vendredi 8 avril 2011

La conception d'une intervention tutorale. Par Jacques Rodet



Je ne me lasserai jamais de le rappeler, le tutorat à distance nécessite d’être pensé et chacune des interventions tutorales conçues.

Cette conception, plus que la réalisation de tâches successives tient davantage à la logique qui prévaut pour la réalisation d’un puzzle. Il y faut donc une certaine stratégie qui laisse toute sa place à la patience nécessaire à l'examen des pièces, à l’identification des ressemblances, aux essais et parfois à la chance.

Comme tout objectif, celui d’une intervention tutorale doit être formuler de manière précise. Des critères et des indicateurs d’atteinte de l’objectif doivent être également déterminés afin d’évaluer l’efficience de l’intervention. Le recours à certaines taxonomies, comme celle de Bloom peuvent en faciliter la rédaction.

Les acteurs concernés par une intervention tutorale sont le ou les tuteurs, l’apprenant, le groupe d’apprenants, le sous-groupe d’apprenants, des ressources. Ces acteurs sont soit tutorant, soit tutoré.

Le type de tutorat
renvoie aux profils de tuteurs : tutorat-programme, tutorat-cours, tutorat-technique, tutorat-administratif, tutorat-pair, tutorat-projet.

Les champs de support
sont d'ordre cognitif, motivationnel, socio-affectif et métacognitif.

Les modalités
sont proactive ou réactive, synchrone ou asynchrone et devraient préciser l'outil de communication retenu.

Le rythme d’une intervention est qualifié par la fréquence de l’intervention si elle est reproductible et par sa position dans le scénario général de la formation.

Les commentaires et conseils à l'intention du tuteur peuvent renvoyer à des ressources tels que des fiches d’interventions, fiches méthodologiques, une charte tutorale, des retours d’expériences d’autres tuteurs, des modèles de messages.

Les métadonnées
sont des informations qui permettent d’identifier la fiche de conception de l’intervention tutorale : référence, titre, auteur, date, version et nature des mises à jour, formation, module, grain concerné

mardi 15 mars 2011

Lancement d'une offre de formation sur le tutorat à distance et son ingénierie. Par Jacques Rodet







En partenariat avec Classilio, je vous propose désormais une offre complète de formation au tutorat à distance et à son ingénierie entièrement en classe virtuelle (cf. présentation de Classilio ci-dessous).
Le choix de la modalité exclusive de la classe virtuelle vient répondre à des demandes récurrentes qui me parviennent : pouvoir se former de manière granulaire, en synchrone et sans contrainte de distance.

Les principes d'ingénierie de formation qui m'ont guidé étaient donc clairs : offrir des formations courtes sous formes de modules dispensés en classe virtuelle. Je me suis attaché à couvrir le tutorat à distance tant sur le plan conceptuel (
tut'1) que de manière pratique (tut'2, tut'3, tut'4). L'ingénierie tutorale qui traite de la conception des services tutoraux, plus dédiés aux concepteurs e-learning, vient compléter cette offre (tut'5 et tut'6).

Vous trouverez ci-dessous, le détail de ces parcours ainsi que les dates des premières sessions. L'ensemble des parcours peut ainsi être effectué de mars à juin 2011. Bien évidemment, chaque parcours peut être suivi seul.

Les inscriptions à ces formations s'effectuent à travers le site de mon partenaire Classilio. Vous y trouverez également le détail du programme de cha
que parcours. Chaque parcours est au prix de 280€ H.T.

Du mois de mars au mois de juin profitez de la promotion de lancement de 25% : 210€ H.T. au lieu de 280 € H.T.


Enfin, j'attire votre attention sur le fait que toutes ces formations sont éligibles au plan de formation et au DIF
(uniquement dans le cas de la non subrogation). Les fonctionnalités du site Classilio vous permettent, tant comme indépendant, que comme responsable de formation en entreprise, de bénéficier de toutes les pièces administratives nécessaires à la prise en charge financière de la formation.

A bientôt

Jacques Rodet

Site de tut' : http://sites.google.com/site/tutform


Présentation flash avec vidéo
(cliquez sur l'image - utilisez le bouton "avancer" pour passer d'une diapo à l'autre)



tut' 1 – Connaître le tutorat à distance
(4 classes virtuelles d’une heure)

1. La place du tutorat en formation à distance Lundi 28 mars 2011 20h30 à 21h30

2. Rôles, fonctions et compétences Mardi 29 mars 2011 20h30 à 21h30

3. Les plans de support à l’apprentissage Lundi 4 avril 2011 20h30 à 21h30

4. Etat de la recherche sur le tutorat Mardi 5 avril 2011 20h30 à 21h30


tut' 2 – Réaliser les premières interventions tutorales
(4 classes virtuelles d’une heure)


1. Prendre contact avec l’apprenant Lundi 18 avril 2011 20h30 à 2
1h30
2. Intervenir de manière proactive et réactive Mardi 19 avril 2011 20h30 à 21h30

3. Aider les apprenants à demander de l’aide Lundi 25 avril 2011 20h30 à 21h30

4. Aider les apprenants à ne pas plagier Mardi 26 avril 2011 20h30 à 21h30


tut' 3 – Réaliser les interventions tutorales essentielles
(4 classes virtuelles d’une heure)

1. Développer l’autonomie des apprenants Lundi 2 mai 2011 20h30 à 21h30

2. Faire collaborer les apprenants Mardi 3 mai 2011 20h30 à 21h30

3. Agir sur la motivation des apprenants Lundi 9 mai 2011 20h30 à 21h
30
4. Produire des rétroactions signifiantes Mardi 10 mai 2011 20h30 à 21h30


tut' 4 – Utiliser les médias au service du tutorat
(4 classes virtuelles d’une heure)
1. Interventions tutorales par mail Lundi 23 mai 2011 20h30 à 21h30
2. Interventions tutorales par forum Mardi 24 mai 2011 20h30 à 21h30

3. Interventions tutorales par chat Lundi 30 mai 2011 20h30 à 21h30

4. Interventions tutorales par classe virtuelle Mardi 1er juin 2011 20h30 à 21h30


tut' 5 – Premières actions de l’ingénierie tutorale
(4 classes virtuelles d’une heure)

1. Analyser les besoins d'aide des apprenants Lundi 6 juin 2011 20h30 à 21h30

2.
Prioriser les champs de support à l'apprentissage Mardi 7 juin 2011 20h30 à 21h30
3. Identifier les rôles et fonctions des différents tuteurs Lundi 13 juin 2011 20h30 à 21h30

4. Concevoir et quantifier les interventions tutorales Mardi 14 juin 2011 20h30 à 21h30


tut' 6 – Finaliser l’ingénierie tutorale
(4 classes virtuelles d’une heure)

1. Rédiger une charte tutorale Mercredi 22 juin 2011 20h30 à 21h30

2. Former les tuteurs et développer leurs compétences Jeudi 23
juin 2011 20h30 à 21h30
3. Animer une communauté de pratique de tuteurs Lundi 27 juin 2011 20h30 à 21h30

4. outils de suivi et modèle économique du système tutoral Mardi 28 juin 2011 20h30 à 21h30









Classilio lance un nouveau site Internet dédié à la formation en classe virtuelle.

Grâce aux outils pédagogiques que propose Classilio, tels que le partage d’écran (vous voyez en direct ce que fait le formateur), le tableau blanc (identique au tableau noir d’une salle de cours traditionnelle), la diffusion de contenus multimédia (vidéos, sons), les tests en ligne, et de nombreux autres outils, les formations Classilio sont aussi efficaces que celles dispensées dans des salles de cours traditionnelles.

Par ailleurs, le site Internet de Classilio est le premier site à prendre en charge à distance tous les aspects de la formation professionnelle continue : de l’inscription à une formation jusqu’à la génération automatique de convention de formation professionnelle, en passant par le paiement en ligne. Les formations en classe virtuelle peuvent donc être prises en charge dans le cadre de la formation tout au long de la vie.

Site de Classilio : http://www.classilio.com


lundi 7 mars 2011

Parution du n°8 de la revue Tutorales


J'ai le plaisir de vous annoncer la parution du numéro 8 de la revue Tutorales dont je reproduis l'édito ci-dessous.


Le thème de l'industrialisation du tutorat à distance est apparu il y a quelques années. Des articles, des communications, des tables rondes, un colloque lui ont été consacrés. Je dois bien avouer que cette expression me laissait un peu dans l'expectative. Pourquoi fallait-il industrialiser, c'est-à-dire standardiser, massifier et automatiser la composante de la formation à distance la plus liée aux médiations humaines (élément fondateur de toute formation, même à distance) ? Le premier dossier thématique de t@d, paru en 2005, portait sur cette question. J’y affirmais une nette préférence pour la notion d’instrumentation dans la relation tutorale et non pas celle du tutorat, déclinant ainsi la distinction qu’Elisabeth Fichez faisait précédemment entre l’industrialisation de la formation et l’industrialisation dans la formation.

En 2007, je constatais dans un billet du blog de t@d que le thème de l’industrialisation du tutorat ne faisait plus recette et avait disparu de « l’actualité tutorale ». Toutefois, j’écrivais que « cela ne signifie pas que ces échanges n'aient pas eu des influences sur certaines manières de concevoir et de pratiquer le tutorat aujourd'hui. » et lançait un appel à témoignages de la part des acteurs qui se seraient frotter de près ou de plus loin avec « l’industrialisation du tutorat ».

C’est donc avec un réel plaisir, qu’à quatre ans de distance, j’ai pu proposer à Corinne Courtin-Chaudun et Françoise Demaison, rencontrées lors de la journée organisée par le FFFOD en 2010 sur le tutorat à distance, de traduire en article la communication qu'elles y avaient faite sur leurs expériences au CNED. C’est ce dernier qui constitue l’élément central de ce numéro. Si elles utilisent volontiers l’expression d’industrialisation du tutorat, j’ai pu constater que l’usage qu’elles en avaient était proche du sens de ma formule plus lourde et donc certainement moins heureuse « d’instrumentation dans la relation tutorale ». En effet, leurs témoignages portent sur deux instrumentations : l’envoi automatisé de messages à partir de l’analyse automatique de certaines traces et le recours à une plateforme téléphonique virtuelle.

En écho lointain et bien modeste à cet article qui expose de manière concrète une certaine industrialisation, je reproduis un billet que j’ai écrit récemment pour le blog de t@d portant sur l’industrialisation des messages proactifs destinés à renforcer la motivation des apprenants à distance. Il permet d’attirer l’attention sur les recherches effectuées par André-Jacques Deschênes et Martin Maltais d’une part et Nicole Racette d’autre part.

Tradition oblige, l’entretien avec un chercheur complète ce numéro. J’ai eu l'opportunité de questionner Christian Depover à l’occasion de la sortie récente du livre collectif qu’il a dirigé, intitulé « Le tutorat en formation à distance ». La présentation de cet ouvrage complète ce numéro 8 de Tutorales.

J’espère que vous trouverez autant de plaisir à sa lecture que j’en ai eu à le préparer.


Bien cordialement,
Jacques Rodet

Télécharger le n°8 de la revue Tutorales (.pdf)

mercredi 2 mars 2011

Proactivité des interventions tutorales et autonomie de l'apprenant. Par Jacques Rodet


"Le modèle de tutorat utilisé est innovant et comporte, à la fois, de l'accompagnement proactif afin de permettre à chacun d'évoluer en totale autonomie dans l'environnement numérique pédagogique mis en place, et de l'accompagnement réactif."

Cette formule promotionnelle utilisée ici m'amène à questionner la capacité des interventions tutorales proactives à encourager l'autonomie des apprenants.

L'autonomie : un objectif
Si l'autonomie des apprenants est une compétence souhaitable, elle ne peut, à mon sens, être un préalable. Dès lors, elle est à concevoir plutôt comme un objectif. Il faut d'ailleurs s'entendre sur le sens donné à l'autonomie. Personne n'est autonome dans l'absolu mais toujours relativement à une tâche à effectuer. Par ailleurs, il est toujours possible d'accroitre son autonomie. Un apprenant autonome n'existe pas en soi mais toujours relativement aux tâches d'apprentissage qu'il a accomplir. Pour ce faire, il fait appel à des stratégies d'apprentissage. Celles-ci sont nombreuses et toute personne peut toujours élargir son répertoire de stratégies ou se perfectionner dans l'une d'entre elles. Aussi, l'exercice de son autonomie par un apprenant nécessite qu'il ait une bonne perception de ses forces et faiblesses dans son "métier d'apprenant". Le tuteur peut accompagner l'apprenant vers une plus grande autonomie en lui proposant des activités métacognitives qui lui permettront de porter un regard distancié sur ses stratégies d'apprentissage. De même, le tuteur, par la mise à disposition de fiches méthodologiques sur les tâches peut faciliter la prise d'autonomie de l'apprenant.

Proactivité et autonomie : aspects contradictoires
La proactivité consiste pour le tuteur à intervenir en prévention, par avance, en allant au devant des éventuels besoins d'aide de l'apprenant. Il peut donc exister une certaine contradiction entre le fait d'intervenir de manière proactive et le fait de laisser l'apprenant exercer son autonomie. De nombreux témoignages montrent d'ailleurs que les apprenants plus autonomes reçoivent avec circonspection, parfois avec agacement, les interventions proactives non différenciées de la part des tuteurs à distance. Intervenir de manière proactive trop fréquemment, ne revient-il pas à encadrer, à guider trop fortement l'apprentissage de l'apprenant ? Ce dernier ne risque-t-il pas de devenir dépendant des interventions proactives du tuteur ? Puisque le tuteur proactif intervient par avance, l'apprenant a-t-il encore la nécessité d'identifier ses besoins d'aide ? De porter un regard métacognitif sur sa posture d'apprenant ?

Proactivité et autonomie : une contradiction apparente mais non réelle
Si certaines interventions proactives sont certainement de nature à brider la liberté et donc l'exercice de son autonomie par l'apprenant, d'autres le facilitent. Ces interventions sont d'ordre essentiellement méthodologique, motivationnel et métacognitif. Transmettre par avance des informations et des ressources permettant à l'apprenant de mieux comprendre les attendus d'une tâche d'apprentissage et les stratégies à mettre en oeuvre est une de celles-là. Amener l'apprenant à faire le point sur les objectifs personnels qui le poussent à réaliser sa formation, à identifier sa motivation intrinsèque en est une autre. Proposer à l'apprenant de tenir un journal de formation, de procéder à des auto-évaluations de ses connaissances construites durant la formation est aussi une intervention proactive que le tuteur peut mener à l'intention de l'apprenant à distance.


Il n'y a donc pas de contradiction entre interventions proactives et développement de l'autonomie. Tout dépend des interventions réalisées. A noter, que l'exercice de l'autonomie par l'apprenant est également redevable à l'adoption d'interventions réactives par le tuteur. N'intervenir qu'au cas où, quand l'apprenant en manifeste le besoin, est certainement aussi une manière de respecter son autonomie. Cela suppose que le tuteur ait pu vérifier que sa non sollicitation est le fait d'apprenants autonomes et non d'apprenants n'osant pas demander de l'aide.


illustration : Paul Klee, Projet, 1938



lundi 28 février 2011

Parution du volume 8 des Fragments du Blog de t@d


Ce huitième volume des Fragments du Blog de t@d, regroupe les principales contributions qui sont parues sur le blog de juillet 2010 à février 2011.

Ces textes sont répartis dans différentes rubriques : Penser (apports à la réflexion sur le tutorat à distance) ; Pratiquer (retours de pratiques) ; Regards sur (à propos de textes parus sur le tutorat) ; Témoignage ; varia (traitement de thèmes connexes au tutorat).

J'espère que vous trouverez du plaisir et de l'utilité à leur lecture.

Je vous rappelle que le Blog de t@d est largement ouvert à tous ceux qui souhaitent s'exprimer sur le tutorat à distance.

Cordialement,
Jacques Rodet

Téléchargement du PDF (60 pages)

dimanche 27 février 2011

Suite au sondage sur les outils des tuteurs à distance


Suite aux tentatives de comparaison que j'ai fait entre les résultats du sondage "Les outils des tuteurs à distance" et l'enquête "êtes-vous un étudiant 2.0?", Caroll-Ann Keating qui a piloté cette dernière nous fait parvenir ce commentaire.

Merci à elle pour les précisions apportées !


Bonjour Jacques,

Il m’apparaît important de préciser, à priori, que les étudiants de la TÉLUQ ont été questionnés sur l’expérience qu’ils avaient de l’utilisation des logiciels sociaux du Web 2.0 dans un sens large et non pas nécessairement dans le cadre de cours à distance. On peut donc difficilement ici comparer l’expérience des tuteurs que tu as questionnés avec celle des étudiants de la TÉLUQ. En effet, si on reprend que plus de 70% des étudiants de la TÉLUQ utilisent les réseaux sociaux, ils ne le font certainement pas dans des cours à distance offerts à la TÉLUQ. En fait, nous n’exploitons pas encore de réseaux sociaux dans les cours de la TÉLUQ quoique certains puissent être des « amis » de la TÉLUQ sur Facebook. Par ailleurs, je ne connais pas tout ce qui se fait dans les autres universités québécoises mais je serais très surprise d’apprendre qu’on utilise les réseaux sociaux dans plusieurs cours. C’est donc dire que les liens à établir entre les répondants-tuteurs et répondants-étudiants par rapport à leur âge ou à leur nationalité me paraît difficile à faire.

Je te souligne qu’à la TÉLUQ, nous venons de débuter une expérimentation avec les réseaux sociaux (Plate-forme Elgg dédié à l’éducation et comportant de nombreux outils, tels forums, wikis, blogues, signets sociaux, etc.) dans un de nos cours de comptabilité; ceci dans le cadre de la recherche sur les logiciels sociaux que nous menons avec d’autres partenaires et dans laquelle s’inscrit le sondage que nous avons réalisé à la TÉLUQ. Nos partenaires du Québec – l’Université de Montréal et le Cégep@distance - ont de l’avance sur nous, avec l’expérimentation dans plusieurs cours de la plate-forme Elgg. Je te réfère à cet effet à un article fort intéressant de Martine Chomienne, du Cégep@distance. http://clic.ntic.org/cgi-in/aff.pl?page=article&id=2174

Un résultat du sondage de la TÉLUQ que je veux partager avec les tuteurs de ton blogue est que plus de la moitié des répondants souhaitent rencontrer leur tuteur et leurs pairs en mode synchrone, de même qu’à utiliser la visioconférence Web. Le potentiel de la vidéo favorise sans contredit le sentiment de proximité, de complicité et de présence entre l’étudiant et le tuteur, si important dans la dimension socioaffective de la relation tutorale à distance. De plus, plusieurs études confirment que le sentiment de présence chez l’étudiant augmente la persévérance et la réussite étudiante. Conséquemment, ma première recommandation, suite aux résultats de notre sondage, serait d’offrir cette possibilité dans nos dispositifs de formation et de mettre tout en œuvre pour que nos étudiants et nos tuteurs l’utilisent le plus en plus, et le plus efficacement possible.

Finalement, puisque le sondage de la TÉLUQ nous indique clairement que plus un étudiant est expérimenté avec les logiciels sociaux, plus il est intéressé à les utiliser pour apprendre dans les cours, ma deuxième recommandation serait d’exploiter de plus en plus de logiciels sociaux dans les cours tout en le faisant de façon graduelle. Ceci, dans le but premier de familiariser les étudiants et de former – par ricochet – les tuteurs. On peut prendre en compte en outre que les étudiants (et les tuteurs) seront tout comme nous de plus en plus exposés aux logiciels sociaux.

Voilà pour quelques réactions… en te remerciant encore Jacques pour ta contribution importante à l’amélioration de l’encadrement des étudiants à distance et à toute la réflexion que tu suscites sur la formation à distance en général. Son avenir me paraît prometteur et rempli de plusieurs défis pour tous les artisans que nous sommes.

Caroll-Ann Keating


lundi 21 février 2011

Résultats du sondage "les outils des tuteurs à distance"


Je tiens à remercier toutes les personnes (66) qui ont participé à ce sondage dont la question était "Quels sont les outils de communication que vous utilisez dans le cadre de vos interventions tutorales à destination des apprenants à distance ?" Les résultats obtenus sont les suivants :

Un outil utilisé quasi unanimement par les répondants : le mail.

Le mail est l'outil qui est utilisé par le plus grand nombre de répondants puisque 64 sur 66 soit 97% y ont recours pour leurs interventions tutorales. A contrario du discours qui fleurit çà et là sur l'archaïsme de cet outil, les tuteurs le plébiscitent largement. Il faut bien reconnaître que le mail reste un mode de communication facile et accessible pour les usagers de la formation à distance. Ces avantages liés à son caractère asynchrone et le fait qu'il puisse supporter des échanges individuels et collectifs expliquent certainement ce résultat.

Un deuxième groupe d'outils utilisés par les 2/3 des répondants : le forum, le téléphone et les messageries instantanées.

Le forum (45 votes, soit 68%), le téléphone (44 votes, soit 66%) et les messageries instantanées telles que Skype ou MSN (42 votes, soit 63%) sont des outils utilisés par les 2/3 des répondants.

Le forum, présent dans la plupart des plateformes de e-learning, se révèle un outil adapté tout autant pour diffuser des informations sur le déroulement de la formation que pour supporter des activités d'apprentissage. Le fait que ce soit également un des outils les plus anciens explique que son usage soit répandu.

Le téléphone, outil historique du tutorat en formation à distance reste d'un usage fréquent malgré son coût bien que celui-ci puisse se révéler très abordable dans les offres de différents opérateurs téléphoniques. Le fait de pouvoir échanger de manière synchrone, en bénéficiant de la voix de son interlocuteur, reste un avantage indéniable de cet outil. Il permet tant de réaliser le premier contact avec l'apprenant que de lui apporter des réponses rapidement, au moment où le besoin s'en fait sentir.


Les messageries Skype et MSN constituent une alternative au téléphone moins onéreuse pour effectuer des interventions synchrones. De plus elles permettent d'utiliser la communication écrite, l'échange de documents et supporte la vidéo dès lors que les interlocuteurs sont équipés d'une webcam. L'enregistrement de la communication peut également se révéler utile. Si ces messageries talonnent le téléphone, il est probable que leurs fonctionnalités plus développées leur permettront, dans un proche avenir, de le dépasser et peut-être de le marginaliser. Ceci prendra néanmoins plus de temps pour les régions où le débit internet est insuffisant ou instable.

Un troisième groupe d'outils utilisés par une majorité de répondants : Le chat et la classe virtuelle.

Le chat est un outil ancien et malgré ses limites, seul l'échange textuel est autorisé, il recueille 36 votes, soit 55%. Le fait de pouvoir enregistrer le verbatim des échanges est certainement apprécié. Si le sondage ne nous renseigne pas sur le fait que ces échanges soient effectués par 2 ou plusieurs personnes en même temps, les retours d'expériences ont montré qu'au delà de 5 participants et sans règles de fonctionnement, la communication par chat devient difficile. De plus, cet outil se révèle fréquemment chronophage. Son avenir est incertain. Sera-t-il encore utilisé longtemps tout seul ou plus probablement comme une modalité intégrée à d'autres outils tels que les messageries instantanées ou la classe virtuelle ?

La classe virtuelle est également utilisée par une majorité de répondants (35 votes, soit 53%). Cet outil, si l'on en juge par la floraison de solutions proposées par différents éditeurs réalise une percée remarquable dans le monde de la formation à distance. Cela se traduit donc également dans la pratique des tuteurs à distance. Utilisée comme complément à un LMS ou même comme seul canal de la formation, la classe virtuelle présente l'avantage de se rapprocher le plus des pratiques des formateurs et des enseignants en face à face. Il serait toutefois regrettable de réduire la classe virtuelle à sa fonction de diffusion d'exposés magistraux tant les fonctions qui la composent permettent des interactions riches entre les participants. Il est probable que les usages de la classe virtuelle vont continuer à se développer et qu'elle deviendra un incontournable sinon la référence en matière d'interventions synchrones. A noter aussi, qu'elle peut être utilisée comme support de création de ressources pour un usage asynchrone.

Un quatrième groupe d'outils utilisés par une minorité forte de répondants : le wiki, le blogue et les réseaux sociaux.

Le wiki, fréquemment disponible dans les LMS, est un outil collaboratif puissant. Le fait qu'il recueille 27 votes, soit 41% des répondants et se positionne en tête de ce troisième groupe constitue une demi-surprise. Il semble que le recours de plus en plus fréquent à des activités collaboratives au sein des parcours de FOAD encourage son utilisation.

Le blogue recueille 24 votes, soit 36% des répondants. Support de publication de travaux d'apprenants que le tuteur peut commenter, journal de formation des apprenants, journal des interventions des tuteurs, espace d'information sur la formation, ses usages pédagogiques sont nombreux. Nécessitant une expression écrite élaborée puisque rendue publique, le blogue, malgré son ancienneté se révèle un outil utile aux tuteurs à distance.


Les réseaux sociaux en rassemblant le même nombre de votes que le blogue montrent que les supports d'interventions tutorales se diversifient. D'un usage courant chez de nombreux apprenants, notamment les plus jeunes, il semble que de plus en plus de tuteurs soient attentifs à les rejoindre dans leurs habitudes communicationnelles. Il est fort probable que leurs usages par les tuteurs s'amplifient dans les prochains temps. Cela pose néanmoins la difficulté du traçage des interventions tutorales effectuées sur les réseaux sociaux dans la mesure où ils sont presque toujours extérieurs aux LMS. Un autre frein lié au mélange des interlocuteurs des tuteurs (leurs contacts professionnels, personnels et leurs apprenants) devrait être progressivement surmonté par l'adoption par les tuteurs de plusieurs comptes distincts.

Un cinquième groupe d'outils utilisés par une minorité de répondants : Twitter, Baladodiffusion, Signets sociaux, Mondes virtuels 3D.

Twitter qui contraint ses usagers à la concision rassemble 12 votes, soit 18% des répondants. Ceci reste modeste au regard des usages pédagogiques qui sont de mieux en mieux repérés pour cet outil.

La baladodiffusion qui est plus adaptée pour certaines formations (les langues par exemple) recueille 11 votes soit 16% des répondants.

Les signets qui sont bien utiles pour réaliser des veilles collaboratives recueillent 10 votes, soit 15% des répondants.

Les mondes virtuels 3D recueillent les votes de tuteurs pionniers (4, soit 6%).


Quelques comparaisons avec les résultats du sondage "êtes-vous des étudiants 2.0 ?"

Les outils retenus par l'enquête de la Téluq et notre sondage n'étaient pas tout à fait les mêmes. Pour ceux qui étaient communs, il apparait que la classe virtuelle, le blogue, Twitter, les signets sociaux, la baladodiffusion, les mondes virtuels 3D sont utilisés par une proportion semblable des étudiants de la Téluq et des tuteurs à distance qui ont répondu à notre sondage. Cette convergence est intéressante mais pas aussi surprenante que cela dans la mesure où apprenants et tuteurs à distance se retrouvent dans les dispositifs de formation et utilisent ensemble les outils de communication qui y sont présents.

Plus étonnant, l'écart important de l'utilisation des réseaux sociaux. Si plus de 70% des étudiants de la Téluq les utilisent, seuls 36%, soit moitié moins, des tuteurs ayant répondu à notre sondage y ont recours pour leurs interventions tutorales. Plusieurs facteurs sont peut-être en cause. D'une part, les apprenants de la Téluq sont peut-être plus jeunes que les tuteurs à distance de notre sondage. D'autre part, les étudiants de la Téluq sont très largement Québécois alors que les répondants de notre sondage exercent majoritairement en France, en Europe et en Afrique. Cette différence géographique traduit peut-être une plus grande popularité des réseaux sociaux outre Atlantique.
Enfin, les usages pédagogiques à des fins tutorales des réseaux sociaux ne sont certainement pas encore assez bien identifiés.

Dans l'attente de vos propres commentaires.

mardi 15 février 2011

Sondage : quels outils de communication utilisent les tuteurs à distance


Il y a quelques jours, je faisais écho aux résultats d'une enquête menée à la Téluq intitulée "êtes vous un étudiant 2.0".

La même question pourrait être posée aux tuteurs à distance. Plus modestement, je vous invite aujourd'hui à participer à un petit sondage sur vos utilisations des outils de communication dans le cadre de vos interventions tutorales à destination des apprenants à distance.







Les 14 médias sélectionnés sont les suivants :

  1. mail
  2. téléphone
  3. forum
  4. chat
  5. skype, MSN
  6. Classe virtuelle
  7. Réseaux sociaux (Facebook, Viadeo...)
  8. Twitter
  9. Blogue
  10. Wiki
  11. Signets sociaux (Delicious, Diigo...)
  12. Site de partage de vidéos
  13. Baladodiffusion
  14. Monde virtuel 3D
Nous ne sondons pas ici la fréquence de l'utilisation de ces médias, ni leurs usages, mais simplement le fait que vous y ayez recours, même occasionnellement, ou non dans le cadre de vos interventions tutorales.

Les résultats seront présentés et commentés ici même.

Merci pour votre participation !

Accès au sondage


jeudi 10 février 2011

Permettre aux apprenants à distance d’exercer leur autonomie. Par Jacques Rodet


Permettre aux apprenants à distance d’exercer leur autonomie est une des tâches transversale du tuteur à distance. Moins que tout autre, l’autonomie ne se décrète ni se convoque. Il y a d’ailleurs quelques abus à parler d’autonomie de manière générale puisque l’autonomie ne s’exerce que dans l’action et que celle-ci est toujours particulière. Accompagner les apprenants à distance pour qu’ils soient en mesure d’exercer de plus en plus largement leur autonomie consiste donc pour le tuteur à distance à, dans un premier temps, repérer les actions pour lesquelles les apprenants ont intérêt à être autonomes.

De la planification de son apprentissage à la sélection des stratégies cognitives utilisées en passant par la détermination des ressources à solliciter, les tâches sur lesquelles les apprenants doivent exercer leur autonomie sont variées. Le tuteur à distance intervient alors de manière simultanée sur plusieurs plans : méthodologique, motivationnel et métacognitif. Développer l’apprendre à apprendre chez les apprenants, les amener à identifier les éléments qui les motivent à s’engager et à poursuivre leur apprentissage, susciter des pratiques métacognitives telles la tenue d’une journal de formation sont quelques-unes des pratiques tutorales à privilégier pour faciliter la prise en main de leur apprentissage par les apprenants à distance.

A noter, la récente parution d’un livre signé par Brigitte Albero et Nicole Poteaux, « Enjeux et dilemmes de l’autonomie » dont je reproduis ci-dessous la présentation.

En quelques années, l'idée philosophique et politique d'autonomie s'est imposée en principe majeur dans le monde du travail et de la formation. De mode existentiel de rapport au monde et de gouvernement de la cité, elle est devenue simple item dans les référentiels de compétences professionnelles, condition d’accès à l’emploi et critère de gestion des ressources humaines.

Cet ouvrage présente l’analyse d’une expérience d’autoformation des étudiants à l’université qui a placé l’autonomie au centre de son projet sans pour autant la réduire à une prescription normative ni à un outil de management. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, le dispositif des Centres de Ressources en Langues progressivement mis en place à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, est en effet le premier et le seul jusqu’ici à avoir offert aux étudiants, pendant plus de quinze ans et à grande échelle, la possibilité d’apprendre les langues étrangères par une démarche individualisée d’autonomisation personnelle.

Sept chercheurs ont analysé de divers points de vue, la genèse du dispositif, sa structure et son fonctionnement, ses usages par les acteurs sur le terrain et son évolution dans le temps. Les résultats de leurs analyses dépassent largement le propos initial. Ils ne décrivent pas seulement les voies possibles, les exigences et les conditions de réussite d’une véritable formation à l’étude autonome. Ils montrent le rôle déterminant des dimensions personnelles – cognitives, socio-affectives, motivationnelles - dans les différentes réponses, individuelles et collectives, aux sollicitations des technologies et des dispositifs. Ils révèlent aussi les enjeux et les dilemmes que soulève la mise en œuvre du principe d’autonomie dans les institutions hiérarchiques organisées autour d’autres valeurs. Ils apportent enfin a contrario une explication au malaise et aux tensions sociales suscitées par la prescription d’autonomie quand, prenant la forme pathogène d’injonctions paradoxales, elle interdit aux individus toute possibilité de l’exercer.

Langue français
ISBN-10 2-7351-1305-1
ISBN-13 978-2-7351-1305-7
ISSN 2110-1957
Année de publication octobre 2010

Illustration : Michal Batori, Piano-Folies Enghien-les-Bains? 2006.

lundi 7 février 2011

Quelques conseils aux apprenants à distance


L'équipe pédagogique du CNAM formulent, dans ces deux vidéos, un certain nombre de conseils aux apprenants nommés "auditeurs". Plei@d est la plateforme utilisée par le CNAM.