dimanche 16 mars 2008

Chronique de Philippe Gaberan : L’usage a minima de la FOAD… Un processus transitoire.

Bien sûr que, dans un idéal pédagogique et dans une vision exigeante du métier de formateur, le recours à la « machine » (l’ordinateur, les logiciels et le réseau câblé) doit servir le passage de « l’accès aux savoirs » à « la construction des connaissances ».

Puisqu’il ne suffit plus d’avoir pour être (d’avoir des savoirs pour être savant), l’enjeu de la formation est d’aider l’apprenant à repérer où se trouvent les savoirs, à en dégager l’essentiel (par le biais des mots clefs par exemples), à parvenir à ordonner les données collectées, les classer et les recombiner pour esquisser ce qui pourrait, au final, devenir un objet de connaissance (une hypothèse, une loi, une définition, etc.).

Tout ce travail d’appropriation peut se faire en dehors d’une salle de cours et en marge d’un cours magistral. Dès lors, la distance loin d’être un obstacle devient un facteur de renforcement de la démarche d’apprentissage ; et par ses qualités intrinsèques, qui lui permettent de remodeler le rapport à l’espace et au temps, la FOAD apporte son concours à de tels objectifs. Il est donc judicieux de chercher à la développer et à l’enraciner dans les pratiques de formation. Mais de l’idéal à la réalité il y a toujours un pas, difficile à franchir ; l’expérience pousse à se demander s’il ne faut pas d’abord passer par des étapes transitoires, d’apparence régressives.

Dans un premier temps, l’apprenant se réinstalle dans son rôle d’éponge et de consommateur de savoirs par le jeu des questions-réponses, certes pour le coup échangées à distance. Le maître est à nouveau celui qui nourrit tandis que l’apprenant se fait consommateur de savoirs. Le forum fonctionne comme un abreuvoir et les wikis sont des espaces de copier coller servant à stocker de l’information. Ces opérations primaires dans le processus d’apprentissage, qui certes tranchent violemment avec l’idéal posé ci-dessus, pourraient néanmoins être des phases d’apprivoisement d’un nouveau rapport à la formation. Peu habitué à être acteur et autonome, l’apprenant apprendrait d’abord à se saisir de ces compétences là par des opérations simples. Ensuite, et ensuite seulement, la FOAD pourrait se déployer dans toutes ses qualités.

Image dans son contexte original, sur la page mobilome.wordpress.com/2007/10/02/


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