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lundi 25 septembre 2017
jeudi 12 novembre 2015
Identifier son temps d’apprentissage dans un digital learning
Le temps de formation représente souvent une difficulté pour les apprenants à distance. En effet, il convient pour eux d’identifier des plages horaires qui doivent s’insérer dans le reste de leurs occupations. Les apprenants les moins à l’aise avec la planification ont souvent l’impression de manquer de temps.
Dans la figure ci-dessous, nous proposons une répartition des temps types d’une semaine, soit 168 heures dans laquelle nous avons inséré un temps de formation de 10 heures. Bien évidemment, cette figure n’est qu’un exemple et il appartient à chaque apprenant d’identifier ses propres temps. Certains temps peuvent simultanément relever de deux catégories, par exemple lorsque l'apprenant profite de ses déplacements pour réaliser une de ses activités de formation.
La difficulté de la gestion de son temps est aussi relative au manque de savoir-faire dans la quantification des activités à réaliser durant la formation. Les apprenants à distance ont souvent du mal à trouver le temps nécessaire à la réalisation des activités proposées. Par contre, ils ne sont que très rarement en capacité de quantifier le temps dont ils auraient besoin…
Pourtant, la plupart du temps, dans un parcours de formation, les temps moyens nécessaires à chacune des activités sont indiqués. Ceux-ci pouvant varier d’un individu à un autre, la première question que l’apprenant devrait se poser est la suivante : lorsque je fais une activité demandant 30 mn, combien de temps j’y passe ? Il peut alors facilement identifier son CTP (Coefficient Temporel Personnel) : 0,75% du temps indiqué, 100%, 150%, 200%...
Connaître le temps dont on a besoin est la première chose à faire par l’apprenant mais la seconde est de toute aussi grande importance : noter dans son agenda les temps réservés à sa formation : pas seulement les rendez-vous synchrones mais également les temps de consultation des ressources, les temps de réalisation des travaux individuels ou collaboratifs. Pour ces derniers, il est prudent de compter 15 à 20% en plus pour la coordination avec ses pairs.
Il est nécessaire pour l’apprenant d’être réaliste plutôt que volontariste dans sa planification : prévoir des temps trop courts l’amènera immanquablement au constat qu’il manque de temps. A contrario, prévoir trop de temps peut se révéler intenable. Il est difficile de quantifier juste du premier coup, aussi l’apprenant ne devrait pas négliger de faire un comparatif entre le prévu et le réel, cela l’amènera progressivement à devenir un meilleur planificateur.
Le temps est certainement une contrainte mais ce n’est que lorsque l'on se fixe des contraintes, que l'on avance. Le temps est une ressource et comme telle doit être gérée.
Lorsque l’apprenant a plusieurs cours ou modules en parallèle, il lui faut planifier des temps pour chacune des activités de ces cours ou modules. En effet, consacrer tout son temps à un seul d’entre eux, l’amènerait à accumuler du retard sur les autres. Pour autant, il est préférable de ne pas réaliser plusieurs activités de cours différents en une même séance de travail à moins d’être très à l'aise dans le zapping ;-).
Le secret de la planification, c’est de la réaliser en amont mais surtout de prévoir des marges de manœuvre.
Prenons le cas d’une personne qui a prévu de consacrer à sa formation 3 fois 1 heure et 1 fois 2 heures par semaine. Il est alors prudent qu’elle planifie 2 séances de 1 heure supplémentaires. Cette marge de manœuvre lui permettra de faire face aux aléas (impossibilité de réaliser une séance prévue, coup de fatigue, temps nécessaire à une activité supérieur à ce qui était prévu, etc.) sans que les objectifs de la semaine ne soient remis en cause.
Planifier demande de faire des choix ayant parfois des conséquences sur son entourage professionnel, familial, amical. Il est donc nécessaire d’en parler avec lui.
Ne pas planifier, c'est souvent programmer son échec. Ne pas accumuler de retard est la meilleure assurance pour compléter sa formation.
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mercredi 18 mars 2015
Les apprenants aux prises avec le temps et l’espace de leur formation
Etre apprenant à distance confronte à de nouvelles situations spatio-temporelles. Or, les apprenants à distance ne connaissent pas tous les mêmes conditions. Certains réalisent leurs activités de formation sur leur temps personnel, d’autres sur leur temps professionnel. De même, pour l’environnement, il peut être celui de l’exercice professionnel ou privé, souvent familial.
A travers cette infographie, je modélise, et comme toute modélisation, celle-ci est une réduction de la réalité vécue par un individu particulier, quatre profils d’apprenants à distance en fonction de leurs temps et espaces d’apprentissage : l’incorporé, l’affranchi, le perruquier et l’émancipé.
L’INCORPORE réalise son apprentissage sur son lieu et durant ses heures de travail. Son projet de formation est intégré à la politique de son entreprise, du moins, l’individu a négocié avec sa hiérarchie l’aménagement de sa charge de travail et a obtenu la possibilité de réaliser sa formation à son poste de travail.
Avantages : pas de déplacement pour se former, il peut enchaîner aisément son travail et sa formation et inversement. Ceci est susceptible de faciliter le transfert de ses connaissances pour peu que la formation soit en rapport avec son métier.
Inconvénients : sa hiérarchie et ses collègues ne peuvent pas identifier clairement lorsqu’il est en formation et peuvent donc le déranger. L’environnement de travail n’est pas forcément adapté aux activités d’apprentissage.
L’AFFRANCHI réalise son apprentissage sur son temps de travail mais à son domicile ou autre lieu indépendant de son travail. Sa formation est réalisée dans des conditions proches de celui du télétravail. Affranchi des contraintes temporelles, il organise ses temps d’apprentissage comme il le souhaite ou de manière négociée avec sa hiérarchie.
Avantages : les temps de travail et de formation sont distincts car matérialisés spatialement. Il doit en tenir un compte exact pour être en mesure de le justifier le cas échéant. Ceci est un réel avantage car un apprenant gagne toujours à superviser son temps d'apprentissage.
Inconvénients : Il lui revient de faire de son lieu privé, un environnement propice à l’apprentissage. La rupture spatio-temporelle entre son travail et sa formation ne permet pas un transfert instantané de ses connaissances à son activité professionnelle.
Le PERRUQUIER réalise son apprentissage sur son lieu de travail mais en dehors de ses horaires professionnels. Il peut utiliser les moyens et outils de son environnement professionnel à des fins personnelles de formation. Ce temps de perruque, à l’instar des pratiques artisanales et ouvrières où cette pratique a été (est) très répandue, est un laisser-faire accepté plus qu’énoncé par la hiérarchie. (cf. La perruque inversée comme métaphore de la structure du temps de travail de l'enseignant par Jean-Paul Moiraud).
Avantages : pas de déplacement pour se former, il peut enchaîner aisément son travail et sa formation qui se réalise en dehors des horaires de travail. Tôt le matin ou tard le soir, il bénéficie d’un environnement plus calme qu’en journée.
Inconvénients : il n’y en a guère sinon que la perruque sous-tend que l’objet de la formation est compatible ou congruent avec l’activité professionnelle.
L’EMANCIPE réalise son apprentissage à son domicile ou autre lieu indépendant de son travail et en dehors des horaires de ce dernier. Il peut ainsi suivre des formations qui ne sont pas en rapport avec son activité professionnelle, voire préparer ainsi une reconversion sans que sa hiérarchie n’en soit informé.
Avantages : Il peut exercer pleinement son autonomie.
Inconvénients : L’exercice de son autonomie suppose qu’il ait développé certaines compétences, d’une part, en planification et régulation et d’autre part, en prise de recul réflexive sur sa formation. Il doit créer un environnement propice à son apprentissage.
Le tuteur à distance tire avantage de l'identification du profil spatio-temporel de ses apprenants afin de leur prodiguer des conseils adaptés. Par exemple, en direction des incorporés, il peut les inciter à signaler leurs périodes de formation à leur collègues, une petite pancarte est habituellement efficace. Il peut questionner les affranchis sur l’adéquation de leur environnement personnel avec leurs tâches d’apprentissage. Il sera attentif à ce que le perruquier ne se laisse pas emporter par la routine du geste professionnel au détriment de son apprentissage (sur la routine cf. Jean-Paul Moiraud La routine pédagogique). Il entrera en dialogue avec l'émancipé pour évaluer sa réelle capacité à exercer son autonomie.
Vous reconnaissez-vous dans un de ces profils ? Avez-vous identifié d’autres avantages et inconvénients pour l’un ou l’autre ? Si vous êtes tuteur à distance, êtes-vous attentif aux conditions spatio-temporelles de vos apprenants ? Au plaisir de vous lire.
mercredi 4 février 2015
Le manque de temps des apprenants à distance
Certes, les concepteurs sont souvent ambitieux et ne mesurent pas toujours très exactement le temps d’étude et de production que demandent les modules qu’ils mettent à disposition des apprenants.
Toutefois, il faut remarquer aussi que de très nombreux apprenants éprouvent de réelles difficultés à organiser de manière rationnelle et déterminée leurs temps d’apprentissage. Les difficultés sont de divers ordres. Difficulté à dégager les plages horaires pour le travail individuel et les tâches collaboratives. Difficulté à maintenir la formation comme une priorité par rapport à leurs autres occupations. Tentation de faire du temps d’apprentissage une variable d’ajustement vis-à-vis de la fluctuation de leurs activités professionnelles…
Toutefois, il faut remarquer aussi que de très nombreux apprenants éprouvent de réelles difficultés à organiser de manière rationnelle et déterminée leurs temps d’apprentissage. Les difficultés sont de divers ordres. Difficulté à dégager les plages horaires pour le travail individuel et les tâches collaboratives. Difficulté à maintenir la formation comme une priorité par rapport à leurs autres occupations. Tentation de faire du temps d’apprentissage une variable d’ajustement vis-à-vis de la fluctuation de leurs activités professionnelles…
Il est remarquable que si les apprenants se plaignent de ne pas avoir assez de temps, ils ne vont que très rarement jusqu’à quantifier le temps dont ils manquent. Sans cette quantification, il leur est impossible d’objectiver le manque qu’ils ressentent d’abord affectivement et qui a des conséquences fortes sur leur niveau de motivation. Une fois qu’ils éprouvent le sentiment d’être débordés et de ne pas avoir les moyens de s’en sortir, la procrastination vient immanquablement empirer la situation. Des solutions peuvent alors être mise en place par l’institution. J’ai déjà largement exploré celles-ci précédemment et je renvoie à la lecture des volumes des Fragments du Blog de t@d (cf. volume 5 et volume 6).
Je veux, ici, donner quelques pistes de solutions que les apprenants peuvent mettre eux-mêmes en place. Tout d’abord, ils doivent dans une démarche autoréflexive prendre conscience qu’ils ne pourront se former que s’ils consacrent du temps à leur formation. En effet, il est fréquent de constater que les apprenants qui se plaignent de ne pas avoir assez de temps pour leur formation, ne leur en consacre que très peu. Il leur faut aussi agir en direction de leur hiérarchie qui trop souvent ne dégage pas le temps nécessaire à leur formation tout en leur demandant de la réaliser. La même question peut se poser avec l’environnement familial. Par exemple, il est assez illusoire de vouloir réaliser un master en un an tout en continuant son activité professionnelle sans être prêt à réorganiser ses temps familiaux et de loisirs. Il leur faut également préférer l’action à la réaction, ce qui suppose qu’ils planifient rigoureusement, mais non de manière volontariste, leurs temps d’apprentissage. Le refus de planifier est directement en lien avec le sentiment de ne non maîtrise du temps. Or, c’est bien la planification qui autorise le pilotage de son parcours de formation. Les apprenants peuvent, parfois, intégrer certaines tâches de formation dans leur agenda professionnel. C’est notamment le cas des formations à distance à vocation de perfectionnement professionnel. Ils ne devraient donc pas s'en priver. Pour gérer plus facilement les temps de travail collaboratif, il est important dans une première étape d’identifier les plages temporelles communes aux participants puis de fixer une régularité des rencontres de coordination, de médiations, de prise de décision. De même, il est hautement souhaitable d’avoir au sein du groupe collaboratif, une gestionnaire du temps qui tiendra le planning, le régulera, rappellera les échéances, relancera les participants…
Ces quelques pistes n'épuisent pas le sujet mais pointent le fait que le manque de temps ressenti par les apprenants n'est pas une fatalité qui s'impose à eux uniquement de l'extérieur mais qu'ils peuvent prendre les moyens de mettre en place des solutions viables pour eux. Il est certain que c'est en maîtrisant de manière délibérée leur temps de formation que les participants d'une FOAD seront le plus à même de développer leur autonomie d'apprenants.
Ces quelques pistes n'épuisent pas le sujet mais pointent le fait que le manque de temps ressenti par les apprenants n'est pas une fatalité qui s'impose à eux uniquement de l'extérieur mais qu'ils peuvent prendre les moyens de mettre en place des solutions viables pour eux. Il est certain que c'est en maîtrisant de manière délibérée leur temps de formation que les participants d'une FOAD seront le plus à même de développer leur autonomie d'apprenants.
Pour ceux qui souhaitent approfondir de manière plus savante cette question du temps, signalons les travaux de Jean-Paul Moiraud, entre autres ce billet intitulé « Temps et espace » ainsi que ceux de Margarida Romero, par exemple sa conférence intitulée « Les temps du tutorat à distance ».
mercredi 16 octobre 2013
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