mercredi 21 novembre 2007

Le tutorat par les pairs dans ESSQU@D

Je proposais dans le post précédent que les lecteurs de ce blog puissent publier leur résultats de lecture des actes du colloque TICE Méditerannée 2007 (PDF 13 Mo). Vous invitant à cette activité collaborative, je ne peux que souscrire à un des premiers principes de la collaboration : donner avant de recevoir.

L'article de Marie Ferrua, Jean-François Quaranta, et Pascal Staccini, intitulé "La qualité de l'humain dans la formation à distance : que penser d'un modèle de tutorat impliquant les étudiants ?" traite d'une formule de tutorat par les pairs expérimentée à l'UNSA, dans le cadre du Master Professionnel Ingénierie du Système de Santé ESSQU@D.

Après avoir fait référence aux plans de support à l'apprentissage identifié par le conseil québécois de la formation à distance*, les auteurs décrivent l'émergence du besoin de tutorat par les pairs dans le Master.

Puis ils présentent les rôles de ces tuteurs-pairs en ces termes :

administratif : orienter les étudiants selon leurs demandes, faciliter les communications avec le secrétariat et les enseignants

technique : mise en ligne des supports de cours, réponse aux problèmes techniques d’utilisation de la plate-forme, relation avec la régie, guidage des étudiants dans le site

pédagogique et social : mettre en relation les étudiants, création d’une communauté de partage d’expérience

organisationnel : programmation des évènements, accueil des intervenants, planification de certaines tâches

évaluation : du niveau de besoin d’accompagnement de l’étudiant grâce aux questionnaires de positionnement et évaluation de certains critères de la formation avec à la mise en place d’un questionnaire de satisfaction et un recueil des plaintes et des suggestions.

Les interactions synchrones et asynchrones des tuteurs avec leurs pairs sont abordées sous forme d'exemples et reproduction d'extraits de messages sur forum et chat.

Selon les auteurs, il apparaît que ces tuteurs-pairs qui ont été volontaires et choisis (par qui ? Il semble que ce soit par l'équipe pédagogique présentielle), ont servi « d'intermédiaire[s] entre l'apprenant et l'établissement de formation. Il [le tuteur-pair] entretient le contact le plus étroit avec l’apprenant tout au long du cours, peut donner une rétroaction sur les travaux ou les examens, aider l’apprenant à comprendre les contenus ou les objectifs, conseiller l’apprenant sur des problèmes personnels, professionnels ou éducatifs grâce à son expérience de la formation. »

Lors de leurs missions, les principales difficultés rencontrées par les tuteurs ont été liées à l'afflux de sollicitations de la part des étudiants au moment de la période de révision des examens.

Commentaire

Cet article montre que le tutorat-pairs est une solution viable, qui rend de nombreux services aux apprenants et à l'institution. Il s'intéresse de manière plus privilégiée aux bénéfices procurés au dispositif de formation et à l'institution.

Sans préjuger de la réalité que le cadre de l'article ne pouvait pas forcément révéler entièrement, quelques questions surgissent.

  • Quelle a été la formation que les tuteurs-pairs ont reçu pour assumer leurs tâches ?
  • Quels ont été les critères de choix de ces tuteurs ?
  • Par qui ont-ils été choisis ?
  • Le fait que « Les tuteurs ont été identifiés et présentés aux étudiants lors de la réunion de rentrée », présentés donc par l'institution n'a-t-il pas constitué un handicap pour développer la proximité sociale avec les étudiants, élément de la congruence cognitive dont parle Alain Baudrit ?
  • Les tuteurs-pairs ont-ils tiré un bénéfice autre que celui de l'effet-tuteur de leurs prestations d'encadrement (rémunération, crédits de cours, etc.) ?
  • Comment les tuteurs-pairs ont-ils perçu l'effet-tuteur ?
  • Un certain nombre de leurs tâches comme la mise en ligne de ressources de cours ne les ont-ils pas positionnés plus comme des auxiliaires de l'équipe enseignante que comme des apprenants en aidant d'autres ?

Nul doute, que d'autres recherches et publications répondront à nombre de ces questions tout comme elles pourront permettre d'identifier l'apport du tutorat-pairs tant pour les tuteurs que pour les étudiants

* Les plans de support à l'apprentissage selon le CQFD tels que présentés par les auteurs

- Rôle de soutien pédagogico-intellectuel
Renvoie à l’expertise sur le contenu et le processus d’apprentissage; cette catégorie est considérée comme la plus importante par tous les auteurs. Ce besoin comprend le plan cognitif incluant l’aspect méthodologique et les aspects conceptuels; le plan métacognitif basé sur le contrôle et l’organisation consciente des processus cognitifs; le plan administratif ou l’aide relative aux processus et procédures institutionnelles.

- Rôle de soutien socio-affectif
Renvoie à la création d’un environnement social chaleureux dans lequel l’apprentissage sera valorisé. Il comprend le plan psychologique ou émotif tenant compte des préférences et des sentiments positifs et négatifs envers des personnes, des idées ou des situations; le plan social et le plan motivationnel.

- Rôle de soutien technique et logistique
Renvoie à la maîtrise de la technique et des procédures de fonctionnement institutionnel ainsi qu’aux informations sur les façons de procéder. Le but est de rendre la technologie et les procédures transparentes pour que les apprenants puissent se concentrer sur la tâche académique.

- Rôle de gestion et de communication
Renvoie à la gestion des interactions entre les participants avec un leadership omniprésent pour assurer la bonne marche des discussions. Les interventions de cet ordre donnent le ton à l’ensemble du groupe et permettent des rappels à l’ordre.

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