lundi 13 février 2017
vendredi 10 février 2017
mercredi 8 février 2017
lundi 6 février 2017
samedi 4 février 2017
lundi 9 janvier 2017
Webinar sur l'ingénierie tutorale
INSCRIPTIONS CLOSES
L'accompagnement des apprenants à distance et le tutorat à distance sont des facteurs essentiels de la réussite d'une formation digitale. Les concepteurs de ces dispositifs ont donc la responsabilité de prévoir des services tutoraux adaptés. La qualité du tutorat et de l’accompagnement est de la compétence des concepteurs et des institutions et non des seules personnes promues tuteurs. Pour ce faire, ils doivent mettre en place une réelle ingénierie tutorale pour définir, concevoir, diffuser puis évaluer les services d'accompagnement de leur digital learning.
Lors de notre web-conférence du mardi 17 janvier 2016 (de 14h30 à 15h30), Jacques Rodet* présentera les différents livrables et actions à mener pour identifier un système tutoral, concevoir un scénario tutoral, préparer les tuteurs à la réalisation de leurs interventions et évaluer celles-ci. Il répondra à vos questions.
Jacques Fayet, consultant et membre du FFFOD, animera cette session.
Inscrivez-vous en ligne à http://live-session.fr/FFFOD/inscription.php
Après inscription, notre partenaire Live Session vous adressera les liens nécessaires avant la conférence. Cette séance est ouverte à tous les 100 premiers inscrits (100 participants maximum !).
*Jacques Rodet est président de la société JRODET Conseil et maître de conférences associé à l'université de Versailles Saint-Quentin Paris Saclay. Il est également chargé de cours dans plusieurs autres universités.
Il vient de publier "L'ingénierie tutorale" https://sites.google.com/site/ingenierietutorale/
dimanche 1 janvier 2017
mardi 29 novembre 2016
Parution du livre "L'ingénierie tutorale"
J'ai le plaisir de vous annoncer que mon livre "L'ingénierie tutorale. Définir, concevoir, diffuser et évaluer les services d’accompagnement des apprenants d’un digital learning" est désormais disponible.
Détails, sommaire et lien vers la commande sur Amazon via le site https://sites.google.com/site/ingenierietutorale/
jeudi 10 novembre 2016
Favorisez la persévérance des apprenants en les aidant à développer leurs stratégies volitionnelles
Dans le chapitre "Les stratégies volitionnelles dans l’enseignement supérieur : se mettre au travail et s’y maintenir" du livre "De la métacognition à l’apprentissage autorégulé", D. Baillet, S. Dony, M. Houart, C. Poncin et P. Slosse donnent non seulement une définition mais identifient des stratégies volitionnelles.
Les stratégies volitionnelles se situent dans le champ des stratégies favorables à l’apprentissage. Elles se distinguent des stratégies cognitives et métacognitives par leur objectif qui est de « garantir un cadre propice à la mise au travail et à la poursuite du traitement de l’information jusqu’à l’atteinte du but fixé, sans intervenir sur la manière dont l’information est traitée. »
En plus bref, les stratégies volitionnelles sont relatives à la structuration du temps, au contrôle de l’environnement, à l’exploitation des ressources, au déploiement attentionnel, à la gestion de la motivation et au contrôle des émotions.
Ces auteurs cataloguent donc comme volitionnelles plusieurs stratégies que je considère habituellement comme métacognitives.
Il est possible de repérer son profil volitionnel général en choisissant, parmi les quatre phrases suivantes, celle dans laquelle on se reconnait le plus
- Généralement, je me mets facilement au travail et j’y reste jusqu’au bout
- Généralement, je me mets facilement au travail mais je m’arrête plus tôt que prévu
- Généralement, j’éprouve beaucoup de difficultés à me mettre au travail, mais une fois la tâche entamée, je l’effectue jusqu’au bout.
- Généralement, j’éprouve beaucoup de difficultés à mettre au travail et je m’arrête plus tôt que prévu
Dans l’enquête présentée dans le livre, il apparaît qu’il existe des différences significatives de résultats aux évaluations entre les apprenants se reconnaissant dans la première et la quatrième proposition alors que les différences entre les apprenants se reconnaissant dans la deuxième et la troisième ne sont pas significatives.
Bien évidemment, il est possible de faire évoluer son profil volitionnel en mettant en place des stratégies volitionnelles.
Quelques stratégies volitionnelles (reformulées et choisies par moi parmi celles identifiées dans le livre)
Stratégies volitionnelles relatives à la structuration du temps : Planifier mon apprentissage, me fixer un temps minimal avant de faire une pause, repérer mes moments de grande forme intellectuelle, anticiper les difficultés de la tâche à réaliser.
Stratégies volitionnelles relatives à la gestion de l’environnement : Choisir un espace calme où je me sens bien, aménager mon espace pour m’y sentir bien et avoir à porter de main tout ce dont je peux avoir besoin, mettre mon smartphone sur silence.
Stratégies volitionnelles relatives à l’exploitation des ressources : Avoir le réflexe d’aller chercher des informations complémentaires, noter mes points de blocage ou difficultés pour pouvoir demander du soutien au prof ou à mes pairs.
Stratégies volitionnelles relatives au déploiement de l’attention : Ne pas me disperser lorsque je réalise une tâche, rester concentrer uniquement sur la tâche.
Stratégies volitionnelles relatives à la gestion de la motivation : Me lancer des défis, me mettre en mode compétition, nourrir mon envie de réussir, m’encourager.
Stratégies volitionnelles relatives à la gestion des émotions : Refuser de me décevoir, refuser l’échec, nourrir ma confiance en moi, augmenter mon estime de moi, me sentir capable
Comme pour toute intervention tutorale sur le plan métacognitif, celles concernant les stratégies volitionnelles seront le plus souvent proactives et propositionnelles. Ainsi, il peut être constituer un questionnaire permettant aux apprenants de faire le point tant sur leur profil volitionnel que sur les stratégies volitionnelles qui sont les leurs. Il est également envisageable de faire mutualiser leurs stratégies volitionnelles aux apprenants d'une même promotion, d'entrer en dialogue avec un apprenant afin de l'aider méthodologiquement dans la mise en place de ses stratégies volitionnelles puis de faire le point sur la manière dont elles ont évolué.
dimanche 2 octobre 2016
Quelle place pour les robots dans le tutorat à distance ?
La question de l’automatisation de l’accompagnement des apprenants à distance n’est pas nouvelle. Dès 2005, t@d avait consacré un dossier thématique à l’industrialisation du tutorat (cf. http://jacques.rodet.free.fr/tadindus.pdf). De même, en 2011, un article de Corinne Courtin-Chaudun et Françoise Desmaison intitulé « Industrialisation et qualité du tutorat » est paru dans la revue Tutorales (cf. http://jacques.rodet.free.fr/tutoral8.pdf). Les progrès actuellement réalisés par l’intelligence artificielle réactive la question.
Il semble bien que ce soit la recherche d’économies pour certains, le fantasme à vouloir extirper toute présence humaine du processus de formation pour d’autres, qui provoque la réapparition périodique de ce sujet.
Alors que tous les enseignants et formateurs sont loin d’intervenir à distance en soutien aux apprenants, soit parce qu’ils n’interviennent dans aucun digital learning, soit parce qu’ils rencontrent des difficultés à investir la posture tutorale, l’intelligence artificielle ne risque-elle pas de préempter les fonctions d’accompagnement ? Serait-elle la solution de remplacement face à des enseignants et des formateurs ne voulant pas évoluer vers l’intégration du numérique dans leurs pratiques ?
Pour apporter quelques éléments de réponses à ces questions, j’évoquerai tout d’abord un article récemment paru traitant d’une expérience de recours à une intelligence artificielle pour apporter des réponses à des étudiants. Dans un second temps, j’examinerai les interventions tutorales qui peuvent actuellement être automatisées et confiées à des robots et celles qui ne le sont pas.
Un exemple de recours à l’IA en soutien aux apprenants
L’article intitulé « Et si votre tuteur scolaire était en réalité… un robot ! » paru le 10 mai 2016 sur le site humanoides.fr (cf. https://humanoides.fr/et-si-votre-tuteur-scolaire-etait-en-realite-un-robot/) a attiré mon attention. Il est précisé que « L’expérience a été menée à l’Université Georgia Tech. Jill Watson a été présentée aux élèves du professeur comme leur assistant pédagogique, une fonction très courante aux Etats-Unis, qui s’apparente à celle d’un tuteur, poste généralement occupé par de jeunes diplômés ou en fin d’études. Sa mission consistait donc à assurer toutes les tâches habituelles d’un tuteur : communication des dates d’examens, de rendus de devoirs, aide pédagogique et administrative… »
Il est indiqué que le robot n’a pu répondre à certaines questions, les plus complexes, que parce que celles-ci étaient déjà apparues lors de sessions précédentes et que des tuteurs humains y avaient répondu préalablement. De plus, les tuteurs humains ont été sollicités pour permettre au robot d’acquérir progressivement l'autonomie recherchée dans la formulation de ses réponses.
Cette expérience se révèle donc prometteuse pour les interventions réactives sur le plan cognitif que la plupart des tuteurs à distance estiment correspondre à environ à un quart à un tiers de l'ensemble des interventions qu'ils réalisent. C'est donc loin d'être négligeable.
Pour les interventions proactives comme le rappel des échéances, l'intérêt du recours à un robot me parait moindre. Un planning et le paramétrage d'envois de mails automatiques dans le LMS remplissent parfaitement ces tâches.
Pour intéressante qu’elle soit, cette expérience a nécessité quelques prérequis : i) l’existence d’une banque importante de questions d'étudiants auxquelles des tuteurs humains avaient préalablement répondu, ii) La mobilisation des tuteurs humains pour guider l'apprentissage du robot.
Par ailleurs, le fait que l'expérience ait été menée par un professeur en intelligence artificielle dans un cours d'intelligence artificielle n'est pas anodin. La transposition de cette expérience à un autre domaine reste à expérimenter et posera inévitablement la question des compétences nécessaires à un enseignant ou un formateur pour programmer et manipuler un robot de ce type.
Je remarque également que le robot ne pouvant répondre de manière pertinente à des questions qui n'ont pas été traitées lors des précédentes sessions, le contenu de la formation doit être particulièrement stable. Ceci est de moins en moins vrai dans de nombreux domaines tant le rythme d’apparition et de disparition des connaissances s’accélère. Les ressources d’une formation demandent régulièrement et fréquemment des mises à jour sur lesquelles le robot devra se former avec l’aide de tuteurs humains. En fait, tout dépend de la capacité du robot à apprendre en autonomie, ce sur quoi l’article ne nous renseigne pas.
Dès lors, il est naturel de se demander si le retour sur investissement est réel ou non. Outre les coûts fixes de développement du robot, il existe des frais variables liés aux ressources humaines qui le guident dans son apprentissage. Est-ce que le travail alors fourni par le robot a une valeur financière supérieure aux coûts engagés ? Il est probable que cela ne soit rentable que dans les dispositifs qui rassemblent un nombre massif d’étudiants. C’est donc potentiellement une piste pour les moocs dont l’immense majorité, c’est le moins que l’on puisse dire, ne brille pas encore par la qualité du soutien apporté à leurs participants.
Quelles interventions tutorales peuvent-elles être confiées à un robot ?
Dans l’exemple ci-dessus, il apparaît, et c’est peut-être un biais ou une limite du périmètre de l’expérience elle-même, que les interventions tutorales assurées par le robot relèvent uniquement du plan cognitif pour les fonctions tutorales suivantes : accueil et orientation, organisationnelle, pédagogique, technique et évaluation. La fonction tutorale socio-affective et motivationnelle tout comme métacognitive ne sont pas investies. De même, les plans de support à l’apprentissage socio-affectif, motivationnel et métacognitif ne sont investis pour aucune des fonctions tutorales.
En partant de ma matrice des interventions tutorales qui croisent les fonctions tutorales et les plans de support à l’apprentissage (cf. http://blogdetad.blogspot.fr/2012/06/des-fonctions-et-des-plans-de-support.html), et à partir de l’expérience présentée plus haut, je projette que certaines interventions peuvent effectivement être assumées par un robot, certaines nécessitent des actions coordonnées d’un robot et d’un tuteur humain, tandis que d’autres ne peuvent être réellement réalisées de manière efficace pour les apprenants que par un tuteur humain.
Répartition des interventions tutorales entre un robot et des tuteurs humains
Pour l'instant, les interventions tutorales pouvant être confiées à un robot seul, bien que non négligeables, sont peu nombreuses. Celles nécessitant des actions coordonnées entre un robot et des tuteurs humains le sont davantage. Dans ce cas, la répartition, du qui fait quoi, dépend fortement des capacités du robot. Dans bien des cas, le robot n'agira qu'en complément du tuteur humain qui conservera une vraie plus-value. Enfin, nombre d'interventions tutorales restent du domaine exclusif des tuteurs humains dans la mesure où elles demandent une compréhension sensible et émotionnelle du besoin de soutien de l'apprenant.
Bien évidemment, les avancées en matière d’intelligence artificielle risquent fort dans les prochaines années de modifier les couleurs affectées à telle ou telle cellule de cette matrice. Toutefois, attendre celles-ci pour ne pas investir dans le tutorat à distance et la constitution d’équipe de tuteurs humains amènerait les attentistes à voir les taux d’abandon dans leurs digital learning se maintenir à un niveau si élevé qu’il remettrait en cause l’existence même de leur offre de formation.
Les robots et l'intelligence artificielle sont donc encore loin de pouvoir préempter les fonctions d'accompagnement des apprenants d'un digital learning. Le recours à des tuteurs humains apparaît encore indispensable pour répondre à l'ensemble des besoins de soutien des apprenants. Les formateurs et les enseignants sont dans la nécessité de se former aux usages numériques et à l'évolution de leur posture professionnelle : de la transmission vers l'accompagnement et le soutien.
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