lundi 5 janvier 2009

Accompagnement tutoral d’une formation collective via Internet : Thèse de Jean-Jacques Quintin

Nous avons le plaisir de vous signaler la mise à disposition de la thèse de Jean-Jacques Quintin qu'il a soutenue en juin 2008, intitulée "Accompagnement tutoral d’une formation collective via Internet. Analyse des effets de cinq modalités d’intervention tutorale sur l'apprentissage en groupes restreints".

Nous reproduisons ci-dessous les paragraphes de l'introduction présentant les différentes parties de cette thèse.

La recherche que nous présentons dans ce travail se situe dans le prolongement de nos premières investigations (ibid.). Au-delà de l’intérêt de confirmer les tendances mises au jour, la présente étude entend mieux comprendre les effets de la modalité proactive sur la qualité de l’apprentissage des étudiants engagés dans un travail collectif en groupes restreints. A cette fin, nous avons adopté une démarche expérimentale destinée à comparer, par effet de contraste, l’impact sur l’apprentissage de cinq modalités d’intervention tutorale (MiT). Les MiT étudiées ont été élaborées en privilégiant, pour trois d’entre elles, l’une des dimensions d’intervention qui, au vu de la littérature, participent à l’accompagnement tutoral, soit les composantes pédagogiques (« P »), socio-affectives (« S ») et organisationnelles (« O »). En complément à ces trois « MiT ciblées », deux modes d’intervention tutorale non ciblés ont été intégrés en guise de modalités de référence : une « MiT réactive » et une « MiT proactive non ciblée ».

Dans le premier chapitre, nous préciserons, d’un point de vue théorique, les axes autour desquels s’articule notre recherche. Nous situerons d’abord notre objet d’étude dans le cadre des formations qui s’organisent à distance via un environnement numérique. Dans un second temps, nous aborderons la question importante de l’encadrement pédagogique mis en place dans les formations pour soutenir un apprentissage à distance. Nous nous centrerons en particulier sur la manière dont les chercheurs, les enseignants, les concepteurs et les étudiants envisagent les rôles que l’enseignant-tuteur devrait assumer lors d’un suivi humain. Cette partie sera également l’occasion de pointer à la fois le déséquilibre qui existe, à ce jour, entre les nombreuses études de nature prescriptive ou descriptive qui se penchent sur les fonctions tutorales et la faible quantité de recherches empiriques qui évaluent les effets des actions des tuteurs. Les deux sections suivantes nous permettront, pour l’une, de situer notre objet d’étude dans le domaine de l’apprentissage coopératif assisté par ordinateur (CSCL) et, pour l’autre, de préciser notre approche théorique qui, dans le sillon des courants historicoculturel et socio-culturel, accorde aux interactions sociales une place de choix dans le processus d’apprentissage. Enfin, nous terminerons ce chapitre en positionnant les unités d’analyse que nous adopterons dans cette recherche – l’individu et le groupe restreint – en regard du « système d’activité » proposé par Engeström (1999).

Le deuxième chapitre traitera de la problématique du suivi à distance d’étudiants regroupés en petits groupes. L’attention sera portée sur les résultats issus des études qui ont tenté d’identifier les variables agissant sur le fonctionnement et l’efficacité des groupes restreints. La particularité de notre démarche réside dans la volonté de capitaliser les enseignements que différents champs d’étude – la dynamique de groupe, l’apprentissage coopératif en présentiel, la communication médiatisée par ordinateur et l’apprentissage collectif assisté par ordinateur – peuvent apporter à la problématique du suivi à distance des groupes restreints. Les nombreuses données empiriques fournies par les recherches en dynamique de groupe nous permettront de préciser les facteurs qui interviennent dans le fonctionnement d’un groupe confronté à la réalisation d’une tâche en situation présentielle. Par ailleurs, un intérêt particulier sera accordé aux études qui ont porté, durant ces deux dernières décennies, sur l’efficacité des méthodes d’apprentissage coopératif appliquées dans les classes. Enfin, nous ferons état des résultats des recherches qui, en communication médiatisée par ordinateur et surtout en apprentissage coopératif assisté par ordinateur – domaine proche du nôtre – ont examiné les facteurs influençant le déroulement d’une formation à distance. Cette revue des résultats nous conduira à formuler les hypothèses et les questions que nous nous proposons de retenir afin d’aborder notre problématique de recherche.

Le chapitre 3, consacré aux aspects méthodologiques de la recherche, nous permettra de détailler le dispositif expérimental mis en place pour tester les hypothèses et répondre aux questions de recherche exposées dans le chapitre 2. Nous présenterons à cette occasion les outils et techniques adoptés afin de cerner les modalités de suivi telles qu’elles ont été appliquées par les tuteurs (cf. chapitre 4) et d’en saisir les effets sur l’apprentissage (cf. chapitre 5).

Le chapitre 4 présentera la manière dont les modalités d’intervention tutorale (MiT) ont été élaborées aux fins de leur application par les tuteurs durant la formation (« MiT théoriques »), ainsi que les résultats de l’analyse de leur mise en oeuvre effective dans le suivi des équipes (« MiT appliquées »). Cette analyse rendra d’abord compte de la conformité des « MiT appliquées » en regard des « MiT théoriques » et tentera ensuite de dégager les spécificités de chacune des MiT appliquées par les tuteurs dans le suivi de leurs équipes. Ces informations nous permettront à la fois de mieux saisir la nature des différentes formes d’encadrement et de mieux interpréter les résultats qui ressortent de notre expérimentation (cf. chapitres 5 et 6). Enfin, pour compléter cette étude, nous nous emploierons, à partir d’une approche par triangulation, à identifier les modèles d’intervention propres à chacun des sept tuteurs qui ont participé à l’expérimentation (modèles idiosyncrasiques).

Le cinquième chapitre, structuré en trois parties, exposera les résultats de la recherche. Les deux premières parties aborderont l’analyse des résultats en considérant, d’une part, les progrès que l’étudiant, placé dans les différentes conditions de suivi, a réalisé à l’issue de la formation et, d’autre part, la participation et l’assiduité dont il a fait preuve dans les échanges asynchrones. La troisième partie présentera, quant à elle, les résultats qui ressortent de l’analyse des différentes activités d’apprentissage réalisées, durant la formation, par les groupes d’étudiants.

Le sixième et dernier chapitre proposera une synthèse et une discussion des résultats. Après avoir rappelé la spécificité de chacune des modalités d’intervention tutorale appliquées par les tuteurs durant la formation, nous testerons les hypothèses formulées au vu des résultats obtenus. Nous apporterons ensuite des éléments de réponse aux deux questions de recherche qui se donnaient comme but, pour l’une, de saisir les différents effets engendrés par l’application des modalités proactives et, pour l’autre, de cerner le profil des étudiants qui auraient davantage bénéficié d’un type particulier de tutorat. Cette présentation sera suivie d’une discussion des effets exercés par les différentes formes de tutorat qui se sont révélées, à bien des égards, plus efficaces que la modalité réactive d’intervention tutorale. Enfin, nous terminerons en signalant les limites de notre étude et en dégageant des perspectives pour les recherches à venir.

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