mercredi 26 août 2009

Quid du tutorat dans le référentiel des activités dans l'enseignement supérieur


Paul Klee. En rythme, 1930

Le mois d'août a vu la publication d'un référentiel visant à faciliter le calcul des activités dans l'enseignement supérieur. Le moins que l'on puisse en dire est que le mode favori de calcul présenté est celui du forfait.

Plusieurs activités sont relatives aux interventions tutorales. Avant de les détailler, il est intéressant de regarder comment les activités de conception de cours en ligne sont elles-mêmes envisagées. Ainsi, pour l'activité "Elaboration et mise en ligne d'un module d'enseignement ou de formation, sans tâches directes liées à l'assistance et l'évaluation des étudiants.", le mode de calcul est le suivant : "Forfait d'heures identique à l'équivalent en nombre d'heures d'enseignement présentiel."

Faut-il simplement en sourire, en rire ou même un peu plus... Il est probable que les rédacteurs de ce référentiel n'ont jamais médiatisé un cours. Selon eux, un cours de 20 heures en présentiel ne demande pas plus de 20 heures de conception et de réalisation pour sa mise à distance. Ce sont les cellules TICE des universités qui doivent être interloquées de la méconnaissance de leurs tâches et du temps qu'elles y consacrent. Il est difficile de croire que ce ratio d'une grande complexité (1 pour 1), soit issu de l'analyse des productions des UNT... Mais peut-être ne faut-il voir ici qu'une des conséquences de l'orientation ministérielle en faveur de l'enregistrement des cours présentiels dont le principe de base est de considérer qu'une activité présentielle devient une activité à distance dès lors qu'elle est filmée...

Venant en aux
7 activités du référentiel qui concernent plus directement le tutorat telles que nous avons l'habitude de les comprendre ici. Elles sont présentées ainsi :

- Pour l'activité "Responsabilité d'un module de formation ouverte à distance ou autre forme d'enseignement non présentiel impliquant assistance directe et évaluation des étudiants.", le mode calcul est "Forfait modulable en fonction de la nature de la formation, du temps passé dans l'activité présentielle correspondante et du nombre d'étudiants concernés."


- Pour l'activité "Enseignant référent (y compris tutorat)", le mode de calcul est "Forfait horaire par étudiant".

- Pour l'activité "Encadrement de stages (suivi sur lieu, rencontres étudiants et maître de stage, suivi et rapport)" le mode de calcul est "Forfait horaire par étudiant en fonction de la nature du suivi sur une base minimale fixée par le CA".

- Pour l'activité "Visites pédagogiques avec étudiants", le mode de calcul est "Forfait par visite".

- Pour l'activité "Participation à des activités d'orientation active et d'insertion professionnelle", le mode de calcul est "Temps consacré à ces activités".

- Pour l'activité "Encadrement de projets tutorés, de fin d'études et d'apprentissage", le mode de calcul est "Forfait horaire par étudiant".

- Pour l'activité "Encadrement de mémoires et thèses d'exercice (après validation finale)", le mode de calcul est "Forfait horaire par étudiant et par niveau".

Le temps réel n'est retenu que pour "les activités d'orientation active et d'insertion professionnelle" dont les durées sont certainement plus facilement prévisibles dès lors qu'elles consistent davantage à de la transmission d'informations plutôt qu'à l'établissement d'interactions.

Ainsi, le forfait est le mode de calcul privilégié. Ceci n'est pas une hérésie pour des activités d'accompagnement tant il est vrai que le volume d'heures consacré à un étudiant ou à un autre peut varier de manière importante. Dès lors, le temps non utilisé pour un étudiant peut l'être pour un autre. Où l'on reste sur sa faim, c'est qu'aucune indication de volume pour ces forfaits n'est donnée. En renvoyant la détermination du volume horaire des forfaits aux instances de direction de chaque université, il est probable que l'on arrive à des situations très contrastées entre les universités.

Il est vrai que pour une même université, ces forfaits peuvent varier d'un parcours de formation à un autre et qu'il était donc difficile à un référentiel comme celui-ci de tout prévoir. Il semble pourtant que l'indication de durées minimale et maximale aurait permis de mieux percevoir la volonté du Ministère... "Comment déterminer ces forfaits ?" reste donc une question entière. Est-ce la logique gestionnaire qui prévaudra sur la logique pédagogique ? Est-il envisageable de partir des besoins des acteurs ? Au contraire, ces derniers devront -ils se contenter de ce qui leur sera accordé ?

Une chose est certaine, si ces forfaits sont taillés de manière trop étroite, si le nombre d'heures est insuffisant pour répondre aux besoins des enseignants et des étudiants, si ceux-ci ne sont pas associés à ce changement, ce dernier risque fort de n'être que de façade.

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