samedi 15 septembre 2007

Des tuteurs pour l'enseignement des langues en primaire ?


La visio conférence au services des langues du primaire en septembre 2008

Quelque mille écoles primaires devraient être équipées d'un dispositif de visioconférence pour permettre aux élèves de communiquer en direct avec leurs correspondants étrangers. C'est ce qui a été annoncé par le ministre de l'Education Xavier Darcos lors de sa visite de l'Ecole Willy Brandt à Elancourt (Yvelines), son objectif : « faire de la France une nation bilingue ». Le ministère devrait lancer un appel à projet destiner à en régler les modalités techniques.


Vingt établissements pilotes devraient être équipés dès janvier 2008. « Il s'agira en fait d'une vingtaine de projets qui seront présentés par des entreprises et des collectivités locales, et que nous auront labellisés d'ici décembre », nous explique Jean-Yves Capul, sous-directeur du service TICE (Technique de l'Information et de la Communication pour l'Education) du ministère de l'éducation nationale. Ces vingt tests grandeur nature serviront à évaluer le type d'utilisation à faire d'un tel outil.

Un vaste chantier

Car si l'idée de base est bien évidemment de laisser les éléves discuter avec des interlocuteurs anglophones, reste à savoir à qui et comment ils s'adresseront. Plusieurs options sont envisagées. La plus séduisante serait de permettre à des classes entière de pouvoir se parler via une installation HD, qui autorise les conférences à plusieurs, et en temps réel. Il est également possible que les discussions se fassent en « one to one », seuls quelques ordinateurs équipés de web cam suffiraient alors. Reste à trouver des classes européennes jumelles qui soient aussi bien équipées que les classes françaises pilotes. A défaut, le ministére nous apprend que la correspondance pourrait se faire avec un tuteur adulte et non pas une classe entière.

Enfin, le TICE souhaite également se pencher sur la possibilité d'intégrer la visioconférence aux tableaux blancs interactifs, les TBI qui commencent à apparaitre dans quelques écoles. De même, l'appel devrait rester ouvert en ce qui concerne les protocoles de transmission (H323 ou voix sur IP).

« Une fois ces 20 projets évalués, poursuit Jean Yves Capul, nous choisirons le plus approprié, et il servira de modèle aux installations de la rentrée 2008. » Quoi qu'il en soit, l'Etat ne devrait pas assurer de financement au delà de celui, non précisé encore, nécessaire à la mise en place de ces 1000 "prototypes". Tout appareillage supplémentaire étant à la charge des collectivités locales.

Il existe déjà quelques exemples d'utilisation de la visioconférence dans le primaire. C'est le cas de l'école de la Commanderie à Elancourt qui a opté pour le cours à distance via un TBI. « Nous faisons l'experience depuis janvier dernier avec une classe de CM1. Des professeurs leur donnent régulièrement des cours depuis l'Angleterre et le Canada, mais nous avons encore peu de retours, » nous explique Mm Selin, la directrice de l'école. L'école de la Commanderie fera partie des 20 projets labellisés par le ministère.

Source : lemondeinformatique.fr

vendredi 14 septembre 2007

Expérience d'un tutorat en FOAD en Anatomie Humaine


La Leçon d'anatomie de Rembrandt (1632)

Ganesha, plate-forme de téléformation, est un logiciel qui assiste la conduite des enseignements à distance. Ce type de logiciel regroupe les outils nécessaires aux trois principaux utilisateurs - formateur, apprenant, administrateur - d'un dispositif qui a pour finalité la consultation à distance de contenus pédagogiques, l'individualisation de l'apprentissage et le télétutorat.

Dans ce système, le formateur crée des parcours pédagogiques types et individualisés de son enseignement, incorpore des ressources pédagogiques multimédias et effectue un suivi des activités des apprenants. L'apprenant consulte en ligne ou télécharge les contenus pédagogiques qui lui sont recommandés, organise et a une vue de l'évolution de son travail, effectue des exercices, s'auto-évalue et transmet des devoirs à corriger. Formateurs et apprenant communiquent individuellement ou en groupe, créent des thèmes de discussion et collaborent à des documents communs.

L'administrateur installe et assure la maintenance du système, gère les accès et les droits des uns et des autres, crée des liens avec les systèmes d'information externes (facturation, catalogues, ressources pédagogiques, etc.). Le site de la plate-forme pour l'enseignement de l'anatomie est le suivant: http://boussafsatb.free.fr. Il suffit de demander le login et le mot de passe pour accéder gratuitement à l'adresse suivante :
mailto:boussafsatb@yahoo.fr.

Depuis le mois de décembre 2003, le Laboratoire d’Anatomie Humaine de la Faculté de Médecine de Constantine a mis en place, sur le Web, une plate-forme de formation ouverte et à distance d’un enseignement collaboratif de l’Anatomie Humaine aux étudiants des sciences médecine.

La plate-forme est interactive et comporte un administrateur, un tuteur, des stagiaires et 07 modules d’anatomie humaine sous deux formes : par objectifs pédagogiques 02 et par cours théoriques classiques (05). Les inscriptions se font à la demande des étudiants de première et deuxième années de médecine et des étudiants de deuxième année de chirurgie dentaire.

Il y a au total 91 inscrits. L’année universitaire 2003-2004 compte : 01 en première année de médecine, 13 en deuxième année de médecine et 14 en deuxième année de chirurgie dentaire. Soit au total 28 inscrits. L’année universitaire 2004-2004 compte : 05 en première année de médecine, 53 en deuxième année de médecine et 05 en deuxième année de chirurgie dentaire. Soit au total 63.

Les connexions se sont faites de la manière suivante : Décembre 03 (05), janvier 04(13), février 04 (10), mars 04 (01), octobre 04 (05), novembre 04 (05), décembre 04 (06), janvier 05 (06), février 05 (22), mars 05 (18). 05 cours sont en construction. Notre but est de mettre à la disposition de nos étudiants (es) tout l’enseignement de l’anatomie humaine en distanciel sur la plate-forme collaborative et interactive. C’est un apport supplémentaire à l’enseignement présentiel. L’adresse du site Web est :
http://sboussafsaf.free.fr/

mercredi 12 septembre 2007

Tutorat et rapid e-learning



Aujourd'hui, j'ai participé à un jury évaluant les mémoires de stages en entreprises d'étudiants ayant complété une licence STIC « chef de projet junior multimédia » avec option conception de formation en ligne. Plusieurs de ces étudiants ont effectués leur stage dans des entreprises de e-learning réputées sur le marché français, des plus sérieuses jusqu'à celle dont je tairai le nom par charité (mais faut-il l'être réellement, charitable ?) et dont l'effectif est constitué à 90% de stagiaires...

Dans tous les produits de formation présentés, un grand absent : le tutorat. Il est vrai qu'à l'heure du rapid e-learning l'accent est davantage mis sur la production du contenu au détriment d'une scénarisation pédagogique intégrant le facteur humain. Il est vrai aussi que beaucoup de produits de e-learning ne sont pas des formations mais tout simplement de la communication d'informations habillée de QCM pour vérifier que le message a bien été réceptionné. Aussi, je suis ressorti assez perplexe sur les rapports entretenus par le rapid e-learning avec le tutorat.

Adrien Ferro dans son texte « Des ressources (en ligne) et des hommes 2 – L'ère du rapid e-learning » http://ressources.algora.org/virtual/30/Documents/pdf/rapidlearning_1104.pdf précise bien que le rapid e-learning n'impacte que les 3 premiers axes qu'il a identifié précédemment http://www.centre-inffo.fr/Des-ressources-en-ligne-et-des,2270.html et non le 4e qui concerne ... « l'animation et le suivi en ligne ».

Il y a quelques années, Emmanuel Duplàa, Arnaud Galisson et Hugues Choplin posaient crûment la question suivante : « Le tutorat à distance existe-t-il ? » http://archiveseiah.univ-lemans.fr/EIAH2003/Pdf/n047-124.pdf

Ne faut-il pas réactualiser leur interrogation de cette manière : le tutorat existe-t-il dans le rapid e-learning ?


Dans l'attente de lire vos commentaires et témoignages...

mardi 11 septembre 2007

Didactique et pédagogie du tutorat à distance pour l’apprentissage du Français Langue Etrangère (FLE) : le cas du français académique


Catherine Pamphile (21 avril 2006)
Thèse de didactique des langues, en cours à l’université Paris 3 sous la direction de F. Demaizière.

1. Contexte de la recherche

Après de nombreuses désillusions quant à l’étendue des possibilités des TIC, il est apparu que les dispositifs de formation à distance ne pouvaient se passer d’une médiation humaine, et que l’encadrement des apprenants était crucial. De ce fait, l’accompagnement pédagogique à distance, que nous nommerons tutorat, est aujourd’hui considéré comme indispensable à la construction d’un dispositif de formation à distance (FAD) adéquat.

Cette recherche, que nous menons en tant que membre du projet Favi (français académique virtuel international), réunit des chercheurs de Paris 3 et Paris Dauphine. Depuis plusieurs années, cette dernière dispense des cours de français permettant aux étudiants étrangers de master, doctorat ou au-delà de perfectionner leur français académique. Les étudiants suivent cette formation en présentiel, et à distance par le biais d’une plate-forme WebCT. Le projet Favi a pour but de développer la partie de la formation réalisée à distance. Étant nous-même tuteur dans la formation Favi, nous nous interrogerons sur les caractéristiques que devrait présenter cette fonction.

2. Questions et hypothèses de recherche

Dans le cadre de nos précédents travaux, nous avons vu que le tutorat a plusieurs rôles à jouer au sein des dispositifs de formation. Étant l’interlocuteur privilégié des apprenants, le tuteur peut jouer le rôle de personne-relais entre les apprenants et l’institution et assurer la cohésion de l’ensemble du système. Il est aussi indispensable à la construction du lien social dans les groupes d’apprenants qui se forment à distance, favorisant ainsi la bonne marche du dispositif. De surcroît, nous avons relevé que le tutorat peut être vu comme un outil non pas de médiation, mais de re-médiation aux difficultés rencontrées par les apprenants lors du processus d’apprentissage. En effet, en formation à distance, la médiation pédagogique se réalise par le biais des outils technologiques. Qu’il s’agisse de ressources présélectionnées ou non par un enseignant-concepteur, l’apprenant peut rencontrer des difficultés dans le processus d’appropriation de ces outils technologiques, mais surtout du savoir médiatisé. C’est à ce niveau qu’une seconde médiation, celle du tuteur, s’avère nécessaire.

Dans la continuité de ces premiers travaux, d’autres questions surgissent : Comment mettre en place cette re-médiation ? Dans notre contexte, quelles compétences le tuteur en ligne doit-il posséder pour répondre aux besoins spécifiques du public de français académique ? Quelle attitude (réactive, proactive) doit-il adopter face aux apprenants, en fonction des différentes activités ou scénarios pédagogiques proposés, pour maintenir leur participation et espérer ainsi favoriser leur apprentissage ? Serait-il possible d’ébaucher un répertoire de documents, de fiches flexibles, scientifiquement adaptés aux besoins linguistiques des apprenants, et utilisables par les tuteurs, débutants ou non ?

Nous ferons l’hypothèse que pour qu’il remplisse sa fonction de manière efficace, le tuteur doit faire preuve non seulement d’une bonne maîtrise de ce que représente la relation pédagogique à distance, mais aussi d’une capacité à reconnaître et à déterminer ce qui permettra à l’apprenant de progresser dans son apprentissage. En ce sens, nous partons de l’hypothèse que le tuteur doit être expert du domaine dans lequel il est censé intervenir. Notre travail contribuera à montrer en quoi le tutorat à distance, dans sa fonction première de re-médiation, nécessite une compétence de didacticien de la discipline. Il s’agira de mettre en évidence l’importance de cette expertise didactique du tuteur.

3. Données

Nous analyserons tout d’abord différents types de tutorats existant déjà dans les formations à distance de type universitaire. Puis, il nous faudra analyser les composantes discursives, culturelles et linguistiques d’échanges synchrones et asynchrones à distance entre tuteurs et apprenants. Pour y parvenir, nous nous baserons sur l’observation de corpus provenant des cours de perfectionnement linguistique tutorés à distance et dispensés aux étudiants du projet Favi.

4. Cadre théorique et méthodologique

Notre travail a pour toile de fond la relation pédagogique à distance. Nous essaierons de trouver, au niveau des théories de l’apprentissage, de la linguistique, de la didactique des langues, de la FAD et de ses méthodologies, les éléments qui seront pertinents pour traiter les différentes pistes de réflexion que nous avons évoquées.

5. Résultats attendus

Les résultats attendus de cette thèse sont, à court terme, de cerner une configuration tutorale adaptée à la formation au français académique à distance. Pour le plus long terme, d’une part, nous espérons ouvrir diverses pistes telles que l’ébauche de fiches consultables en ligne et qui pourraient être facilement intégrées dans un dispositif de FAD et utilisées par les tuteurs débutants ou non. Ces fiches, conçues dans le but de former une sorte de base de données, aborderaient plus particulièrement certains points linguistiques fréquents et présentant des difficultés pour les apprenants. D’autre part, nous tenterons d’élaborer un référentiel de compétences, voire un répertoire didactique propre au tutorat dans le cadre de l’apprentissage à distance du français académique.

Nous espérons répondre à certaines questions que pose la recherche actuelle sur le tutorat à distance, et d’apporter notre contribution aux domaines croisés de la didactique des langues, du français académique et des TIC.

Mots-clés : tutorat à distance, apprentissage du FLE, français académique, didactique des langues, pédagogie, TIC.

Source : AEM

Le tutorat et ses enjeux didactiques dans les dispositifs de formation à distance


Mémoire de DEA de Catherine Pamphile
DEA de didactique des langues, soutenu à l’université Paris 3 sous la direction de F. Demaizière en septembre 2005.
Ce mémoire traite du tutorat et de ses enjeux didactiques dans les dispositifs de formation à distance et réunit les travaux de chercheurs français, britanniques et québécois. Il propose une analyse de la relation pédagogique existant entre le tuteur et l’apprenant à la lumière de courants théoriques tels que le constructivisme, le cognitivisme, l’interactionnisme, des recherches en acquisition, et des approches pédagogiques. Dans ce travail, nous montrons en quoi la fonction de tuteur peut-être non seulement une fonction de médiation, mais aussi de re-médiation. En ce sens, ce travail de recherche se situe au croisement de plusieurs disciplines des sciences humaines : didactique des langues et des cultures, sciences de l’éducation, sciences du langage et sciences de l’information et de la communication.

Télécharger le mémoire

lundi 10 septembre 2007

Questions sur le tutorat


Bonjour à tous,

Je débarque... Sûrement ! avec des questions que l'on se pose normalement quand on veut faire carrière en tutorat à distance.

En matière de tutorat, quelles peuvent être les attentes d'un employeur ? D'une université par exemple ? Que dois-je dire pour convaincre le recruteur lors de l'entretien d'embauche ? Sans être indiscret, quelles sont les charges pour quel salaire moyen dans le même contexte ?

Merci de nous faire profiter de vos expériences en la matière.

Cordialement

samedi 8 septembre 2007

Tutorat par les pairs à la faculté de médecine de Grenoble


Médecine à Grenoble: l'enseignement par DVD, facteur d'égalité des chances

GRENOBLE (AFP) — A la faculté de médecine de Grenoble, les étudiants de première année bénéficient gratuitement, depuis la rentrée 2006, de DVD des cours et de tutorat, une expérience qui a porté ses fruits et permis de rendre les prépas privées inutiles, selon ses promoteurs et des étudiants.

"Dans toutes les facs de médecine françaises, un boursier, qui est souvent un fils d'ouvrier, a six fois moins de chances de passer en deuxième année qu'un fils de cadre qui se paye une prépa privée à 2.000 euros. A Grenoble, à mentions égales au bac, les boursiers réussissent aussi bien que les fils de cadres grâce au système que nous avons mis en place", affirme le docteur Jean-Charles Coutures, consultant pour cette expérience.

Un délégué étudiant de troisième année, qui est aussi tuteur, Jean-Baptiste Kern, estime que "le système, en rendant les prépas privées inutiles, donne les mêmes chances à tous".

Cette nouvelle manière d'enseigner a été créée pour faire face à un afflux sans précédent d'étudiants en médecine, avec des amphis de 600 personnes surpeuplés et des étudiants redoublants perturbant les cours pour gêner les nouveaux, explique le doyen de la faculté, Bernard Sèle.

"Nous avons, bien sûr, reconduit l'expérience cette année en l'améliorant, avec des cours remaniés pour tenir compte des remarques des étudiants", ajoute-t-il.

Cette année, 1.383 étudiants sont inscrits en première année et ont reçu lors de leur inscription les DVD. Environ 170 devraient passer en deuxième année.

Le projet n'est pas simplement une distribution de cours en DVD, mais une nouvelle pédagogie qui fonctionne sur quatre semaines. La première, l'étudiant apprend les cours sur DVD. La deuxième, il pose des questions au professeur par internet. La troisième, au sein d'un groupe de 160 étudiants, il rencontre l'enseignant. La quatrième, il bénéficie d'un tutorat d'étudiants volontaires de 3e année, encadrés par des professeurs.

Selon M. Sèle, "l'exemple de Grenoble n'a pas encore été suivi mais, lors des réunions avec d'autres doyens de facultés de médecine, tout le monde m'interroge sur notre innovation. Beaucoup d'universités, comme celle de Tours, sont tentées mais il faut vaincre les réticences du monde enseignant qui se sent menacé par cette méthode alors que c'est un faux problème: on aura toujours besoin des enseignants".

Le doyen regrette de "ne pas avoir convaincu tous les étudiants qu'ils pouvaient se passer des prépas privées, car ces instituts ont recours à une publicité efficace".

Diego Lavalette, étudiant qui vient de passer en deuxième année, après avoir redoublé la première, apprécie le nouveau système: "les cours sont très bien faits et c'est un bon outil pour casser les prépas privées, qui ne servent plus à rien".

"Le seul problème est l'isolement social des étudiants", souligne Diego en précisant qu'"il y a plus de gens qui sont déprimés et ont abandonné en cours de route que les autres années".

Source : AFP

mercredi 5 septembre 2007

Réflexivité et collaboration : blog au centre ! Par Jacques Rodet



A l'heure où t@d se transforme en blog, je ne saurais trop vous inciter à lire un texte de Thierry Chanier et de Jacques Cartier intitulé « Communauté d'apprentissage et communauté de pratique en ligne : le processus réflexif dans la formation des formateurs » http://www.profetic.org/revue/Communaute-d-apprentissage-et.

En effet, le blog est au centre de l'expérience de formation qu'ils relatent et qui articule d'une part la posture réflexive individuelle et d'autre part, la démarche collaborative d'un groupe, le tout débouchant sur une réflexivité collaborative.

Les auteurs montrent avec pertinence que la démarche métacognitive d'un apprenant peut gagner à ne pas rester confidentielle mais à s'ouvrir aux commentaires et que par retour, les échanges permettent au groupe d'envisager la pérennité de leur collaboration, succès dont la trace serait la transformation de la communauté d'apprenants en communauté de pratique.

Si t@d n'a jamais été une communauté d'apprentissage mais dès sa création, une communauté de pratiques, sa volonté de communication désormais publique, manifestée par ce blog, participe bien de cette intuition (de ce pari ?) où l'in-time se bonifie en devenant ex-time : « la nature de l'écriture (et sa valorisation) change radicalement si son produit est destiné à être lu par d'autres, qui éventuellement peuvent y répondre » (p.67)

J'avais déjà eu l'occasion, il y a quelques années, de traiter de cette irruption de l'intime dans le champ public par l'intermédiaire du blog devenant support à un journal de formation ou plus précisément à un « journal d'itinérance » selon la terminologie et l'approche en trois étapes de René Barbier (journal brouillon, journal élaboré, journal commenté) que j'avais retenues http://jacques.rodet.free.fr/xchron3.htm#05.

Si l'exhibition ne suscite que les regards et ne supporte pas le dialogue, l'écrit public s'ouvrant aux commentaires offre la possibilité de se construire le plus intimement désiré. Le blog transformant alors l'autorisation prise d'écrire en auteurisation de soi et du collectif.

Souhait aux auteurs de t@d !

mardi 4 septembre 2007

Tutorat à distance, une fonction essentielle, par Jacques Rodet

Ce texte est celui rédigé pour une communication lors d'un séminaire qui ne s'est finalement pas tenu.

Introduction

J’aimerais commencer cette intervention en rappelant le titre d’une communication d’il y a déjà quelques années de Geneviève Jacquinot : « Le tutorat : pièce maîtresse et pourtant parent pauvre des systèmes et dispositifs de formation à distance ».

Ce constat reste encore largement d’actualité. Le tutorat est souvent la dernière chose à laquelle les concepteurs de dispositifs de FOAD s’intéressent, préoccupés qu’ils sont, par les solutions technologiques. Ce que j’appelle la « dérive techniciste » n’est pas nouvelle ni même spécifique au secteur de la formation en ligne. En formation à distance, elle trouve principalement son fondement dans l’oubli de ce qui caractérise toute situation de formation, l’échange entre des personnes humaines.

Cette dérive est suffisamment puissante pour que le tutorat ait été dernièrement étudié de manière privilégiée à travers la question de son industrialisation, c'est-à-dire sa massification, son automatisation et les économies d’échelle qui en résulteraient. Il semble bien qu’il s’agisse là, tout à la fois, d’une réactualisation - mais est-elle crédible ? - de la promesse de réduction des coûts que les promoteurs de la FOAD transforment en argument commercial, mais aussi d’une volonté plus ou moins consciente, d’une chimère en quelque sorte, qui consisterait à évacuer de la formation en ligne tout facteur humain pour tendre à l’autoportance intégrale des dispositifs au prétendu service de l’autonomie de l’apprenant.

Le manque de prise en compte de la dimension tutorale dans les dispositifs de e-learning tient certainement aussi au fait qu’elle met à mal le modèle économique de ce type de formation. Alors qu’en présentiel, les coûts sont essentiellement variables et que la marge est difficile à augmenter quelle que soit le nombre d’actions réalisées, la formation à distance impose de nombreux frais fixes assimilables à de l’investissement et minore les frais variables. Dès lors, il ne s’agit plus que de recruter suffisamment d’apprenants pour atteindre le seuil de rentabilité d’une e-formation dont le dépassement procure l’accroissement de la rentabilité. Or, le tutorat à distance, frais variable par excellence - le nombre de tuteurs devra par exemple être proportionnel au nombre d’apprenants - remet partiellement en cause le modèle économique sur lequel est fondé le e-learning.

D’autres difficultés, plus intrinsèques, freinent également le développement du tutorat à distance. De quoi parle-t-on lorsque l’on évoque le tutorat à distance ? Quels sont ses objectifs ? Qui sont les tuteurs ? S’agit-il d’une nouvelle professionnalité voire d’une nouvelle profession ?

La pauvreté du parent « tutorat » est sans aucun doute encore actuelle. Toutefois, depuis deux ans environ, il semble que les prestataires de e-learning, leurs clients, les institutions éducatives soient plus sensibles à cette question.

Le temps imparti à cette communication ne permettra pas d’apporter des réponses à toutes ces questions. C’est pourquoi j’aborderai successivement les trois questions suivantes relatives aux tuteurs : Comment les faire adhérer au projet e-learning ? Quelles sont les nouvelles compétences de l’accompagnement nécessaires à ces tuteurs ? Comment les tuteurs peuvent-il être formés ?

Comme vous le constatez, ces interrogations sous-tendent que le tuteur n’est pas encore un professionnel dans le sens où il n’exerce pas de manière exclusive le métier de tuteur, que l’on n’est rarement tuteur mais qu’on le devient et ceci à partir de statuts de départ très différents : formateur, enseignant, tuteur d’entreprise, technicien, expert métier, psychologue, étudiant, apprenant, etc.


Comment faire adhérer les tuteurs au projet e-learning ?

Pour traiter de cette question, je pars de l’hypothèse d’une organisation ayant décidé la mise en place d’un dispositif de e-learning et qui souhaite voir assurer un certain nombre d’actions tutorales par plusieurs de ses salariés. Ceux-ci seront donc les personnes ressources auxquelles les salariés apprenants pourront avoir recours au cours de leur formation.

En les associant et non en les informant

Comme je l’évoquais dans mon introduction, un des premiers écueils à éviter est de ne se préoccuper de la question tutorale qu’en fin de processus de conception du dispositif voire lors de sa mise à disposition. En effet, une fois le dispositif conçu il est certain que le choix des tuteurs ne se fera qu’en fonction de leur capacité à l’exploiter et non à le dimensionner. Le périmètre même des interventions tutorales sera défini par le résultat de la prise en compte des contraintes techniques, économiques, organisationnelles qui aura abouti au dispositif et ceci trop souvent en reléguant la dimension pédagogique au second plan.

A ce moment de l’exposé, il est nécessaire de préciser les différents éléments pédagogiques d’une e-formation. Le premier, c’est l’enseignement, le métier de l’enseignant, caractérisé par la conception et la mise à disposition de ressources médiatisées permettant à l’apprenant de prendre contact avec son objet d’apprentissage. Le deuxième, c’est l’apprentissage, le métier de l’apprenant, qui regroupe l’ensemble des activités permettant à l’apprenant de construire et de manipuler les connaissances. Le temps de l’apprentissage, c’est celui de la prise de connaissance des ressources d’enseignement, des exercices, des études de cas, des tests de connaissances, qui permettront à l’apprenant d’atteindre les objectifs pédagogiques de la formation. Le troisième élément, c’est le support à l’apprentissage, le métier du tuteur, qui regroupe l’ensemble des interventions à destination de l’apprenant qui lui faciliteront la réalisation des activités d’apprentissage. Le quatrième et dernier, c’est l’évaluation, traduisant le résultat du processus pédagogique, rassemblant les activités telles que les QCM, la production de travaux, la résolution de cas, etc.

Le rôle du tuteur se situe donc clairement lors de la phase de support à l’apprentissage et souvent mais non de manière systématique lors de celle d’évaluation.

C’est souvent une vision linéaire de ces phases qui amène les concepteurs, les prestataires e-learning et les clients à reporter à la fin de la conception les décisions concernant le dimensionnement du tutorat ou ce qui serait plus exact de nommer la stratégie tutorale. Or, il n’y a rien de moins linéaire qu’une conception pédagogique. Si les choix d’enseignement influent sur les formes que prend l’apprentissage qui lui-même influe sur les interventions de support à l’apprentissage et l’évaluation, il est tout aussi vrai qu’une contrainte en matière de support à l’apprentissage amène le concepteur à envisager différemment l’apprentissage et donc les ressources d’enseignement sur lesquelles il porte.

Les boucles récursives du processus de conception de dispositifs de FOAD

Dans la mesure où le processus de conception de dispositifs de FOAD est non linéaire, il est primordial de ne pas se limiter à une simple information des salariés destinés à être tuteurs dans une e-formation mais de les associer le plus tôt possible à la conduite du projet et ceci dès les premiers temps de la conception. C’est parce que leurs caractéristiques seront prises en compte mais aussi parce qu’ils pourront participer, en fonction des qualités qui sont les leurs et pour lesquelles ils ont été choisis comme tuteurs, au dimensionnement de leurs fonctions tutorales que le facteur humain restera au cœur de l’acte de formation. C’est aussi parce qu’ils auront ainsi une connaissance approfondie du projet qu’ils en deviendront les meilleurs ambassadeurs auprès des futurs apprenants.

Associer les tuteurs et non se limiter à les informer est une des premières conditions de leur adhésion au projet e-learning. Cette association est également de nature à faire émerger, et donc en permettre le traitement, des réserves ou des inquiétudes que l’introduction d’une nouvelle forme de formation peut provoquer dans l’organisation.

Ainsi, parce que les futurs tuteurs seront les interfaces entre le dispositif et les apprenants et parce qu’ils seront les premiers interlocuteurs de ceux-ci, il est important d’en faire des vecteurs de la politique de conduite de changement qui constitue sinon un gage de réussite du moins un élément favorable à l’acceptation du dispositif e-learning au sein de l’organisation.

En positionnant l’intervention tutorale comme un élément de leur progression professionnelle

L’adhésion et la participation des tuteurs au dimensionnement du dispositif puis à l’animation et à l’accompagnement des apprenants devrait également interroger la hiérarchie des organisations et en particulier leurs services des ressources humaines sur la manière dont ces nouvelles tâches s’inscrivent dans l’évolution professionnelle des salariés s’acquittant de ces fonctions tutorales.

Outre, les ajustements en terme de charge de travail pour ces personnels, la question tutorale peut également exiger d’autres prises de décision sur les orientations professionnelles des tuteurs. Tel chef de service, par son expérience de tuteur peut être amené à reconsidérer son style de management, tel cadre senior peut envisager sa fin de carrière au service de la transmission de son savoir faire, tel formateur peut se spécialiser dans les animations de FOAD, etc.

En leur donnant les moyens de se former

Ces mutations professionnelles ne peuvent réellement être menées sans recours à la formation. Ainsi, les futurs tuteurs doivent eux-mêmes bénéficier d’actions de formation les préparant à leurs nouvelles activités. Nous verrons dans la dernière partie de cette communication comment la formation de tuteurs peut être envisagée.

En leur donnant les moyens d’effectuer leurs interventions tutorales dans de bonnes conditions

Il est également nécessaire d’offrir aux tuteurs des conditions de travail leur permettant de s’acquitter correctement de leurs missions. Si, chaque organisation est un terrain particulier et que le contexte général d’activité est prépondérant pour identifier ces bonnes conditions de travail, il est possible de lister un certain nombre d’entre elles.

La communautés de pratiques de tuteurs à distance, t@d, que j’anime depuis 4 ans et qui regroupe 150 personnes d’une quinzaine de pays francophones s’est attachée à produire une grille d’évaluation des conditions de travail du tuteur à distance. Cette grille ne se veut pas tant une prescription qu’un outil permettant aux organisations et aux tuteurs de s’interroger sur leurs conditions de travail.

Cf. « Grille d’évaluation des conditions de travail des tuteurs à distance »


Les nouvelles compétences de l’accompagnement

Les rôles et fonctions des tuteurs à distance

Les définitions données du tuteur à distance sont extrêmement variées. J’ai effectué il y a une dizaine d’années une recension de ces définitions et plutôt que vous en faire une lecture qui risquerait d’être bien longue, je me limiterai à vous évoquer quelques unes des conclusions auxquelles j’étais arrivé et qui me paraissent toujours pertinentes.

Le tutorat est une modalité d’encadrement. C'est-à-dire que comme tout cadre, le tuteur formule des objectifs et des contraintes, organise les moyens à mettre en œuvre pour atteindre les buts visés, modère afin d’assurer la persévérance et la centration sur ces mêmes objectifs, évalue les productions, régule et met à jour les stratégies utilisées.

Le tutorat se veut être une relation d’aide. C'est-à-dire que le tuteur se met au service de l’apprenant non pas en reproduisant la figure professorale mais qu’au contraire il va axer ses interventions tout au long du parcours d’apprentissage de l’apprenant. A cet égard, il lui faudra bien plus développer des compétences d’écoute et d’empathie que de transmetteur de connaissances.

La mise en place du tutorat vise à réduire l’abandon ou l’échec. Il s’agit bien là de la vocation première du tuteur au service des apprenants. Outre la dimension presque commerciale de cet objectif – un client fidélisé c’est d’abord un client satisfait et donc un apprenant fidélisé c’est un apprenant qui persévère et qui réussit – il s’agit bien de passer d’une vision de soutien collectif à une assistance individuelle et personnalisée.

Les tâches de tutorat sont variées, dépendent du contexte et des options organisationnelles et pédagogiques. Cela nous renseigne sur la difficulté à définir de manière générique le tuteur. D’une e-formation à l’autre, d’un organisme à l’autre, les attentes tutorales sont différentes. Ces attentes varient également beaucoup selon les personnes qui les formulent : l’institution, le concepteur, le tuteur, les apprenants.

Le tutorat consiste pour un tuteur à établir, à développer et à ajuster sa relation d’aide avec le tutoré. Cette relation d’aide n’a d’autre cadre et rythme que ceux de la formation. Elle s’inscrit tantôt dans une dimension collective et relève alors en grande partie de la dynamique de groupe tantôt dans une dimension strictement individuelle. Elle relève également de deux temporalités distinctes selon les outils de communication employés, synchrones comme la visioconférence, le téléphone ou le chat ou asynchrone comme le mail ou le forum.

Le tuteur peut être secondé dans son encadrement par d’autres personnes ou des outils. C'est-à-dire que bien plus de penser le tutorat à travers la seule figure du tuteur homme orchestre jouant les différentes partitions des rôles successifs qu’il endosse, il est nécessaire de penser l’environnement global de la formation comme un système tutoral, à la manière de ce que les organisations mettent en place dans une démarche qualité.

Après ces quelques éclairages sur le tutorat et le tuteur, et afin de traiter des fonctions qui peuvent être celle du tuteur, il me semble utile de s’intéresser aux différents plans de support à l’apprentissage qui sont les champs d’intervention du tuteur auprès des apprenants. En mettant davantage l’accent sur la relation tuteur-apprenant que sur la relation tuteur-institution, je ne veux pas reléguer celle-ci au second plan. Elle est importante, notamment comme nous l’avons vu, en ce qui concerne les conditions de travail, mais également à travers ces aspects contractuels, statutaires ou encore hiérarchiques. A elle seule, cette relation tuteur-insitution mériterait une autre communication que celle de ce jour.

Les plans de support à l’apprentissage

Les plans de support à l’apprentissage relève selon moi de plusieurs catégories : le cognitif, le socio-affectif, le motivationnel et le métacognitif.

Le cognitif renvoie au contenu disciplinaire présenté par les ressources d’enseignement, au soutien méthodologique des apprenants qui vise à leur faciliter la mise en œuvre de stratégies d’apprentissage, l’aide technique pour naviguer harmonieusement dans le dispositif e-learning, la transmission d’informations administratives, académique et/ou commerciales selon les organisations dispensatrices.

Le socio-affectif regroupe les interventions du tuteur visant à lutter contre le sentiment et/ou la matérialité de l’isolement de l’apprenant. D’autres démarches socio-affectives du tuteur visent à ce que l’apprenant atteigne un objectif qui est largement transversale à toute formation en ligne, l’accroissement de son autonomie. En effet, l’autonomie ne peut se résumer à être un préalable demandé aux apprenants. Dans le cadre de formations basées sur une approche collaborative, et celle-ci est de plus en plus fréquente, le tuteur doit également agir comme un facilitateur entre les apprenants.

Le motivationnel est un troisième plan de support à l’apprentissage qui vise à encourager la persévérance à la formation et à prévenir l’abandon. Le tuteur, ne doit pas se limiter à intervenir comme aiguillon et relais des stratégies de motivation extrinsèque mais doit également agir de manière à ce que l’apprenant renforce sa motivation intrinsèque. Ceci est particulièrement nécessaire lorsque l’apprenant n’arrivant plus à faire face à ses difficultés d’apprentissage envisage l’abandon. Le tuteur ne devrait pas non plus être avare d’encouragements et de félicitations car le renvoi seul de l’apprenant à ces erreurs ou à ces échecs est profondément démotivant pour de nombreuses personnes.

Le métacognitif renvoie à l’ensemble des activités que l’apprenant devrait réaliser pour avoir un regard distancié sur sa formation. C’est cette prise de distance qui peut favoriser l’accroissement de son autonomie. Le tuteur doit donc favoriser la posture métacognitive de l’apprenant en facilitant la planification du parcours d’apprentissage, l’évaluation des stratégies d’apprentissage ainsi que l’autoévaluation de l’apprenant.

Les champs d’interventions des tuteurs en formation à distance

Les modalités d’intervention

Les modalités d’intervention du tuteur sont très variées car les outils de communication les autorisant sont nombreux : mail, liste de diffusion, fax, téléphone, conférence téléphonique, faq, forum, chat, visioconférence, classe virtuelle, rencontre présentielle individuelle ou collective, blog, wiki, etc. Chacun de ces outils peut être utilisé par le tuteur

Quelque soit la modalité d’intervention du tuteur, celle-ci doit être interrogée au préalable. Le débat entre les tenants de la proactivité, c'est-à-dire du contact de l’apprenant à l’initiative du tuteur ou de la réactivité, là c’est l’apprenant qui contacte le tuteur, a fait couler beaucoup d’encre ces dernières années. En simplifiant il est possible de résumer leurs arguments de la sorte. Pour les uns, le tuteur doit dynamiser la relation en devançant l’expression des besoins des apprenants, pour les autres, l’objectif d’accroissement de l’autonomie de l’apprenant implique de laisser celui-ci formuler ces attentes tutorales. Comme souvent, la réalité se révèle plus complexe que ces tentatives de modélisation des interventions tutorales. Il est utile d’avoir à la fois des actions proactives et d’autres réactives.

Si le choix entre les unes et les autres dépend fortement des caractéristiques individuelles de l’apprenant, l’expérience montre que la première prise de contact gagne à être proactive. De même, lors d’échéances particulières du parcours de formation, fin de module, dates de remises de travaux, informations académiques ou techniques, l’émission de message en direction des apprenants est efficace pour entretenir la persévérance de l’apprenant. Les interventions réactives sont davantage adaptées sur le plan cognitif, afin que le tuteur formule des réponses personnalisées en fonction des difficultés de compréhension du contenu disciplinaire. Quoi qu’il en soit, le tuteur devra toujours se poser la question suivante : est-ce que j’en fais assez, est-ce que je n’en fais pas trop ?

Les modalités d’intervention sont également liées aux outils qui les supportent. Ceux-ci sont-ils synchrones, en temps réel ou asynchrones, en temps différé ? L’urgence du besoin de communiquer avec l’apprenant est un premier guide pour choisir le bon outil. Il va de soi que le choix d’une modalité d’intervention doit également tenir compte de l’accès et de la maîtrise de l’outil de communication par l’apprenant. D’autres éléments comme l’utilité de la permanence du message, de la forme communicationnelle, unidirectionnelle, bidirectionnelle, multidirectionnelle interviennent également dans le choix de l’outil au service de la relation tutorale.

Les compétences

Brigitte Denis, s’est intéressée aux compétences des tuteurs lorsqu’elle a réfléchi à la formation des tuteurs. Il ressort que les compétences du tuteur sont relativement nombreuses. Celles-ci peuvent se regrouper selon les catégories suivantes :

  • compétences pédagogiques ;
  • compétences disciplinaires ;
  • compétences techniques ;
  • compétences relationnelles.

Les compétences pédagogiques renvoient aux connaissances et savoir-faire de formateur du tuteur. Il s’agit tout à la fois et de manière non exhaustive de savoir bâtir des activités d’apprentissage, d’animer un groupe d’apprenants, de faciliter l’autonomie des apprenants et d’encourager la posture métacognitive.

Les compétences disciplinaires traduisent le niveau d’expertise sur le sujet de la formation, la capacité du tuteur à répondre aux questions sur le contenu du cours et à fournir des informations ou à indiquer des ressources complémentaires au ressources d’enseignement du dispositif, de corriger et de rétroagir aux productions des apprenants…

Les compétences techniques sont celles que le tuteur doit développer par rapport aux technologies constitutives de l’environnement de formation. Sans être un expert, le tuteur doit être un utilisateur de bon niveau et ce d’autant plus qu’il peut lui être confié certaines tâches d’administration du dispositif e-learning. Il doit précisément identifier ce qu’il connaît et ce qu’il ne connaît pas sur le plan technique afin de pouvoir soit répondre rapidement à l’apprenant soit rediriger celui-ci vers une personne compétente.

Les compétences relationnelles renvoient au savoir-faire comportemental du tuteur, à sa capacité de négociation et de résolution des conflits tant avec un individu qu’au sein d’un groupe, à sa prédisposition à l’écoute et à l’empathie, à sa maîtrise des processus motivationnels et sa compréhension de la dimension socio-affective. Il est important de noter que si le tuteur développe une relation d’aide envers les apprenants, il doit se garder de prendre une posture psychologisante ou compassionnelle.

Brigitte Denis : Compétences associées aux fonctions tutorales

Tiré de Distances et savoirs. Volume 1 – n°1/2003


Comment les former ?

Je terminerai cette communication en évoquant la question de la formation des tuteurs. Si il existe sur le marché quelques formations de formateur qui prennent en compte les fonctions tutorales comme le dispositif Net-trainers, les formations de tuteurs sont élaborées la plupart du temps en fonction du contexte particulier d’une organisation. Quelques consultants, comme moi-même, interviennent sur ce type de formations et je constate que la demande bien qu’encore relativement modeste tend à croître.

Formation pédagogique et technique

La formation des tuteurs porte naturellement au développement des compétences évoquées tout à l’heure. Il faut néanmoins remarquer qu’elles sont très majoritairement centrées sur les compétences pédagogiques et techniques et beaucoup moins sur celles relationnelles et encore moins sur celles disciplinaires.

Si la formation aux technologies du dispositif e-learning est spécifique, des besoins de formation plus transversaux sur les usages pédagogiques des médias se font jour également. Comment animer un forum ? Dans quelle situation et pour quels objectifs pédagogiques utiliser le chat ou la visioconférence ? Comment constituer une FAQ qui ne devienne pas un fourre-tout ?

Les besoins de formation sur le plan pédagogique s’inscrivent forcément dans le cadre plus vaste de la formation de formateur et des sciences de l’éducation. Ils relèvent autant de l’ingénierie pédagogique, savoir bâtir des activités d’apprentissage ou concevoir un scénario de formation, que des techniques d’animation à distance telles que savoir faire collaborer un groupe, formuler des rétroactions aux travaux qui soient formatives, etc.

Leur faire expérimenter la posture d’apprenant à distance


Un des principes qui me semblent toujours devoir s’appliquer dès lors que l’on forme des tuteurs à distance est de permettre aux participants de vivre la posture de l’apprenant à distance. Cela revêt deux avantages essentiels. Le premier est de permettre au futur tuteur de vivre les difficultés d’un apprenant à distance et donc d’augmenter sa proximité sociale avec les apprenants qu’il encadrera par la suite. Le second est de mettre le futur tuteur en situation d’observation des actions du formateur-tuteur qui dispense la formation. Ainsi, la congruence de l’objet d’apprentissage, le tutorat à distance, et de la modalité distancielle de la formation sont autant d’occasion d’illustrations et de transferts des apports théoriques sur la relation tutorale.

Un essai de modélisation de la formation de tuteurs à distance

Par mon étude des expériences de formation de tuteurs, par celle de ma propre formation au tutorat à la Téluq, par celle des formations que j’ai déjà données, j’en suis arrivé à identifier certains éléments qui me paraissent nécessaire à la formation de tuteur à distance :

  • Négocier les objectifs de la formation avec les participants à partir d’une proposition préliminaire mixant séances présentielles et activités à distance.
  • Faire émerger les connaissances préalables des futurs tuteurs sur le tutorat.
  • Apports théoriques reliés aux problématiques et aux futures tâches des participants.
  • Résolution de cas typiques de la relation tutorale.
  • Constitution d’un guide des différentes interventions du tuteur.
  • Elaboration d’une charte tutorale regroupant les droits et devoirs du tuteur.
  • Mise en pratique en contexte réel lors d’une session expérimentale avec encadrement des tuteurs par le formateur.
  • Formalisation des retours d’expériences dans un objectif d’amélioration des pratiques à travers leur mutualisation.

Les communautés de pratiques

La mutualisation de leurs pratiques par les tuteurs me semblent être un levier puissant pour l’amélioration de leur professionnalité. C’est pourquoi j’encourage systématiquement la création de communautés de pratiques. Outre t@d qui se veut un espace de mutualisation ouvert à la plus grande variété des expériences tutorales, j’ai participé à l’émergence et à l’animation de communautés internes à des organisations tel que le Service Universitaire de Pédagogie de l’université Paul Sabatier à Toulouse.

Projet de recherche en cours

Je terminerai cette intervention en évoquant une des recherches que je mène actuellement et qui vise à interroger directement les tuteurs à distance en activité sur leurs besoins de formation. Si les concepteurs ou les apprenants sont régulièrement sollicité pour faire part de leurs représentations du tuteur, la démarche d’interpellation des tuteurs eux-mêmes est rarissime. Le premier objectif de cette recherche est de dégager les permanences en matière de besoins de formation des tuteurs quel que soit les environnements dans lesquels ils évoluent. C’est pourquoi, cette recherche est menée auprès de terrains très divers, universités, centres de formation, entreprises, associations. Le second objectif est de concevoir une formation pilote située en amont des formations spécifiques aux dispositifs et qui sera dispensée pour les tuteurs d’une organisation d’un pays en voie de développement.

lundi 3 septembre 2007

Grille d'évaluation des conditions de travail des tuteurs à distance


La grille présentée est la deuxième version de ce document que t@d, consacre à l’évaluation des conditions de travail des tuteurs à distance.

Le groupe projet constitué de Sylvie Boulenger, Sylvie Dalbin et Jacques Rodet a effectué ses travaux d’octobre 2005 à février 2006.

A partir de la première version de cette grille, les participants ont tout d’abord procédé à une collecte de remarques et de suggestions auprès des membres de t@d.

Cette phase de collecte de données s’est poursuivie par un examen des échanges au sein de la liste de discussion de t@d afin de repérer les éléments relatifs aux conditions de travail des tuteurs et par l’examen de différentes sources relatives à cette question.

Chaque participant a été en charge de repérer les éléments dans ces données susceptibles d’être intégrés à la nouvelle grille.


La mise en commun des résultats a conduit à une réorganisation de cette grille en quatre parties :

  • l’environnement de travail du tuteur à distance,
  • les aspects contractuels et réglementaires liés aux activités du tuteur à distance,
  • les compétences et missions du tuteur à distance,
  • le ressenti de ses conditions de travail par le tuteur à distance.
Cette grille se veut être un outil au service des tuteurs et des institutions afin qu’ils se posent les bonnes questions sur les conditions de travail réservées aux tuteurs à distance.

Le premier usage suggéré de cette grille est la construction d’un questionnaire à destination des tuteurs à distance.

La grille d’évaluation des conditions de travail du tuteur à distance v. 2.0 reste perfectible. C’est pourquoi, le groupe projet invite les participants de t@d et autres à utiliser cette grille et à formuler leurs remarques qui viendront alimenter une future version.

Grille d'évaluation des conditions de travail des tuteurs à distance, v.2.0