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samedi 29 décembre 2007

Pluralité sémantique du tutorat


De nombreuses informations donnent une vision bien éloignée de ce que nous entendons, ici, par tutorat (le tutorat est une modalité d’encadrement ; le tutorat se veut être une relation d’aide ; la mise en place du tutorat vise à réduire l’abandon ou l’échec et à permettre à l'apprenant d'atteindre ses objectifs de formation ; les tâches de tutorat sont variées, dépendent du contexte et des options organisationnelles et pédagogiques ; le tutorat consiste pour un tuteur à établir, à développer, à ajuster sa relation d’aide avec le tutoré ; le tuteur peut être secondé dans son encadrement par d’autres personnes ou des outils ; etc.).

Tel enseignant requalifie ses cours particuliers en prestation de tutorat, tel étudiant donnant de bons tuyaux à ses pairs pour bachoter efficacement et venir à bout des colles (évaluation par QCM), se déclare tuteur. De plus en plus souvent, le tutorat est circonscrit au tutorat par les pairs. Les déclarations de Valérie Pécresse mais aussi les nombreux exemples réunis dans le dossier sur le tutorat par les pairs des Fragments du blog de tad illustrent cette tendance. De leur côté, Les maîtres d'apprentissage en entreprises, qui bénéficieront bientôt d'un titre de tuteur en entreprise, et dont les missions s'apparentent plus à celles de coachs pour nouveaux entrants, se reconnaissent depuis longtemps dans l'appellation de tuteur.

Alors que l'identité professionnelle du tuteur à distance a toujours du mal à s'affirmer (cf. le conflit de la Téluq), et malgré les tentatives que nous développons sur ce blog (cf. par exemple l'article Formateur à distance = tuteur à distance ?) voilà que buzz, dérives sémantiques et pratiques dans d'autres lieux que ceux des institutions de formation, donnent de nouvelles définitions du tutorat éloignées de nos représentations. Faut-il s'en étonner ? Le déplorer ? Faut-il abandonner le terme de tuteur ? Au profit de quel autre ? Faut-il, comme nous le propose implicitement André Chauvet nous définir de manière plus large et plus transverse comme des accompagnateurs ? Ou faut-il, comme nous y invite l'illustration de cet article, se représenter le tutorat de manière fractale ?

Qu'en pensez-vous ?

Tel est le débat que nous pourrions avoir ensemble à l'aube de l'année 2008.

Comme à l'accoutumé, vous avez plusieurs modalités pour participer à ces échanges :

  • commentaires à cet article,
  • envoi de textes à tad2007@free.fr
  • si vous êtes auteurs du blog, par publication directe d'articles

Image dans son contexte original, sur la page www.vatinelphoto.com/nb/

mercredi 31 octobre 2007

Le tutorat par les pairs selon Studyrama

Le bac en poche, vous voici à l’aube de votre vie d’étudiant ! Mais qui dit devenir étudiant dit aussi abandonner le lycée pour se jeter dans l’immensité de la fac. À peine l’étape, ô combien pénible, des inscriptions passées, il vous faut vous familiariser avec le lieu et apprendre de nouvelles méthodes de travail. Malheureusement, le temps vous est compté et les professeurs ne sont pas toujours très disponibles, surtout dans un amphi de 300 étudiants. Mais pas de panique, les tuteurs sont là pour prendre le relais et vous aider à mieux appréhender votre travail et mettre toutes les chances de votre côté pour réussir votre année !

Par Constance Dive


Qui sont les tuteurs ?
Ce sont des étudiants inscrits dans la même filière que vous, mais en deuxième ou troisième cycle (c’est-à-dire qu’ils sont au minimum en master 1) et qui ont connu les mêmes galères que vous quelques années auparavant. Qui mieux que vos aînés pour vous faire profiter de leur expérience ? Ils sont volontaires, ont de bons résultats et connaissent toutes les méthodes de travail propres à la fac et peuvent ainsi vous guider dans votre dur labeur personnel. De plus, ils sont en relation avec les professeurs et savent parfaitement ce qu’ils attendent de leurs étudiants. N’hésitez pas à les mettre à contribution et suivez bien leurs conseils, ils sont là pour vous aider !

Les différents types de tutorat
Il existe 2 types de tutorat, le tutorat d’accueil et le tutorat d’accompagnement.

Le tutorat d’accueil est pratiqué en début d’année scolaire, pendant la période des inscriptions, avant que les cours ne débutent. Des étudiants triés sur le volet vous prennent en charge le temps de vous expliquer le fonctionnement de l’université, assez différent et plus complexe que celui du lycée, mais aussi le déroulement de votre cursus universitaire et le contenu exact de votre formation. Ainsi vous êtes mieux armés pour débuter votre année sur les chapeaux de roue !

Le tutorat d’accompagnement, quant à lui, se pratique toute l’année et commence dès le premier semestre. À raison d’1 ou 2 fois par semaine, vous travaillez en groupe ou individuellement avec l’aide de votre tuteur. Vous apprenez ainsi à mieux gérer votre travail, à être plus efficace mais aussi à effectuer des recherches documentaires qui représentent une part non négligeable du travail universitaire.

Attention ! L’accès au tutorat n’est pas automatique, c’est à vous de vous faire connaître au bureau concerné afin d’entrer en contact avec les tuteurs et de prendre connaissance des salles et horaires où ils officient. De plus, les tuteurs ne sont pas des magiciens ! Rien ne sert de vous précipiter en salle de tutorat juste avant les examens. Pour être efficace et vous offrir le plus de chance de réussite, le tutorat doit être commencé dès que le besoin s’en fait sentir, le plus tôt possible dans l’année.

Le tutorat n’est plus uniquement réservé aux universités Suite au succès du tutorat au sein des universités, de plus en plus d’écoles pratiquent un soutien scolaire entre élèves du même cursus. C’est le cas de l’École Normale Supérieure de Paris, ou de grandes écoles de commerce comme l’Essec ou l’Esdes. Dans d’autres écoles, le tutorat peut prendre la forme de groupes de travail rassemblant des étudiants de même niveau. Quoi qu’il en soit, même si le mot « tutorat » n’est pas utilisé, on trouve souvent un système équivalent dans les établissements de l’enseignement supérieur.

Pour plus d’infos, rendez-vous dès la rentrée au bureau du tutorat de votre université ou renseignez-vous auprès de l’administration de votre école. Le tutorat reste encore la meilleure façon de ne pas perdre pied et de pas se laisser submerger par le travail.

Source : studyrama
Image dans son contexte original, sur la page www.tro-breiz.com/permanent/benevolat.php

jeudi 27 septembre 2007

Tutorat d'accueil et d'orientation à l'Université Bretagne-Sud

A l'université Bretagne-Sud, un tutorat serré a réduit l'échec

[...] "Toutes les premières années, quelles que soient leurs filières, bénéficient d'un dispositif complet d'accompagnement", explique Frédéric Bedel, vice-président de l'UBS chargé des études et de la vie étudiante.

En quelques jours, une semaine après leur prérentrée, près de 2 500 étudiants, néobacheliers et redoublants, seront reçus par des enseignants volontaires pour les tutorer. Sur les 400 enseignants de l'université, 150 s'impliquent chaque année dans ce premier maillon d'un vaste plan de lutte contre l'échec, le "guichet réussite".

L'opération commence par des réunions d'information à destination des lycéens et de leurs familles. Une fois à l'université, les étudiants doivent rencontrer leurs tuteurs au minimum trois fois dans l'année. "En début de semestre, les questions concernent le choix des options, l'incidence des notes sur la carrière, la méthode de travail. Beaucoup nous demandent aussi si nous allons les reconnaître dans un amphi", analyse Anne Borry, enseignante de biologie et tutrice.

En fin de premier semestre, le deuxième entretien permet de faire le point et de proposer des solutions en cas de difficultés. Selon la gravité du décrochage, l'étudiant peut se voir proposer un tutorat renforcé ou une inscription en cycle d'orientation-consolidation (COC). Ce programme de huit à dix semaines offre des cours de remise à niveau et des enseignements adaptés au nouveau projet professionnel, voire un stage. En 2006, sur la centaine d'étudiants qui ont suivi le COC, les deux tiers se sont réorientés vers des filières courtes de type IUT ou BTS, les autres se sont dirigés vers la préparation de concours ou vers la vie active.

Développée depuis trois ans, cette politique de prévention et d'accompagnement repose sur une vigilance quotidienne. L'université contrôle à l'improviste l'assiduité et n'hésite pas à décrocher son téléphone pour joindre les absentéistes. "Chaque année, nous arrivons à "récupérer" près de la moitié des étudiants inscrits qui arrêtent de venir en cours au bout de quelques semaines", estime M. Bedel.

L'université a aussi instauré des cours obligatoires dans lesquels les étudiants apprennent à organiser leur travail et à réfléchir sur la pertinence de leur projet professionnel. Les intéressés apprécient. "L'année dernière, j'étais en première année de médecine à Rennes, raconte Valentine Nicolas, étudiante en sciences et vie de la terre. A mille étudiants par amphi, c'était inhumain. Ici on sait que l'on peut être aidé, c'est rassurant." [...]

Source : lemonde.fr