mardi 15 janvier 2008

Suite à la parution du rapport d'Isaac Henri sur "l'université numérique". Par Jacques Rodet

Henri Isaac vient de rendre à Valérie Pécresse, le rapport que cette dernière lui a demandé sur «l'université numérique».

Les propositions faites méritent de s'y intéresser et je me propose d'en commenter trois d'entre elles.

Favoriser l'essor de l'enseignement à distance : les établissements doivent autoriser les enseignants à effectuer ce type d'enseignement... L'obligation du face-à-face présentiel doit être supprimée.
C'est certainement la mesure qui serait la plus décisive d'un point de vue administratif. En effet, il arrive encore trop souvent, y compris dans des cursus universitaires formant des futurs professionnels du e-learning, que la possibilité d'aménager une partie des enseignements à distance soit refusée par les directions des universités au nom du respect de l'exécution du service en face-à-face. La formation à distance ne pourra se développer largement dans les universités qu'à partir du moment où l'investissement des enseignants dans cette modalité pédagogique sera reconnue statutairement et non laissée au simple « engagement militant » de quelques uns. Il va de soi que le développement de l'encadrement individualisé et du tutorat au sein des formations à distance est conditionné par l'abandon de l'obligation du présentiel.

Améliorer la formation au métier d'enseignant
Louable intention qui pêche néanmoins par la proposition concrète qui en est tirée. En effet, Seule l'obtention du « C2I enseignant supérieur » pour les nouveaux enseignants est proposée. Alors que I. Henri dresse un constat préoccupant de la formation continue des enseignants du supérieur en pointant le grand isolement des efforts des CIES (Centres d'Initiation à l'Enseignement Supérieur) auxquels il faut néanmoins adjoindre les initiatives des Service Universitaires de Pédagogie, la réponse proposée ne semble pas à la hauteur des enjeux. Deux pistes auraient pu être exploitées pour le développement de la formation continue des enseignants. D'une part, une incitation plus grande par une meilleure prise en compte du développement de leurs compétences pédagogiques par les enseignants dans le développement de leur carrière. A ce sujet, la proposition de I. Henri « Les universités devront reconnaître l'investissement TICE des enseignants chercheurs dans leur avancement » reste bien générale. Des propositions en terme d'indices gagnés mériteraient d'être impulsées par la loi au lieu de s'en remettre à la simple initiative des universités. D'autre part, l'introduction d'une obligation de formation continue pour les enseignants comprise dans leur temps de service. Tant que la formation continue dépendra de la formule du volontariat des enseignants, il sera bien difficile de mener des actions de grande ampleur telles que le nécessite la situation actuelle caractérisée par le retard pris par la France en termes de cours en ligne et de formations à distance. En formation professionnelle, les formateurs se voient garantir par leur convention collective, un certain pourcentage de la durée de leur temps de travail à d'autres actions que le face-à-face pédagogique. Ne pourrait-on imaginer que 10%, par exemple, du service d'un enseignant soit obligatoirement consacrés à sa formation continue ?

100% des documents pédagogiques numériques pour 100% des étudiants
A travers cette proposition I. Henri souhaite que soit mise en place de véritables chaînes éditoriales. Il est certain que la production de ressources numériques souffre actuellement d'une trop grande disparité et qu'elle se cantonne encore trop souvent soit à la simple expérimentation soit à l'utilisation des ressources par leurs seuls producteurs. Alors que l'incitation, voire l'injonction à l'adoption de normes facilitant la migration des ressources numériques n'a jamais été aussi présente qu'à l'heure actuelle, il faut bien remarquer que leur réutilisation reste très marginale. Il est effectivement grand temps d'adopter une politique volontariste d'édition qui est seule à même de dépasser les freins que constituent actuellement la mauvaise reconnaissance des droits d'auteurs et l'absence de reconnaissance de la compétence pédagogique au profit de celle de chercheur.

Plus discutable semble être l'orientation de privilégier la production de contenus numériques par simples enregistrements des cours présentiels (cf. Reproduction ou édition de cours ?). Alors même que I. Henri regrette que les ressources numériques produites par les UNT ne soient pas assez granularisées et que ceci constitue un frein à leur réutilisation, il est curieux d'imaginer que la pénurie de contenus e-learning puisse être réduite par la simple numérisation de cours présentiels. Faut-il le répéter, il semble que oui, une ressource destinée à la formation à distance doit être scénarisée. Les interventions présentielles ne le sont presque jamais à un niveau compatible avec leur utilisation à distance.

lundi 14 janvier 2008

Les attitudes du tuteur

Il serait intéressant de vérifier si les attitudes que le tuteur peut adopter avec le tutoré sont entièrement comprises dans celles du singe de la sagesse chinoise mais il est certain qu'elles sont tout aussi variées que les approches pédagogiques (cf. l'illustration ci-dessous) et cadrées par l'orientation pédagogique des formations dans lesquelles le tuteur intervient. A ce titre, il est important que le tuteur ait des connaissances minimales sur les théories de l'apprentissage et les modèles pédagogiques. A côté des connaissances technologiques et de celles des usages pédagogiques des médias, une formation de tuteur devrait donc également comprendre des modules consacrés aux approches pédagogiques.

Grenade des méthodes pédagogiques autour de 8 paradigmes (site de François Muller)


cliquez sur l'image pour l'agrandir

Dès lors que l'on parle d'attitudes, il devient rapidement incontournable de faire référence aux « attitudes de Porter ». Cette classification a le mérite de préciser les conséquences des interventions du tuteur en direction du tutoré selon que le tuteur agit dans une logique de décision, d'évaluation, de support, de compréhension, d'interprétation ou d'enquête et d'exploration.

De son côté, Philippe Meirieu (Cahiers pédagogiques, ATP, 1989, p. 75) mettait en garde les tuteurs face à certaines attitudes que peut adopter consciemment ou non le tuteur : Survoler de façon excessive la part relationnelle au détriment de la part didactique ; Penser que tous les élèves sont égaux et qu'ils peuvent en tirer les mêmes satisfactions affectives ; Mettre en oeuvre de façon sauvage et non distanciée quelques concepts empruntés à la psychologie et à la sociologie ; Faire du tutorat un lieu où débattre de l'ensemble du fonctionnement de la structure scolaire ; S'orienter vers l'organisation d'activités para-scolaires (cf. le site de la Mission académique innovation et expérimentation de l'académie de Paris).

Parce que le tutorat est une activité éminemment relationnelle, le tuteur a tout intérêt, pour agir de manière raisonnée, à mieux connaître ses attitudes et les effets de ses attitudes sur le tutoré. Comme par ailleurs, il n'y a de connaissances que lorsque les informations sont mises au service d'une pratique, il semble également nécessaire que le tuteur puisse garder trace et analyser périodiquement ses interventions et les attitudes qu'il a adoptées. A cet égard, le journal de tutorat, déclinaison du journal d'enseignement, la mise en place d'outils de suivis de la relation tutorale (cf. l'interview de Jacques Rodet dans le numéro des e-cri(t)s de Charlie consacré au tutorat), la mutualisation entre tuteurs constituent des moyens efficaces pour penser et analyser ses attitudes de tuteur.

Image dans son contexte original, sur la page eleves.mines.inpl-nancy.fr/~viart98/

vendredi 11 janvier 2008

Conflit des tuteurs de la Téluq : ça bouge... Est-ce que ça avancera ?

Les positions en négociation

Le dernier numéro d'Info-négo, publication du syndicat des tuteurs et des tutrices de la Télé-université – CSN, fait état sinon d'une résolution du conflit, du moins, de pistes qui sont susceptibles d'y mener.

Lors de la séance de conciliation du 9 janvier, la direction de la Téluq semble avoir enfin bougée. En effet, de nouvelles offres devraient être transmises aux tuteurs le 15 janvier. Le syndicat des tuteurs a accepté, d'ici là, « de repousser l’exercice de son droit de grève et garantit le maintien des services directs aux étudiants, y incluant la correction des travaux et examens, et ce, jusqu’à ce que les nouvelles offres de l’employeur aient été examinées. » Parallèlement, les tuteurs continuent leurs actions de retenue des travaux corrigés comme moyen de pression sur la direction.

Le syndicat des tuteurs indique également que « Les nouvelles offres de l’employeur devront permettre d’en arriver à un règlement satisfaisant à défaut de quoi l’employeur nous acculera inévitablement à la grève le 16 janvier. Ce geste est lourd de conséquences, mais l’enjeu est de taille. Notre contribution à l’enseignement doit être reconnue à sa juste valeur sans quoi l’avenir de notre profession s’annonce sous le signe de la déqualification de nos emplois. Au bout du compte, les grands perdants seraient nos étudiants. Dans le meilleur intérêt de nos étudiants, souhaitons-nous un règlement négocié qui redonnera aux tutrices et aux tuteurs la fierté d’exercer leur enseignement à la Téluq et de contribuer à la pérennité de la Téluq. »

Image dans son contexte original, sur la page www.enap.uquebec.ca/.../nego-modes.htm

Quand une centaine d'entreprises et d'organismes de formation escroquaient l'argent de la formation professionnelle "en formant" des tuteurs fictifs

Le journal Le Parisien fait état dans son édition du 10 janvier (pages 16 et 17), des résultats d'une enquête menée dans le monde de la formation professionnelle. Au bout de cinq années d'investigations de la part de la justice, il apparaît « qu'une petite centaine d'entreprises ou organismes de formation [sont] impliqués. 11 millions d'euros d'argent public [ont été] détournés. Des formations bidon par milliers » ont été les moyens de l'escroquerie.

Plus particulièrement des formations de tuteurs d'entreprise. « Alors qu'en 1999, l'Association régionale de la formation professionnelle (ARFP), le bras armé de l'Opcareg [organisme paritaire collecteur agréé, depuis peu rebaptisé Opcalia] a formé 723 tuteurs (dans une entreprise, ces personnes chapeautent certains jeunes), ce chiffre est passé à 6517 en 2000, puis entre 15000 et 19000 en 2001. » Ainsi, les entreprises formaient plus de tuteurs qu'elles n'ont de salariés.

Les enquêteurs estiment que de nombreux indices auraient dû alerter l'ARFP et l'Opcareg qui collecte pas moins de 84 millions d'euros par an auprès de plus de 6000 entreprises. En 2003, l'Opcareg a dû payer une amende de 19,8 millions d'euros au Trésor public car « aux yeux de l'administration, l'Opcareg comme personne morale est responsable de l'escroquerie mise au jour en 2001. »

Le dossier ayant été transmis au parquet fin 2006, l'issue judiciaire pourrait enfin intervenir cette année.

jeudi 10 janvier 2008

Naissance de e-learning-infos.com

Nous saluons la naissance de e-learning-infos.com qui ambitionne d'être le site de toute l'information professionnelle sur le e-learning.

Les premières phrases de leur édito sont prometteuses : "Il aura fallu près de dix ans aux entreprises pour « digérer » les errances d'un e-learning tout infatué de ses prouesses technologiques. Le bon sens est progressivement revenu. DRH et Responsables Formation ont passé le e-learning au crible des « bonnes questions » : quelle est sa valeur dans le plan et les projets de formation ? Comment l'intégrer dans les dispositifs de formation actuels ? Et c'est tant mieux : on voit que le e-learning a tout à y gagner."

Non plus seulement prometteur mais manifestant l'intérêt que l'équipe rédactionnelle, regroupée autour de Michel Diaz, portera aux médiations humaines dans les dispositifs de e-learning, le blog de t@d fait partie de la première sélection mensuelle de sites mise à disposition des lecteurs d'e-learning-infos.com :
Le blog de Jacques Rodet qui traite du tutorat dans tous ses états : une mine d'informations pratiques et théoriques, des conseils, des réflexions qui seront de la plus grande utilité à tout professionnel de la formation en entreprise ou chez un prestataire, qui considère le tutorat comme incontournable dans le cadre d'un projet de formation ouverte et à distance.

Nous souhaitons, non seulement une bonne année, mais également une longue vie à
e-learning-infos.com !

mercredi 9 janvier 2008

De la nécessité de mieux définir le tutorat dans le cadre des emplois étudiants à l'université, par Jacques Rodet

Depuis la publication, fin décembre, du décret permettant aux universités et grandes écoles d'embaucher des étudiants en contrats à mi-temps, notamment comme tuteur, bien peu d'informations précises sur les missions qui seront confiées à cette nouvelle catégorie de personnel de l'université ont été diffusées.

J'avais attiré l'attention, mi-décembre, sur le fait que la réussite du tutorat de masse en direction des étudiants en parcours de licence était, selon moi, étroitement liée à la formulation de réponses précises à quelques questions incontournables : Quels seront les rôles précis des tuteurs étudiants ? Quelle formation pour les y préparer ? Quelles relations auront-ils avec le corps enseignant ? Quelle forme de contrat de travail ? La rémunération au SMIC pour un contrat à mi-temps sera-t-elle suffisamment attrayante ?

Les informations actuellement disponibles sont tellement partielles que le syndicat étudiant Unef s'inquiète du fait que "l'emploi étudiant" se "substitue" aux emplois statutaires et affirme que "Le recrutement d'un étudiant tuteur ne peut remplacer une heure d'enseignement et l'extension des horaires d'ouverture des bibliothèques ne peut s'envisager sans recrutement de personnels statutaires qualifiés et formés" (VousNousIl.Fr)

La concurrence entre le tutorat par les pairs et les interventions de l'équipe pédagogique n'est ni automatique, ni souhaitable, comme me l'avait montré mon étude du cas du tutorat par les pairs à la Téluq « L'encadrement par les pairs est-il concurrent de l'encadrement-cours à la Téluq ? Les représentations des auxiliaires d'enseignement, des pair anciens et des pairs nouveaux de la fonction de pair ancien ». Toutefois, ceci nécessite que les rôles et champs d'interventions des uns et des autres soient identifiés et que tous ces acteurs du support à l'apprentissage soient en dialogue les uns avec les autres.

Une autre disposition contractuelle des emplois pour les étudiants semble bien curieuse. En effet, l'absence à trois cours consécutifs ou à un examen de la part d'un étudiant étant par ailleurs salarié de l'université peut entraîner le licenciement de celui-ci par l'université sous 15 jours. Il y a là, manifestement, mélange des genres. D'une part, dans le système universitaire, la présence aux cours n'est pas obligatoire. D'autre part, l'interruption d'un contrat de travail ne peut être justifiée que par un manquement grave à l'exécution de ses obligations par le salarié. Lier le contrat de travail de l'étudiant à l'université avec le déroulement de ses propres études est une nouveauté qui peut avoir des répercussions négatives sur le droit du travail. Rappelons que le CPE avait été fortement contesté parce que l'interruption du contrat pouvait intervenir sans motif exprimés par l'employeur. Stipuler, dans le contrat de travail, des dispositions extérieures à l'exécution du travail pouvant entraîner l'interruption du contrat ne participe-t-il pas d'une même logique ?

Parce que le tutorat de masse est un défi important et qu'il est de nature à combattre efficacement l'échec au premier cycle universitaire, parce que le développement du e-learning à l'université ne peut faire l'économie d'une réflexion approfondie sur les systèmes tutoraux, il est indispensable que les missions des étudiants tuteurs soient mieux définies et positionnées par rapport aux interventions de support à l'apprentissage émanant du corps enseignant. Ce travail de définition des champs d'intervention pourrait donc aussi constituer une excellente occasion de mieux exprimer ce qui est attendu de la part des enseignants en matière de tutorat.

Image dans son contexte original, sur la page wwwedu.ge.ch/.../dessin_lettriste/demarche.html

mardi 8 janvier 2008

Portail e-tutors, tutorat et formation à distance en Europe


Le projet eTutors Portal regroupe 15 organisations dans 12 pays différents. Chaque organisation regroupe des spécialistes de la formation à distance.

Le principal objectif de ce projet est de disséminer les "bonnes pratiques" et les "outils" présentés dans ce portail auprès de "tuteurs" de formation à distance et de personnes souhaitant développer des actions de formation à distance.


Ce portail multilingue est destiné à aider les organisations, les formateurs, les tuteurs et tous ceux qui s'intéressent à la formation à distance. Il a pour objet d'identifier rapidement les enjeux et de trouver des solutions pérennes dans la mise en oeuvre de plans de formation à distance.

Les ressources disponibles sont structurées en trois espaces : pédagogie, technologies, standards. L'arborescence de la partie pédagogie est la suivante :



Séminaire final à Lisbonne, le 14 décembre 2007

Ce séminaire était destiné aux tuteurs en ligne, aux formateurs en ligne et, de manière générale, aux enseignants et gestionnaires d'équipement pédagogique.

Le séminaire s'est déroulé au lendemain de la signature du nouveau Traité entre les pays de la Communauté Européenne à Lisbonne dans une atmosphère de grande gaieté alimentée par un temps radieux et la proximité des fêtes de Noël. Pour toute information sur le séminaire, vous pouvez, d'ores et déjà nous contacter en vous adressant à l'équipe organisatrice, à Lisbonne (CENFIM) ou en téléphonant à Monique Lemay (Sequana) ou à Eric Delalonde à l'Association Régionale du Conservatoire National des Arts et Métiers des Pays de la Loire au 06 64 68 14 05. e.delalonde@cnam-paysdelaloire.fr

dimanche 6 janvier 2008

Mentorat plutôt que tutorat, par Philippe Gaberan

Télémaque et Mentor
Engagé depuis près de cinq années dans la mise en place d’un processus de formation ouverte à distance pour des professions du travail social (www.adea-formation.com et http://spiral.univ-lyon1.fr/00-perso/index.asp), l’expérimentation, les premiers résultats et travaux me confirment dans l’idée que les TIC sont un outil certes nouveau, en lien avec le progrès des sciences et de la technologie, mais que les questions qu’il soulève par sa mise en œuvre sont de très anciennes mais très actuelles questions de pédagogie (S. Leprince et Ph Gaberan dans la revue Forum n°109, juin 2005). Dès lors plusieurs remarques me viennent à la lecture du débat ici engagé.

1°) des métiers de l’accompagnement

Ces métiers existent depuis très longtemps, que seule une illusion de pouvoir faire moderne en tirant un trait sur le passé a conduit à l’oubli. Ces métiers de l’accompagnement se retrouvaient notamment dans la notion de « compagnonnage » dont j’aime bien, au passage, rappeler l’étymologie : cum pagnere, qui partage le pain avec. Le pain ici est à prendre au sens de nourriture autant matérielle que spirituelle (intellect) que affective (le lien entre le compagnon et son apprenti). Ce qui m’invite à vouloir corriger la définition proposée des métiers de l’accompagnement, certes intéressante mais malgré tout un rien insatisfaisante dès lors qu’elle exclut, je cite « l’acte d’enseigner ». C’est à mon sens s’enfermer dans une parcellisation arbitraire et absurde que de séparer « accompagner » et « enseigner ». Car il y a « quelque chose » qui s’enseigne dans l’accompagnement même si ce n’est pas sous la forme du cours magistral d’une discipline scolaire. Ce que l’accompagnant enseigne c’est bien précisément son appropriation de savoirs qu’il vient partager sous la forme d’une transmission non formalisée de façon doctorale ou formelle.

2°) sur le mot de « tuteur »

Je crois celui-ci totalement inadapté à la dynamique générée par la FOAD. Que ce soit en référence à la botanique (tuteur d’une plante ou d’un arbre) ou que ce soit en référence au domaine juridique (celui qui prend les décisions au nom d’une personne jugée « mineure » ou « incapable ») le tuteur renvoie à l’image de la contrainte, de la maîtrise, de l’emprise, etc. Je lui préfère le concept de « mentorat » (en référence à mentor, l’ami auquel Ulysse confie son fils Télémaque). De nombreux travaux, québécois, belges ou français conduisent une réflexion pertinente en ce domaine.

Cette réponse forcément incomplète et imparfaite me permet de préparer une intervention que je dois faire devant une soixantaine de futurs cadres de santé. Merci de votre indulgence à tous.

samedi 5 janvier 2008

Le tutorat, métier d'accompagnement

Pour faire écho à la proposition de débat présenté dans l'article « Pluralité sémantique du tutorat », je vous invite à lire le texte de Bernard Blandin « Facilitateur, coach, accompagnateur, formateur… Quelles différences ? premiers éléments d’une étude sur les métiers »

Publié en 2006, les objectifs de cet article sont précisés de la manière suivante : «Cette contribution présente un travail de recherche en cours sur les métiers de la formation, et détaille quelques résultats concernant le segment des métiers d’accompagnement, et plus particulièrement ceux concernant l‘accompagnement de l’autoformation.»

Cette enquête a été menée via Internet. Il apparaît que les biais méthodologiques, mis en évidence par l'auteur, ne sont pas de nature à annuler l'intérêt des premiers résultats tirés de l'analyse des données recueillies.

« Un premier résultat est la confirmation de l’existence de métiers de l’accompagnement, caractérisés par l’exercice d’une série d’activités principales liées à la conduite d’actions de formation, excluant l’acte d’enseigner. » Ce résultat n'est pas une surprise pour nous. Il est congruent avec le positionnement professionnel du tuteur que nous établissions en comparaison avec celui de formateur à distance, dans l'article « Formateur à distance = tuteur à distance ? ».

Autre résultat, peut-être plus contextuel à un des terrains de l'enquête, les APP, « la mise en évidence d’une spécificité des métiers d’accompagnement de l’autoformation : les moyennes très élevées pour des activités comme gérer le positionnement, gérer l’accueil, travailler sur l’autoformation et l’individualisation, suivre les apprenants, les motiver… montre que ces activités constituent très probablement le coeur de l’action d’accompagnement de l’autoformation. » Ainsi, l'accompagnement ne serait pas tant centré sur le plan cognitif que sur les autres plans de support à l'apprentissage. Ne faut-il pas voir dans ce positionnement une des conditions de l'émergence du métier de tuteur ? Il y a longtemps, pour ma part, que j'estime que la professionnalité du tuteur ne peut pas se résumer à sa compétence disciplinaire et que les tutorés, contrairement à ce qu'ils déclarent lorsqu'ils sont interrogés, manifestent, durant leur formation, davantage de besoins de soutien méthodologiques, techniques, motivationnels et socioaffectifs que purement disciplinaires.

Bernard Blandin conclue aussi son article en attirant notre attention sur « l’écart important existant entre la réalité de l’activité exercée sous un intitulé de métier et le référentiel d’activité décrivant le métier. » Il est heureux de voir relativiser par B. Blandin, la place et la pertinence des référentiels, tant ces dernières années, ils sont apparus comme le nouveau sésame des ressources humaines. Le référentiel métier ne sera jamais rien d'autre pour le formateur que ce que le planning est au chef de projet : une représentation, au mieux une projection de la réalité que cette dernière remet en cause. Si donc le planning est utile au chef de projet pour gérer les imprévus, le référentiel métier doit l'être également pour le formateur, pour peu que ce dernier ne le considère pas comme un moule dans lequel les futurs professionnels doivent prendre forme, mais plutôt comme une aide pour qu'ils développent leur savoir devenir.

Image dans son contexte original, sur la page www.dimanchedupieton.com/index.php?Conseils-p....

vendredi 4 janvier 2008

Atelier de formation en tutorat à distance

Transfer
Conception et mise en œuvre des formations aux TICs


Prérequis
Les candidats à cette formation doivent :

  • Avoir une expérience de 3 années et plus dans l’enseignement ,
  • Etre impliqué dans un projet FOAD ou appartenir à une institution impliquée dans un projet FOAD,
  • Avoir une bonne connaissance des logiciels bureautiques,

Public cible

  • Enseignants de niveau Bac + 3 et plus.

Objectifs
Cette formation permettra de :

  • développer des compétences de médiateur,
  • proposer une réflexion sur l’évaluation.

Contenu
L’approche pédagogique adoptée pour l’atelier 3.4. se base sur la résolution de problèmes, l’apprentissage collaboratif et la réalisation d’un projet. L’atelier se déroulera comme suit :

  • Une préformation de 2 jours (une demi journée supplémentaire est à prévoir en cas de difficultés technique ou organisationnelle)
  • Une formation de 5 jours
  • Introduction aux notions de tutorat
  • La médiation en formation à distance
  • Les fonctions du tutorat
  • L’évaluation
  • La charte du tutorat

Conditions techniques requises pour organiser la formation

  • Présence de deux salles juxtaposées communicantes via un réseau local et équipées d’un accès Internet et 10 ordinateurs dans chacune.
  • Utilitaires et logiciels bureautiques (navigateur récent - minimum version 6, plug-in Java, traitement de textes, logiciel de présentations, éditeur Html, Acrobat Reader, logiciel de compression / décompression, éditeur d’images, etc.

Inscription en ligne au plus tard le 07 janvier 2008 sur le site de la formation http://www.transfer-tic.org/rubrique9.html?idProgramme=573

Un appel à encadreurs est associé à cette offre de formation.

Coordonnateur : Jean-Pierre TO, jean-pierre.to@auf.org