lundi 21 février 2011

Résultats du sondage "les outils des tuteurs à distance"


Je tiens à remercier toutes les personnes (66) qui ont participé à ce sondage dont la question était "Quels sont les outils de communication que vous utilisez dans le cadre de vos interventions tutorales à destination des apprenants à distance ?" Les résultats obtenus sont les suivants :

Un outil utilisé quasi unanimement par les répondants : le mail.

Le mail est l'outil qui est utilisé par le plus grand nombre de répondants puisque 64 sur 66 soit 97% y ont recours pour leurs interventions tutorales. A contrario du discours qui fleurit çà et là sur l'archaïsme de cet outil, les tuteurs le plébiscitent largement. Il faut bien reconnaître que le mail reste un mode de communication facile et accessible pour les usagers de la formation à distance. Ces avantages liés à son caractère asynchrone et le fait qu'il puisse supporter des échanges individuels et collectifs expliquent certainement ce résultat.

Un deuxième groupe d'outils utilisés par les 2/3 des répondants : le forum, le téléphone et les messageries instantanées.

Le forum (45 votes, soit 68%), le téléphone (44 votes, soit 66%) et les messageries instantanées telles que Skype ou MSN (42 votes, soit 63%) sont des outils utilisés par les 2/3 des répondants.

Le forum, présent dans la plupart des plateformes de e-learning, se révèle un outil adapté tout autant pour diffuser des informations sur le déroulement de la formation que pour supporter des activités d'apprentissage. Le fait que ce soit également un des outils les plus anciens explique que son usage soit répandu.

Le téléphone, outil historique du tutorat en formation à distance reste d'un usage fréquent malgré son coût bien que celui-ci puisse se révéler très abordable dans les offres de différents opérateurs téléphoniques. Le fait de pouvoir échanger de manière synchrone, en bénéficiant de la voix de son interlocuteur, reste un avantage indéniable de cet outil. Il permet tant de réaliser le premier contact avec l'apprenant que de lui apporter des réponses rapidement, au moment où le besoin s'en fait sentir.


Les messageries Skype et MSN constituent une alternative au téléphone moins onéreuse pour effectuer des interventions synchrones. De plus elles permettent d'utiliser la communication écrite, l'échange de documents et supporte la vidéo dès lors que les interlocuteurs sont équipés d'une webcam. L'enregistrement de la communication peut également se révéler utile. Si ces messageries talonnent le téléphone, il est probable que leurs fonctionnalités plus développées leur permettront, dans un proche avenir, de le dépasser et peut-être de le marginaliser. Ceci prendra néanmoins plus de temps pour les régions où le débit internet est insuffisant ou instable.

Un troisième groupe d'outils utilisés par une majorité de répondants : Le chat et la classe virtuelle.

Le chat est un outil ancien et malgré ses limites, seul l'échange textuel est autorisé, il recueille 36 votes, soit 55%. Le fait de pouvoir enregistrer le verbatim des échanges est certainement apprécié. Si le sondage ne nous renseigne pas sur le fait que ces échanges soient effectués par 2 ou plusieurs personnes en même temps, les retours d'expériences ont montré qu'au delà de 5 participants et sans règles de fonctionnement, la communication par chat devient difficile. De plus, cet outil se révèle fréquemment chronophage. Son avenir est incertain. Sera-t-il encore utilisé longtemps tout seul ou plus probablement comme une modalité intégrée à d'autres outils tels que les messageries instantanées ou la classe virtuelle ?

La classe virtuelle est également utilisée par une majorité de répondants (35 votes, soit 53%). Cet outil, si l'on en juge par la floraison de solutions proposées par différents éditeurs réalise une percée remarquable dans le monde de la formation à distance. Cela se traduit donc également dans la pratique des tuteurs à distance. Utilisée comme complément à un LMS ou même comme seul canal de la formation, la classe virtuelle présente l'avantage de se rapprocher le plus des pratiques des formateurs et des enseignants en face à face. Il serait toutefois regrettable de réduire la classe virtuelle à sa fonction de diffusion d'exposés magistraux tant les fonctions qui la composent permettent des interactions riches entre les participants. Il est probable que les usages de la classe virtuelle vont continuer à se développer et qu'elle deviendra un incontournable sinon la référence en matière d'interventions synchrones. A noter aussi, qu'elle peut être utilisée comme support de création de ressources pour un usage asynchrone.

Un quatrième groupe d'outils utilisés par une minorité forte de répondants : le wiki, le blogue et les réseaux sociaux.

Le wiki, fréquemment disponible dans les LMS, est un outil collaboratif puissant. Le fait qu'il recueille 27 votes, soit 41% des répondants et se positionne en tête de ce troisième groupe constitue une demi-surprise. Il semble que le recours de plus en plus fréquent à des activités collaboratives au sein des parcours de FOAD encourage son utilisation.

Le blogue recueille 24 votes, soit 36% des répondants. Support de publication de travaux d'apprenants que le tuteur peut commenter, journal de formation des apprenants, journal des interventions des tuteurs, espace d'information sur la formation, ses usages pédagogiques sont nombreux. Nécessitant une expression écrite élaborée puisque rendue publique, le blogue, malgré son ancienneté se révèle un outil utile aux tuteurs à distance.


Les réseaux sociaux en rassemblant le même nombre de votes que le blogue montrent que les supports d'interventions tutorales se diversifient. D'un usage courant chez de nombreux apprenants, notamment les plus jeunes, il semble que de plus en plus de tuteurs soient attentifs à les rejoindre dans leurs habitudes communicationnelles. Il est fort probable que leurs usages par les tuteurs s'amplifient dans les prochains temps. Cela pose néanmoins la difficulté du traçage des interventions tutorales effectuées sur les réseaux sociaux dans la mesure où ils sont presque toujours extérieurs aux LMS. Un autre frein lié au mélange des interlocuteurs des tuteurs (leurs contacts professionnels, personnels et leurs apprenants) devrait être progressivement surmonté par l'adoption par les tuteurs de plusieurs comptes distincts.

Un cinquième groupe d'outils utilisés par une minorité de répondants : Twitter, Baladodiffusion, Signets sociaux, Mondes virtuels 3D.

Twitter qui contraint ses usagers à la concision rassemble 12 votes, soit 18% des répondants. Ceci reste modeste au regard des usages pédagogiques qui sont de mieux en mieux repérés pour cet outil.

La baladodiffusion qui est plus adaptée pour certaines formations (les langues par exemple) recueille 11 votes soit 16% des répondants.

Les signets qui sont bien utiles pour réaliser des veilles collaboratives recueillent 10 votes, soit 15% des répondants.

Les mondes virtuels 3D recueillent les votes de tuteurs pionniers (4, soit 6%).


Quelques comparaisons avec les résultats du sondage "êtes-vous des étudiants 2.0 ?"

Les outils retenus par l'enquête de la Téluq et notre sondage n'étaient pas tout à fait les mêmes. Pour ceux qui étaient communs, il apparait que la classe virtuelle, le blogue, Twitter, les signets sociaux, la baladodiffusion, les mondes virtuels 3D sont utilisés par une proportion semblable des étudiants de la Téluq et des tuteurs à distance qui ont répondu à notre sondage. Cette convergence est intéressante mais pas aussi surprenante que cela dans la mesure où apprenants et tuteurs à distance se retrouvent dans les dispositifs de formation et utilisent ensemble les outils de communication qui y sont présents.

Plus étonnant, l'écart important de l'utilisation des réseaux sociaux. Si plus de 70% des étudiants de la Téluq les utilisent, seuls 36%, soit moitié moins, des tuteurs ayant répondu à notre sondage y ont recours pour leurs interventions tutorales. Plusieurs facteurs sont peut-être en cause. D'une part, les apprenants de la Téluq sont peut-être plus jeunes que les tuteurs à distance de notre sondage. D'autre part, les étudiants de la Téluq sont très largement Québécois alors que les répondants de notre sondage exercent majoritairement en France, en Europe et en Afrique. Cette différence géographique traduit peut-être une plus grande popularité des réseaux sociaux outre Atlantique.
Enfin, les usages pédagogiques à des fins tutorales des réseaux sociaux ne sont certainement pas encore assez bien identifiés.

Dans l'attente de vos propres commentaires.

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