jeudi 10 février 2011

Permettre aux apprenants à distance d’exercer leur autonomie. Par Jacques Rodet


Permettre aux apprenants à distance d’exercer leur autonomie est une des tâches transversale du tuteur à distance. Moins que tout autre, l’autonomie ne se décrète ni se convoque. Il y a d’ailleurs quelques abus à parler d’autonomie de manière générale puisque l’autonomie ne s’exerce que dans l’action et que celle-ci est toujours particulière. Accompagner les apprenants à distance pour qu’ils soient en mesure d’exercer de plus en plus largement leur autonomie consiste donc pour le tuteur à distance à, dans un premier temps, repérer les actions pour lesquelles les apprenants ont intérêt à être autonomes.

De la planification de son apprentissage à la sélection des stratégies cognitives utilisées en passant par la détermination des ressources à solliciter, les tâches sur lesquelles les apprenants doivent exercer leur autonomie sont variées. Le tuteur à distance intervient alors de manière simultanée sur plusieurs plans : méthodologique, motivationnel et métacognitif. Développer l’apprendre à apprendre chez les apprenants, les amener à identifier les éléments qui les motivent à s’engager et à poursuivre leur apprentissage, susciter des pratiques métacognitives telles la tenue d’une journal de formation sont quelques-unes des pratiques tutorales à privilégier pour faciliter la prise en main de leur apprentissage par les apprenants à distance.

A noter, la récente parution d’un livre signé par Brigitte Albero et Nicole Poteaux, « Enjeux et dilemmes de l’autonomie » dont je reproduis ci-dessous la présentation.

En quelques années, l'idée philosophique et politique d'autonomie s'est imposée en principe majeur dans le monde du travail et de la formation. De mode existentiel de rapport au monde et de gouvernement de la cité, elle est devenue simple item dans les référentiels de compétences professionnelles, condition d’accès à l’emploi et critère de gestion des ressources humaines.

Cet ouvrage présente l’analyse d’une expérience d’autoformation des étudiants à l’université qui a placé l’autonomie au centre de son projet sans pour autant la réduire à une prescription normative ni à un outil de management. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, le dispositif des Centres de Ressources en Langues progressivement mis en place à l’université Louis Pasteur de Strasbourg, est en effet le premier et le seul jusqu’ici à avoir offert aux étudiants, pendant plus de quinze ans et à grande échelle, la possibilité d’apprendre les langues étrangères par une démarche individualisée d’autonomisation personnelle.

Sept chercheurs ont analysé de divers points de vue, la genèse du dispositif, sa structure et son fonctionnement, ses usages par les acteurs sur le terrain et son évolution dans le temps. Les résultats de leurs analyses dépassent largement le propos initial. Ils ne décrivent pas seulement les voies possibles, les exigences et les conditions de réussite d’une véritable formation à l’étude autonome. Ils montrent le rôle déterminant des dimensions personnelles – cognitives, socio-affectives, motivationnelles - dans les différentes réponses, individuelles et collectives, aux sollicitations des technologies et des dispositifs. Ils révèlent aussi les enjeux et les dilemmes que soulève la mise en œuvre du principe d’autonomie dans les institutions hiérarchiques organisées autour d’autres valeurs. Ils apportent enfin a contrario une explication au malaise et aux tensions sociales suscitées par la prescription d’autonomie quand, prenant la forme pathogène d’injonctions paradoxales, elle interdit aux individus toute possibilité de l’exercer.

Langue français
ISBN-10 2-7351-1305-1
ISBN-13 978-2-7351-1305-7
ISSN 2110-1957
Année de publication octobre 2010

Illustration : Michal Batori, Piano-Folies Enghien-les-Bains? 2006.

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