lundi 12 novembre 2007

Retour sur le sondage « votre activité de tuteur à distance est... » :

12 personnes ont répondu à ce sondage pour un total de 13 réponses (plusieurs réponses pouvaient être choisies par le répondant).

Les 4 réponses possibles à ce sondage étaient les suivantes :

  • Votre activité professionnelle principale : 2, 16%
  • Une activité professionnelle secondaire : 8, 66%
  • Une activité estudiantine : 2, 16%
  • Une activité bénévole : 1, 8%

Les 4/5 des répondants perçoivent assurément une rémunération pour leur activité tutorale. Le marché du tutorat, même s'il reste à mieux le cerner, est donc existant.

Les 2 répondants, qui ont pour activité professionnelle principale le tutorat, exercent très certainement en dehors de la France et, à l'examen des origines des visiteurs de ce blog, sont sûrement des québécois. En effet, au Québec la reconnaissance du métier de tuteur est plus réelle qu'en France et je n'en voudrais pour preuve que le conflit actuel des tuteurs de la Téluq avec leur employeur (cf. sur ce blog les articles du 8 novembre dernier).

Les deux tiers exercent leur activité de tuteur à distance comme activité secondaire. Ceci est tout à fait logique dans la mesure où le statut de tuteur et la reconnaissance professionnelle de cette activité sont encore largement à définir ou à établir. A noter que les tuteurs sont souvent recrutés parmi les enseignants et les formateurs et que les activités tutorales ne peuvent constituer pour eux qu'un complément d'activité principale (heures complémentaires pour les universitaires par exemple).

Enfin ce mini sondage permet de traduire également le développement du tutorat par les pairs et de constater que l'activité bénévole reste marginale, ce qui est un élément plutôt favorable pour les professionnels.

Image dans son contexte original, sur la page www.jaitoutdonne.com/index.php?cPath=27&osCsi...

samedi 10 novembre 2007

Savoir devenir, par Jacques Rodet

The Piazza - Alberto Giacometti - 1948-49

La formule de Jacques Ardoino, aujourd'hui largement vulgarisée et qui permet de définir les compétences : «savoir, savoir faire, savoir être», me semble désormais devoir être complétée par un quatrième élément qui est le savoir devenir.

L'obsolescence de plus en plus rapide des connaissances, l'évolution sans fin des technologies, l'apparition et la disparition des savoir faire qui leur sont liés, tout pousse l'individu à ne plus se satisfaire d'une définition présente de ses compétences mais d'être en mesure également de se projeter dans celles qu'il est entrain de construire et qui lui serviront demain.

Ainsi, le savoir devenir renvoie à la capacité de l'individu à se projeter, c'est à dire à concevoir ici et maintenant une représentation de son futur tant par identification de son parcours, de son itinérance, de son histoire de vie, que par imagination, ouverture aux opportunités et autorisation à être celui qu'il souhaite être, ou encore par la mobilisation d'habiletés à la planification dans le but de scénariser la succession de ses actions, d'identifier les contraintes et les risques, de réduire les incertitudes.

Le savoir devenir se nourrit donc autant du vécu que du présent et du futur de l'individu. A mes yeux, le rôle de tuteur à distance, en tant qu'éducateur, consiste également à faciliter le développement du savoir devenir des apprenants qu'il accompagne. Pour ce faire, il doit principalement agir sur les plans de support méthodologique, acquérir des savoir faire en matière de projection, et métacognitif, faire émerger un discours de l'apprenant sur ses manières d'être en chemin et donc... en devenir.

vendredi 9 novembre 2007

Une fonction noble du e-tuteur : le coaching a distance, par Louis Truong

Image dans son contexte original, sur la page www.armellegeydet.com/galerie00.htm

Dans ce deuxième article d'un formateur se formant actuellement aux fonctions tutorales, le lien et la comparaison entre le coacheur et le tuteur sont établis. Le tuteur que l'auteur veut être s'inscrit ainsi dans une perspective, une itinérance articulant compétences actuelles et celles en construction illustrant la notion de "savoir devenir".

Ce qui me semble le plus précieux et ce qui me motive en ce début de 21ème siècle, c’est de contribuer modestement mais assurément au développement le plus heureux possible des organisations, condition nécessaire à l’épanouissement de l’individu qui, dans ce cas, pourrait connaître de nombreux et intenses moments de joie d’entreprendre, de plaisir à partager, de bonheur à vivre. Inversement, le fait de participer au développement personnel
des individus me conforte de savoir que cela pourrait avoir une incidence positive sur la croissance des organisations.

Le coaching me semble une bonne approche du développement personnel car il promeut le comportement « être à coté de », ce qui me parait une relation plus équilibrée et plus adulte que celle du management qui contribue à l’attitude inégalitaire « être au dessus de ». Par ailleurs, ce que j’apprécie dans le métier de coach ce sont les compétences mettant en exergue la relation à l’autre telles que :

  1. Développer les capacités du coaché.

  1. Stimuler l’action que le coaché doit entreprendre.

  1. Enrichir les connaissances du coaché.

  1. Développer les compétences du coaché.

  1. Et surtout, développer l’autonomie du coaché.

D’autres approches favorisent le développement personnel telles que la formation continue des salariés en entreprise sur le thème de la communication interpersonnelle, ou la consultation des psychosociologues par les particuliers à propos de la confiance en soi. J’ai l’expérience de la première tout en ayant un léger aperçu de la seconde sans jamais l’employer en entreprise. Le formateur comme le coach doit aussi contribuer à développer les capacités du stagiaire, à le motiver, l’informer, à observer s’il sait faire, vérifier s’il sait être, et à le rendre autonome concernant les objectifs généraux de la formation.

Pour en venir à la fonction de tuteur que je souhaite déployer dans ma vision de consultant en développement personnel, c’est de reprendre les activités de coach ou de formateur présentiel que j’ai cité ci-dessus, et de les amalgamer avec les champs d’interventions du tuteur que décrit sous forme de tableau Jacques RODET dans son article « Tuteur, une fonction essentielle » (les renvois à Rodet dans la suite de cet article sont tous relatifs à ce tableau). Reprenons les activités de coach :

DEVELOPPER LES CAPACITES

Tout être humain possède des capacités qui lui sont propres, et qui ne sont pas forcément les mêmes que celles d’un autre semblable, ni en intensité, ni en qualité. Il est agréable pour moi de découvrir les potentialités que détient un individu, puis de les faire découvrir à celui-ci afin qu’il se rende compte de la palette d’outils qu’il pourra utiliser pour son épanouissement personnel, tel qu’un peintre choisissant le mélange des couleurs qui feront la particularité de son œuvre d’art. Cela me semble être une activité métacognitive du tutoré que le tuteur impulse. Ainsi, le stagiaire apprend à prendre conscience de ses potentialités et de ses limites.

STIMULER L’ACTION

Rien n’est plus satisfaisant pour moi que de voir un individu heureux d’entreprendre un projet parce que j’ai su catalyser la transformation de ses potentialités en agissements. Donc, sur le plan motivationnel, c’est de pouvoir permettre à l’apprenant de participer plus intensément à sa formation à distance (lutte contre l’abandon), de l’encourager et de le féliciter lorsqu’il s’applique, lorsqu’il réussi la moindre parcelle de production d’apprentissage, de renforcer sa motivation propre qui lui donnera une plus importante énergie potentielle (voir les trois modules du plan motivationnel de Rodet).

ENRICHIR EN CONNAISSANCE

Un autre grand plaisir qui m’anime, c’est de transmettre des savoirs professionnels, d’offrir de la culture, des connaissances utiles, des méthodes que le stagiaire va pouvoir mémoriser, puis se rappeler le moment voulu, durant des situations de simulation ou en périodes professionnelles réelles. C’est donc sur le plan cognitif que cela ce passe : c‘est à dire jouer le rôle de facilitateur de mise en œuvre des apprentissages, en assistant l’individu pédagogiquement, techniquement ou logistiquement parlant.

DEVELOPPER LES COMPETENCES

Bien sûr, une immense joie est d’observer des tutorés en situation, les voir tatillonner puis réussir une activité d’apprentissage, atteindre un objectif pédagogique suite à une activité d’enseignement correspondant. Ce sentiment s’exprime durant les séquences de simulation ou de jeux de rôles, lorsque les apprenants s’accaparent les techniques que le formateur a enseigné (voir le module « méthodologie et technique » de Rodet). A distance, un stagiaire peu se sentir seul et démuni face à l’abondance d’informations. Le e-tuteur, s’il veut développer les compétences relationnelles des tutorés, doit donc créer, favoriser les conditions de collaboration et de coopération entre les stagiaires participants (voir les modules « rompre l’isolement » et « faciliter la collaboration » de la partie socio affective de Rodet).

DEVELOPPER L’AUTONOMIE

Enfin, le summum du bienfait pour le futur e-tuteur que je souhaite être, c’est de pouvoir rendre l’apprenant autonome à propos des objectifs d’entreprise à convoiter, concernant un savoir faire ou un savoir être demandé, et surtout concernant les compétences qui enrichissent son développement personnel (voir le module « rendre autonome » de Rodet). Atteindre la performance ou l’état de l’art est très ambitieux mais quand même très vertueux, si cette performance ou cet état de l’art favorise l’épanouissement de l’individu et celui de son entourage.

En conclusion, toutes ces activités d’intervention du tuteur épousent celles que j’emploie déjà en tant que coach, en tant que formateur présentiel et consultant en compétences relationnelles, à la différence près qu’elles pourront se réaliser dans n’importe quel ordre, à tout moment et dans tous les espaces ressources, puisque nous sommes ici dans une situation non traditionnelle : c’est à dire à distance.

Le tuteur que je souhaite être, par Catherine C.

Comme je l'ai indiqué il y a quelques semaines, je dispense actuellement une formation de eTuteur en direction de formateurs.

Le "savoir devenir" est une compétence tout aussi essentielle à mes yeux que le savoir, le savoir faire ou le savoir être. C'est pourquoi, j'ai proposé aux stagiaires de cette formation de publier un article sur ce blog sur le thème suivant : le tuteur que je souhaite être.

Vous constaterez dans l'article publié aujourd'hui que la vision des néophytes est souvent l'occasion pour les plus chevronnés de se poser de nombreuses questions par rapport à leurs pratiques.

Le tuteur que je souhaite être

Par Catherine C.

Quand on se demande quel tuteur on souhaiterait être, on s’interroge d’abord sur les domaines d’activités du tuteur et sur les qualités qui lui sont nécessaires pour mener à bien ses activités.

D’abord, il semble qu’il faut qu’il soit (tout comme le formateur) bien « calé » dans le domaine concerné ou tout au moins qu’il maîtrise bien le contenu des cours. En ce qui me concerne, mes 7 années d’expériences dans les différents domaines de mon métier (l’esthétique cosmétique) et mes diplômes me font imaginer que je saurai puiser dans mes connaissances et mes expériences des exemples concrets pour illustrer la partie de cours que l’apprenant n’aurait pas compris. Mais là, se pose immédiatement une autre question : Ce n’est pas tout de savoir, encore faut-il savoir l’expliquer!

Alors voilà, j’aimerais être le tuteur (la tutrice) qui sait demander à son apprenant de préciser ce qu’il n’a pas compris, pour l’inciter à reformuler et prendre du recul sur la question. J’aimerais être le tuteur qui essaie de mieux connaître l’apprenant, de mieux comprendre son fonctionnement et identifier ses méthodes d’apprentissages métacognitives pour l’aider et le guider de façon personnalisée en « parlant » son langage . Etre le tuteur précis et constructif qui félicite quand l’apprenant progresse et qui soutient, corrige et apporte des aides concrètes quand l’apprenant est en difficulté. Il peut s’agir de plusieurs aides. Des méthodes d’analyse de ressources, des méthodes d’organisation de son temps de travail, ou encore de l’aide technique par rapport aux outils qu’il utilise pour se former. Je pourrai facilement me rappeler par où moi-même je suis passée pour les maîtriser.

J’aimerais aussi être capable d’être le « cadre » qui signifie à l’apprenant de façon diplomatique, mais sans détour, les limites à ne pas dépasser. Donner des limites c’est aussi donner des repères. Je voudrais aussi être capable de me donner des limites dans mes interventions et mon investissement auprès de l’apprenant. Car même s’il doit sûrement se créer un lien affectif entre un tuteur et son/ses apprenant(s) il me semble sain de savoir aussi garder ses distances.

En somme, j’aimerais être le tuteur qui sait donner les moyens pour que l’apprenant devienne de plus en plus autonome sur le domaine et donc de plus en plus libre d’apprendre. La ressemblance avec l’éducation est assez frappante : Eduquer c’est former l’esprit de quelqu’un, développer ses aptitudes intellectuelles et/ou physiques, son sens moral. En ce sens le tutorat, centré sur le support à l'apprentissage est bien une oeuvre d'éducation. Dans les deux cas, il ne s’agit pas seulement d’instruire.

jeudi 8 novembre 2007

Document syndical sur le tutorat à la Téluq

Pour mieux comprendre les revendications des tuteurs de la Téluq, ou tout simplement avoir une vision de leurs conditions de travail, nous vous invitons à visionner la présentation réalisée par le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Téluq - CSN intitulée "Tuteur, tutrice : un titre en mal de reconnaissance professionnelle". Téléchargez le PDF



Télé-université : les tuteurs et les tutrices prêts à faire la grève



Les tuteurs et les tutrices en formation à distance de la Télé-université, dont le syndicat est affilié à la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), ont décidé hier soir, en assemblée générale et à scrutin secret, de donner à leur comité de négociation le mandat de déclencher la grève générale illimitée au moment qu’il le jugera opportun. Réunis simultanément à Québec et à Montréal, c’est à 97,4 % que les membres présents ont approuvé la recommandation de leur comité exécutif. Pour la seule année académique 2006-2007, les quelque 140 tuteurs de la Téluq ont encadré près de 30 000 étudiants.

« Il y a maintenant 18 mois que nous avons déposé nos demandes syndicales. Les moyens de pression légers que nous avons utilisés jusqu’à présent n’ont pas persuadé nos vis-à-vis de la Téluq du sérieux de notre détermination. La décision de notre assemblée générale y parviendra peut-être », indique Sylvie Pelletier, présidente du syndicat.

Sur à peu près tous les enjeux qui auraient des répercussions pécuniaires, les porte-parole patronaux font la sourde oreille. Ils continuent de vouloir traiter les tuteurs, qui travaillent à la Téluq depuis 10, 15, ou 20 ans, comme des employés surnuméraires qui n’ont droit, à tous égards, qu’au minimum. Les demandes syndicales visant à concrétiser l’intégration des formateurs à distance à la vie universitaire sont repoussées. L’employeur veut aussi accroître de façon importante l’écart salarial entre les chargés de cours et les tuteurs en formation à distance.

Toujours au chapitre de la rémunération globale, la direction de la Téluq ne veut consentir, à ses tuteurs et tutrices, aucun congé sans solde entre Noël et le Jour de l’An pas plus qu’elle ne veut leur octroyer de prime de départ à la retraite ou de congé sans traitement pour obligation familiale, ce qu’elle consent pourtant à toutes les autres catégories d’employés.

Le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université-CSN compte plus de 140 membres.

Source : csn.qc.ca

Image dans son contexte original, sur la page www.warm-up-pc.fr/

Récit d'une mise à l'essai concernant l'encadrement en ligne



Geneviève Nault, professeure au Département de pédagogie (PERFORMA) de l'Université de Sherbrooke et Françoise Marceau, conseillère pédagogique au Cégep@distance avec la collaboration de Charles Bellerose du Cégep@distance pour la section concernant l'évaluation (Cégep@distance)

La profession d’enseignant nous mène souvent dans de nouvelles aventures pédagogiques – qui aurait cru que le Web, tel que nous le connaissons, aurait un impact sur notre pratique professionnelle? Désormais, le courriel constitue un outil de travail indispensable, mais pour certaines organisations qui ont une mission particulière, cet outil n’est plus suffisant. C’est ainsi que le Cégep@distance, en collaboration avec PERFORMA, a réalisé une formation sur l’encadrement en ligne. Nous vous décrivons ici l’étape de la mise à l’essai. Prenez le temps de lire ce qui suit pour mieux saisir la teneur de nos apprentissages…

Lire la suite sur le Bulletin Clic

Coordination pédagogique versus encadrement programme

L’article de Lydie Réné-Boullier de l'Université de Technologie de Compiègne « Définir le rôle de la coordination pédagogique dans la formation à distance » a le grand mérite d’attirer l’attention sur une des fonctions importantes de l’encadrement des apprenants à distance.

J’ai retrouvé dans la description du coordinateur pédagogique, différents aspects du tuteur-programme de la Téluq. De même, plusieurs activités animées par le coordinateur pédagogique rappellent certaines activités de l’encadrement-programme tel qu’il est pratiqué dans le programme « formation à distance » de la Téluq (présentation de l’encadrement-programme : André-Jacques Deschênes «L’encadrement-programme aux études supérieures en formation à distance à la Télé-université»).

Des différences existent pourtant et me semblent, entre autres, liées aux styles d’encadrement : majoritairement proactif à l’UTC et majoritairement réactif à la Téluq. Styles qui eux-mêmes m’apparaissent très liés aux «modèles de formations» : rythme défini par l’UTC alors que dans une très large mesure c’est l’apprenant qui choisit son rythme à la Téluq.

Par ailleurs, je me demande si les interventions du coordinateur pédagogique à l’UTC sur les plans socio-affectif et motivationnel ne viennent pas pallier le manque de prise en compte de ce type de support aux apprenants par les enseignants (promus tuteurs).

Enfin, il est à noter que si Réné-Boullier décrit les fonctions tutorales du coordinateur pédagogique, elle n’utilise jamais le terme de «tuteur». Cette réserve sémantique serait-elle significative d’un regard spécifique sur les fonctions d’encadrement et de support à l’apprentissage ?

La lecture du second article de Réné-Boullier « Coordination pédagogique : une vision globale de l’accompagnement personnalisé au DESS DICIT » montre que la réserve initiale sur l’utilisation du terme tuteur n’est plus de mise (42 occurrences). Il s’agit manifestement d’une nouvelle mouture de l’article précédent augmentée de copies d’écran montrant certains outils utilisés par Réné-Boullier dans ses activités de coordinatrice pédagogique. La description de ceux-ci restant toutefois partielle, nous restons un peu sur notre faim bien qu’à cette occasion Réné-Boullier montre par l’exemple que les meilleurs outils peuvent être ceux que l’on se fabrique soi-même, car conçus par l’usage en quelque sorte.

mercredi 7 novembre 2007

Etat de la recherche sur les pratiques de tutorat

Richard Pitre a procédé récemment à un "Etat de la recherche sur les pratiques de tutorat". Dans sa présentation il note ceci : « L’investigation que nous avons menée a effectivement mis en lumière un grand nombre de publications sur le tutorat. Mentionnons que deux numéros de la revue Distances et savoirs ont été consacrés spécifiquement à cette question en 2004 et en 2005. Une recherche bibliographique sur Internet nous donne un nombre impressionnant de références. Les seules références compilées par le concepteur pédagogique Jacques Rodet, qui anime le forum t@d, la communauté de pratiques des tuteurs à distance et qui et a créé des outils en ligne sur la formation à distance, ont de quoi étonner. En effet, sur la seule question du tutorat, Rodet a compilé 106 références. Sur le site du Refad (Réseau d’enseignement à distance du Canada) on trouve 49 titres répertoriés sur le tutorat et c’est sans parler des quelque 1 300 titres de la Bibliographie- Webographie sur la formation à distance, compilés par Michel Richer, Patrick Guillemet et quelques autres collaborateurs, pour le Refad. »

Les thèmes des recherches sont les suivants : rôles des tuteurs (typologie de fonctions), les besoins auxquels répond le tutorat (les plans de support), ce que pensent les apprenants du tutorat, les styles de tutorat et les styles d'apprentissage, la formation des tuteurs.

Vous avez fait ou faites actuellement une recherche sur le tutorat, n'hésitez pas à nous le faire savoir.

Image dans son contexte original, sur la page www.alvasoft.net/blog/index/2005/12/19/547-ef....

lundi 5 novembre 2007

Quelles traces utiles à l'apprenant et au tuteur ? par Jacques Rodet

Il y a un peu plus d'un an, je publiais sur le blog du Greco, un billet d'humeur abordant la question du tracking des apprenants intitulé "Plateforme de e-learning et tutorat à distance : une incompréhension qui perdure". Il traitait notamment du peu de cas qui est fait des besoins des apprenants et des tuteurs en matière de traces par les concepteurs du tracking .

J'en reproduis ci-après quelques passages. Mais au fait, dans votre travail de tuteur à distance, quelles sont les traces qui vous sont utiles et celles que vous rêveriez d'avoir ?

"Quelles soient grossières ou plus fines, ces traces sont uniquement quantitatives : temps de connexion, pourcentage du parcours accompli, nombre de clics effectués, temps passé à répondre à un QCM, nombre de messages échangés avec le tuteur, temps passé par le tuteur à répondre, etc.

[...]

Par ailleurs, ces traces sont peu fiables tant il est facile pour un utilisateur de manière volontaire ou non de les fausser par des utilisations divergentes des outils et des ressources mis à sa disposition. Car c’est bien là le plus grave à mes yeux, les concepteurs de ces plateformes d’une part, induisent et valorisent certains comportements d’apprenants produisant les bonnes traces, et d’autre part, dévalorisent ou ne peuvent tracer d’autres stratégies d’apprentissage. En quoi par exemple, le fait de lire un texte sur écran, ce qui produit une trace de temps passé, est plus indicatif du bon apprentissage d’un apprenant que le fait d’avoir imprimé ce texte pour le lire, ce qui produit au mieux la trace que le texte a été imprimé.

[...]

Plus remarquable encore, les traces produites sont la plupart du temps cachées à ceux qui les produisent. L’apprenant n’a le plus souvent qu’une vision tronquée de ces traces et n’a qu’exceptionnellement communication de leurs interprétation. Les tuteurs ne sont pas mieux lotis puisque leurs traces servent essentiellement à mesurer leur productivité.

[...]

Ne faudrait-il pas que les concepteurs de plateforme prennent mieux en compte qu’à travers les QCM, les objectifs des différentes formes d’évaluation ? Ne faudrait-il pas qu’ils se mettent à l’écoute des tuteurs et des apprenants pour identifier les traces qui seraient de nature à supporter l’apprentissage de ces derniers ? Ne faudrait-il pas, tout simplement, que les plateformes soient plus au service de la pédagogie et moins à celui des informaticiens, des commerciaux et des managers"