vendredi 15 février 2013

Composition du Comité d'organisation des 10 ans de t@d

Quelques jours après l'appel à la constitution du Comité d'organisation des actions marquant les 10 ans de t@d, celui-ci est désormais assemblé.

A l'image de t@d, il regroupe des personnes d'horizons variés. Originaire de 4 pays différents, certains sont des complices anciens, d'autres plus récents. Tous ont manifesté leur souhait de participer à cette nouvelle aventure de t@d et c'est avec grand plaisir que je vous les présente.


ALGERIE
Badeddrine Boussafsaf. Professeur d'Anatomie Humaine/Explorations endoscopiques à la Faculté de Médecine CHU Dr Ben Badis LA à Constantine. Auteur du Blog de t@d 

FRANCE
Corinne Allavoine-Morin. Titulaire d'un Master 2 en ingénierie de la e-formation, d’une maîtrise en Sciences de l’éducation et d’un DU en Santé publique, elle réalise actuellement une recherche doctorale.Parallèlement, elle accompagne les organisations vers le concept de « formation pour tous et tout au long de la vie» en partant de la complexité des accès au développement des compétences pour construire des architectures pédagogiques adaptées aux projets.
Jean-François Ceci.
Chargé de mission pédagogie numérique (TICE) - Enseignant TICE - Correspondant C2i1. Il travaille à l'Université de PAU et des Pays de l'Adour.

Eric Delcroix.Consultant à ED Productions, maitre de conférence associé (PAST) à l'université de Lille3 durant une dizaine d'années, fondateur des rencontres blog en nord.
Jean-Paul Moiraud. Enseignant dans le secondaire - Chercheur indépendant. A l'origine du blog consacré au tutorat dans les mondes virtuels. Auteur du Blog de t@d.
Catherine Roupie. Animatrice coordinatrice formateur au Centre Formation Profession Bancaire. Coach professionnel certifié. Auteur du n°1 de la revue Tutorales. 

MAROC
Fatima zahra Mezzat.
Professeur d’informatique du secondaire collégial au Maroc et professeur encadrant du Centre Régional des Métiers et de Formation. Formatrice TICE, tutrice au sein du dispositif COLLAB (CNIPE-Maroc).


QUEBEC
Esther Delisle.
Politologue, historienne et zoothérapeute. Tutrice à la Télé-université du Québec. Auteur du Blog de t@d.


Ce comité va collaborer à distance à partir de différents outils : une communauté G+ permettant des rencontres par Hangout, des documents Google Drive, des cartes conceptuelles avec Mind42.  

Nous nous ferons régulièrement l'écho de l'avancée de ses travaux ici même.

Cordialement, 
Jacques Rodet
Consultant-formateur FOAD, Maitre de conférence associé, initiateur et animateur de t@d


lundi 11 février 2013

Appel à la constitution d’un comité d’organisation des actions marquant les 10 ans de t@d

APPEL CLOTURE




En septembre 2013, t@d aura 10 ans ! 

Une cinquantaine d’entre vous, s’est retrouvée, en 2003, pour échanger et produire sur le tutorat à distance. Aujourd’hui la réalité de t@d est très différente. De communauté, il est devenu un réseau auquel on accède par son portail et les nombreux espaces du web social où il est présent. Ses participants se comptent en milliers et à titre d’exemple, le Blog de t@d est consulté chaque jour 200 fois en moyenne. Chaque numéro de la revue Tutorales fait l’objet de plusieurs milliers de téléchargements.

Ceux que l’histoire de t@d intéresse, peuvent se reporter à l’entretien que j’avais eu avec Geneviève Jacquinot, paru dans la revue Distances et Savoirs et désormais en accès libre à http://ds.revuesonline.com/gratuit/DS6_4_12_entretien_Jacquinot.pdf. J’y évoquais les différentes phases et mutations de t@d à l’occasion du lancement de la revue Tutorales.

Je m’interroge sur la meilleure manière de marquer cette dixième année d’existence et c’est pourquoi je me retourne vers vous, lecteurs, contributeurs et collaborateurs. Plusieurs pistes sont déjà entrevues mais je souhaiterais pouvoir en discuter plus avant avec ceux qui seraient intéressés à travailler avec moi à la préparation des actions envisageables au sein d’un comité d’organisation. A cet égard, il me semble opportun que le comité d’organisation soit à l’image des participants, soit des chercheurs, des tuteurs et d’autres personnes s’intéressant au tutorat à distance.

Toutes les bonnes volontés et les compétences sont donc les bienvenues !

Quelques principes peuvent déjà être retenus pour les futures actions : 

  1. t@d n’a pas d’existence en dehors des échanges numériques, il semble donc peu approprié d’organiser un séminaire « physique » et ce d’autant plus que les participants à t@d sont très dispersés géographiquement (Europe, Amérique, Afrique et dans une moindre mesure Asie). L’idée d’un séminaire en ligne n’est pas à rejetée et ce d’autant plus que les moyens de communication d’aujourd’hui le permettent plus aisément. Il resterait à examiner  les questions des modalités synchrone ou asynchrone, durée et temporalité.
  2. t@d propose trois modes de participation : informer, contribuer, collaborer. Il serait donc souhaitable que les actions envisagées puissent supporter les trois.
  3. t@d regroupe des personnes intéressées par le tutorat à distance quel que soit leur niveau d’expertise. Les actions devraient donc permettre tant aux néophytes, qu’aux praticiens et aux chercheurs de s’y associer.
  4. t@d est surtout connu par les productions écrites de ses participants. Aussi, la réalisation des actions devra être suivie ou conjointe à des publications.
  5. t@d s’est continument adapté aux nouvelles technologies et le dixième anniversaire peut être l’occasion d’investir de nouvelles pratiques ou d’adapter les espaces existants à de nouveaux usages.
  6. t@d n’existe que par les actions bénévoles et ne dispose d’aucun budget. Les actions envisagées ne devront donc pas engager de ressources financières.
  7. t@d est exclusivement francophone et le restera pour les actions envisagées.
Plus qu’un cérémonial, le dixième anniversaire doit constituer l’occasion de faire avancer la réflexion et la mutualisation des pratiques de tutorat à distance. J’invite donc chaleureusement chacune et chacun qui souhaite rejoindre le comité d’organisation à prendre contact avec moi d'ici le 17 février.


Au plaisir de vous lire !
Jacques Rodet

lundi 4 février 2013

Quelques réponses à des questions d'apprenants sur le tutorat à distance. Par Jacques Rodet

Lors d’une activité récente d’émergence de connaissances préalables sur le tutorat à distance par des apprenants (cf. http://blogdetad.blogspot.fr/2013/02/representations-dapprenants-sur-le.html), plusieurs questions ont été formulées. Je les reprends ci-dessous de manière thématisée et indique quelques éléments de réponse.

Le statut du tuteur

La première question est la suivante « Rôle et reconnaissance du tuteur : à quand une définition et un référentiel de compétences précis ? » La recherche d’un référentiel semble légitime mais un référentiel pourrait sous-tendre l'idée d'un « tuteur-orchestre » d'un « tuteur idéal » qui pourrait ou devrait assumer tous les rôles de soutien à l’apprentissage (cf. « Des fonctions et des plans de support à l’apprentissage à investir par les tuteurs à distance » http://blogdetad.blogspot.fr/2012/06/des-fonctions-et-des-plans-de-support.html). Outre le fait que l'idéal est rarement observable dans la pratique, on peut se demander s'il est souhaitable tant pour les apprenants, que pour l'institution et les tuteurs eux-mêmes. Sur ce point cf. « Inconvénients de la figure du "tuteur-orchestre" » (http://blogdetad.blogspot.fr/2009/09/inconvenients-de-la-figure-du-tuteur.html).

Dans les faits, les profils de tuteurs sont très variables d’un dispositif à un autre et il apparait plus bénéfique de conjuguer ces profils au pluriel au sein d’un véritable système tutoral.

Ci-dessous quelques liens vers des textes abordant la question des compétences des tuteurs

Les deux questions suivantes : « Comment évaluer le travail, pour prévoir et mettre en œuvre une rémunération ? » et « Comment intégrer dans la charge de travail réglementaire le temps de tutorat qui, par définition peut être beaucoup dans la réaction et donc, très inégale ? » sont relatives au calcul de la charge de travail d’un tuteur à distance.

Pour être en mesure de quantifier le temps de travail des tuteurs, il est nécessaire dans un premier temps de définir les plans de support qu’il aura à investir, d’identifier et de concevoir les interventions tutorales qui seront les siennes. C’est donc par un travail d’ingénierie tutorale qu’il est possible de mieux quantifier la charge de travail d’un tuteur. Sur ce point, je renvoie à mon article « Propositions pour l’ingénierie tutorale » paru dans le n°7 de la revue Tutorales (http://jacques.rodet.free.fr/tutoral7.pdf) et aux billets que j’ai publiés sur le site d’Educavox (http://www.educavox.fr/formation/analyses-27/article/ingenierie-tutorale-de-quoi-parle). 

Il est tout à fait exact que les interventions proactives sont plus aisées à quantifier. Toutefois, les interventions réactives peuvent également être quantifiées de manière approximative (cf. les quantifications proposées dans l’article précédemment cité). Il s’agit alors de raisonner sur un forfait pour une promotion d’apprenants qui est ensuite divisé par le nombre de participants. Certains apprenants utiliseront plus que la moyenne obtenue mais d’autres beaucoup moins. La quantification prévue est à vérifier lors de la tenue de la première session pour faire l’objet d’éventuels ajustements lors de la deuxième. Ceci implique que les tuteurs disposent d’un outil de comptabilisation de leur temps de travail dont la récente enquête de t@d montre qu’il est souvent absent dans les institutions qui les emploient (« Résultats d’enquête sur la comptabilisation du temps de travail des tuteurs à distance » http://jacques.rodet.free.fr/tutoral10.pdf). 

A la question « Quelles conditions matérielles de travail donner au tuteur ? » les réponses des institutions sont très variables. Une partie de l’activité des tuteurs est souvent réalisée en dehors des heures habituelles de travail (soir, week-end), et à domicile. Lorsque les institutions prennent en compte cela, elles dédommagent les tuteurs, sous forme de prime, des coûts de connexion et d’impression de documents. Sur le lieu de travail, il ne peut être que conseiller de permettre au tuteur de travailler dans un espace privé (les espaces ouverts se prêtent mal à la tenue d’entretiens téléphoniques ou par visioconférence). Sur l’aménagement de ces postes de travail, je renvoie aux travaux de Jean-Paul Moiraud (http://moiraudjp.wordpress.com/). 

Pour aller plus loin sur la question du statut du tuteur, cf. le dossier de t@d sur ce thème à https://sites.google.com/site/letutoratadistance/Home/consulter/dossiers-de-t-d/statuts-des-tuteurs-a-distance
 
Recrutement et formation des tuteurs

Les questions étaient les suivantes :

  • "Comment trouver de bons tuteurs ?"
  • "Comment former au tutorat à distance ?"
  • "Comment aider les tuteurs s'ils rencontrent des difficultés ?"
A la première, il est difficile de donner des réponses très précises. Il n’est pas plus aisé de trouver un bon tuteur qu’un bon concepteur de FOAD ou un bon plombier. En l’absence d’une reconnaissance du métier de formateur, il s’agit plus fréquemment d’une fonction seconde (en France du moins) qui n’est pas créatrice d’identité professionnelle. La recherche par annonce donne rarement de bons résultats. La recherche par réseau de connaissances est davantage adaptée.

Mais plutôt que de recruter des tuteurs, il est possible d’en former. Sur ce point, je renvoie aux billets parus sur le Blog de t@d qui traitent de cette question http://blogdetad.blogspot.fr/search/label/formation

Les tuteurs rencontrent régulièrement des difficultés pour s’acquitter pleinement de leurs très nombreuses tâches. Ils sont aussi fréquemment isolés. Il est donc nécessaire de faciliter leur mise en contact. Deux pistes sont envisageables. La première est l’émergence d’un coordinateur ou tuteur de tuteurs (cf. « Tuteur de tuteurs à distance » http://blogdetad.blogspot.fr/2008/10/tuteur-de-tuteurs-distance-par-jacques.html). La seconde est de favoriser la création de communautés de tuteurs. Des informations sur la mise en œuvre de telles communautés sont accessibles dans ce billet « La communauté de pratiques comme support de formation continue pour les tuteurs à distance » http://blogdetad.blogspot.fr/2011/01/la-communaute-de-pratiques-comme.html

Modalités

Les questions étaient les suivantes :

  • "Quand tutore-t-on ?"
  • "Quelles formes de travail dans un tutorat collectif ?"
  • "Je me pose des questions sur la connaissance du parcours que devrait avoir le tuteur s'il n'en est pas le concepteur (il peut avoir des compétences mais ne pas savoir comment elles ont été organisées dans le parcours ... vaut mieux qu'il soit d' accord avec les choix faits..."
On peut tutorer avant, pendant et après la formation. Les modalités sont très diverses et plusieurs d’entre elles sont détaillées dans les numéros 5 et 6 des Fragments du Blog de t@d (http://jacques.rodet.free.fr/fragtad5.pdf et http://jacques.rodet.free.fr/fragtad6.pdf).

Le tutorat collectif suppose la présence de plusieurs tuteurs. Les problématiques sont essentiellement liées à celle de leur coordination et mutualisation (cf. les liens indiqués dans « recrutement et formation des tuteurs » ci-dessus).

Lorsque le tuteur n’est pas le concepteur du cours sur lequel il va accompagner les apprenants, il lui faut en avoir une très bonne connaissance. Le plus souvent, il est nécessaire qu’il effectue lui-même le parcours de formation. Dans de nombreux dispositifs, les tuteurs sont ainsi d’anciens apprenants. La formation proposée par l’AUF formule ainsi deux de ses objectifs : « identifier et comprendre le modèle pédagogique mis en œuvre » et « s'approprier et transmettre une approche pédagogique et un supports de cours qu'on n'a pas conçu » (cf. http://blogdetad.blogspot.fr/2009/01/auf-certificat-international.html). L’instauration d’un dialogue entre le concepteur et les tuteurs est bien évidemment souhaitable. A noter que lorsque celui-ci est instauré assez tôt, le tuteur peut s’imprégner plus facilement des orientations pédagogiques choisies. La conception des interventions tutorales peut également être conjointe et servir de matériau à la formation des tuteurs. Enfin, en sens inverse, le tuteur, une fois la formation réalisée, peut remonter de nombreuses informations utiles au concepteur pour la mise à jour de la formation.

vendredi 1 février 2013

Représentations d'apprenants sur le tutorat à distance

Dans le cadre de mes interventions à l'ESEN (Ecole Supérieure de l'Education Nationale), j'anime un module sur le tutorat à distance et son ingénierie. Tout commence par un forum où j'invite les participants à faire le point sur leurs connaissances préalables sur le tutorat à distance. 
Ci-dessous, la carte que j'ai tirée des 313 contributions en réponse à 11 questions.

Le lien direct vers la carte



vendredi 4 janvier 2013

Parution du n°10 de la revue Tutorales

Le tutorat à distance revêt de nombreuses déclinaisons selon les dispositifs de formation à distance, le contexte culturel, les publics concernés. Ainsi, s’il atteint la reconnaissance professionnelle, en particulier au Québec, il est souvent une fonction seconde en France. La reconnaissance des fonctions tutorales se révèle ainsi souvent plus réelle que celle des acteurs qui les investissent.

Dans la littérature sur le tutorat à distance, il existe de nombreuses définitions de ces fonctions tutorales parfois reliées à des référentiels de compétences attendues chez les tuteurs. D’autres auteurs s’intéressent aux plans de support à l’apprentissage que les tuteurs ont à investir pour agir efficacement envers les apprenants à distance. Je propose dans un court billet, reproduit dans ce numéro, une matrice permettant de croiser fonctions et plans, qui a pour ambition de permettre aux concepteurs des services tutoraux de mieux situer les interventions tutorales.

Il serait possible de penser qu’à partir du moment où les fonctions tutorales et les tâches des tuteurs sont bien identifiées, la comptabilisation du temps de travail des tuteurs ne soit plus qu’une formalité. C’est ce que l’enquête menée par un petit groupe réunit par t@d a voulu vérifier. Outre les auteurs dont vous pourrez lire la présentation, je tiens à remercier très chaleureusement de leur participation, Jean-Luc Peuvrier et Tété Enyon ainsi que les tuteurs africains que ce dernier a sollicités dans le but de leur faire tester notre outil de recueil de données.

La publication des résultats de cette enquête était prévue plus tôt dans l’année mais conséquence de l’ampleur de  la tâche de dépouillement des données, plus nombreuses que nous l’attendions, et d’emplois du temps chargés, elle arrive avec quelques mois de retard. J’espère que vous n’en tiendrez pas rigueur aux auteurs et que vous trouverez à la lecture de leur article matière à réflexion pour faire évoluer la reconnaissance statutaire des tuteurs à distance. Premier élément de celle-ci, la comptabilisation de leur temps de travail méritait bien la réalisation de ce numéro.

En cette fin d’année, je vous formule tous mes vœux pour celle qui arrive ; qu’elle vous permette de vivre pleinement avec joie et harmonie.
 
Bien cordialement, 
Jacques Rodet


samedi 24 novembre 2012

De l’engagement des apprenants à distance dans la relation tutorale. Par Jacques Rodet

Giorgio Morandi, Natura morta, 1948-49
Le fait que le tutorat à distance soit une aide à l’apprenant, plus exactement un ensemble d’interventions destinées à l'aider à réaliser les activités d’apprentissage, provoque fréquemment une augmentation des exigences des apprenants vis-à-vis des tuteurs à distance, en tour les cas, des demandes bien supérieures à celles que demandent des apprenants en présentiel à leurs formateurs. Ceci est tout à fait naturel dans la mesure où la mise à distance de la formation change les repères auxquels sont familiers les apprenants. Un de ces changements importants est le transfert de charge de l’institution et des formateurs vers  les apprenants de la gestion de l’apprentissage (cf. Aider les apprenants à planifier leur apprentissage). Ceci est très souvent mal compris par les apprenants qui ont bien du mal à dégager le temps nécessaire à leur apprentissage à distance. Il est vrai, que leurs institutions d’appartenance ont également des difficultés à intégrer le fait que la FOAD, pas plus que la formation présentielle, ne peut être réalisée en temps caché. Dès lors, il appartient aux apprenants de rendre visibles, pour eux-mêmes mais également pour leur contexte professionnel, voire familial, les exigences spatio-temporelles de leur apprentissage. Pour ce faire, ils peuvent obtenir de l’aide de leurs tuteurs mais c’est bien à eux qu’appartient la responsabilité de mener ces actions.

Ces éléments, mais aussi une mauvaise appréciation, par les apprenants, des efforts à consentir pour apprendre ; le fait que la formation à distance soit souvent présentée comme plus ludique d’où la traduction hâtive qu’elle demande moins d’engagement ; l’aménagement d’une relation de confiance avec le tuteur générant une proximité souvent inconnue en présentiel ; l’absence de reconnaissance explicite du statut de tuteur considéré alors comme un « sous formateur » ; la posture du tuteur qui n’est plus seulement un sachant mais d’abord un facilitateur… tous ces éléments contribuent à une appréciation erronée, chez certains apprenants, de leurs devoirs envers leurs tuteurs.

Au gré de nombreuses missions de tutorat dans des dispositifs très variés et d'échanges avec d'autres tuteurs, j’ai pu observer que la désacralisation du sachant pouvait conduire certains apprenants à l’absence de considération des tuteurs, à une remise en cause de leur légitimité, à une contestation de leur exercice du pouvoir lié à leur liberté pédagogique. Sur ce plan, les devoirs d’un apprenant à distance ne sont pas très différents de ceux qu’ils ont en situation présentielle. En particulier, le fait que le tuteur investisse une posture « à côté » de l’apprenant, qu’il descende de l’estrade, ne devrait pas amener les apprenants à l’irrespect parfois constaté. A noter également que la proximité souhaitable entre un tuteur et un apprenant ne devrait pas non plus amener ce dernier à moins bien considérer le tuteur, à ne plus lui manifester les signes de bienséance, de courtoisie qui sont tout autant essentiels, voire plus, à distance qu’en présentiel. 

L’établissement de la relation de confiance entre un tuteur et un apprenant ne dépend jamais uniquement du tuteur. Comme toute relation, elle nécessite l’engagement des individus concernés. Le fait que le tutorat soit une relation d’aide, impose certes au tuteur de manifester sa disposition et sa disponibilité à entrer dans une relation socio-affective et motivationnelle avec l’apprenant mais c’est bien à l’apprenant de se saisir de cette possibilité. En ce sens, il ne peut y avoir d’exigence de résultats envers les tuteurs mais seulement une exigence de mise en place de moyens (dimensionnés par l’institution) permettant aux apprenants de s’engager à leur tour. L’émergence de la confiance est toujours le résultat d’une construction progressive où, comme en amour, les preuves comptent plus que les déclarations.

Au-delà de ces quelques constats, il semble bien que la formation à distance, provoque chez certains apprenants, des attitudes consuméristes peu adaptées à l’apprentissage et à la construction de connaissances. Tel étudiant, ayant fait la démarche de s’inscrire à une formation universitaire, manifestera des exigences envers ses tuteurs qui sont davantage celles de la formation professionnelle : moins de théorie, plus de pratique, la mise à disposition de méthodes voire de recettes, un accompagnement relevant davantage de la prestation de consulting que d’un parcours universitaire. Si les cursus professionnalisant offerts par les universités, en particulier les masters, tendent à amener ces organisations à une meilleure prise en compte des réalités de terrain, ce processus ne pourra jamais s’effectuer au détriment des exigences propres à l’université : prise de recul théorique, négociation du sens, efforts d’apprentissage visant l’excellence et non pas le juste ce qui faut au moment où il le faut… La recherche de la reconnaissance universitaire par les individus s’inscrivant à des masters a un coût cognitif auquel ceux-ci doivent se préparer et être aider à l’aborder (cf. Comment les tuteurs peuvent aider les apprenants à distance à faire face à leurs conflits cognitifs). Une université tout comme une école ne sera jamais réductible à un centre de formation. Le fait que ces organisations aient beaucoup à retirer des pratiques de formation professionnelle ne peut les réduire à être un centre de formation comme un autre. 

Au cœur de cela, réside la liberté pédagogique des enseignants, qui est celle également des enseignants-tuteurs ou des tuteurs. C’est certainement un des biens les plus précieux de l’université. L’absence d’évaluation des activités de ces personnels est malheursement souvent une traduction bien erronée de cette liberté. Il n’en reste pas moins que l’activité universitaire ne peut être seulement une réponse à une demande mais qu’elle se présente toujours comme une offre auxquels les étudiants ont à souscrire.

En centre de formation, l’attitude consumériste est en quelque sorte la règle de départ, j’achète une formation pour développer telle ou telle compétence, pour accèder à tel ou tel savoir. Par ailleurs, les ambitions d’un centre de formation ne sont jamais identiques aux missions d’une université. Elles consistent principalement en la mise en œuvre des moyens permettant aux apprenants d’atteindre des objectifs identifiés et en nombre restreint. Dès lors, les apprenants à distance peuvent être en droit d’exiger certaines attitudes de leurs tuteurs. Il n’en reste pas moins que ces exigences ne pourront être réellement prises en compte qu’à partir du moment où les apprenants s’acquittent également de leurs devoirs dont le premier est bien de réaliser leurs activités d’apprentissage. 

La FOAD présente le grand intérêt de rebattre les cartes de la formation présentielle et de rééquilibrer la relation pédagogique en faveur des apprenants. Ceci ne doit pas faire oublier à ces derniers, qu’ils ont également des devoirs envers leurs tuteurs. Il serait certainement intéressant de confronter les représentations que les apprenants et les tuteurs mais aussi les insitutions ont des devoirs des apprenants. Dans l’attente d’une recherche à mener sur cette thématique, vos commentaires pourraient donner quelques indications.

Au plaisir d’échanger…