silence sont multiples mais la principale a été mon occupation à d’autres projets éditoriaux dont mon livre sur l’ingénierie tutorale.

L’intelligence artificielle fait actuellement beaucoup parler, y compris dans le digital learning, comme lors des 15e journées du FFFOD. Il m’est donc paru intéressant de faire quelques constats sur ce qu’elle recouvre et sur son utilisation à des fins tutorales. Comme à l’accoutumé, un entretien complète ce numéro. Vanda Luengo et Olivier Ezratty apportent leurs réponses aux mêmes questions.

Enfin, une bibliographie volontairement réduite permettra, à ceux qui le souhaitent, d’approfondir leur vision de l’intelligence artificielle.

Très bonne lecture !

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dimanche 2 octobre 2016

Quelle place pour les robots dans le tutorat à distance ?


La question de l’automatisation de l’accompagnement des apprenants à distance n’est pas nouvelle. Dès 2005, t@d avait consacré un dossier thématique à l’industrialisation du tutorat (cf. http://jacques.rodet.free.fr/tadindus.pdf). De même, en 2011, un article de Corinne Courtin-Chaudun et Françoise Desmaison intitulé « Industrialisation et qualité du tutorat » est paru dans la revue Tutorales (cf. http://jacques.rodet.free.fr/tutoral8.pdf). Les progrès actuellement réalisés par l’intelligence artificielle réactive la question.

Il semble bien que ce soit la recherche d’économies pour certains, le fantasme à vouloir extirper toute présence humaine du processus de formation pour d’autres, qui provoque la réapparition périodique de ce sujet.

Alors que tous les enseignants et formateurs sont loin d’intervenir à distance en soutien aux apprenants, soit parce qu’ils n’interviennent dans aucun digital learning, soit parce qu’ils rencontrent des difficultés à investir la posture tutorale, l’intelligence artificielle ne risque-elle pas de préempter les fonctions d’accompagnement ? Serait-elle la solution de remplacement face à des enseignants et des formateurs ne voulant pas évoluer vers l’intégration du numérique dans leurs pratiques ?

Pour apporter quelques éléments de réponses à ces questions, j’évoquerai tout d’abord un article récemment paru traitant d’une expérience de recours à une intelligence artificielle pour apporter des réponses à des étudiants. Dans un second temps, j’examinerai les interventions tutorales qui peuvent actuellement être automatisées et confiées à des robots et celles qui ne le sont pas.

Un exemple de recours à l’IA en soutien aux apprenants

L’article intitulé « Et si votre tuteur scolaire était en réalité… un robot ! » paru le 10 mai 2016 sur le site humanoides.fr (cf. https://humanoides.fr/et-si-votre-tuteur-scolaire-etait-en-realite-un-robot/) a attiré mon attention. Il est précisé que « L’expérience a été menée à l’Université Georgia Tech. Jill Watson a été présentée aux élèves du professeur comme leur assistant pédagogique, une fonction très courante aux Etats-Unis, qui s’apparente à celle d’un tuteur, poste généralement occupé par de jeunes diplômés ou en fin d’études. Sa mission consistait donc à assurer toutes les tâches habituelles d’un tuteur : communication des dates d’examens, de rendus de devoirs, aide pédagogique et administrative… »

Il est indiqué que le robot n’a pu répondre à certaines questions, les plus complexes, que parce que celles-ci étaient déjà apparues lors de sessions précédentes et que des tuteurs humains y avaient répondu préalablement. De plus, les tuteurs humains ont été sollicités pour permettre au robot d’acquérir progressivement l'autonomie recherchée dans la formulation de ses réponses.

Cette expérience se révèle donc prometteuse pour les interventions réactives sur le plan cognitif que la plupart des tuteurs à distance estiment correspondre à environ à un quart à un tiers de l'ensemble des interventions qu'ils réalisent. C'est donc loin d'être négligeable.

Pour les interventions proactives comme le rappel des échéances, l'intérêt du recours à un robot me parait moindre. Un planning et le paramétrage d'envois de mails automatiques dans le LMS remplissent parfaitement ces tâches.

Pour intéressante qu’elle soit, cette expérience a nécessité quelques prérequis : i) l’existence d’une banque importante de questions d'étudiants auxquelles des tuteurs humains avaient préalablement répondu, ii) La mobilisation des tuteurs humains pour guider l'apprentissage du robot.

Par ailleurs, le fait que l'expérience ait été menée par un professeur en intelligence artificielle dans un cours d'intelligence artificielle n'est pas anodin. La transposition de cette expérience à un autre domaine reste à expérimenter et posera inévitablement la question des compétences nécessaires à un enseignant ou un formateur pour programmer et manipuler un robot de ce type.

Je remarque également que le robot ne pouvant répondre de manière pertinente à des questions qui n'ont pas été traitées lors des précédentes sessions, le contenu de la formation doit être particulièrement stable. Ceci est de moins en moins vrai dans de nombreux domaines tant le rythme d’apparition et de disparition des connaissances s’accélère. Les ressources d’une formation demandent régulièrement et fréquemment des mises à jour sur lesquelles le robot devra se former avec l’aide de tuteurs humains. En fait, tout dépend de la capacité du robot à apprendre en autonomie, ce sur quoi l’article ne nous renseigne pas.

Dès lors, il est naturel de se demander si le retour sur investissement est réel ou non. Outre les coûts fixes de développement du robot, il existe des frais variables liés aux ressources humaines qui le guident dans son apprentissage. Est-ce que le travail alors fourni par le robot a une valeur financière supérieure aux coûts engagés ? Il est probable que cela ne soit rentable que dans les dispositifs qui rassemblent un nombre massif d’étudiants. C’est donc potentiellement une piste pour les moocs dont l’immense majorité, c’est le moins que l’on puisse dire, ne brille pas encore par la qualité du soutien apporté à leurs participants.

Quelles interventions tutorales peuvent-elles être confiées à un robot ?

Dans l’exemple ci-dessus, il apparaît, et c’est peut-être un biais ou une limite du périmètre de l’expérience elle-même, que les interventions tutorales assurées par le robot relèvent uniquement du plan cognitif pour les fonctions tutorales suivantes : accueil et orientation, organisationnelle, pédagogique, technique et évaluation. La fonction tutorale socio-affective et motivationnelle tout comme métacognitive ne sont pas investies. De même, les plans de support à l’apprentissage socio-affectif, motivationnel et métacognitif ne sont investis pour aucune des fonctions tutorales.

En partant de ma matrice des interventions tutorales qui croisent les fonctions tutorales et les plans de support à l’apprentissage (cf. http://blogdetad.blogspot.fr/2012/06/des-fonctions-et-des-plans-de-support.html), et à partir de l’expérience présentée plus haut, je projette que certaines interventions peuvent effectivement être assumées par un robot, certaines nécessitent des actions coordonnées d’un robot et d’un tuteur humain, tandis que d’autres ne peuvent être réellement réalisées de manière efficace pour les apprenants que par un tuteur humain.

Répartition des interventions tutorales entre un robot et des tuteurs humains




Pour l'instant, les interventions tutorales pouvant être confiées à un robot seul, bien que non négligeables, sont peu nombreuses. Celles nécessitant des actions coordonnées entre un robot et des tuteurs humains le sont davantage. Dans ce cas, la répartition, du qui fait quoi, dépend fortement des capacités du robot. Dans bien des cas, le robot n'agira qu'en complément du tuteur humain qui conservera une vraie plus-value. Enfin, nombre d'interventions tutorales restent du domaine exclusif des tuteurs humains dans la mesure où elles demandent une compréhension sensible et émotionnelle du besoin de soutien de l'apprenant.  

Bien évidemment, les avancées en matière d’intelligence artificielle risquent fort dans les prochaines années de modifier les couleurs affectées à telle ou telle cellule de cette matrice. Toutefois, attendre celles-ci pour ne pas investir dans le tutorat à distance et la constitution d’équipe de tuteurs humains amènerait les attentistes à voir les taux d’abandon dans leurs digital learning se maintenir à un niveau si élevé qu’il remettrait en cause l’existence même de leur offre de formation.

Les robots et l'intelligence artificielle sont donc encore loin de pouvoir préempter les fonctions d'accompagnement des apprenants d'un digital learning. Le recours à des tuteurs humains apparaît encore indispensable pour répondre à l'ensemble des besoins de soutien des apprenants. Les formateurs et les enseignants sont dans la nécessité de se former aux usages numériques et à l'évolution de leur posture professionnelle : de la transmission vers l'accompagnement et le soutien.