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lundi 31 mai 2010

L’apprenant sans formateur ? (épisode 1) Par Jean Vanderspelden


Jean Vanderspelden (jean.vanderspelden@free.fr) est consultant ITG en individualisation et FOAD. Il a imaginé pour le Blog de t@d, une série de billets portant sur la thématique de l'apprenance et des nouvelles relations illustrées entre apprenant-appreneur, dont le titre générique est : "Apprenant sans formateur ? ".

Il se propose, d'ici la fin de l'année, d'écrire quatre épisodes dont voici le premier intitulé "Le temps l'emporte sur l'espace - L’apprenant va-t-il rencontrer toujours ses formateurs ? Les prochains épisodes (titres sous réserve d'ajustement) seront : La culture de l’écran concurrence celle du livre – épisode 2 (à venir) L’apprenant et le formateur ont-il encore un terrain de conciliation ? Jouer à vivre ou bien vivre à apprendre – épisode 3 (à venir) Dans une approche réseau, le «Digital Native» a-t-il besoin d’un formateur ? Apprendre chez soi ou dans son entreprise – épisode 4 (à venir) L’apprenant a-t-il intérêt à rencontrer un formateur ?



L’apprenant sans formateur ? (épisode 1)
ou la rencontre durable de plus en plus improbable entre l’apprenant et ses formateurs, et donc, vers des responsabilités nouvelles à partager…

Le temps l’emporte sur l’espace : l’apprenant va-t-il rencontrer toujours ses formateurs ?

Michel Serres nous rappelait récemment que si on demandait à une personne son adresse, sans préciser postale, on prenait le risque de récupérer juste son email. Aujourd’hui, on se positionne, on se calcule, GPS oblige, autant dans le temps que dans l’espace. L’email et ses mots de passe associés, forment un code numérique qui permet à chacun de s’affranchir, en partie, du lieu d’activité, du lieu de loisir ou du lieu personnel, pour rester en contact permanent et instantanément, si on le souhaite. L’une des questions n’est plus de savoir d‘où on se connecte, mais quand et à quelle fréquence ? L’autre question est bien-sûr la raison et le sens du traitement de ces informations, fugaces pour la plupart, issues de ces services, futiles pour certains, que portent tous les e-auxiliaires à notre «service» dans nos espaces de vie. De même, si on demande à un banlieusard où il habite, il ne va pas répondre à 18 kilomètres du centre ville, mais à 45 minutes. Ainsi, indépendamment de la qualité d’un quartier ou de la construction plus ou moins durable, l’attrait d’un habitât peut être lié à la proximité d’une gare TGV ou d’un nœud urbain principal : des réseaux routier, ferré, numérique, … et social.

Appliqué à la formation, surtout celle tout au long et tout au large de la vie, ce rapport comptable entre le temps et l’espace, induit aujourd’hui la mise en oeuvre de formations ouvertes et à distance d’un type particulier. Si la FOAD peut être considérée comme une combinatoire multiple entre les trois unités d’action, de lieu et de temps, on observe que de plus en plus d’actions FOAD se structurent pour dégager une nouvelle forme implicite de consensus temporel entre l’apprenant, le formateur et l’institution. Ce compromis résiderait dans la consommation faible d’un temps partagé obligé. L’important ne serait plus forcément d’être physiquement présent avec son formateur, mais de garder un lien pluriel avec l’institution, et surtout, avec sa communauté d’apprentissage, quand elle existe. Ce lien évolutif est à la fois synchrone et asynchrone, individuel et collectif, actif et proactif, formatif et productif, libre et contraint. Certes, il demeure, et demeura, aussi dans des temps présentiels avec les formateurs, mais «espacés».

Cette nouvelle distribution restera cohérente, sous réserve d’accéder, via le réseau numérique, à niveau suffisamment efficace, aux contenus en ligne, aux consignes et aux conseils des formateurs distants, également en ligne. Il s’agit aussi de pouvoir saisir en vivant, in situ, les enjeux sociaux de l’apprentissage et de la formation. L’essor des cours ballado-diffusés par les universités, l’activité des antennes des Ateliers de Pédagogie Personnalisée et le développement des Points d’Accès à la Téléformation en région, la systématisation des tutorats en ligne autour des plates-formes de télé-formation, la banalisation des visioconférences à la place des traditionnelles réunions, l’accès facilité aux espaces collaboratifs, l’usage des réseaux sociaux à des fins pédagogiques, la démultiplication des outils du Web 2.0 à toutes les sauces, les applications à tendances formatives sur les smartphones, y compris californiens, etc… sont autant de preuves de ces tendances lourdes de l’apparition et de l’ancrage du «Mobil-learning» ou en français «Apprentissage nomade».

Réunir régulièrement dans un même lieu, un enseignant avec des étudiants, un formateur avec des apprenants, un consultant avec des salariés, (un commercial avec ses clients), ou un bénévole avec des membres d’une association, s’il n‘y pas une intention pédagogique ou sociale explicite à cette dimension collective, pourrait se révéler contre-productif ! Le phénomène inquiétant des décrocheurs de collèges, de lycées, d’universités, et même, semble-t-il, d’écoles d’ingénieur, illustre cette tension. Si l’époque de la société dite industrielle où l’écolier, muni de son certificat d’étude, devait passer par le lycée de la ville préfecture pour rejoindre le temple du savoir, (i.e l’université) à la capitale, est bel et bien révolue, celle d’une «société apprenante» est encore à construire. Ce sont les organismes de formation, les CFA, les universités, et leurs partenaires territoriaux, y compris les OPCA, qui ont la charge d’organiser un nouvel accès facilité à tous les apprenants, avec la stratégie européenne renouvelée en 2005 à Lisbonne, concernant la société de l’information.

Demain, peut-on imaginer la systématisation des actions de formation ouvertes où les formateurs ne rencontrent qu’à «l’occasion» les apprenants juste pour la validation ? Est-il avéré que ce n’est plus la peine de se rassembler dans un même lieu pour apprendre ? Avec les porosités sous-jacentes de nos espaces de vie et de travail, qu’a-t-on à perdre et à gagner, et surtout, qui devrait y gagner et qui devrait y perdre ?

Les premiers éléments de réponse seraient dans la formule : «Tous apprenants, tous tuteurs, tous appreneurs !»

Aux regards des contradictions, de la complexité et des tensions de nos sociétés, «apprenant» semble être le seul métier durable, mais avec double nécessité :

  • de comportements nouveaux et responsabilités reconnues des apprenants pour saisir toutes les opportunités d’auto-apprentissage, plus ou moins accompagnées dans un cadre formel, non formel et informel, tout au long de la sa vie ;
  • d’une diversification du métier de formateur (accompagnateur et concepteur) dans un cadre légal et réglementaire toujours décalé au regard des enjeux. Il s’agirait de mettre en place un espace de cohérence stable, avec plus d’ouverture, visant à coupler «FOAD» et «apprenance».
Jean Vanderspelden

mardi 3 mai 2011

Apprentissages plus ou moins formels. Episode 1 : L’Europe en première ligne ! Par Jean Vanderspelden


Apprentissages plus ou moins formels
Episode 1 : L’Europe en première ligne !
ou la rencontre durable de plus en plus improbable entre l’apprenant avec les formateurs, et donc, vers des responsabilités nouvelles à partager…

L'idée de cette deuxième série d’épisodes est poursuivre illustration (voir série 1 «Apprenant sans formateur ?») du rôle clé que les tuteurs et les formateurs vont assumer dans le cadre d'action de formation, immanquablement de plus en plus ouverte, pour s'adapter aux nouvelles contraintes, opportunités et invitations à apprendre qu'offre, ou devrait offrir à tous, notre société numérique, dite de la connaissance...

Prochains épisodes (sous réserve de confirmation) : L’apprentissage informel vu du coté : des entreprises (épisode 2), des organismes de formation (épisode 3) et de l’apprenant lui-même (épisode 4),



Introduction

La revue internationale Savoir (1), a organisé le 07 avril 2011 à Négocia Paris, une journée d’étude sur le thème «Les apprentissages informels, continent caché de la formation tout au long de la vie». Tout est dans le titre ! (2) Le directeur général de l’UNESCO, K. Matsuura, faisant allusion à la soif mondialisée de compétences, proclamait en octobre 2008 «qu’aujourd’hui, ce n’est plus le savoir qui tourne autour de la société, mais la société autour du savoir». Cette inversion explique, en partie, ce nouveau zoom pour cet eldorado de la connaissance. Les physiciens (3) nous disent que seul 1/9 de la masse d’un iceberg émerge. La prise en compte de cette partie cachée, ou plutôt diversement reconnue, de toutes formes d’apprentissage, appliquées particulièrement dans notre secteur de la formation continue et professionnelle, devrait impacter nos représentations, nos organisations et nos gestes professionnels. Ces postures adaptées nécessiteraient de conforter la reconnaissance de la capacité naturelle d’adaptation de tout à chacun, d’apprendre et de s’auto-organiser dans ses apprentissages. Cette nouvelle donne se mettra d’autant plus facilement en place, à condition que les contextes ouverts valorisent durablement ces acquis diffus dans les différents espaces-temps de nos vies.

L’Europe, à l’initiative !

Les premiers textes abordant précisément cette problématique sont issus de la Commission Européenne (4) dans le cadre de la mise en place de sa politique «Apprentissage tout au long de la vie». La commission définit trois types d’apprentissages. Ces définitions constituent des références sur lesquelles chaque acteur s’appuie avec son propre approche.

L’apprentissage formel se développe dans des lieux institutionnalisés, dédiés à la formation, où il existe une intention explicite partagée de mettre en œuvre, et donc, de profiter de conditions d’un environnement propice à un apprentissage observable et quantifiable. Ces actions aboutissent à une certification plus ou moins marquée. Ce sont, bien-sûr, les écoles, les lycées, les CFA, les universités, publiques, privées et corporate, les organismes de formation, mais aussi, plus récemment, des Points d’Accès à la Téléformation, etc… plus communément appelé l’appareil d’éducation et de formation continue, mis en place et piloté dans chaque pays.

L’apprentissage non formel correspond à une volonté d’une personne de fréquenter un lieu culturel, associatif, familial, ou autre, pour apprendre convivialement. Cela peut être le partage d’une recette de cuisine, la pratique d’une langue étrangère ou d’un sport, la maîtrise d’un instrument de musique ou des techniques théâtrales, la prise en main guidée d’un outil informatique, l’exploration instrumentée du ciel étoilé, la mise en oeuvre d’une culture bio dans son jardin, de la gestion d’un territoire, etc… Avec cette deuxième approche, la Commission Européenne qualifie la dimension citoyenne comme un levier important pour un accès de proximité, entretenu et démultiplié des connaissances. Pour cela, apparaissent, diversement en Europe, des dynamiques territoriales avec des organisations d’échanges réciproques de savoirs, des espaces ouverts d’apprentissage, des lieux de proximité, des cercles communautaires, des espaces publics numériques et de multiples associations.

L’apprentissage informel naît d’une multitude de situations qui s’inscrivent dans la continuité de notre vie personnelle, sociale ou professionnelle, de plus en plus, qui permet par l’observation, l’imitation, l’échange, l’action, la production, la collaboration ou toutes autres stratégies, d’acquérir ou de renforcer un savoir, un savoir-faire ou un savoir-être ; base de capital de nos compétences. Ces temps enrichissent notre potentiel d’expériences, sans être pour autant, repérés comme temps de formation, stricto sensu. Des études nord-américaines estiment que plus des 2/3 de nos connaissances, ou savoirs, sont aujourd’hui issus de cette dynamique personnelle diffuse !

Formaliser l’informel !

Ce qui semblerait distinguer ces trois types d’apprentissages, serait le croisement des intentions institutionnelle et personnelle. Pour le premier cas, elles s’entrelacent clairement, à condition que l’élève, l’étudiant, le stagiaire ou l’apprenant s’appuie sur une motivation continue pour apprendre. Dans le second, l’une est en partie absente, mais l’autre assure à elle seule une implication forte. Enfin, dans la troisième, aucune n’est affichée ou activée, et pourtant, cette situation apparaît la plus productive, en terme de capital savoir.

Ces apprentissages informels marquent un paradoxe. On apprendrait plus, quand on n’apprend pas ! La projection de ce paradoxe est susceptible de tracer, à la fois quelques voies fertiles pour valoriser la capacité fondamentale de chacun d’entre-nous à apprendre, et aussi, quelques pistes gênantes pour marginaliser l’apprentissage formel, au profit survalorisé d’apprentissages informels, en quelque sorte, instrumentalisés. Dans le premier cas, il s’agit d’une opportunité forte pour installer, sur des bases saines et stimulantes, une relation tutorale d’accompagnement douce, associant toutes les formes d’apprentissage complémentaires. Dans le second, il pourrait être question de faire porter une grande part, trop grande, de responsabilité sur la personne, en cherchant à limiter là aussi, pour des raisons économiques essentiellement, les temps de formations formelles. Philippe Carré, en reprenant la citation, elle aussi paradoxale, «On apprend toujours seul, mais jamais sans les autres !» rappelle la dimension immanquablement sociale de tout apprentissage. Qu’ils soient formels ou informels, ce sont les interactions avec ses proches, pairs et tuteurs qui donnent sens et valeur à nos apprentissages.

Si l’Europe porte haut et fort le concept d’apprentissage tout au long (et tout au large) de la vie, reste (encore) à le mettre en oeuvre de manière cohérente et durable. Une pluralité de territoires et de publics est concernée par cette dynamique ouverte de porosités positives négociées : formel-informel certes, mais aussi individuel-collectif, personnel-professionnel ou en terme d’activités comme proximité-distance, s’informer-se former-s’autoformer, travailler-apprendre-collaborer, simuler-jouer-tester, réel-réel augmenté-virtuel, etc… Nous nous proposons d’éclairer, dans les prochains épisodes, ces territoires où l’explosion du numérique favorise des nouveaux rapports aux savoirs, avec un lien fractal aux savoirs éclatés. Cela génère de nouveaux espace-temps d’apprentissages. Nous souhaitons y intégrer vos éventuelles remarques, via les commentaires recueillis sur le blog de t@d, pour mieux cerner l’inévitable alliage subtil, personnalisé et fort, entre nos apprentissages formels et informels. Dans notre contexte lié à l’accompagnement, nous cherchons à en tirer profit pour mieux ajuster et consolider la place du tutorat dans ce double effet de résonance et de mise à distance.

Jean Vanderspelden – Consultant ITG – Mai 2011
jean.vanderspelden@free.fr - http://www.viadeo.com/fr/profile/jean.vanderspelden

Notes

(1) En collaboration avec Interface Recherche, le GARF, l’AFREF, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, l’Université de Paris Ouest Nanterre et Négocia-Advancia. Plus d’informations sur : http://savoirs.u-paris10.fr/

(2) Même si, dès 1931, Paul Valéry annonçait «Le temps du monde fini commence !».


(3) La masse volumique de la glace d'eau pure étant d'environ de 920 kg/m³ et celle de l’eau de mer d'environ 1 025 kg/m³, 90 % du volume d'un iceberg est situé sous la surface de l'eau, et il est difficile de déterminer la forme qu'adopte cette partie à partir de celle qui flotte au-dessus de la mer. Source : Wikipédia – Voir la photo montage ci-dessus ! Métaphore datée de 2002 et empruntée à A. Tough, universitaire canadien.

(4) En 2004, la Commission Européenne publie les premiers textes reconnaissant l’importance et la pertinence de l’apprentissage, en dehors du contexte de l’éducation et de la formation formelles. En mai 2004, le Conseil européen a adopté une série de principes européens communs pour l’identification et la validation de l’éducation et de la formation non formelle et informelle – Voir http://ec.europa.eu/education/lifelong-learning-policy/doc52_fr.htm



Illustration : source Wikimedia Commons

lundi 10 janvier 2011

Géométrie, e-tutorat & FOAD par Jean Vanderspelden


5ème et nouvel épisode de la série «Apprenant sans formateur» ou la rencontre durable de plus en plus improbable entre l’apprenant avec les formateurs, et donc, vers des responsabilités nouvelles à partager…

L'idée de cette série d’épisodes est d'illustrer le rôle clé que les tuteurs et les formateurs vont assumer dans le cadre d'action de formation, immanquable-ment de plus en plus ouverte, pour s'adapter aux nouvelles contraintes et opportunités d'apprendre qu'offre, ou devrait offrir à tous, notre société numérique dite de la connaissance... Accès aux épisodes précédents

Jean Vanderspelden – Consultant ITG - jean.vanderspelden@free.fr




Le triangle


Tout formateur, tout tuteur, à un moment ou à un autre, a été amené à travailler sur le fameux «Triangle» pédagogique. En 1988, Jean Houssaye (1), son concepteur, propose cette figure géométrique pour éclairer les liens entre théorie et pratique de l’éducation scolaire. Il définit l’acte pédagogique comme l’espace délimité entre trois sommets. Il qualifie cet acte en fonction des proximités relatives à chacun de ces sommets. Toute pédagogie est un choix, et un choix entre des pédagogies qui s'inscrivent dans la triangulation : "enseigner", "former" et "apprendre". Ayant posé qu'on ne peut éviter d'opter, l'auteur présente chacune de ces trois options. Rapidement, ce support à servi à de nombreuses réflexions dans le champ de la formation des adultes. Dans l’un de ses billets, publié en octobre 2007 (2), Jacques Rodet reprend ce triangle pour poser la question de «La place du tuteur à distance dans ce triangle» et pour tracer des pistes de réflexions.

L’un des mérites de ce support visuel, a été d’ouvrir la réflexion pour sortir de la relation duale entre maître et élève et faire le pari de la co-construction d’environnement où l’intelligence de chaque apprenant est le moteur des activités d’apprentissage et de production. Ainsi, on a pu explorer d’autres chemins qui nous font aujourd’hui mieux distinguer les trois verbes mobilisés. La principale conséquence est de donner, ou redonner, une place plus confortable à la personne apprenante, à l'école, dans un CFA, dans un organisme de formation (association, AFB, AFPA, APP, CCI, GRETA, organisme privé, etc.), à l'université, dans une médiathèque, dans une entreprise, à domicile, etc. en résonance avec un contexte où l'usage du numérique prend une place de plus en plus structurante.

Pierre Dac disait qu’«un carré est un triangle qui a réussi, ou un cercle qui a mal tourné». Alors il est possible, sans remettre en cause les bases de la géométrie euclidienne, de rebondir sur cette figure novatrice et de la manipuler en vue d’étudier d’autres approches. Dans ce billet, celles que je propose, passent toutes les deux par le losange. La première s’appuie sur la troisième dimension, tandis que la seconde, plus récente, nous propose un déploiement vers une carte d’orientation.

Trois losanges et un tétraèdre

Au sein de la mission nationale d’animation des Ateliers de Pédagogie Personnalisée (3), je participais aux actions de professionnalisation des nouveaux coordonnateurs-trices. L’un des objectifs de cette formation était de marquer que les APP étaient, dès leur origine en 1988, et sont toujours, des lieux de formations ouvertes (4) ... et à distance, y compris pédagogiques, d’abord pour asseoir l’autoformation accompagnée, forme de mise à distance, douce et adaptée, car négociée avec chaque apprenant.

Pour assurer la démonstration, j’ai repris en 1993 ce triangle, dans le cadre de la veille collective assurée par l’association MIP+ (5) sur l’usage du multimédia en formation des adultes peu qualifiés. Je l’ai décliné en trois losanges, en y associant un nouveau quatrième pôle : le concept d’abord de «concepteurs de ressources» puis de «e-ressources» que les apprenants et les formateurs peuvent mobiliser, indépendamment ou non l’un de l’autre, selon les trois schémas ci-dessous :

Sans bien mesurer, à l’époque, l’essor rapide et l’impact fort de l’usage des ressources numérisées, en particulier aujourd’hui les outils et ressources de type 2.0 (6), dans ce nouvel espace-temps formatif, formel et informel, on pouvait cependant imaginer que leur mobilisation allait accélérer l’instauration d’environnement d’apprentissage, de plus en plus ouvert, redistribuant les accès aux savoirs et leurs partages, et aussi et surtout, les relations avec les formateurs et entre les apprenants. Dans ces environnements, la collaboration présentielle, ou distante, serait un moteur nouveau et important de l’acte de formation ou plutôt d’autoformation. Le cumul des trois logiques, présentées ci-dessus, caractérise, de notre point de vue, la spécificité du nouvel espace d’activité des FOAD, telles qu’elles ont été définies par le Forum Français pour les Formations Ouvertes et à Distance (FFFOD). (7)


Du losange à la carte d’orientation

Dans le cadre de la conception de guide du e-tutorat (8) mis en ligne en novembre 2010, Michel Lisowski, chargé de missions au Centre Inffo, a également travaillé sur ce triangle. Il s’agissait de donner des repères nouveaux aux personnes souhaitant se former à distance aux fonctions de tuteurs à distance, dans le cadre des actions de types FOAD.

Dans cette deuxième illustration, le quatrième pôle qui enrichit le triangle n’est pas le concept de «ressources», mais celui de «groupe», autre forme de ressource en particulier de type relationnel. Cela permet de générer, dans un premier temps, de nouvelles activités repérées dans l’acte de formation ouverte et à distance ; faciliter, transmettre, collaborer et se former.

Puis en passant du losange à la carte d’orientation, l’auteur ajoute les verbes partager et participer. L’ensemble déployé forme une carte d’orientation. Cet outil qualifie un territoire enrichi et redistribué entre les activités des apprenants et celles des appreneurs ; appreneurs au sens des personnes environnant l’apprenant ; formateurs, tuteurs, animateur EPN, bibliothécaire, collègues ou pairs. Tel des architectes bâtisseurs, les concepteurs de ce guide confortent cette approche cartographique en la re-contextualisant, dans une vision plus large, et l’opérationnalisant jusqu’à proposer des exemples de tableaux de bord de formation de tuteurs ; de la carte d’orientation au tétradécagone...

D’autres figures construites à partir du Triangle de Jean Houssaye doivent très certainement exister, et apporter leurs contributions à la nécessaire ouverture maîtrisée de nos dispositifs de formation. Ces deux illustrations présentées ci-dessus, marquent la FOAD, comme une réponse opérationnelle à la révolution copernicienne qui est en train de se mettre lentement, mais sûrement, en place. Les acteurs de la formation innovent ; ce sont les organismes de formation qui vont s’adapter de plus en plus aux besoins et aux disponibilités des personnes pour les accompagner dans des espaces temps novateurs d’apprenance (9) telle que Philippe Carré l’a définie.

Vers la quatrième dimension !


Il nous reste à investir l’espace-temps à quatre dimensions, décrit en 1905 par Einstein ; mais là, pour le e-tutorat, c’est une toute autre affaire, en lien très certainement avec … la théorie Freudienne ! Cependant, pour les curieux, on ne peut que conseiller le lien vers une superbe ressource en ligne (10) produite au Québec. Avec des animations graphiques encapsulées dans des vidéos et avec un simulateur interactif, cette e-ressource inventive nous fait belle et bien «toucher» la quatrième dimension : comprendre la théorie d’Einstein en 30 minutes. Comme quoi, tout est relatif !

Notes

(1) HOUSSAYE Jean (2000) Le triangle pédagogique, Berne, Peter Lang.

(2) RODET Jacques - http://blogdetad.blogspot.com/2007/10/quelle-place-pour-le-tuteur-distance.html

(3) IOTA+, puis Algora, et enfin, au sein de l’APapp – www.app.tm.fr

(4) Accès au cahier des charges national des APP, porté par l’APapp – http://site.app.tm.fr/reseau/cahier.asp

(5) Association pour le développement du Multimédia Informatisé Pédagogique – www.mipplus.org – Rouen – Editeur de la Boîte à Outils Multimédias – Etude documentaire en ligne (i-BOM & i-BooM+) sur les ressources numérisées pour la formation des adultes peu qualifiés – contact@mippus.org

(6) Voir le site de mutualisation : http://skoden.region-bretagne.fr/Public/espace_public/decouvertes_web_2.0

(7) Voir «Le B.a.BA de la FOAD» publié par le FFFOD en 2009 : http://www.fffod.org/media/2002-baba-foad.pdf

(8) Voir l’un des sites du Centre Inffo : http://www.pratiques-de-la-formation.fr/etutorat/ - mlisowski@centre-inffo.fr

(9) Voir le terme «apprenance» proposé et éclairé dans le Wiki sur l’organisation du travail, la formation via Internet et les TIC, Wiki animé par Adrien FERRO - http://www.novantura.com/wiki/wakka.php?wiki=Apprenance

(10) Ressource conçue par Stéphane DURAND - Collège Edouard Montpetit - Québec : http://ww2.college-em.qc.ca/relativite-animee/ - Source THOT


Illustration en tête du billet : Wikimedia Commons

jeudi 3 juin 2010

Publications et veille de t@d au mois de mai 2010


BILLETS DU BLOG

L’apprenant sans formateur ? (épisode 1) Par Jean Vanderspelden
Jean Vanderspelden a imaginé pour le Blog de t@d, une série de billets portant sur la thématique de l'apprenance et des nouvelles relations illustrées entre apprenant-appreneur, dont le titre générique est : "Apprenant sans formateur?".

CIUEN 2010, sélection de communications sur l'accompagnement
L'édition 2010 du CIUEN se déroule les 14, 15 et 16 juin au Palais de la Musique et des Congrès de Strasbourg.

Co-construction des services tutoraux en formation à distance. Par Jacques Rodet
A travers l'expérience du Master MFEG à Rennes 1, sera présentée une démarche originale de co-construction des services tutoraux avec les apprenants.

5e journées du eLearning
Les 5e journées du eLearning qui se tiendront les 24 et 25 juin à Lyon ont pour thème "Au-delà des plate-formes : la e-pédagogie

Autour de l'accompagnement et du tutorat. Des communications prometteuses à l'AIPU 2010
Communications où les questions d'accompagnement et de tutorat sont directement ou plus indirectement traitées.

Colloque du Girefad au sein de l'ACFAS
Pour une formation à distance de qualité. La conception de dispositifs en collaboration en formation à distance : Aspects théoriques et défis pratiques

Usages des rétroactions des tuteurs à distance. Par Jacques Rodet
Le diaporama qui m'a servi de support lors de l'intervention que j'ai effectué dans le cadre de l'Atelier lunaire du programme FAD de la Téluq

L'encadrement-programme aux études supérieures en formation à distance à la Téluq
L'encadrement-programme est une des modalités d'encadrement des étudiants.

Soutenir et évaluer, deux rôles en tension pour le tuteur à distance. Par Jacques Rodet
Notes que j'ai utilisées pour lancer le débat du colloque du REFAD sur le double rôle que jouent les intervenant(e)s (tuteurs, professeurs, enseignants, chargés d’encadrement, etc.) qui encadrent les étudiants et qui doivent, par ailleurs, évaluer leurs travaux notés et examens.

Le REFAD, un acteur majeur de la formation à distance au Québec
Quelques informations qui permettront de se faire une idée plus précise des missions que le REFAD s'est donné depuis 22 ans déjà.

Séjour au Québec de Jacques Rodet... Où il sera question de tutorat à distance
Présentation des communications de J. Rodet lors du colloque du REFAD, de l'Atelier lunaire du programme FAD de la Téluq et du congrès de l'ACFAS

Tutorat dans Moodle
Communication à MoodleMoot 2010 : "Utilisation particulière de Moodle pour le tutorat dans un grand dispositif de formation en ligne : cas du campus numérique" ENVAM (M. Diaz & H. Podvin).


RESULTATS DE VEILLE

Ressources des colloques | form@HETICE
A voir en particulier Mariane Frenay : Dynamique motivationnelle et pratiques pédagogiques Atelier n° 2 : Julie Henry et Casto Grana, Motivation et formation à distance

PairsAnciens-PairsNouveaux: L'EDUCATION PAR LES PAIRS
Les pairs désignent des individus ayant des caractéristiques communes, telles que le sexe, l'âge, l'ethnie, les centres d'intérêt, les loisirs, les aspirations...

Marie-France Cyr, tutrice, conférencière au congrès de l’Association professionnelle des paramédics du Québec
Sa communication, prévue le 2 juin, portera sur le thème « La communication empathique entre le paramédic et le malade ».

Colloque « Technologies et Motivation, des théories aux pratiques » | form@HETICE

Vidéo > TIC et cybermentorat, une combinaison gagnante...

Revue sticef : Modéliser l’organisation du tutorat pour assister la description de scénarios d’encadrement
Le travail présenté dans cet article s’intéresse à la conception d’activités d’encadrement d’apprenants dans le cadre de Formation en Ligne (FEL).

Revue sticef : Des interactions sociales en formation universitaire à distance, Une approche microsociologique exploratoire et inférentielle
Dans cet article, nous nous intéressons à l’organisation des interactions sociales dans un dispositif de formation universitaire en ligne.

Le mentorat en début de carrière : retombées sur la charge professorale et conditions de mise en œuvre d’un programme en milieu universitaire
Cette synthèse d’écrits a été menée dans le but de faire état des retombées du mentorat en milieu éducatif, plus précisément, le mentorat destiné aux enseignants universitaires en début de carrière et des conditions de mise en œuvre d’un programme.

Edilivre > Styles d’apprentissage et rendement académique dans les formations en ligne. Violaine Page Lamarche
Existe-t-il un style d’apprentissage dominant, chez des apprenants adulte, en situation d’apprentissage, dans un contexte spécifique de formation en ligne ? Quelles correspondances observer entre le style d’apprentissage et le rendement académique dans ce contexte spécifique de formation ?

Médiathèque de l’Université Paris Descartes - Journée du 18 mai 2010 : "Université fabrique du futur"
Enseignement et apprentissage : De l’enseignement au tutorat en ligne

PairsAnciens-PairsNouveaux: LES ENFANTS APPRENNENT MIEUX GRACE AUX PAIRS
Il semble que les enfants apprennent mieux d’autres enfants que des adultes et que ce serait particulièrement le cas lorsqu’il y a une différence d’âge entre ces derniers. Lilian Katz a remarqué qu’ils peuvent adapter leur vocabulaire à l’âge de leur interlocuteur.

Écriture réflexive et réflexion critique dans l’exercice du compte rendu

Vif succès du colloque du REFAD 2010
L'article d'Yvan Duperré pour "le sans papier"

Dima HANNA. Les nouveaux métiers du e-learning: Le tutorat - Le blog de seraphin ALAVA
Billet de Séraphin Alava

NB-Sondage auprès des tuteurs en français hiver 2010 Survey
Sondage soumis aux tuteurs pour améliorer la qualité du tutorat par les pairs

[FGA - Montérégie] Stratégie gagnante
Le suivi individualisé est une fonction importante dans la tâche des enseignants en formation générale des adultes. Qu’on l’appelle suivi pédagogique, tutorat, suivi individuel, etc., ces rencontres sont des moments privilégiés pour échanger avec nos élèves sur leur cheminement scolaire et parfois sur leur situation personnelle.


lundi 18 janvier 2010

La bonne distance ! Par Jean Vanderspelden


En formation ouverte à distance, les fonctions tutorales sont multiples et dépendent des caractéristiques des dispositifs et, en particulier, des apprenants concernés. Avec ce billet, je vous voudrais juste zoomer sur un cas «particulier» où des formateurs travaillent, dès le début du parcours de formation ouverte (individuelle et flexible), à placer la (bonne) distance avec les apprenants, en vue de conforter et développer leur autonomie dans l’apprentissage.

Les Ateliers de Pédagogie Personnalisée (www.app.tm.fr) accueillent et forment des adultes, plutôt peu qualifiés, dans les domaines de la remise à niveau, de la culture générale et de la culture numérique pour faciliter des projets personnels (éducation permanente) ou professionnels (formation continue) dans une logique d’autoformation accompagnée.

L’observation des pratiques des APP montre que les équipes proposent de plus en plus systématiquement, en début de parcours, des modules collectifs courts de type «apprendre à apprendre». Les apprenants y sont confrontés schématiquement aux points suivants «Qu’est-ce-apprendre ?» ; «Chacun apprend différemment» et «APP mode d’emploi ou comment améliorer son apprentissage ?». Le vécu de ces séances facilite grandement le suivi individuel par les formateurs des parcours d’autoformation. Les apprenants ont une vision plus claire de leur rôle et de leur responsabilité dans la progression prévue. Ils ont des repères pour mieux s’autoformer. A partir là, les membres des équipes des APP cherchent à espacer et à alléger le tutorat avec chaque apprenant de manière personnalisée, dans la mesure du possible.

Pour ces personnes (en présentiel pour la plupart mais pas que), la distance est perçue essentiellement via la relation évolutive ! Fort investissement en début de parcours «apprendre à s’autoformer » et faible, en fin de parcours, pour attester de l’autonomie accrue de la personne dans son apprentissage.

Jean Vanderspelden – Consultant – www.groups.google.com/group/jvds

lundi 21 novembre 2011

La FOAD, des réalités, y compris pour les e-tuteurs. Par Jean Vanderspelden


Plusieurs de mes partenaires en région (Auvergne, Aquitaine et Bourgogne) ont indépendamment les uns des autres, rapidement attiré mon attention sur la publication d’un article récemment publié en ligne dans le "Quotidien de la formation" (www.actualite-de-la-formation.fr) du Centre Inffo. Il s’agit d’un article intitulé : "La FOAD, un mythe !" reprenant les propos de Gilbert Renaud (Eduter, Agro Sup Dijon). C'est vrai, qu'à peine sorti des 9èmes rencontres co-organisées les 14, 15 et 16 novembre par le FFFOD (www.fffod.fr) et le Conseil régional de la région Centre à Orléans, la lecture de cet article interpelle…

De mon point de vue, les arguments avancés par notre collègue Gilbert Renaud dont certains résonnent, en partie, avec notre réalité, illustrent parfaitement les propos tenus durant ces rencontres par Marcel Lebrun (http://lebrunremy.be/WordPress/) de l'Université Catholique de Louvain.

La FOAD nécessite d'abord un réingéniering pédagogique, avant de s'appuyer et de mobiliser les outils et les ressources numériques et cela, quelque soit le public visé : entreprise, université, OF, PAT, CFA, APP, Lutte contre l'illettrisme, etc... J'ai le sentiment que les exemples qui sont développés dans cet article relèvent, pour la plupart, de dispositifs traditionnels sur lesquels il y aurait eu "injonction" de faire de la distance, pour la distance, sans véritable réflexion ou possibilité de réfléchir dans le temps et collectivement, y compris avec les instances politiques, sur les plus-values possibles progressives portées la FOad, en terme d'approches multimodales, aux profits des apprenants.

Par ailleurs, cet article me semble "minimiser" les potentiels que le numérique (contenus, supports, LMS & Web 2.0) peut apporter pour co-construire de nouveaux espace-temps dans les parcours d'apprentissage et de production des apprenants, avec des accompagnements évolutifs et focalisés successivement sur la motivation et les interactions. Ce qui me gêne le plus dans cette publication, c'est la relative résistance à reconnaître la capacité des apprenants à s'autoformer, en particulier dans des espaces et des temps informels, et donc, à autoréguler, en partie dans une logique communautaire, le déroulement (d'ordre et de désordre apparents) des parcours de formation, alternant des approches individuelle et collective. Remettre en cause de la sorte la FOAD, cela peut aussi signifier sous-estimer l’importance stratégique du travail d’étayage pédagogique assuré par les tuteurs pour que les apprenants soient le plus rapidement efficaces dans ces nouveaux espace-temps d’apprentissage et de production partagés.

Certes la FOAD a des progrès à faire, en particulier sur les e-ressources mobilisables, sur les partenariats sur la professionnalisation des acteurs, sur la maîtrise des e-outils, sur l'accompagnement, sur le financement et autres... mais je soutiens que la FOAD est surtout une porte royale pour faire évoluer collectivement nos pratiques, en ouvrant nos dispositifs vers plus d'initiatives pour les apprenants, aux bénéfices de leur autonomie et du renforcement de leurs compétences, dans une dynamique d'autoformation, nécessairement accompagnée, avec des formateurs, avec des tuteurs.

de la formation traditionnelle vers l'apprenance, en passant par des dispositifs FOAD, plus souples,

Cordialement - Jean

vendredi 25 juin 2010

L’apprenant sans formateur ? (épisode 2/4) Par Jean Vanderspelden


L’apprenant sans formateur ? (épisode 2/4)
ou la rencontre durable de plus en plus improbable entre l’apprenant et ses formateurs, et donc, vers des responsabilités nouvelles à partager…

La culture de l’écran concurrence celle du livre
L’apprenant et le formateur ont-ils encore un terrain de conciliation autour de l’écrit ?

Cap Digital a organisé, à la Cité des Sciences à Paris en avril 2010, les «Assises nationales de l’éducation et de la formation numériques». Ces rencontres ont eu lieu dans le cadre de la réflexion sur l’optimisation de l’investissement de l’Etat, liée au grand emprunt, dans le secteur du numérique. A cette occasion, S. Tisseron, universitaire à Paris Nanterre, est intervenu en s’appuyant sur son dernier livre co-rédigé avec B. Stiegler «Faut-il interdire les écrans aux enfants ?». Son intervention portait sur l’observation du comportement des enfants et de leur motivation à apprendre, en particulier face aux différents supports interactifs. Ses arguments, repris en partie ci-dessous, nous interrogent directement sur ceux des adultes en formation, aujourd’hui et demain. Ce questionnement est d’autant plus d’actualité que les formations ouvertes s’appuient sur des usages diversifiés, des technologies numériques. Comme le système éducatif, le secteur de la formation continue est confronté à la révolution liée à la présence de l’écran dans de plus en plus d’activités, de lieux et de temps d’apprentissage. La situation est peut-être moins tendue qu’on pourrait l’imaginer. Ces apprenants ont une double culture : celle de l’écran, temps toujours à dominante ludique, et celle du livre, passage parfois obligé, détourné et quelquefois, à consolider.

La maîtrise de la lecture des écrans permet de capter plusieurs informations à la fois où les contraires ne s’excluent pas forcément. La page hypertextuelle peut compléter, ou contredire, une vidéo en streaming qui, elle-même, télescope ou enrichit un mur de commentaires d’un réseau social, dans une troisième fenêtre ; tout cela sur le même écran. L’utilisateur est soumis à ce multi-éclairage et doit en tirer ses propres conclusions. L’écran est une porte d’entrée multiple et immersive, à la fois sur des informations, et aussi, vers de la connaissance. Cela suppose un niveau de traitement adapté des contenus. Le livre, ou plus généralement, l’écrit sur support non numérisé, propose une approche plus douce, avec la lecture séquentielle de page unique. La succession de pages lues donne accès aux réflexions et aux intentions d’un auteur identifié, invitant son lecteur à partager un récit, une croyance, un imaginaire, un fait, un argumentaire, un savoir, un avis, un commentaire, etc… Le lecteur s’identifie, s’approprie, apprend, se projette, rejette, s’interroge, réagit à sa mesure et reconstruit. La culture du livre incite à une pédagogie patiente hypothético-déductive. L’écran stimule plus un apprentissage instantané par essai-erreurs, et ouvre des perspectives novatrices pour la formation intégrant la simulation. Ces cultures articulent deux espaces temps ; les apprenants et les tuteurs s’y répartissent, chacun à leur manière, selon leurs activités et leurs rôles ; apprenant qui plutôt se projette sans repère, sans la présence continue du formateur qui, lui-même, plutôt se protège…

Même si Internet est nettement plus un espace de consultation (lecture et lecture numériquement active avec la capacité virale de «faire suivre»), voire de captation, que de production (écriture), grâce au couple écran-clavier, jamais autant d’écrits n’ont été produits ! Du simple SMS sur l’écran réduit de nos portables, en passant par les commentaires sur les réseaux sociaux, les publications individuelles de billets sur nos blogs ou l’écriture collective d’articles sur les Wikis naissants, mais aussi, et surtout, une nouvelle écriture exponentielle par l’image et par la vidéo ; ici la société de l’(sur)information porte bien son nom. Tous les écrits ne se valent pas, mais constituent un matériau de base qui, de fait, place chaque individu écrivant, dans une relation nouvelle de responsabilité avec les autres. Si j’écris, c’est que j’attends que les autres me lisent, et donc, moi-même, devenant potentiellement lecteur. Ma participation à l’expansion numérique des réseaux est de fait autorégulée par mes pairs. De fait, cette coproduction est un apprentissage qui peut être un passage, une bascule, un complément entre la culture des écritures multimédias et celle de l’écriture papier, dans nos différents espaces de vie.

En termes de communication et d’échange, on relève schématiquement deux espaces. D’abord la sphère personnelle où presque tous les écrits sont permis sur la base des médias ouverts. Ce sont «les écrits des écrans» : SMS, tag, commentaire, message, post, billet, contribution, publication, photo, vidéo, etc... une écriture spontanée, continue et multiforme. Ensuite, dans la sphère professionnelle, la quasi-totalité des écrits de référence reste encore codifiée sur les bases académiques, liées à l’évolution de la langue française et à ses valeurs. Ce sont «les écrits du papier», où le livre a une place particulière comme une sorte «d’écrin des écrits». Paradoxe suprême, ces écrits sont eux-mêmes de plus en plus numérisés : note de service, compte-rendu, courrier, rapport, étude, mémoire, bilan, cahier des charges, article, règlement, loi, etc…

La souplesse et la porosité de la combinatoire des formations de type FOAD (Formation Ouverte et à Distance) génèrent des distances géographique, pédagogique et culturelle. Elles peuvent constituer des opportunités d’équilibre retrouvé entre ces deux espaces. Les maîtrises de ces deux écrits, ceux de l’écran et ceux du livre, sont immanquablement complémentaires. Les écoliers, les collégiens, les lycéens, voire certains étudiants, ont travaillé sur cette double compétence, mais la «bataille» est de plus en plus difficile car déséquilibrée ; l’écran envahissant notre société libérale où les adolescents constituent une cible privilégiée. Quelques années après, confrontés à des réalités incontournables, les adultes, selon leur qualification, en formation ou en production, peuvent bénéficier de temps d’appropriation, de partage et d’enrichissement réciproque de ces deux cultures.

Sur cette question, un terrain de conciliation existe entre l’apprenant et le tuteur. D’un côté, les apprenants confortent la culture écran des formateurs, nécessité pour le développement des activités en entreprise. De l’autre coté, les formateurs renforcent la culture et la maîtrise de l’écrit de l’apprenant, sur la forme et sur le fond. Il s’agit d’une compétence clé pour assurer des responsabilités et assumer pleinement sa place dans notre société : écrire pour affirmer ses identités et pour exister. Cette double reconnaissance participe à la construction en alternance d’environnements ouverts. Dans cette dynamique, pour que l’apprenance, telle que Philippe Carré l’a définie, se développe au profit de tous, y compris des personnes les moins qualifiées, notre société se doit de poursuivre l’installation durable de ces nouvelles organisations dans lesquelles nous sommes tous apprenants, tous écrivants !

Jean Vanderspelden

Déjà paru : Episode 1


l'image dans son contexte, sur la page : www.afrahm.be/?action=onderdeel&onderdeel=35


jeudi 3 novembre 2011

Apprentissages plus ou moins formels. Episode 3 : Les pratiques des organismes de formation. Par Jean Vanderspelden

Apprentissages plus ou moins formels Episode 3 : les pratiques des organismes de formation ou la rencontre durable de plus en plus improbable entre l’apprenant avec les formateurs, et donc, vers des responsabilités nouvelles à partager

Les autres épisodes : L’apprentissage informel vu du côté : de l’Europe et les pratiques des entreprises (épisode 1 et 2, déjà paru respectivement en mai et juillet 2011) et (sous réserve de confirmation), l’apprenant lui-même (épisode 4 : 1er trimestre 2012).



Tiré de l’album «Jugar con ma Luna»
par Astroturismlo – Eventos, via Facebook
Des questions anciennes
Bien avant que le concept d’apprentissage informel n’apparaisse, tous les acteurs de la formation, en particulier ceux des adultes, avaient en tête la question de la mobilisation optimisée de la personne dans son éducation. Si la quasi-totalité des apprentissages informels repose sur une motivation réelle, plus ou moins revendiquée, ce n’est plus la même proportion pour ceux dits formels. L’idée première serait donc de puiser dans les situations où l’on apprend naturellement, quelques invariants qui puissent être repris dans le cadre des dispositifs de formation, pour favoriser des acquis, disons moins spontanés, plus cadrés, accompagnés, voire tutorés…

La dimension, en partie, utilitaire des apprentissages
Dès les années 1973, Bertrand Schwartz estimait qu’un adulte ne se forme pas, s’il ne trouve pas dans sa formation une réponse à ses besoins dans sa situation. Le caractère utilitaire de la formation est un élément clé du passage à l’acte d’apprendre, en vue de changer durablement ses pratiques dans sa situation personnelle ou professionnelle. Cette dimension utilitaire, une parmi d’autres, n’est pas perçue de la même manière pour chaque personne. Elle varie selon sa capacité à anticiper, dans son contexte social, plus ou moins intensément les changements promis par un accroissement de ses connaissances ou de ses compétences.

Organiser et animer des dispositifs facilitant
Pour qu’une personne se reconnaisse apprenante, plusieurs approches ont été mises en œuvre, souvent de manière complémentaire ; «histoire de vie», «entretien d’explicitation», «biographie pédagogique», «apprendre à apprendre», «sentiment d’efficacité personnelle», etc… Dans tous les cas, c’est bien dans la relation et dans l’interaction que chaque personne peut s’inscrire dans une logique d’autodétermination. L’essoufflement relatif de la formule stage est réel, même si une récente étude européenne de la CEGOS repérait cette situation encore comme largement dominante pour la formation des salariés. On peut apprendre partout, même en stage ; si un train peut en cacher un autre, un apprentissage (formel) peut en porter un autre (informel). Dans notre société dite de la connaissance, cette frontière a-t-elle encore un sens ? (1)

Pour une grande partie des apprenants, en particulier les moins qualifiés, ces dynamiques qui alterneraient, associeraient ou conjugueraient intentionnellement situations formelle et informelle, semblent nécessaires et reposent sur notre capacité d’ouvrir la formation. Il s’agirait de jouer sur une combinaison évolutive des unités de temps, de lieux et d’action au bénéfice d’une plus grande souplesse et diversité des situations d’implication, d’apprentissage, de production et de validation, composant le parcours de formation. Pour une formation individuelle et flexible, les fonctions tutorales permettent de tisser les liens nécessaires pour qu’on puisse accepter, tant du côté de l’apprenant, que du coté des appreneurs, une succession d’ordre et de désordre. Cette oscillation est apparente à des degrés divers pour l’institution, pour le formateur, le tuteur, et surtout, pour l’apprenant ; le seul, au final, à redonner du sens à toutes ses activités et ses interactions. L’apport des plates-formes de télé-formation, des classes virtuelles (2), des Web-TV, des outils collaboratifs et de communication, mis en place par les organismes de formation et leurs partenaires, vise à faciliter l’autonomie graduelle des apprenants, et des communautés d’apprenants, dans ces nouveaux espaces-temps d’activité.

Des illustrations de cette bascule en cours
En tant qu’acteurs de la formation, nous sommes donc partiellement condamnés à ne pas tout cadrer, mais à organiser sur nos territoires des pratiques ouvertes avec des formes de porosités positives, où l’apprenant puisse se projeter au mieux. On peut illustrer cette évolution avec les points suivants :
  • les parcours sont, de plus en plus, individuels avec un accompagnement personnalisé qui vise à «gérer» la motivation, en début de parcours, et à réguler les interactions entre pairs durant la formation ;
  • des parcours de formation se déroulent sans la présence continue d’un formateur et associe l’intervention d’un tuteur sur les plans méthodologique, social, cognitif et technique dans une dynamique d‘autoformation accompagnée, telle que les Ateliers de Pédagogie Personnalisée (APP) peuvent la mettre en oeuvre ;
  • plusieurs prestataires interviennent en complémentarité sur le déroulement d’un parcours. La participation croissante des bibliothèques, des médiathèques, des Espaces Publiques Numériques (EPN) ou des Points d’Accès à la Téléformation (P@T) dans le déroulement des parcours individuels de formation, illustre cette tendance territoriale ;
  • l’accent n’est plus aussi fortement mis sur les contenus (toujours à concevoir, produire, actualiser et à diffuser), mais sur l’accompagnement et les interactions pour favoriser l’autoformation, l’autorégulation et la métacognition ;
  • l’amont (bilan de compétences, démarches VAE, valorisation des compétences transversales, etc…) et l’aval (certification, e-Portfolio, passeport de formation, etc…) du parcours de formation sont de plus en plus déterminants dans l’implication et la réussite de l’apprenant ;
  • et la diversité stratégique des situations d’apprentissage et de production, des modalités d’intervention est mise en oeuvre avec une alternance de situations individuelle et collective, distante & de proximité, d’ordre et désordre, de présence et d’absence, de réel et virtuel, où la juste mobilisation des outils et des ressources numériques, en particulier Web 2.0, est un élément clé.
La plus-value d’une prestation de formation, de e-formation, voire de e-conseil, se centre de plus en plus sur la régulation et, au final, sur la validation du parcours, en intégrant le fait que l’on apprend, de plus en plus, hors institution. La mise en valeur du savoir informel devient un passage obligé. Un alliage semble nécessaire entre formel et informel, sans substitution mais dans la complémentarité et la continuité, en se rappelant que nos apprentissages informels contribuent à colorer, à diversifier et à structurer nos savoirs.

Jean Vanderspelden – Consultant ITG, www.iapprendre.fr

 
Notes
(1) La systématisation des apprentissages informels – Formadi/Thot Cursus - http://cursus.edu/media/upload/2_LB-AppInfThotCursus.pdf

(2) Pour illustration, voir l’offre www.classilio.com avec l’offre «Formation-Pédagogie» sur le e-learning avec  le «Rapid e-elearning» ou parcours «Woab» et sur le tutorat à distance et son ingénierie avec les parcours «tut’». 

dimanche 31 janvier 2010

t@d en janvier


Ci-dessous les liens vers les billets du blog et les résultats de la veille du mois de janvier 2010

Billets du Blog de t@d


Les solutions des mots croisés sur le tutorat à distance. Par Jacques Rodet

S
olutions accompagnées de renvois vers les articles du Blog de t@d

Mots croisés sur le tutorat à distance. Par Jacques Rodet
Le jeu, qu'il soit sérieux ou plus dérivatif, peut se révéler, mais ne l'est pas systématiquement, un levier intéressant pour l'apprentissage.

Chronique de Philippe Inowlocki : Isabelle Vinatier, Pour une didactique de l’enseignement (et du tutorat en formation à distance ?)
La chronique qui m’échoit s’oriente en cette rentrée 2010 vers des comptes-rendus de lectures. Je m’intéresserai à des textes ouvrant des passerelles pour la construction de l’identité professionnelle des tuteurs en formation à distance et le développement de leurs compétences.

Support d'intervention de Jacques Rodet au iLearning Forum le 18 janvier 2010
L'ingénierie tutorale pour mettre en place les systèmes de tutoraux des apprenants à distance

La bonne distance ! Par Jean Vanderspelden
Présentation d'un cas «particulier» où des formateurs travaillent, dès le début du parcours de formation ouverte (individuelle et flexible), à placer la (bonne) distance avec les apprenants, en vue de conforter et développer leur autonomie dans l’apprentissage.

"Bloomisation" à l'usage des tuteurs à distance
Pyramide des actions et postures du tuteur à distance

Programme du colloque du REFAD 2010 : Encadrement des étudiants en FAD - pratiques, réflexions et prospective
7 mai 2010 - 13h30 : Débat sur le double rôle que jouent les intervenant(e)s (tuteurs, professeurs, enseignants, chargés d’encadrement, etc.) qui encadrent les étudiants et qui doivent, par ailleurs, évaluer leurs travaux notés et examens.

Webinar Epistema avec A. Goll et J. Rodet - L'ingénierie tutorale
L'ingénierie tutorale au service de l'organisation du tutorat De 13h30 à 14h15, mercredi 27 janvier

Webinar Epistema avec A. Goll et J. Rodet - Les interventions tutorales
Les interventions tutorales facilitant l'autonomie et la collaboration des apprenants à distance De 13h30 à 14h15, jeudi 28 janvier

Atelier du Refad sur les réseaux sociaux : collaboration et persévérance en FAD
Cet atelier s'attardera à décrire le projet, notamment comment les tuteurs ont été formés à leur nouveau rôle et comment des activités collaboratives ont été conçues et médiatisées.

Le temps des résolutions... Quelques unes des bonnes raisons pour investir dans le tutorat à distance. Par Jacques Rodet
A côté des raisons d'être historiques du tutorat qui sont d'ordre essentiellement pédagogique, il est possible aujourd'hui de faire ressortir de nouvelles raisons d'être à caractère plus commercial.


Résultats de la veille

L'e-learning profitera des outils 2.0, mais sous conditions
L’utilisation des outils 2.0 qui sont par définition simples à utiliser et à paramétrer élimine le besoin d’avoir un administrateur, comme c’était le cas pour l’e-learning classique. Le rôle du tuteur est en revanche renforcé.

Le SCORM norme internationale
Toutes les spécifications incluses dans le SCORM sont devenues des normes internationales depuis la fin 2009.

L'Agence nationale des Usages des TICE - Visioconférence : comment organiser les échanges ?
La visioconférence favorise les échanges avec des correspondants étrangers et autres projets culturels et linguistiques. Cependant, les séances nécessitent une préparation soigneuse. Quelques recommandations : avoir des objectifs d'apprentissage clairement exprimés, identifier des partenaires et établir des règles de communication à l'avance, définir des procédures pour prévenir et traiter les problèmes techniques.

Dossier d'actualité–L'apprentissage du métier d'enseignant–janvier 2010
Toute réflexion sur la formation des enseignants peut s'appuyer sur la question suivante : « le métier d'enseignant peut-il s'apprendre ? » et, si la réponse est positive, doit interroger les modalités et contenus de cet apprentissage.

Réseaux sociaux sur le Web : vers une nouvelle communication ?
Date : jeudi 28 janvier 2010 - Horaire : 18 h 30 - 20 h 00, Contact : inscriptions au 01 53 01 82 70 ou à conferences@arts-et-metiers.net. Avec Franck Ghitalla, Institut de l'information scientifique et technique (INIST/CNRS) et Jean-Pierre Beaudoin, directeur général de i&e Consultants, Paris. Dans le cadre du nouveau cycle de conférences Dialogues - Des clés pour comprendre organisé en partenariat avec l’Institut des sciences de la communication du CNRS (ISCC).

EFA : Webinars en ligne gratuits sur la formation et le tutorat à distance
Les 27 et 28 janvier Aurélien Goll d'Epistema et Jacques Rodet. L'ingénierie tutorale au service de l'organisation du tutorat. Les interventions tutorales facilitant l'autonomie et la collaboration des apprenants à distance

revue Savoirs n°20 - L'accompagnement dans le champ professionnel
Voici déjà une génération que les pratiques d’accompagnement pour adultes se sont développées, spécialement dans le contexte français, contribuant à bousculer voire à métamorphoser le champ de la formation. Il nous a donc semblé intéressant de faire le point sur ces pratiques en estimant que nous étions déjà en possession de suffisamment de travaux développés autour de cette thématique pour le faire. C’est donc la raison du présent dossier qui cherche à constituer un premier état des lieux d’un champ foisonnant et diversifié.

Comment être un bon tuteur !!! par Tutorat Médecine Nancy
Ce polycopié a pour but de vous apprendre comment être un bon tuteur. En effet, être tuteur n’est pas une tâche si facile qu’il n’y paraît. Il faut être habile pour la rédaction de QCM, disponible pour les corrections et pour répondre aux questions des P1, savoir se remettre en question et admettre qu’on peut avoir tort mais le plus important est surtout d’avoir une grande objectivité et de se mettre à la place du P1 qui lit le QCM pour éviter toute ambiguïté. Par expérience, l’équipe du Tutorat vous affirmera que ce n’est pas facile et c’est tout à fait vrai.

eLearning Papers nº 17 Les contenus e-learning
Dans un futur proche, les contenus d’apprentissage proviendront d’une variété encore plus importante d’acteurs... Cependant, même si ces avancées technologiques ouvrent un large éventail d’opportunités, un bon e-learning requiert toujours une conception, une mise en œuvre et un soutien adéquats.

team2learn » E-learning avec tuteur physique
Dans ce cas, la conception est simplifiée et moins coûteuse.

Les outils numériques de suivi et d'accompagnement des étudiants - Les besoins d'accompagnement
Conférence donnée par Bruno De Lièvre à Vivaldi 2008

Les 8èmes Rencontres du FFFOD
14 janvier 2010 : Les réseaux sociaux dans l’accompagnement formel ou informel de l’apprenant avant et pendant la formation - Didier Paquelin, Université de Bordeaux.

Colloque TIC Santé 2010
" TIC, travail en réseau et travail collaboratif : enjeux, pratiques et outils au sein des structures de santé et de formation", les 10 et 11 février à PARIS http://goo.gl/GPv6

Les 8ième rencontres du FFFOD en direct et en vidéo
Jacques Bahry souligne l'importance des médiations humaines dans les innovations en cours.

Documents : L'activité de conception dans l'usage d'un artefact en eLearning.
Gerard Delacour s'interroge sur l'activité du formateur devenu concepteur de programmes de formation dans le nouveau contexte de l'eLearning.

Chroniques parisiennes en innovation et en formation » Blog Archive » Faire le pari de l’intelligence d’un groupe en formation par l’organisation coopérative du travail
Le formateur dispose d’une variété requise de rôles pris, confiés et consentis par chacun au service d’un travail collaboratif. Les rôles relèvent de plusieurs domaines : de communication, de service, de technique, de méthode.

TICE 2010 tools 4 tice & tice 4 tous - Nancy, 6 - 8 décembre 2010
Appel à communication sur ce thème : TICE & nouvelles modalités de formation (EAD/FOAD, support des apprentissages collaboratifs, évolution du métier d’enseignant, ...)

Encadrement des étudiants en FAD : pratiques, réflexions et prospective. 7 mai 2010 à Montréal
Pratiques, réflexions et prospective en encadrement. Mme Caroll-Ann Keating, M. Raymond Duchesne, M. Pierre Gagné, Mme Lucie Pearson, Mme Françoise de Pauw, Mme Marie-France Cyr, Mme Valérie Lafontaine, M. Christian Côté, Mme Lise Bégin-Langlois, Mme Chantal Asselin, Mme Marie-Paule Dandurand, Mme Anne-Estelle Bédard, Mme Bettina Brockerhoff-Macdonald, M. Roberto Gauvin, Mme Martine Chomienne, M. Jacques Rodet

La TÉLUQ et trois partenaires mènent une recherche sur la persévérance étudiante
Cette recherche vise à étudier le potentiel pédagogique des outils du Web 2.0 : logiciels sociaux de type Facebook et visioconférence Web pour favoriser le développement de la présence sociale et la persévérance des étudiants.

Classes virtuelles : retours d'expériences (Objet application/pdf)

Le financement de la FOAD - Le blog de Frédéric Haeuw
La prise en compte et la traçabilité des temps de tutorat à distance et l’impact sur les modèles économiques...

Apprentissage : compétition, coopération ou collaboration | Etudes en marketing, Haute Ecole ISE : Vansnick R.
Quel que soit le contexte, en situation d’apprentissage, l’apprenant fait le plus souvent partie d’un groupe. La présence d’autres élèves ou étudiants, de collègues ou encore de concurrents constitue un facteur d’influence sur les résultats de la formation.

team2learn » Outil de relance automatique
Il est possible de mettre en place un outil de relance par mail qui en fonction de critères bien précis, envoi automatiquement à chaque apprenant un mail personnalisé.